Lecornu, Premier ministre « le plus faible » de la Ve : on en est donc là !

Ce 26 septembre, S. Lecornu devrait donner ses grandes orientations : pour quelle direction et pour combien de temps ?
Capture d'écran MINARM
Capture d'écran MINARM

Mercredi 24 septembre, Sébastien Lecornu recevait les responsables syndicaux. À la sortie de l’hôtel de Matignon, selon la coutume, ces derniers ont rendu compte à la presse de leur entretien avec le Premier ministre. Sophie Binet, patronne de la CGT, a ainsi répété les propos du ministre démissionnaire des Armées devenu Premier ministre : « Je ne suis pas Édouard Philippe, je n’ai pas 350 députés sur lesquels m’appuyer. » Au patron du MEDEF, Patrick Martin, il a répété la même chose. C’est ce qui s’appelle voir la réalité en face. Lecornu devrait faire la leçon à Macron sur ce sujet.

« Je lui dis "vote" et il vote »

Comment, en effet, lorsqu’on a été un macroniste de la première heure – c’est le cas de Lecornu -, ne pas avoir la larme à l’œil et le cœur serré en songeant à cette période bleue où tout était permis parce qu’on avait une majorité écrasante à l’Assemblée nationale ? Souvenez-vous de ce temps béni, non pas des colonies, mais des députés Playmobil™ : 314 députés étiquetés La République en marche qui votaient comme et pour un seul homme, c’est-à-dire Macron. En ajoutant les 47 députés estampillés MoDem, faites le calcul : Édouard Philippe, premier Premier ministre de Macron, pouvait compter sur plus de 360 députés, sur les 577 constituant l’Assemblée nationale. Les choses étaient simples. D’une simplicité, disons, évangélique : « Je lui dis "vote" et il vote. »

« J’voudrais bien, mais j’peux point »

Et puis, ça n’a pas tout bien marché. La chronique du Macronistan est l’histoire d’une longue, pénible et interminable descente aux enfers. Pour Macron, ses Premiers ministres Kleenex™ et, « accessoirement », pour les Français. Les macronistes de stricte observance (si l’on peut encore parler ainsi, avec un Gabriel Attal qui joue les Brutus) ne sont plus que 91, au palais Bourbon : trois fois moins qu’il y a huit ans. Ajoutez à cela la trentaine de « bayroutistes » et l’autre trentaine de « philippistes » et vous avez fait le tour du cheptel. Donc, pas de majorité. Et ça dure comme ça depuis plus d’un an. Résultat : « Vous êtes devant le Premier ministre le plus faible de la Ve République », a reconnu Sébastien Lecornu, devant les représentants des organisations syndicales. De cette extrême faiblesse, peut-il faire une force ? N’ayant rien à perdre, pourquoi pas. En faisant cet aveu de faiblesse, il botte en touche, en quelque sorte, en disant aux syndicats : « J’voudrais bien, mais j’peux point ; voyez donc avec les députés. » Sauf que ça ne marche pas comme ça, en démocratie. Et, donc, le 2 octobre, ils lanceront une nouvelle journée de grève.

Et pendant ce temps, Macron en roue libre

Ce vendredi, Sébastien Lecornu, plus de deux semaines après avoir été nommé, et alors que le gouvernement n’a toujours pas été désigné (un nouveau record, sous la Ve République), devrait donner une interview à la presse écrite dans laquelle il donnera ses grandes orientations. En louchant à gauche ? Mercredi, le Premier ministre est, en effet, allé baiser l'anneau de François Hollande dans ses bureaux d'ancien président de la République : « Un entretien de pure courtoisie républicaine », rapporte Le Figaro. Bien sûr. En tout cas, on imagine que Lecornu, dans cette interview écrite, va prendre à témoin l’opinion, comme, du reste, Bayrou a tenté de le faire – en vain -, pour conjurer la censure qui se trouve au fond du couloir étroit qu’il doit emprunter. L’opinion ? On la prend à témoin et, « accessoirement », on la sonde. Il est vrai que dans le dernier baromètre de l’IFOP pour le JDD, Lecornu a gagné 4 points, avec 42 % qui se disent satisfaits de son action. Quelle action ? Ce capital de satisfaction peut d’ailleurs s’éroder en un rien de temps et, surtout, se révèle être l’arbre qui cache la forêt d’insatisfaction des Français à l’égard d’Emmanuel Macron : 17 % ! Un Emmanuel Macron qui, en dépit (ou à cause ?) de cette impopularité record, agit en roue libre sur la scène internationale, finissant ainsi d’épuiser nos institutions, la France et les Français.

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

70 commentaires

  1. Quel suspense …!! Sinon , à ton des nouvelles du béarnais ? Avez vous remarqué comme les ( nombreux ) 1er ministre du macron sont de moins en moins à être suivis par les médias une fois qu’ils quittent Matignon ? La routine diront certains ou alors Bayrou le retour comme ministre de n’importe quel ministère de Lecornu ? Quand on était adolescents certains jouaient à la chaise musicale quand d’autres s’énervaient au «  Jaques a dit « 

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