Le Pen et Bardella largement en tête dans un sondage : on ne s’emballe pas, mais…
Sauf surprise du chef (de l’État…), nous sommes aujourd'hui à dix-sept mois - soit, grosso modo, à cinq cents jours - de la prochaine élection présidentielle. Or, le calendrier politique ressemble bigrement au saut en parachute : plus on s’approche du sol, plus on a l’impression que ça va vite. Et que ça peut faire mal… Dix-sept mois, c’est à la fois demain matin et dans un siècle.
C’est demain matin car, par exemple, le budget qui est actuellement examiné au Parlement, dans les douleurs d’un accouchement décidément pénible, est en principe l’avant-dernier de ce quinquennat chaotique, et peut-être même le dernier, puisque le budget qui sera voté à l’automne 2026 pour l'année 2027 pourrait très bien être bousculé après l’élection présidentielle et les élections législatives qui s’ensuivront. Sauf à ce qu’entre-temps, Emmanuel Macron ne soit aculé à dissoudre l’Assemblée actuelle. Vous voyez, déjà, au bout de quatre lignes, on entre dans le champ des hypothèses à multiples conséquences elles aussi hypothétiques ! En clair, on ne sait pas ce qu’il peut se passer durant ces quelque cinq cents jours.
Marine Le Pen ou Jordan Bardella : 35 %
Il n’empêche que la machine à sondages tourne à plein régime, alimentant espoir, rage ou désespoir, selon que l’on se situe ici ou là sur l'échiquier politique. Le dernier sondage, réalisé par Elabe pour BFM TV et La Tribune Dimanche, donne Marine Le Pen ou Jordan Bardella largement en tête devant les autres candidats, à 35 % (Édouard Philippe est à 15 %, 20 points derrière !), si le premier tour de l’élection présidentielle avait eu lieu ce dimanche 2 novembre. Et c’est là que dix-sept mois, c’est à la fois demain matin et dans un siècle. Disons-le tout net, c’est surtout dans un siècle, à la lumière des précédentes élections présidentielles. Il est en effet de bon aloi de rappeler que les favoris des sondages, de longs mois avant l’échéance, ont rarement emporté le scrutin : Balladur, Jospin, Juppé… C’est vrai. Il est aussi de bon ton de dépoussiérer les archives de notre Cinquième République pour y découvrir que François Mitterrand, en 1974, était arrivé largement en tête au premier tour, avec 43,25 % des suffrages, contre 32,60 % pour Valéry Giscard d’Estaing. Mais VGE avait une réserve importante : les 15,11 % de Jacques Chaban-Delmas. Ces évocations sont fort sympathiques et intéressantes. Mais, finalement, veulent-elles dire grand-chose, dans un paysage politique complètement bouleversé ?
Un continent face à un archipel d'îles et îlots
En 1974, la France était bipolaire (politiquement, s'entend !) ; aujourd’hui, elle est tripolaire. Et peut-être même plus. Car ce qui est remarquable, dans la photographie instantanée qu’est ce sondage, venant confirmer ce qui se dessine mois après mois, c’est qu’il n’y a pas deux blocs qui se font face dans le pays, ni même trois d’ailleurs. On a, en effet, d’un côté, un bloc continental solide qui semble bien installé à 35 % (encore un petit effort et l’on franchira la barre fatidique des 40 %...) et, de l’autre, un archipel d’îles et d’îlots sans cohérence politique, si ce n’est - excepté les partis souverainistes - le barrage anti-RN qui prend l’eau de toute part, même à l’Assemblée. Des îles dont la surface oscille entre 11 et 15 % des intentions de vote et qui ont pour noms, entre autres, Glucksmann, Mélenchon, Attal, Philippe, et des îlots en dessous de la barre des 10 % : Retailleau (8 %), Zemmour et Tondelier autour de 5 % et Wauquiez, s’il concourait au lieu de Retailleau (3 %). C'est pourquoi, finalement, examiner la carte de Tendre des années 70 ou 80 ne sert pas à grand-chose.
Dix sept mois – c'est vrai -, c’est long. Assez long pour que dérive un continent ? C’est aussi bien court pour transformer un chapelet d'îlots en continent.
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134 commentaires
Par contre va falloir surveiller les déclarations sur l’économie et arrêter de dire n’importe quoi !! Parce que sortir que acheter des actions d’entreprises achetées en bourse est un placement non productif c’est du grand n’importe quoi !!!
Il ne faut pas se voiler la face! Le RN ( à moins d’une guerre) et n’en déplaise aux mass média, sera au second tour de la présidentielle 2027. Les petits partis de droite ( LR- Reconquête- Debout la France) qui gravitent autour, au lieu d’essayer en vain de casser cette dynamique que le peuple Français attend depuis si longtemps, devraient rejoindre le parti des patriotes pour les faire gagner. Monsieur Ciotti l’a bien compris, lui qui a l’intérêt de la France chevillé au corps. A force de frapper injustement sur un parti en le taxant bêtement de gauchiste parce qu’il envisage des mesures pour aider les » gueux » à vivre bien dans leur pays, ils vont peut-être l’affaiblir et permettre ainsi de faire gagner le bloc central, voire la gauche! Mais peut-être que les cadres de ces partis épousent finalement plus les thèses de ces mondialistes que celles des souverainistes! Ils porteront la responsabilité de l’échec des patriotes!
Cela ne sert à rien de tourner le volant de droite à gauche et vice-versa : le moteur économique est insuffisant pour tout ce poids mort. Il faut alléger la charge.
17 mois, c’est largement suffisant pour que Mr Macron trouve une combine afin appliquer l’article 16 de la Constitution (pour rappel, c’est l’article donnant les pleins pouvoirs au Président de la République en cas de crise grave et pour un temps limité)
L’ISF version RN ? merci…… on s’en passera.
C’est vrai qu’en 500 jours il peut arriver tellement de choses. Ceci dit c’est quand même mieux d’être en tête des sondages qu’en queue !
Et sur ce sujet, curieusement, vous n’accusez pas BFM de désinformation.
Un problème toutefois: Bardella semble prendre l’ascendant sur MLP, première étape vers un combat de chef qui, j’espère, n’arrivera pas !
Mais qu’est-ce que vous avez tous à vous focaliser sur une élection qui sera ou truquée, ou reportée, ou annulée ?
Les résultats de ce sondage ne sont pas surprenants.
Les mouvements populistes ont toujours eu le vent en poupe en période de chaos politique.
L’Histoire nous l’a déjà tristement montré, à plusieurs reprises.
Ah, longtemps que l’on n’avait pas lu le mot « populiste » :-) . Si le chaos politique survient c’est qu’il y a eu défaillance de longue durée chez les gestionnaires d’un état. Vous savez, les Socialistes, les Ecolos , les LFIstes sont les populistes des autres .
Le chaos ! à qui la faute ! Il semblerait que le peuple français et non les populistes (terme devenu péjoratif) souhaite retourner aux urnes. Quoi de plus juste et normal !
Merci à Renny Jacquemart et à Aby pour leur patience et leur pédagogie.
Il en faut ;-))