Le Collectif Némésis, bouc émissaire de la mort de Quentin ?

Crier haro sur le "groupuscule proche de l'extrême droite", l'accuser de provocations pour se déresponsabiliser
image @Raphaëlle Rivola
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« La famille de Quentin tient à préciser, de manière très ferme, que le jeune Quentin n'était ni agent de sécurité, ni membre d'un quelconque service d'ordre et qu'il n'avait aucun antécédent judiciaire », expliquait l’avocat de la famille de Quentin dans son communiqué de presse le 13 février. Qu’à cela ne tienne, la gauche prépare sa défense et s’est trouvée un bouc émissaire : le collectif Némésis, qualifié de groupuscule d’extrême droite dont le mode d’action serait la provocation.

Un groupuscule « identitaire » et « proche de l'extrême droite »

Les médias, d’abord, installent le cadre. Un article de l’AFP, repris le 15 février par RTL, BFMTV, Ouest-France et La Croix notamment, entendait répondre à la question : « Qu'est-ce que le collectif nationaliste Némésis ? » en variant les qualificatifs : « identitaire », ou encore « proche de l'extrême droite ». Gageons que les termes n’ont pas été choisis au hasard…  D’ailleurs, plus loin, le collectif est qualifié de « groupuscule proche de l’extrême droite », puis de « groupuscule très visible ». L’article explique ensuite que « des associations féministes et des syndicats les avaient accusés de "bordéliser (les) manifestations" ». Tristan Boursier, chercheur associé au Centre de recherches politiques (Cevipof) y expose que Némésis ne fait que de « dans l'agitation-propagande » puisqu’ « aller dans ces manifestations, les parasiter et se faire refouler ou se faire mal accueillir, c'est ce que recherchent ces groupes qui ne représentent pas beaucoup de monde ». Ils ne sont pas allés jusqu’à présenter le Collectif Némésis comme des « militantes fémonationalistes ». Ni jusqu’à décrire Quentin comme l'un de leurs « copains [qui] sont en réalité un groupe d’activistes identitaires issus de divers collectifs d’extrême droite », comme Mediapart : il faut bien qu’ils tentent de sauver leur vernis de neutralité !

Qui provoque, parasite, bordélise voire agresse ? 

Une fois que le cadre est posé, et qu’en chœur, les médias ont expliqué que le Collectif Némésis n’était qu’un « groupuscule proche de l’extrême droite » dont les actions « coup de poing » sont faites pour provoquer, « parasiter », ou « bordéliser » les manifestations de ceux qui se considèrent comme le seul et vrai féminisme, il ne reste plus qu’à embrayer pour les politiques et les militants de gauche.

Ainsi, Sandrine Rousseau, reconnaît sur le plateau de France Info, et c’est tout de même la moindre des choses, que c’est un acte d’une extrême gravité, que Quentin, « ce n’est pas parce qu’il est militant nationaliste qu’il mérite quoi que ce soit et aucune violence physique » mais, la députée se cache derrière l’enquête en cours, et explique doctement que « dans les moments de bascule vers l'extrême droite dans les pays, les militants de gauche sont souvent accusés de tous les maux et on exonère aussi trop facilement les responsabilités d'en face […] ». Pense-t-elle réellement que renvoyer la balle est judicieux alors qu’un étudiant a été sauvagement tué ?

Sophia Chikirou, député LFI de Paris, expliquait, quant à elle,  sur le plateau de BFM TV dimanche 15 février, sa seule certitude : « […] Némésis est un groupuscule d'extrême droite qui provoque régulièrement dans des manifestations, qui provoque dans des réunions publiques […] ». La palme de l’indécence revient tout de même au chef de file, Jean-Luc Mélenchon qui, tout en disant son « empathie » et sa « compassion » pour la famille de Quentin affirme : « C’est nous qui sommes agressés, réunion après réunion. Tout a été truqué, arrangé pour faire croire à une sorte d’expédition du service d’ordre insoumis pour traquer un pauvre malheureux », a-t-il affirmé pendant son meeting montpelliérain rapporte Le Figaro. L’inversion accusatoire à son paroxysme et l’apothéose de l’indignité. Alice Cordier est d’ailleurs venue y répondre sur CNews, presque forcée de venir expliquer que Némésis n’était pas l’agresseur.

Minimiser, déresponsabiliser et renverser l'accusation 

Si l’outrance et la victimisation sont une habitude chez LFI qui joue sa partition et peut-être la survie de son mouvement dans les urnes à un mois des municipales, d’autres comme Prisca Thévenot, député Renaissance des Hauts-de-Seine, n’hésitent pas sur le plateau de France TV à expliquer que « Némésis ce n'est pas un mouvement féministe, c'est un mouvement identitaire ».

 

Comme Jon De Lorraine sur X, on peut se demander ce que cela peut bien vouloir dire dans ce contexte ? « Qu’il l’a donc bien cherché ? » La députée se défend évidemment, explique qu'elle « ne parlai[t] pas de Quentin », mais il n’en demeure pas moins qu’on s’interroge : pourquoi, dans quel but s’attaque-t-elle à Némésis en l’affublant de tout ce que la bien-pensance considère comme infâme ?

Sur le plateau de France Info Télé, l'historien Sylvain Boulouque va même jusqu'à renvoyer dos à dos la victime et ses agresseurs estimant qu'il y a « un équilibre dans les violences de part et d’autre et qu’on a des formations qui se font face avec des drames et la mort de ce jeune garçon », expliquant même qu' « a priori s’il fait partie d’un service d’ordre quand on fait partie d’un service d’ordre, c’est qu’on vient quand même pour en découdre ou protéger, c’est qu’on sait qu’il y a un risque de violence ».

Sur X, certains ne se gênent pas pour faire, eux, l’ultime raccourci : « Si les petites racistes de @Coll_Nemesis @CordierAlice2 n’avaient pas décidé d’aller chercher la merde à Sciences Po, Quentin ne serait pas mort […] », affirme sans aucune honte Kamil Abderrahman dans un post vu par 246 000 utilisateurs de X.

 

Que l'on cherche à relativiser le meurtre d’un étudiant en incriminant les actions et les idées d'un collectif dont il serait proche, ou que l'on tente d'exonérer les auteurs présumés du coup fatal, en invoquant leurs prétendues provocations, cela tient de la même rhétorique : celle qui consiste à justifier le viol d’une femme à cause de sa jupe trop courte, ou à minimiser les violences conjugales parce que l’épouse serait exaspérante. Un comble pour ceux qui se proclament du seul et vrai féminisme que de reprendre la logique des agresseurs.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 18/02/2026 à 10:25.

Vos commentaires

49 commentaires

  1. Je crains qu’on passe sous silence quelque chose d’essentiel. Némésis fait souvent acte de présence dans la rue (qui, n’en déplaise à JLM, n’appartient pas à LFI) pour mettre en lumière le prosélytisme de LFI au sein de l’Université pour formater la jeunesse française à leurs idées et y effectuer une propagande électorale qui devrait bien être décomptée de leur temps de parole, d’autant plus que les intervenants d’autres courants politiques sont exclus de fait de cette tribune. Remercions le collectif Némésis pour leur action.

  2. Je ne vois vraiment pas dans les manifestations de Némésis de la violence dans les reportages mais je me souviens un Raphaël Arnault menacer la jeunes femme en tête d’un de ses défilé.
    La gauche ferait mieux de se taire elle en deviens ridicule par ses absurdités mais je ne le conseillerait surtout pas a Mélenchon car quant on réécoute depuis des dizaines d’années nous expliquer se positions alors il se tire une balle dans le pieds.
    Surtout qu’il continue ainsi de trop parler.

  3. Le pire c’est la réaction de la panot qui veut qu’on éloigne Némésis des meeting de cette rima .
    Némésis était avec une banderole dans la rue dans le froid.
    Alors que la rima était bien au chaud a deblater sa haine de la France dans un amphi payer par Nicolas..

  4. Qui a commencé en interdisant la venue de personnalités de droite et même Madame Agacinski d’intervenir dans des conférences. Qui perturbe tous les meetings du RN et de Reconquête. Toute honte bur la gauche retourne toujours la faute sur les autres. Il est temps de se réveiller car cela nous promet su la droite est élue a la présidentielle une guerre civile des plus grave.

  5. Quelques femmes avec un drap pour toute revendication face à des tueurs. Les quelques étudiants qui essayaient de les aider n’avaient aucune chance. Et la presse de gauche qui déblatère sur leur responsabilité : on a vraiment touché le fond

  6. Quentin à été assasssiné par des barbares, mais combien avant lui ont été linchés, maltraités, et laissés pour mort, combien de gendames, de policiers, ??? sans que jamais ont arrête un de ces voyous qui cachent leur visage . Quel courage ? C’est normal qu’il continuent encore et encore. Merci au conseil d’état ou constitutionnel qui n’a jamais voulu les destituer.

  7. La Gauche aboie sans cesse contre  »l’extrême droite » sans la définir. C’est bien commode pour la diffamation en bande organisée, ce loup et ce flou. Or il y a très très peu d’extrême droite, au sens de la politologie, en France

    • Et oui mais certains la voient partout, c’est pathologique, et puis ça arrange bien, ça évite tout débat, comme un ici

  8. L’inversion accusatoire à laquelle on est habitué atteint cette fois des niveaux inégalés, y compris dans les commentaires aux articles des sites dits patriotes, identitaires et tutti quanti, bref, en gros et en détail tous ceux qui ne sont pas de gauche peu ou prou. Pour certains, les plus radicaux, c’est grosso modo : « il l’a bien cherché, c’est de sa faute en somme » et pour les autres, ceux qui n’osent pas aller si loin dans l’ignominie, c’est Némésis et Alice Cordier en particulier qui sont responsables de la mort de Quentin. Je croyais que seuls les gauchistes enragés de LFI et les foldingues de la galaxie Sandrine oseraient disculper les nervis de la jeune garde et autres sicaires bénévoles de l’extrême-gauche, mais pas des gens parmi ceux que ces mêmes gauchistes qualifient en vrac, toutes tendances confondues, de « fachos » ou de militants « d’extrême-droite » sans nuances. Et pourtant il y en a plus d’un et plus d’une à droite aussi…

  9. À Mme Riquetti.
    Les avis sont partagés sur le rôle joué par le collectif Nemesis dans cette tragique affaire. J’en ai fait part en courrier des lecteurs à Monsieur Kast dans l’article qu’il vient d’écrire.

    • À Limousin. J’ose espérer que vos propos : « le rôle joué par le collectif Nemesis » ne justifient pas la mort de Quentin ? Il faut attendre les résultats de l’enquête, d’une part, qui semble s’orienter vers un assassinat et d’autre part, protester n’est pas provoquer. Dans une société normale, on devrait pouvoir s’exprimer sans être occis par ses adversaires qui, ici, se sont transformés en barbares. Il n’y a aucune tergiversation à avoir là-dessus.

  10. Et alors? Quand bien même Némésis serait de droite, et même d’extrême extrême extrême droite… Ces antifas et cette gôôche écœurante ont tué un homme: comprennent ils la gravité de leur acte?
    Peut on tuer parce que la tête de son voisin ne vous revient pas? Parce qu’il ne pense pas pareil?
    C’est a priori ce que ces gens pensent naturel…
    Némésis n’est en rien responsable de la cruauté animale des assassins de Quentin , et Némésis n’existe parce que des ordures pareilles sont capable du meurtre d’un jeune homme au seul prétexte qu’il est chrétien et qu’il aime son pays…
    Soutien total à Némésis, faites bien attention à vous , ils sont capables du pire, nous le savons malheureusement aujourd’hui.
    Et non Némésis n’est pas la bête immonde, juste un collectif de jeunes femmes qui espèrent pouvoir vivre libres, heureuses et en sécurité dans leur pays: c’est trop demander ?

  11. Malgré le second commentaire violent, son auteur ne risquera rien.

    Qu’en eût-il été si les invectives eussent été de l’autre bord ?

    Toujours cette justice et cette indignation sélectives.

  12. Rappelons que Alice Cordier a reçu y a quelques mois des menaces de mort de la part de la jeune garde .
    Et a déposé plainte.Elle détient un enregistrement.

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