Le buste de Jim Morrison enfin retrouvé : faux poète et authentique imposture
Il y avait le Masque de fer, mystère à ce jour jamais résolu. On a longtemps cherché à percer cette énigme sans jamais la résoudre. Aujourd’hui, c’est le buste de Jim Morrison, le fameux chanteur des Doors, qu’on vient de retrouver, alors même qu’on ne le cherchait plus. Ainsi, ce mercredi 14 mai, il a suffi d’une banale perquisition effectuée par la brigade financière et anticorruption à Paris pour mettre la main sur le buste en question, qui avait été volé en 1988 sur la tombe de l’artiste, au cimetière du Père-Lachaise. Au passage, les enquêteurs ont également mis la main sur un tableau d’Andy Warhol ; l’homme, dont l’identité n’a pas été révélée, était donc du genre collectionneur.
Le modèle de Bertrand Cantat ?
Pour les plus distraits de nos lecteurs, rappelons qui était le défunt, victime de cette macabre farce. Jim Morrison (1943-1971) fut le chanteur des Doors, groupe californien ayant révolutionné le rock, au temps du siècle dernier. Il se prenait pour Arthur Rimbaud alors que ses poèmes ne valaient guère plus que ceux d’un Bertrand Cantat. Il se voulait également réincarnation du dieu Dionysos, mais cela valait jusqu’à ses vingt printemps, lorsqu’il était encore svelte, avant de ressembler au bonhomme Michelin™ qu’il était devenu, durant ses derniers jours, lors de sa retraite à Paris.
Une chance pour lui, il a rendu l’âme avant de devenir le sosie officiel de Demis Roussos, à l’âge de 27 ans, rejoignant ainsi le fameux club éponyme : toutes ces stars du rock disparues, trop tôt pour certaines, Jimi Hendrix et Otis Redding, Janis Joplin et Amy Winehouse ; bien trop tard pour d’autres, Kurt Cobain… et cette imposture ambulante qu’était Jim Morrison. À cet égard, le parallèle avec Bertrand Cantat n’a rien d’incongru, ces deux poètes vaguement maudits ayant une forte propension à martyriser et battre leurs concubines.
Tous deux fils de militaires !
Si le chanteur des Doors n’a pas été jusqu’au meurtre, il y avait chez eux une dimension éminemment malsaine. Tous deux fils de militaires, ils avaient encore ceci de commun ce désir de régler leurs comptes avec leur milieu familial. Là, la palme revient indubitablement à Jim Morrison qui, dans sa chanson The End, braille vouloir « tuer » son père et « baiser » sa mère. Charmant. Lors d’une conférence de presse, il va même jusqu’à affirmer que ses parents sont morts. Charmant, une fois encore. Ajoutez à cela une fascination pour le nazisme, ses ors et ses pompes, fort bien pointée du doigt par le cinéaste Oliver Stone, dans son film The Doors (1991). En vulgate médiatique, on appelle ça « le porte-parole d’une génération ». Bob Dylan en fut un, à son corps défendant, quoique cet immense artiste a toujours été doublé d’une personnalité affable, très attaché à sa famille, même si à la façon d’un Mick Jagger, autre père de famille nombreuse, voire de nombreuses familles. Il est vrai que pour ces artistes, les années 60 ne furent pas toujours synonymes de fidélité conjugale, dira-t-on, a minima.
Bref, cela peut expliquer que la dernière demeure du chanteur était l’une des plus visitée de ce fameux cimetière. Les fans s’y retrouvaient pour y partager des joints, quand il ne s’agissait de drogues un brin plus musclées. S’ils avaient seulement su à quel point le défunt méprisait à la fois son public et son métier.
Une vie sans panache, une mort sans gloire…
Comme dit plus haut, il se voulait poète. Mais ses vers de mirliton étaient à peu près aussi boursouflés que lui. L’homme était une baudruche, à tous les sens du terme. Son décès mystérieux dans la capitale fut à la hauteur de sa brève existence : misérable. On ne sait s’il est mort d’overdose dans les toilettes du Rock’n’Roll Circus, boîte de nuit où se croisent dealers mondains, vedettes en devenir et grands bourgeois désireux de s’encanailler à peu de frais, ou dans son appartement parisien. Dans son livre The End : Jim Morrison (Éditions Privé), Sam Bernett, l’un des employés du lieu, se souvient : « Le flamboyant chanteur des Doors est devenu une masse inerte effondrée dans les chiottes. Son visage est gris, les yeux fermés il y a du sang sous son nez et une bave blanchâtre, comme de l’écume, autour de la bouche. » Toujours à l’en croire, deux dealers l’auraient ramené chez lui. Le but ? « Éviter le scandale », toujours selon la même source. Un comble, pour un chanteur ayant toujours fait du « scandale » l’une de ses douteuses spécialités.
Ces choses rappelées, Jim Morrison était aussi un chanteur à l’immense talent et les Doors un groupe majeur, en grande partie grâce à Ray Manzarek aux clavier, Robby Krieger à la guitare et John Densmore à la batterie ; soit trois musiciens en tous points exceptionnels. Plus en studio que sur scène, d’ailleurs. Dans le premier, ses comparses veillaient à ce qu’il tienne vaguement debout ; sur l’autre, quand il n’exhibait pas son appareil génital, il était tout, hormis génial. Mais, comme chacun sait, personne ne saurait être taillé d’une seule pièce.
Il suffit d’écouter ceci pour s’en persuader :
https://www.youtube.com/watch?v=qoX6AKuYWL8&ab_channel=TheDoors-Topic
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts




































38 commentaires
Souvent une « poésie » complètement hermétique où on comprends que dalle, je le disait déjà quand j’écoutais les Doors en 1976… N’est pas Baudelaire qui veut. Ils ont accompagné nombre de mes jeunes années, je n’écoute plus depuis longtemps; j’ai bien compris la supercherie de beaucoup de ces groupes de l’époque. Une sorte de pornographie musicale, rien d’autre…
Macron aurait pu le remplacer, il avait deja les mouchoirs qui vont bien………
On peut débiner n’importe qui comme ça…
C’est souvent ça dans les milieux du show biz, les personnalités aux egos sur-dimensionnés, sulfureux, imbuvables, à propos desquels se fabriquent toutes sortes de belles légendes. JM restera néanmoins pour moi l’incarnation des Doors. Sa voix, sa présence. Même si je ne serais pas parti en vacances avec lui.
Je ne comprends pas qu’on puisse encenser ce genre d’individu !!! Chacun ses valeurs
L’éternel dilemme : l’Homme et l’Œuvre !!
J’ai toujours eu du mal à les dissocier…
Le besoin de tout comparer est une plaie dans les commentaires. J’ai déjà lu des descentes en flammes de Deep Purple avec comme argument que face à Led Zeppelin ils ne valaient pas un clou. Le marronnier étant de présenter le groupe anglo-saxon comme intègre et artistiquement bon (The Cure, The Doors) alors que le groupe français ferait de la variété (Indochine, Noir Désir).
Disons que les anglo-saxons triomphent avant tout parce qu’ils ne se détestent pas autant que les français.
Remarque en passant: on sait qui est le masque de fer (qui etait en velours) cf. Alain Decaux « les grands mysteres de l histoire »