Julien Lepers dénonce les « discriminations » de Delphine Ernotte

Au fil des scandales et des polémiques, la présidence de France Télévisions apparaît de plus en plus fragilisée.
@wikimedia commons
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La fermeture de C8 par l’Arcom a mis quelque 400 salariés sur le carreau. Parmi eux, un certain Jordan De Luxe. Depuis, le trublion endimanché a heureusement rebondi et élu résidence sur une chaîne YouTube où se pressent people et personnalités du monde des médias. Pour sa 43e édition, l’émission Jet De Luxe recevait, ce 26 janvier, Julien Lepers, inoubliable présentateur de Questions pour un champion. L’occasion, pour ce retraité des plateaux télé, d’aborder différents sujets, de son salaire d’animateur à ses amitiés dans la profession en passant par son étonnante éviction de France Télévisions. « Moi, je suis en plein groove, on est à 2,2 millions [de téléspectateurs, NDLR], se remémore-t-il, non sans une certaine amertume. Ça s’arrête parce que, dit Delphine Ernotte, "il y a trop d'hommes blancs de plus de cinquante ans à France Télé, il faut que ça change". Elle l’a dit. Trois discriminations punies par la loi ! Elle a été inquiétée par la loi ? Jamais ! Magnifique, la justice... »

 

 

Que dit la loi sur le sujet ? Elle est on ne peut plus claire : l’article L1132-1 du Code du travail indique qu’aucun salarié « ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte […] en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son âge ». Julien Lepers a fait valoir cet article et demandé réparation pour un licenciement qu’il estime injuste. Mais, au printemps 2023, la cour d'appel de Paris a rejeté en bloc les dommages réclamés au titre d’une « discrimination » liée à l’âge, d’un « préjudice d’image » ou d’une « rupture dans des conditions brutales et vexatoires ». La Justice n’a manifestement vu aucun lien de cause à effet entre les fameux propos de la patronne de France TV - « On a une télévision d'hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que cela change » - et l’éviction de Julien Lepers, qui se trouve être en effet un homme blanc de plus de 50 ans… Celui qui présentait Questions pour un champion depuis 27 ans a ainsi dû se contenter des quelque 800.000 euros d’indemnités qui lui avaient été accordées en première instance en 2020 par le conseil des prud’hommes et étaient prévues par son contrat de travail.

De lourdes mises en cause

Les accusations de Julien Lepers ne semblent pourtant pas fantaisistes. Ces dernières années, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer des mesures de discrimination « positive » mises en place dans le monde professionnel, basées sur des comptabilités ethniques pourtant interdites par la loi. « D’après le CSA, les personnes "perçues comme non blanches" représenteraient environ 25 % de la société française, contre 15 % à la télévision. On a un énorme rattrapage à faire. Ce sera le fil rouge de mon nouveau mandat, osait Delphine Ernotte, en 2020. Ma méthode, c’est compter, partager, changer. » Le hic, c’est que la dirigeante de France TV n’a pas vraiment le droit d’établir ce genre de statistiques. Le 5 juillet 2023, elle fut auditionnée par la commission des finances de l’Assemblée et évoqua le sujet avec un certain agacement : « Contrairement à la mixité où l’on peut compter le nombre de femmes, on n’a pas le droit de compter les différents autres signes de diversité. Cela ne nous aide pas à mettre en place des objectifs de progression sur ces différents items. Néanmoins, on progresse… » Traduit en français, ce sabir techno signifie que des quotas raciaux ne peuvent pas encore être établis ouvertement dans le service public mais que, néanmoins, c’est tout comme.

Le départ de plusieurs figures historiques du paysage audiovisuel français s’inscrirait-il dans cette quête d’une télévision plus « diverse » et « inclusive » ? Débarqué des antennes publiques en 2018, Patrick Sébastien n’est pas loin de le penser. « J'ai été viré pour ça, quand même : "homme blanc de plus de cinquante ans", expliquait l’intéressé, début 2025, à Télépro. Tu m’aurais dit ça à l'époque, je me serais dit "merde", quand même… Normalement, ça devrait être interdit par la loi, on n'a pas le droit de virer quelqu'un en raison de son âge, de son sexe ou de sa couleur de peau ! »

 

Organe d’obédience centriste, le collectif Médias citoyens a lui aussi questionné la gestion du personnel opéré sous la présidence Ernotte. « Depuis deux ans, nous avons recueilli de nombreux témoignages évoquant la mise à l’écart, voire le licenciement, d’hommes blancs hétérosexuels de plus de 50 ans, sur la base de dossiers fragiles, voire fictifs, affirmait le collectif, en mai 2025. Anonymes ou identifiés, ces récits décrivent un climat de peur généralisée, nourri par une stratégie de disqualification orchestrée au sommet. »
De accusations sur lesquelles reviendra très certainement Patrick Sébastien lors de son audition devant la commission d’enquête sur la neutralité de l’audiovisuel public, prévue dans les prochaines semaines.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 30/01/2026 à 12:47.
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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

55 commentaires

  1. Elle devrait passer en justice pour discrimination mais voilà celle personne est encore protégée avec cette gauche qui a les manettes du pays il est urgent que cela change et virer tout ces gauchistes qui détiennent les pouvoirs .

    • et pourquoi les mêmes critères ne seraient-ils pas appliqués pour le conseil d’état, la cour des comptes, le conseil économique etc….?
      ça serait peut-être, au moins, le commencement du dénoyautage gauchiste de nos institutions ?
      profitons de leurs idioties……

      • C’est en plus tout sauf démocratique cette présence gauchiste dans toutes les institutions de l’état, alors qu’ils font peu dans les urnes….
        Il faut virer tout ça et que les partis majoritaires aient leurs places

  2. Je savais pas que Delphine Ernotte n’aimait pas les hommes blancs. Tient donc, et c’est pas puni par la loi. Surprenant. Si celà avait été le contraire, je pense que la justice aurait été saisie. Y aurait’il deux poids, deux mesures en France. Bien sûr que non.

  3. Je n’appréciais pas forcément cet animateur, trop « agité et hurlant » pendant l’émission culte « question pour un champion mais il a fait les frais de la discrimination bien marquée d’ernotte face aux hommes blancs de plus de 50 ans, avec Patrick Sébastien et d’autres surement, ah oui Thierry Beccaro on ne le voit plus non plus
    Bref il a de quoi dire aussi et j’espère qu’il le fera, il faut faire dégager cette personne (ernotte) et faire exploser ce système de privilégiés

  4. Quand va-t-on mettre à la place de Dame ERNOTTE, une non blanche de moins de 50 ans, il faudrait être un peu cohérent, non ?

  5. Voilà où l’on peut faire des économies,il est temps que les français boudent ces chaînes de propagande, d’autres chaînes délivrent d’autres informations bien plus importantes pour la France et les français

  6. C’est avant tout le scandale de l’incompétence avec nivellement par le bas sous couvert de discrimination positive. Pas étonnant que l’on recule dans tous les classements et que l’on s’appauvrisse.

  7. Oui mais comme c’est de la discrimination positive, on a le droit pour les gauchistes…
    2 poids 2 mesures comme toujours avec eux

  8. La télé depuis ERnotte est à fuir tellement les programmes sont lamentables. Tous ces gauchos se seront bien
    gavés avec nos impôts.

Commentaires fermés.

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