Jordan Bardella entrevoit les portes de Matignon

« Nous sommes prêts à incarner cette alternance et je veux dire aux Français : ne vous résignez pas, […] tenez bon ! »
Capture écran TF1
Capture écran TF1

Mardi 26 août, le président du Rassemblement national était l’invité du journal télévisé de 20 heures sur TF1. L'occasion, pour Jordan Bardella, d’expliciter les raisons pour lesquelles son mouvement a décidé de ne plus accorder de sursis au Premier ministre en s’apprêtant, le 8 septembre, à voter « contre la confiance au gouvernement ».

L’heure est à l’offensive, au Rassemblement national. Dans une dizaine de jours, le gouvernement Bayrou peut tomber. Une chute qui créerait un nouveau séisme politique, après le départ précipité de son prédécesseur qui, censuré par les députés, quittait Matignon en décembre 2024. Huit mois plus tard, le même sort risque d’être réservé à François Bayrou. Son éviction entraînerait la nomination d’un cinquième Premier ministre en moins de deux ans, après, rappelons-le, Élisabeth Borne, Gabriel Attal et Michel Barnier. Une situation exceptionnelle que la France n’avait plus connue depuis 1913, sous la IIIe République.

Dissolution ou démission d'Emmanuel Macron

« Nous sommes les avocats de la France du travail, de tous ces Français qui en ont ras le bol de payer pour les autres et d'être accablés de taxes, de normes et d’impôts, affirme Jordan Bardella, cette France-là n'a pas confiance dans le gouvernement : par conséquent, nous voterons évidemment contre la confiance au gouvernement. » En cas de renversement du gouvernement, l’homme de 29 ans ne croit pas à la nomination d’un nouveau Premier ministre, car « peu importe le figurant, ce qui compte, c’est la politique qui est menée » ; ainsi, une seule possibilité « pour sortir de l’impasse politique » et deux perspectives : premièrement « revenir aux urnes et, deuxièmement : « Emmanuel Macron doit prononcer soit la dissolution de l'Assemblée nationale, soit remettre sa démission », martèle-t-il lors de son entretien suivi par 5,7 millions de Français.

Tout en dénonçant le « chaos institutionnel », l’ancien conseiller régional d'Île-de-France rappelle les griefs qui conduisent son parti à ferrailler : « François Bayrou refuse de s'attaquer à la mauvaise dépense publique, aux gaspillages, à la bureaucratie d’État, à la fraude sociale, à la fraude fiscale, à la contribution de la France à l'Union européenne qui est en augmentation ou encore au totem du coût de l'immigration qui est l’éléphant dans le salon auquel personne ne veut toucher. »

Ce phénomène migratoire auquel personne ne veut s’attaquer, par terrorisme intellectuel, par peur du politiquement correct. Il n’est pourtant un mystère pour personne que nombre d’hommes politiques en vogue tiennent des propos, en privé, qui attestent de leur conscience du danger que fait peser sur la France l’immigration incontrôlée. « Nous accueillons, chaque année, 500.000 personnes dans notre pays, il y en a 50.000 qui travaillent, les 450.000 autres, qui paie, que font-ils ? », interroge Jordan Bardella, qui exhorte ses compatriotes : « Nous sommes prêts à incarner cette alternance et je veux dire aux Français : ne vous résignez pas, […] tenez bon ! »

Bardella prêt à être Premier ministre

Dans cet appel vigoureux à une alternance nationale, une préoccupation demeure : la triple candidate à l’élection présidentielle sera-t-elle en capacité de se présenter à la députation, en cas de dissolution ? « Je souhaite que Marine Le Pen puisse être candidate », indique le président du RN, qui se dit prêt à être un Premier ministre de cohabitation. « C’est une battante, […]. Elle a toujours indiqué que l’intérêt des Français était au cœur de son engagement politique et qu’il se plaçait au-dessus de tout. » Face à la menace que fait peser sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité, et dans l’attente de son procès en appel, non suspensif, qui selon toute vraisemblance pourrait se tenir au printemps 2026, la députée du Pas-de-Calais entrevoit un avenir politique incertain. Pourtant, « il existe un chemin juridique étroit », veut croire Jordan Bardella . Au micro de Sud Radio, Laurent Jacobelli, député RN de Moselle et porte-parole du mouvement, confirmait que « tous les moyens légaux pour permettre à Marine Le Pen d'être candidate et de défendre les millions de Français qui ont confiance en elle » seront utilisés. « Nous ne pouvons concevoir qu'en démocratie, le leader de l'opposition soit ainsi empêché. »

D’ores et déjà, le Rassemblement se met en ordre de bataille. Son bureau de campagne des élections législatives se réunira lundi 1er septembre à 15h30, « dans l’hypothèse d’une nouvelle dissolution », a expliqué un cadre du parti, à BFM TV. Le parti lepéniste ne peut se permettre les mêmes erreurs des dernières législatives où l’amateurisme de nombreux candidats avait affaibli sa crédibilité.

David Lisnard, le dissident

Du côté de la droite dite de gouvernement, Bruno Retailleau a annoncé que les Républicains voteraient la confiance au gouvernement. Le parti qu’il préside refuse de « s’associer au cartel du déni et aux démagogues ».

Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale, soucieux de ne pas laisser le champ libre à son ancien rival, s’est exprimé aussi par communiqué : « L’enjeu pour la France n’est pas de sauver le Premier ministre mais de protéger la France du chaos de La France insoumise. » Comme une lueur dans le ciel, une voix dissidente s'est opposée à ce choix. Sur le plateau de Christine Kelly, dans Face à l'info, David Lisnard a courageusement désapprouvé le soutien « contre-nature » de sa famille politique au Premier ministre. « On n'est pas obligé d'être les moutons de Panurge et de plonger avec le capitaine du Titanic », a expliqué le maire de Cannes, qui reproche à François Bayrou de « faire partie du problème » et d'avoir sa part de responsabilité dans la situation actuelle : « Il fait partie de ceux qui depuis des années, certes ont dénoncé la dette, mais il a voté tous les budgets, il les a soutenus, il a fait élire François Hollande, il a fait élire Emmanuel Macron. »

Des propos qui font écho à ceux du président du RN.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

168 commentaires

  1.  » L’intérêt des français au cœur de l’engagement politique de Marine Le Pen  » ?? Où plutôt son intérêt personnel ? Cet  » engagement  » lui assurant de vivre confortablement du système ….

  2. Maintenant que la carrière de MLP se trouve de facto mise entre parenthèses, Bardella devrait sortir du bois et s’affranchir de la politique hégémonique suicidaire du RN une ligne politique qui l’a en fait condamné à rester un parti d’opposition, même si c’est le premier.
    La raison voudrait qu’il propose enfin un accord avec les partis dits de droite comme c’est le cas avec succès dans bien d’autres pays en Européens.
    C’est à lui qu’il convient de rassembler, le mécontentement vis-à-vis de la gauche et du Centre est tel que ce sont là des circonstances exceptionnelles.
    S’il laisse le RN confiné dans son repli autarcique, il n’y a aura alors aucune alternance possible pour ce pays.

  3. Jordan Bardella a bien profité de ses vacances semble-t-il. Même avec cette belle et bonne tête de « bébé cadum », difficile de lui donner le « bon dieu sans confession » comme président du Rassemblement National !

  4. Si nous allons aux législatives et sans coup fourré , le RN pourrait l’emporter . Hors hérité d’un cadeau pareil avant 2027 , sera mission impossible sauf à désespérer son électorat , avec toutes les barrières journalières rencontrées de tous bords , compromettra gravement la victoire à la présidentielle .

  5. Ne pas oublier : que BAYROU « fait partie de ceux qui depuis des années, certes ont dénoncé la dette, mais il a voté tous les budgets, il les a soutenus, il a fait élire François Hollande, il a fait élire Emmanuel Macron. »……. BAYROU est un centriste mou . Le Général DE GAULLE disait : le Centre ! c’est le marais où l’on s’enlise  » CQFD !

  6. « L’enjeu pour la France n’est pas de sauver le Premier ministre mais de protéger la France du chaos de La France insoumise. » …….. led DANGER immense !

  7. Pour terminer par la fin ( de l’article ), D. Lisnard, en parlant librement et en son nom, se montre tel un personnage sérieux ! Bon, il y aura _ certainement_ changement de premier Ministre, à nouveau, et ce, jusqu’à la fin du mandat d’E. Macron ( encore de longues semaines, mois, année ). La chienlie qui va s’ensuivre ( les taxes Trump ne se font pas encore sentir ; ça et le reste ) sera imputée aux « irresponsables » qui n’ont pas voté la dite « confiance »… Puis, le moment venu, viendra le temps _ à nouveau_ de : « l’extrême droite » et autres qualificatifs et mensonges visant à faire peur… Je ne suis pas pessimiste, mais réaliste ! Il y a double travail que pour les partis ordinaires, car, en l’occurrence, il faut au moins, la moitié de son temps à uniquement désamorcer les mensonges et les calomnies.

  8. Pour information, le Pôle national de lutte contre la haine en ligne a ouvert une enquête sur les auteurs des propos racistes, antisémites et homophobes tenus sur un groupe Facebook intitulé « La France avec Jordan Bardella ». De nombreux élus et cadres du Rassemblement National faisaient partie de ce groupe.

    « Les arabes dehors », « la France est dirigée par les juifs sionistes », « Macron petite PD », « Attal… c’est comme anal… tout dans le cul… », « Oui à Bardella non à Yasmira », « Y a encore des Français chez nous ????? »… Voilà le genre de propos qu’on pouvait lire sur le groupe Facebook « La France avec Jordan Bardella ».

    Pour rappel, le racisme et l’homophobie ne sont pas des opinions mais des délits.

    • N’importe qui peut sur ce site se faire passer pour un homme politique. Trop facile d’agir ainsi pour discréditer quelqu’un. Je peux en faire autant pour n’importe qui.

      • Est ce bien utile de répondre à ce genre de commentaire « creux » ?
        Avec l’IA on peut tout faire il est là le problème !
        Des personnes se sont faites gruger par de vrais faux conseillers bancaires, qui savaient tout sur la personne visée sauf qu’ils n’étaient le conseiller de cette personne, ça fait vraiment peur !!!

      • Les colleurs d’affiches du RN et Reconquête sont régulièrement agressés alors qu’ils ne font que coller des affiches, là on n’entend jamais personne, souvent des blessés plus ou moins sérieusement, les agresseurs bien gauchistes jamais arrêtés bien sur
        Idem pour les personnes de ces deux partis qui distribuent des tracts sur les marchés, j’avais vu des vidéos édifiantes et on la voit la haine, des gauchistes !!!

  9.  » Bruno Retailleau a annoncé que les Républicains voteraient la confiance au gouvernement. »La soupe est vraiment bonne!

  10. Bardella à Matignon à moins de 2 ans des présidentielles, avec une situation désespérée, des institutions verrouillées et occupées par la gauche, c’est la configuration idéale pour décridibiliser le RN et lui ôter toute chance en 2027. Cela revient à refiler à Bardella le manche d’un avion en train de se crasher à 300 pieds du sol pour lui coller sur le dos la responsabilité de la catastrophe. Il doit refuser le poste si on le lui propose, le RN n’a rien à voir là-dedans, que la gauche et la droite se dépatouillent avec la situation qu’ils ont créée et en assument les conséquences.

  11. Les Municipales (dans quelques mois) sont un test grandeur nature des Présidentielles.
    Il est incontournable que les droites et patriotes se regroupent : LR, RN, Philippot, Dupont Aignan, Asselineau et les Royalistes.
    Les réponses des Français seront dans les Municipales en attendant le prochain vote.

  12. Il faut arrêter le massacre de la France. Et cela tient pour beaucoup à la personnalité d’un président. D’un président qui matraque.« Il faut se méfier de la première impression, c’est souvent la bonne », dit-on. La présidence Macron, née dans le complot et la violence, risque de confirmer l’adage.
    En 2017, Emmanuel Macron a été élu à la suite d’un complot médiatique et judiciaire ayant assuré sa promotion et éliminé son principal rival, François Fillon. La présidence Macron a ensuite commencé avec la très violente répression du mouvement des Gilets jaunes, comme pour mieux souligner qu’elle inaugurait une coupure radicale entre le pays réel et le pays légal. Puis, elle a continué avec la dictature sanitaire lors de la crise du Covid.
    Elle se poursuit aujourd’hui avec une censure et une répression croissante des opinions dissidentes, appuyée sur une Union européenne devenue eurofascisme, comme disent les Républicains américains.
    Ne parlons pas de l’économie française détruite avec une grande efficacité.
    C’est tout cela qu’il faut stopper. Il s’agit d’un problème existentiel, d’un problème de survie pour le pays.

  13. Pour prétendre à exercer le poste de premier ministre, il serait nécessaire de montrer patte blanche.
    Déjà, Bayrou, qui nous avait menti sur l’affaire Betharram, n’aurait jamais du exercer ce poste.
    Lorsqu’on construit sa vie sur le mensonge, on ne devrait pas exercer de fonction politique.
    Par la suite, on a vu que ce même Bayrou était incapable de proposer une seule mesure pour redresser la France. Au suivant !

    Idem, pour Bardella, qui prône la vertu mais dont le parti a une forte propension à détourner l’argent public.
    Non content d’avoir détourné 3 millions d’euros à l’Europe (via les emplois fictifs d’assistants parlementaires), on découvre que des candidats du RN aux dernières élections législatives ont explosé le compteur des frais kilométriques remboursables.
    Ainsi, neuf aspirants députés de Nouvelle-Aquitaine (dont l’un a été élu, Pascal Markowsky) ont tenté de se faire rembourser par l’État plus de 73 000 euros de frais de déplacement. À eux neuf, ils déclarent ainsi avoir parcouru une distance équivalente à trois fois le tour de la Terre. Le tout, en seulement trois semaines de campagne. Les candidats RN de la région disent avoir dépensé 179 000 euros en frais de déplacement.
    La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) aurait débusqué plusieurs irrégularités : absence de « justificatifs », « nombre anormal de kilomètres », « circuit standardisé et répétitif »… La question se pose donc de savoir si les neuf candidats épinglés ont bien effectué les kilomètres déclarés. D’autant que la plupart des déclarations sont farfelues, voire incohérentes.

    Et on doit faire confiance à ce mouvement ?

    • Moi Bayrou ne m’a pas menti sur Bettaram..je lui ai rien demandé…cet os jeté au peuple pour détourner l’attention de l’insecurite et des assassinats quotidiens par des  » jeunes »… rien a cirer

      • Lol bien répondu
        Par contre il aurait fait EXACTEMENT comme MLP sauf que lui a été relaxé et MLP possililité d’être inéligible, deux poids deux mesures comme d’habitude !!!

  14. Bayrou… dans son rôle de bon père de famille OK. MAIS en redresseur d’une situation (catastrophique) qu’il a contribué à établir, pas crédible. De toute façon, l’agitation politicarde ne sert à rien. Le naufrage est hors de contrôle ! Jouez l’orchestre !

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