« Je ne lâcherai rien » : un nouveau procès pour Marion Maréchal

L'eurodéputée était jugée pour avoir dénoncé les liens entre l'IESH et l'entrisme islamiste. Délibéré le 20 janvier.
Capture écran 
Marion Maréchal sur YouTube
Capture écran Marion Maréchal sur YouTube

Engagée contre l'entrisme islamiste, Marion Maréchal fait face, selon ses propres mots, à un « djihadisme judiciaire ». Ce mardi 16 décembre, Marion Maréchal était jugée à Lyon devant le tribunal correctionnel, poursuivie par l’Institut européen des sciences humaines (IESH), une école coranique située à Château-Chinon, en Bourgogne, dissoute en septembre 2025.

Les chefs d’accusation : diffamation et provocation à la haine. Ils font référence aux dénonciations soulevées par la présidente d’Identité-Libertés au printemps 2024, lorsque celle-ci accusait l’IESH d’avoir été créé par les Frères musulmans, d’être financé par l’Arabie saoudite et le Qatar et de participer à un grand projet d’islamisation de la France et de l’Europe.

« Leurs intimidations judiciaires ne font que renforcer ma détermination »

À la suite de l’audience, le délibéré sera rendu le 20 janvier. Contactée par Boulevard Voltaire, la défense de l’eurodéputée croit en une possible « nullité », tant le dossier et la procédure de l’accusation (une plainte de 40 pages) sont mal ficelés et branlants. Cette dernière conteste les affirmations délivrées à son encontre par Marion Maréchal dans sa vidéo. L’IESH, via son liquidateur, demande 4.000 euros de dommages et intérêts. Une procédure maintenue car lancée avant la dissolution décidée il y a quelques mois par Bruno Retailleau. L’association garde sa personnalité morale et peut maintenir des procédures pour les besoins de sa liquidation, c’est-à-dire le recouvrement ses dettes. Autre situation paradoxale, les éléments contenus dans le décret de dissolution du ministère de l’Intérieur sont autrement plus à charge que les faits dénoncés par Marion Maréchal, il y a un an et demi.

 

Absente de l’audience, la députée au Parlement européen a publié le même jour une vidéo sur ses réseaux, dans laquelle elle affirme être « fière d’être désignée par les avocats des Frères musulmans comme celle qui a justement provoqué la fermeture de l’IESH ». « Je veux qu’ils sachent bien que je continuerai à les débusquer, à les dénoncer et que leurs intimidations judiciaires qui visent à me bâillonner ne font que renforcer ma détermination », déclare Marion Maréchal, qui conclut par une sentence : « Je ne lâcherai rien. »

Relaxée en novembre

En avril 2024, la présidente d’Identité-Libertés publiait une vidéo intitulée « Le grand dévoilement » dans laquelle elle reprochait à l’IESH son affiliation à la mouvance frériste. Une école coranique qu’elle accusait « d’être au cœur de ce projet d’islamisation de la France et de l’Europe ».

L’eurodéputée apportait sept preuves « de la dangerosité de l’établissement ». Parmi elles : le diplôme de la première promotion de l’école remis par le prédicateur des Frères musulmans Youssef al-Qaradâwi, qui « voulait la mort des Juifs et des homosexuels » ; deux professeurs épinglés, le premier ayant qualifié par le passé les Yézidis, minorité irakienne massacrée par l’État islamique, d’« adorateurs de Satan » et le second étant un imam salafiste fiché S « dont le nom a été associé à Mickaël Harpon, terroriste responsable d’un attentat à la préfecture de police de Paris en 2019 » ayant fait quatre victimes ; l’« ancien président des Frères musulmans de l’UOIF » Ahmed Jaballah, qui était aussi doyen de l’IESH Paris. Elle accusait aussi l’actuel doyen, Larabi Becheri, d’être membre de l’Union internationale des savants musulmans, dont « le secrétaire général a salué le retour des talibans » en Afghanistan en 2021 et reprochait à l’école d’être financée par l’Arabie saoudite et le Qatar.

Un an plus tard, Marion Maréchal obtenait une victoire significative. Alors que l’IESH était cité dans le rapport sur l’entrisme frériste rendu public au printemps, Bruno Retailleau annonçait la dissolution de l’institut coranique en Conseil des ministres, le 3 septembre 2025. « Il prônait un islam radical et légitimait le djihad armé », justifiait le ministre de l’Intérieur.

En octobre, la nièce de Marine Le Pen s’adressait aux Frères musulmans par vidéo : « J’ai fait de la lutte contre votre confrérie et votre idéologie l’un de mes combats prioritaires. Vous avez lancé contre moi un véritable djihad judiciaire. »

Poursuivie, en novembre, pour avoir évoqué la proximité d’une école avec les Frères musulmans, Marion Maréchal était finalement relaxée.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

82 commentaires

  1. Marion Maréchal a marché sur la queue du serpent. Pas étonnant qu’il se révolte. Pour l’anéantir, il faut lui couper la tête, mais seule y arrivera-t-elle ?

    • A ça c’est sur, ah ça c’est sur !!
      Le problème est que les Marion sont toujours poursuivies en justice quand les seconds passent à travers les mailles du filet

  2. Et elle a bien raison
    Quand on voit qu’ils s’en prennent à bon nombre de site dits « patriotes », à des associations patriotes comme Nemesis ou à Erik Teigner, quand toutes les plaintes CONTRE LFI elles ne sont pas instruites, on est en droit de se poser des questions

  3. En gros, elle est jugée pour avoir énoncé les mêmes faits que l’état et qui ont entraîné la dissolution de cette enclave islamiste.
    La justice se dit débordée, comprend pourquoi!!

  4. Comme en son temps la France l’avait fait pour le protestantisme, sans justification sérieuse, elle devrait l’envisager pour l’islamisme, c’est à dire interdire tout financement étranger pour la construction et le fonctionnement des lieux de culte ou assimilés.

  5. Ceci montre bien pour qui travaille la justice française. Trainer au tribunal, une personne en l’accusant de faits que les pouvoirs publiques ont entérinés par une décision ministérielle est d’une absurdité sans nom, voir un paradoxe quantique. Qui gouverne en France ? on se le demande, et la haut que fait il le capitaine ? rien ! absolument rien ! J’ai connu un grand homme jadis qui face a cette situation aurait donné un coup ce pied dans la fourmilière, afin que ces simagrées cessent . Un capitaine doit conduire le bateau, au milieu des vagues en les déjouant, un pilote doit mener son avion a bon port quelque soient les nuages sombres qu’il rencontre . Mais le notre fait de la com et se promène ! ! !

  6. Les juges islamo-gauchistes se déchainent contre tous les candidats indésirables , c’est à dire les candidats d’esssstrême drouââte, avant les élections .

  7. Mais puisqu’ils ont été condamnés, c’est bien la preuve qu’elle avait raison !
    il n’y a pas lieu de tenir un procès !

  8. dans notre pays celui qui dit la vérité est punit par contre les menteurs ont tous les droits, ce pays devient une dictature .

  9. Dans cette histoire comme tant d’autres, qui concerne les pays de l’autre côté de la Méditerranée nous observons la complicité incontournable du gvt et de macron en particulier. Un pseudo chef d’état anti-français, pitoyable.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Traitement des violences sexuelles à Paris : une partie des médias est soumis à la gauche
Gabrielle Cluzel sur CNews

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois