Hôpital public et parking payant : Raphaël Arnault emboîte le pas au RN
Payer pour stationner à l’hôpital est entré dans les mœurs. Cela n’existait pas avant 2012, année où l’hôpital de Bordeaux a été le premier à imposer cela aux malades et aux visiteurs. Depuis, la pratique s’est généralisée. Normalisée. Les hôpitaux s’en remettent souvent à des gestionnaires privés comme Q-Park ou Indigo qui sont là - et c’est leur droit - pour faire de l’argent, mais l’hôpital est-il le lieu idoine ? Contacté par BV, Indigo se justifie : « Le stationnement payant dans les hôpitaux n’a pas vocation à pénaliser les patients ni leurs proches, mais à garantir l’accès au site dans de bonnes conditions pour tous – patients, visiteurs et personnels. »
La double peine
De bonnes conditions, vraiment ? À l’hôpital de Nancy, se récrie le collectif Handicap 54, « les 30 premières minutes sont gratuites, au-delà, il faut compter 6 euros la première heure, 18 euros les deux heures et jusqu’à 30 euros les 3 heures ». Effarant ! Cela, pour venir se soigner ou rendre visite à un conjoint, une sœur, un enfant… Même le personnel soignant passe à la caisse pour venir travailler, payant parfois jusqu’à 80 euros par semaine.
Un coût qui s’ajoute à un « parcours de santé » déjà compliqué en soi. « Il est inadmissible que nos compatriotes paient le parking lors de visites à l’hôpital, explique à BV Stéphanie Galzy (députée RN, Hérault). C’est surtout le cas dans la ruralité, où l’on subit la double peine : la désertification médicale et le parking à payer en plus lorsque l’on se rend dans un hôpital public. » En juillet 2023, Mme Galzy avait posé une question au gouvernement sur le sujet. Le ministère de la Santé répondit à côté : le parking ne relève pas de l’expertise de l’hôpital, les tarifs sont affichés et il existe « une commission des usagers, qui doit être concertée (sic) par l'établissement sur ces questions ».
L’initiative du Rassemblement national
D’autres voix se faisaient entendre, au même moment. Le député Jordan Guitton (Aube, RN), le sénateur Édouard Courtial (Union centriste, Oise) tiraient eux aussi la sonnette d’alarme. Cela s'est concrétisé par une proposition de loi du député Thibault François (Nord, RN), en mars 2024, « visant à interdire la mise en place de parkings privés pour les hôpitaux ». La proposition n’a pu aller plus loin, la législature en cours s’étant achevée fin juin de la même année.
Le combat a été repris ou, faut-il dire, recopié par les LFI, qui ont déposé une proposition de loi en juillet dernier, « visant à garantir la gratuité des parkings des établissements publics de santé ». Raphaël Arnault se vante beaucoup, sur X, ces jours-ci, d’avoir dénoncé le sujet. Il oublie de remercier le RN… « Si l’intérêt des Français était important pour les LFI, rétorque Stéphanie Galzy, ils auraient cosigné la proposition de mon collègue Thibaut François, lors de la précédente législature. »
Une proposition d’une simplicité remarquable
Preuve que les élus RN ont levé une question qui touche de près les Français, le groupe socialiste a, lui aussi, déposé une proposition de loi en ce sens. Et ce 16 septembre, le groupe RN a réitéré sa proposition de loi « relative à la gratuité des parkings d’hôpitaux publics ». Elle est d’une simplicité remarquable. Le principe ? « Tout établissement public de santé dispose d’un parc de stationnement gratuit destiné aux patients, à leurs visiteurs et au personnel de l’établissement. » Avec une précision : « Nulle délégation de service public ne peut être conclue ou renouvelée pour sa gestion. »
Ne pourrait-on pas envisager un paiement symbolique, en lieu et place d’un stationnement prohibitif ? Non, nous répond Stéphanie Galzy : « J’insiste sur la gratuité. Il s’agit d’un service public. » Comment la financer ? « Notre groupe, continue la députée de l’Hérault, préconise, pour financer cette mesure, une taxe visée à l’article 235 ter ZD du Code général des impôts (transactions financières) - et non une augmentation de l’accise sur les tabacs, comme le veut la gauche. Cette solution n’aboutirait qu’à une augmentation du trafic de cigarettes. »
Les opposants à la gratuité n’ont guère qu’un argument : un parking gratuit est envahi par des gens qui se garent non pour aller à l’hôpital mais pour faire leurs courses. Autrement dit : le paiement pénalise les visiteurs honnêtes plutôt que ceux qui commettent des abus. D'autre part, « les recettes générées permettent, explique la société Indigo à BV, d’assurer l’entretien, la rénovation et la construction de parkings, qui représentent des investissements lourds pour les établissements de santé ». Mais, comme l'expose la proposition de loi du RN, « les patients ou les visiteurs qui, par leurs impôts directs ou indirects, financent l’hôpital public doivent donc contribuer une seconde fois ». L'Assemblée nationale ne fera pas l'économie d'un débat sur la question du parking hospitalier.
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87 commentaires
Ce serait bien
Résultat pour éviter de payer un parking eh bien on demande un bon de transport si on a personne pour vous accompagner car lorsque vous devez subir une opération laisser sa voiture pendant une semaine par exemple cela coûte beaucoup trop cher, c’est la solution que j’ai choisie
,
moi aussi, je suis allé à l’hôpital à 180km de chez moi, j’ai eu du mal à me faire rembourser mes frais de déplacement avec ma voiture, maintenant je prends un VSL le coût est 3 fois plus élevé mais je n’ai plus à batailler avec la sécu.
Et si tu ne connais personne et que tu vas à l’hosto en urgence, tu fais comment charlot.
Vous pourriez aussi payer vous-même votre transport, cela ne choquerait personne je crois…
En effet c’est bien mieux pour les finances de la secu de payer le taxi ou le VSL que de mettre des parking gratuits dans les hopitaux. Mais, puisque tout a un coût, sachant que les villes où il y a des hôpitaux sont en général des villes importantes ou il y a plusieurs parking payants. Pourqoi le maire n’accorderait-il pas ces concessions assorties d’une clause obligeant le concessionnaire à verser une redevance pour que la ville puisse financer les parkings gratuits dans les hôpitaux ? A 30 Euros les 3 heures je pense que les sociétés ont les moyens de le faire sans se ruiner, non ?
On ne va pas à l’hôpital pour faire la fête. Faire payer le stationnement est un abus inadmissible. Nous payons largement les parcours de santé. De toutes les façons nous sommes des vaches à lait dès lors qu’on respire en France.
Le stationnement est devenu un luxe inaccessible à la plupart des gens. À Neuilly-sur-Seine, rue Jacques Dulud, une rue résidentielle, l’horodateur vous demande la modique somme de 65 euros pour 4h30 de stationnement, c’est souvent le temps nécessaire a ma femme atteinte de cancer pour faire ses examens radiologiques.
Tout est dit, on punit l’ensemble des citoyens pour laisser frauder les délinquants
Pourquoi ne pas permettre à l’accueil de l’hôpital d’intervenir sur le ticket du parking identifiant ainsi si la personne vient pour consultation ou visite et ainsi assurer la gratuité pour 3 ou 4 heures de stationnement. Simple à faire, encore faut-il le vouloir. A titre d’information cela existe dans très nombreux parking commerciaux ou médicaux outre-Alpes.
Tout est dit : « les patients ou les visiteurs qui, par leurs impôts directs ou indirects, financent l’hôpital public doivent donc contribuer une seconde fois. » L’Assemblée nationale ne fera pas l’économie d’un débat sur la question du parking hospitalier » et les autres?
Je me demande comment ça se passe pour les maladifs qui viennent se faire soigner avec l’argent de Sylvie et Nicolas. Ils doivent certainement râler quand il faut payer le parking…
Le problème de stationnement est réel
Les parkings le facilitent , il faut trouver des solutions , la délivrance par l’hôpital d’un bon serait une solution.
Le compromis de Mont de Marsan semble raisonnable
Il faut parfois attendre presque 1/2 h avant de trouver une place , c’est aussi un coût
Le paiement (très cher) du parking à l’hôpital est tout simplement scandaleux. Que l’on soit malade, visiteurs ou personnel médical tout le monde doit passer à la caisse. Il faut arrêter avec cette pratique. Je me mets à la place des patients (comme par exemple ceux qui viennent tous les jours faire des rayons) et qui doivent à chaque fois passer à la caisse, ils le vivent très mal c’est une double peine pour eux.
Du racket, comme dans beaucoup d’autres cas…les autoroutes payées par le contribuable, et vendues par Monsieur De Villepin à des sociétés privées! depuis les augmentations fleurissent tous les ans…A se demander s’il n’y a pas de pôts de vin là dessous….
Dans le coeur de Raphaël Arnault, il y a un RN qui dort :)
Je ne pensais pas que ça pouvait arriver un truc pareil, mais quelle honte, c’est un véritable scandale, pensez à ceux qui souffre d’un cancer qui viennent faire leur chimio et leur radio thérapie 3 fois par semaine pendant des mois;, à ceux qui passent par les gens urgences où les heures d’attente 5, 6 heures voir plus sont très très fréquentes, pensez à ceux qui ont dû mal à manger un repas par jour ce qu’une telle somme représente 6 euros de l’heure je n’en reviens pas. Et après on viendra nous dire « la sécu c’est gratuit », entre les cotis sur salaire, les franchises, les mutuelles, les dépassements d’honoraires devenus la normale, les médocs non remboursés maintenant ce sont les stationnement dans les hôpitaux qui sont payants, mais où on va là ?
Pendant ce temps les clandestins continuent à bénéficier du tout gratuit, l’écoeurement est total.
LFI va bientôt nous dire qu’ils ont découvert que la terre est ronde etq ir tout le mérite leur revient. Ne rigolez pas avec toutes les inepties qu’ils racontent, ils en sont largement capables !
Inspirez-vous de l’hôpital de Mont de Marsan où le stationnement était gratuit mais impossible, le parking étant saturé. Depuis quelques années il est payant mais les deux premières heures sont gratuites, ce qui est suffisant pour une visite ou une consultation, les praticiens étant en général plutôt ponctuels. Résultat on trouve toujours une place. C’est, hélas, un visiteur régulier de cet établissement qui vous le dit.
Hélas ! Pour accompagner un futur opéré, 2 heures ce n’est pas suffisant et notamment quand il s’agit d’un enfant. Non. La seule solution est d’avoir un accès gratuit et s’il le faut avoir un passe récupéré à l’accueil qui sera renouvelé selon l’urgence et la gravité de la maladie de la personne hospitalisée. En d’autres termes, faire comme pour les handicapés afin d’éviter les stationnements inopportuns.
Vous avez raison, j’aipu constater lors d’une visite dans un de ces établissement en chercahnt une place de stationnement deux roi de la « pédale » (velo) arriver chacun vers son véhicule et parlant de la bonne journée passée en vélo alors que leurs deux véhicules stationnaient sur le parking d’une clinique et ils ne sont pas les seuls. Conclusion aujourd’hui c’est payant. Les nouveaux Républicains ne sont majoritairement plus que des résidus de 68 pour les quels tout est permis même le respect des règles élémentaires du code de la route leur échappe le tout organisé dans les hémicycles parisiens. Et puis regardez le nombre de gens qui laissent par fainéantise leurs véhicules (souvent 2 ) au bord de la route alors qu’ils ont une cour, des garages et parfois des portails électriques !
Donc une personne qui vient aux urgences pour un « mal de crâne » et qui est hospitalisé dans la foulée paiera combien pour le séjour de sa voiture ? …
Ca devient inqualifiable cette dictature ! …
Il faut bien payer le personnel administratif surabondant.