Freeze Corleone, rappeur jugé antisémite mais soutenu par Matthieu Pigasse
La haine sous couvert d’« art ». Vendredi 4 juillet, le tribunal administratif a validé la décision du préfet du Territoire de Belfort, Alain Charrier, d'interdire le concert que le rappeur Freeze Corleone devait donner, le dimanche suivant, dans le cadre des Eurockéennes de Belfort. Le trentenaire - de son vrai nom Issa Lorenzo Diakhaté - est accusé de relayer des textes haineux, racistes, voire à tendance néo-nazie. « L'artiste n'a pas sa place dans ce festival qui rassemble un public familial », avait justifié le préfet, dénonçant des paroles « qui font l'apologie de l'antisémitisme, du terrorisme ».
Je saisis le préfet pour annuler la récente programmation du rappeur polémique Freeze Corleone aux Eurockéennes de Belfort. L'antisémitisme et l'apologie du terrorisme n'y ont pas leur place. pic.twitter.com/oOb8wCwh5c
— Guillaume Bigot (@Guillaume_Bigot) June 24, 2025
De quelles paroles parle-t-on, au juste ? Morceaux choisis : « J’arrive déterminé comme Adolf dans les années 30 », « R.A.F. [rien à foutre, NDLR] de la Shoah », « Tout pour la famille, pour que mes enfants vivent comme des rentiers juifs », « J’ai les techniques de propagande de Goebbels »… Si ça n’est pas le signe d’une fascination pour le IIIe Reich, ça y ressemble fortement.
Statut d’« artiste » oblige, Freeze Corleone n’a pas encore été condamné par la Justice. Il n’en reste pas moins que plusieurs de ses concerts ont déjà été annulés, ces derniers mois, notamment à Lille, Lyon ou Nantes, en raison du caractère pour le moins provocateur de ses textes. Sa programmation à un festival de premier plan comme les Eurockéennes de Belfort n’en a donc été que plus étonnante. « Le programmateur regrette que je prenne cette décision, et moi, je regrette qu'il ait programmé cela », a encore affirmé le préfet du Territoire de Belfort.
Un défenseur nommé Matthieu Pigasse
Car il s’en trouve encore certains pour prendre la défense du sieur Corleone. C’est le cas de Matthieu Pigasse, riche patron de presse, mais également président des Eurockéennes. « Cette décision porte atteinte à la liberté fondamentale, la liberté d'expression, de création et de programmation, a fustigé l’homme de gauche, lors d'une conférence de presse, le 6 juillet dernier. Jamais, en 35 ans d'existence [du festival], un concert n'avait été interdit, jamais ! » Il faut croire que jamais, en 35 ans d’existence, le festival n’avait osé programmer un artiste aux propos aussi scandaleux.
"Rien à foutre de la Shoah"…. "Déterminé comme Adolf dans les années 30"
Matthieu Pigasse furieux que le rappeur Freeze Corleone ait été interdit à son festivalPour rappel, le millionnaire de gauche est propriétaire de Radio Nova (Guillaume Meurice), Les Inrocks ou Le Monde… pic.twitter.com/j3UzpCdCry
— Destination Télé (@DestinationTele) July 7, 2025
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D’ailleurs, Jean-Paul Roland, directeur de la manifestation, a avoué que des « précautions » avaient été prises pour accueillir le fameux rappeur. Ce dernier a ainsi dû signer une « clause comportementale » et s’engager à ne mentionner aucun « propos condamnable ». Ce qui en dit long sur le personnage.
La liberté d’expression à géométrie variable
Dans une récente prise de bec sur X avec Marion Maréchal, Matthieu Pigasse a mis en avant les « valeurs » qu’il porte fièrement en bandoulière. Il y citait « la démocratie », « l’égalité », « la liberté », loin de « la haine de l’autre » qu'il attribuait notamment à Vincent Bolloré. Mais entre l’entrepreneur breton, héritier d’une papeterie, et un rappeur qui dit prendre « Adolf » pour modèle, lequel des deux est le plus « haineux » ?
De même, Matthieu Pigasse s’insurge contre la « censure » dont serait victime Freeze Corleone mais ne voyait aucun problème à la fermeture de C8, en mars 2025. Lorsque Cyril Hanouna fut privé d’antenne et contraint de diffuser son émission TPMP via les opérateurs de box Internet, il ironisa, sur X : « C’était bien la peine de pleurer et de hurler à la censure… Une farce. » Le milliardaire de gauche exige une liberté totale pour de pseudo-artistes aux discours incendiaires, mais professe en revanche qu’il ne faut laisser « aucun terrain à l’Internationale de la droite radicale ». Pour cette dernière, la liberté d’expression n’est pas absolue. Elle « s’accompagne de devoirs et de responsabilités : respect du pluralisme, exactitude de l’information, pas d’incitation à la haine », explique doctement monsieur Pigasse. Pour ce qui concerne les antisémites, en revanche, c’est open bar.
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18 commentaires
Apologie du nazisme … mais que font les juges du syndicat de la magistrature , pas de mise au mur des cons , pas de procédures judiciaires , justice à deux vitesses pour deux mondes qui vont finir par vivre et opposition violente . Baudot et sa harangue ont définitivement détruit la justice , pauvre France .
Pigasse n’est pas « un milliardaire », Pigasse est un énarque (un haut-fonctionnaire) qui pantoufle dans le privé (sans autorisation, je n’ai trouvé aucun BO qui autorise ce pantouflage) et qui s’engraisse largement de contrats publics !!!