Fiscalité, faible rémunération, déclin… Pourquoi les cerveaux fuient la France ?
Ils ont fait Centrale, Polytechnique, HEC ou encore l’EDHEC et, sitôt leurs diplômes en poche, ils prennent un avion pour travailler sur un sol qui ne les a pas formés. Chaque année, près de 15.000 jeunes, censés être l’élite intellectuelle de la nation, quittent la France pour des contrées où l’herbe semble plus verte, comme l’indique le baromètre 2025 de la fuite des cerveaux publié récemment par Ipsos. Cela concerne « 10 % des jeunes diplômés issus d’écoles d’ingénieurs et 15 % des jeunes diplômés issus d’écoles de management ».
Si le chiffre n’est pas considéré comme alarmant par l’institut de sondage et de recherche, il met néanmoins en lumière « une réalité préoccupante », notamment parce qu’il est en augmentation : +25 % en 10 ans. Selon l’étude, « l’expatriation croissante de jeunes diplômés français parmi les plus qualifiés représente un risque structurel pour l’innovation et la compétitivité ». D'autant plus que « le niveau d’expatriation est d’autant plus élevé que les profils sont plus qualifiés (19 % en 2024 pour l’École polytechnique et 17,4 % pour CentraleSupélec en 2022) ».
Fuites en hausse
Que la nation perde ses talents est déjà chose dommageable, mais que, chaque année, elle dépense un milliard d’euros pour la formation de ces futurs expatriés est encore plus fâcheux. La France donne mais ne reçoit pas. Elle peut néanmoins espérer qu’un jour, ces élites reviennent au bercail.
Malheureusement, dans le même temps, d’autres feront le trajet inverse. La question est : pourquoi la France ne parvient-elle pas à garder ses cerveaux ? Ipsos livre un élément de réponse : « Il existe dans notre pays des freins majeurs et structurels à l’attractivité et à la rétention des talents. La fiscalité est perçue comme un fardeau par près de la moitié des répondants. Les rémunérations nettes sont jugées insuffisantes (44 % des répondants) et le marché du travail trop rigide (32 %). »
Qui l’eût cru ? Le haut du panier français a envie de gagner de l’argent, qu’on ne lui en prenne pas la moitié, et souhaite évoluer sur un marché du travail dynamique. Ce n’est pas tout. Si les jeunes intellectuels français tournent le dos à leur mère patrie, c’est aussi parce que « 70 % des talents estiment que la France est en déclin, 74 % s’inquiètent de la situation économique et 81 % de la situation politique » du pays. En d’autres termes, notre beau pays ne fait pas rêver ceux qui ont des ambitions. Il aurait même plutôt tendance à les rebuter.
Fuite en avant
Comment faire pour remédier à cela ? Le baromètre rapporte que les cerveaux français attendent, à 73 %, une action gouvernementale. Comprendre : s’ils partent, ce n’est pas nécessairement de gaîté de cœur, mais bien parce que la situation n’est pas favorable à leur épanouissement professionnel et ils attendent un changement.
Oui, mais l’État est bien trop occupé à déployer sa stratégie « Bienvenue en France » qui consiste à accueillir des étudiants étrangers en masse. Pour l’année 2023/2024, ils étaient 419.694 à avoir intégré nos facultés et nos écoles pour un résultat peu concluant. Selon l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, « deux tiers (66,2 %) des étudiants internationaux en mobilité n’obtiennent pas leur licence en trois ans » lorsqu’ils viennent faire leurs études sur notre sol. Le gouvernement cherche de l’or là où il n’est pas mais ne s’occupe pas de ses propres pépites. Cela est vrai pour ce qui concerne ses étudiants, mais dans bien d’autres domaines également.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts




































23 commentaires
Ca vous étonné ? Si l’âge et la maladie ne me tenaient pas en France, je foutrais le camp….en Russie, par exemple !
Ce sont les meilleurs qui partent, hélas ! C’est sans doute pourquoi Macron reste.
Et partis, ils ne reviendront plus !…. C’est tragique. Quelle irresponsabilité de nos gouvernants !
Et Momo Amra ? C’est pas l’élite de la France ? D’abord il a passé « LA » BAC avec mention « Exceptionnel » (très bien n’étant pas suffisant dans son cas). Et maintenant il est « EN » Centrale !!! :)
Développer la science est un état d’esprit. Quand Jacques Chirac fait entrer dans la constitution par convocation du congrès (pas de référendum…) le principe de précaution pour épouser les idéess délirantes des escrolos, ce jour là il a tué la science Française.
La science c’est « essai-erreur ».
Or avec ce délirant principe on refuse la possibilité de se tromper, d’apprendre de ses erreurs et de le corriger en développant de nouvelles connaissances scientifiques. Ce processus est rendu de facto impossible, de peur de se voir trainer devant les tribunaux !!!
Mais il suffit de voir Marine Tondelier et ses amis pour comprendre que la science c’est pas trop leur truc…
Avec une telle législation, la première assoce à la c…. peut attaquer en justice les firmes industrielles pour des idioties.
On pourrait me répondre, mais quel est le lien entre le principe de précaution et l’exil de nos cervaux ?
Si ce lien n’est pas direct, il n’en n’est pas moins réel. Dès lors qu’une société industrielle, étrangère, mais également Française, voudra implanter une nouvelle usine quelque part, elle examinera les législations fiscales (la France est dans les choux), mais également les législations de toutes sortes (côté réglementation folle, là aussi la France est imbattable) dont ce principe de précaution.
Si vous êtes jeune diplômé, vous ne pourrez pas être embauché par cette entreprise, tout simplement parce qu’elle ne choisira pas de s’implanter en France. Ce sera donc à vous de poser vos valises dans le pays où cette entreprise aura construit son usine.
Nous perdons des BAC + 8 et plus et devons accueillir des BAC – 5
Pas très équitable
Si je comprends bien l’article ceux de l’ESSEC et Sup de Co resteraient en France, souvent ils travaillent à l’étranger pour une entreprise française. Prendre sa valise et partir à l’aventure à l’étranger demande un grand courage, j’en connais qui l’ont fait, ils ne reviendront pas en France le mode de vie dans certains pays européen est bien supérieur au mode de vie en France, je ne les ai jamais entendu se plaindre des assurances maladie, l’enseignement est bien supérieur et les impôts ne sont pas aussi élevés bien qu’ils soient quand même élevé. je connais même des cadres supérieurs qui peuvent habiter ailleurs qu’au siège de leur entreprise faire des calculs pour savoir dans quel pays ils vont se domicilier pour payer moins d’impôts. Quant aux salaires ils sont au moins 2 fois supérieurs aux salaires français.