Fermeture de l’abattoir halal de Meaux : « L’horreur à deux semaines de l’aïd »

Suite à la publication d'images insoutenables par L214, le préfet a ordonné la fermeture temporaire de l'établissement.
© L214
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« L’horreur à deux semaines de l’aïd el-kébir. » Le 22 mai, l’association L214 lance un cri d’alerte, sur les réseaux sociaux. Sur des images filmées par une caméra cachée dans l’abattoir de Meaux, spécialisé dans l’abattage halal, on voit des animaux mourir dans d’atroces souffrances. Moutons découpés vivants ou laissés agonisant dans une mare de sang, bovins encore éveillés suspendus à des crochets ou poussés à coups d’aiguillons électriques vers des tonneaux… La cadence et l’absence d’étourdissement semblent conduire à des violences inouïes sur les ovins et les bovins.

Fermeture administrative temporaire

Suite à la publication de ces images insoutenables, l’association de défense des animaux décide de porter plainte pour sévices graves, actes de cruauté et mauvais traitements auprès du tribunal judiciaire de Melun. À sa suite, la Ligue des animaux se constitue partie civile dans cette affaire. L214 demande également aux autorités la fermeture de cet abattoir. « Dans ces conditions, l’établissement ne peut en aucun cas être autorisé à fonctionner lors de l’aïd el-kébir du 6 juin prochain », note l’association, qui milite notamment pour l’interdiction de l’abattage sans étourdissement, dit également abattage rituel.

Alertée, la préfecture ordonne rapidement la fermeture temporaire de l’établissement. Dans un arrêté de sept pages, le préfet de la Seine-et-Marne dénonce une « perte de maîtrise » des conditions d’immobilisation des animaux qui engendre « des souffrances évitables ». Sur la base des images fournies par L214, la préfecture note en effet de nombreux signes de « douleur et détresse » chez les animaux, dus notamment à une « immobilisation insuffisante » ou à des équipements de mauvais gabarit. Autant d’éléments qui conduisent le préfet à suspendre l’agrément de l’abattoir.

Pour espérer reprendre son activité, la société Aminecov, en charge de cet abattoir, devra envoyer son personnel suivre une formation à la protection animale et mettre ses équipements en conformité avec la législation. « Je suis plus que satisfait par cette décision du préfet, note Gilles-William Goldnadel, avocat de la Ligue des animaux, contacté par BV. La manière dont les pauvres animaux étaient traités était scandaleuse. Ce n’est certes pas une fermeture définitive mais une suspension d’activité qui permettra d’éviter de nouveaux sévices. » Sur la question de l’abattage sans étourdissement, l’avocat se montre moins catégorique que L214. « Je suis très réservé sur l’abattage rituel, mais je ne pense pas que j’irai jusqu’à demander son interdiction. En revanche, je suis favorable à ce qu’on mette en place des contrôles bien plus sévères », explique Me Goldnadel.

Approche de l'aïd

À l’approche de la fête de l’aïd el-kébir, principale fête des musulmans qui devrait être célébrée le 6 juin prochain, les associations de défense des animaux ne sont pas les seules inquiètes. De nombreuses préfectures, également, se retrouvent contraintes d’attirer l’attention des fidèles sur l’importance de « la protection du bien-être animal, la sécurité sanitaire des consommateurs et la protection de l’environnement ». Bien qu’hypocrite - l’égorgement sans étourdissement n’étant pas recommandé pour préserver le bien-être animal -, cette préconisation est réellement fondée. En effet, outre les abattoirs agréés qui ont obtenu une dérogation afin de pratiquer l’abattage rituel, chaque année, des abattoirs clandestins sont découverts par les autorités. Si, selon les données officielles, ces abattoirs clandestins tendent à diminuer, notamment grâce à la création d’abattoirs temporaires, autour de la date de l’aïd, agréés par l’État, les forces de l’ordre continuent de découvrir des lieux d'abattage illégaux. En 2023, aux côtés de la police, la fondation Brigitte-Bardot annonçait avoir ainsi sauvé 300 moutons dans des sites d’abattages clandestins. On se souvient notamment des 40 moutons entassés dans un logement social de 12 m2 qui servait d’abattoir. L’année dernière, 374 moutons et chèvres ont été récupérés par l’association, preuve de l’existence toujours réelle de ces circuits d’abattages clandestins. Sur TikTok, quelques comptes proposent également des moutons à des prix défiant la concurrence, sans qu'il n'y ait de traçabilité possible. « Il n’y a plus aucune règle, s’insurge Gilles-William Goldnadel. Contre ces actes odieux, je suis pour la plus grande sévérité. »

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

78 commentaires

  1. En France nous avons une loi qui interdit l’abattage rituel religieux des animaux qui s’apparente à de la torture

  2. L’abattage rituel est une dérogation au règlement européen de 2009.
    Il faut simplement, comme c’est dejà le cas dans certains pays de l‘UE, interdire l’abattage sans étourdissement (Suède, Finlande, Danemark, Slovénie, etc.) Les musulmans et juifs attachés aux traditions barbares d’abattage peuvent toujours manger de la viande importée de chez eux. Quant aux sacrificateurs musulmans, il n’ont rien à faire dans les abattoirs. Leur recrutement, fondé sur la religion, est, par ailleurs, contraire à la loi.

  3. On protège les animaux,
    Mais pas le droit à la vie pour les humains n’existe plus.
    Qui s’intéresse à la détresse humaine des vieillards délaissés par leur famille et qui sont poussés vers la mort sociales puis bientôt « « aidés à mourir » »

  4. Dans un pays où sévissent tant de soit disant défenseurs des animaux, je ne comprends même pas que l’abattage hallal soit autorisé. De plus, la lutte contre l’islamisme, contre les frères musulmans, pour la laïcité, passé aussi par là. Le plus scandaleux dans cette affaire de hallal c’est le fait que nous sommes tous contraints et forces de manger cette viande hallal, suite au défaut de traçabilité. Quant au pognon de dingue que ces pratiques barbares brassent, on ne nous en parle jamais : à se demander s’il y a une « traçabilité »quant au devenir de ce pognon de dingue …

  5. L’Etat est faible, l’Etat est lâche et complice. L’abattage halal était interdit dans l’UE mais possible avec dérogation. Il devient la norme en France, à notre insu, avec refus d’informer le consommateur sur le type d’abattage. L’abattoir de Meaux était spécialisé dans l’abattage halal, on est bien loin de la dérogation ponctuelle. Pour mieux contrôler, l’Etat organise lui même des abattoirs rituels pour l’Aid un peu partout. C’est honteux ! Le bien-être animal, son respect, les conditions d’hygiène, sont des combats de tous les jours. Il faut interdire l’abattage rituel. C’est inutilement cruel. De plus, je refuse d’acheter ce type de viande à mon insu et de financer leur culte.

  6. la fête pour les musulmans coïncide bizarrement avec la mise en application des sanctions de l’arcom du 6 juin de changer la numérotation des chaines.

  7. Rappelez-moi qui est le Maire de Meaux, ne serait-ce pas un certain JF Copé. Un certain avocat qui veut écraser financièrement une petite commune pour imposer des éoliennes allemandes.

  8.  » Autant d’éléments qui conduisent le préfet à suspendre l’agrément de l’abattoir. » Et qui c’est qui avait donné l’agrément?

  9. Quand aura-t-on le courage de constater que l’abattage rituel est un acte barbare qu’il faut interdire en France?

  10. A mon avis il faut une réglementation stricte sans dérogations possible sur l’abattage de tout les animaux sur les territoires Français.

  11. La barbarie touche le pays à tous niveaux , même sur le plan animal ; à vous dégoûter de la viande

    • Très bien vu ! Quand on questionne les écolos sur ce sujet, leur réponse est toujours la même : ne plus consommer de viande…

  12. Le hallal fait vivre tant de personnes, génère tant d’argent qui profite a cette religion qu’il sera difficile de préserver le bien être des animaux qui en concernent tous sauf ceux prévus pour l’abatage rituel. Encore une grande contradiction.

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