Eurockéennes : Freeze Corleone, une présence « irresponsable » pour G. Bigot

Le rappeur controversé doit se produire le 6 juillet aux Eurockéennes, festival financé à l’aide de fonds publics.
Capture d'écran Instagram.
Capture d'écran Instagram.

Le 6 juillet prochain, le rappeur Freeze Corleone devrait se produire sur la scène des Eurockéennes de Belfort. Une présence que Guillaume Bigot, député (RN) du Territoire de Belfort, entend empêcher. Il a annoncé saisir la préfecture pour faire interdire le concert du rappeur, régulièrement accusé de tenir des propos antisémites, insultants et provocateurs.

L’élu a également interpellé le maire de la ville et le président du département, tous deux impliqués financièrement dans le soutien au festival. Financé et subventionné par de l’argent public, ce dernier ne peut, selon le député, servir de tribune à un artiste dont les textes relèvent d’un « discours haineux ».

Haine et provocation pour fonds de commerce

Un « gros poisson » que les organisateurs risquent cependant de ne pas lâcher. Avec deux millions d’auditeurs mensuels sur la plate-forme d'écoute en ligne Spotify, Freeze Corleone - de son vrai nom Issa Lorenzo Diakhaté - attire un large public. Mais la polémique n’est pas nouvelle. Déjà visé en 2020 par une enquête pour « provocation à la haine raciale » à cause de son morceau Baton Rouge, où il déclarait : « J’arrive déterminé comme Adolf Hitler dans les années 30 » et « Tous les jours RAF (rien à fou**e) de la Shoah », il n’avait finalement pas été poursuivi. L’enquête avait été classée sans suite.

Depuis février 2024, Freeze Corleone fait l’objet d’une nouvelle enquête pour « apologie du terrorisme ». En cause, une phrase extraite du morceau Haaland : « J’arrive dans le rap comme un camion qui bombarde sur la... », perçue par certains, dont Éric Ciotti, comme une référence directe à l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice. Le président des Républicains d'alors avait dénoncé une « insinuation immonde ».

Autre époque, autre provocation : dans le titre Shavkat, sorti en 2023, il lançait : « Je préfère être accusé d’antisémitisme que de viol comme Darmanin. » À ce jour, plusieurs préfectures ont déjà refusé de l’accueillir, notamment Lyon, Nantes, Lille, et jusqu’à Genève. À Belfort, l’affaire pourrait bien suivre le même chemin.

Complaisance et complicité

Même s’il est conscient que des recours sont possibles, comme en avait déjà usé le rappeur, Guillaume Bigot nous confie viser un effet pratique avant d’être symbolique. Il souhaite « qu’il ne vienne pas se produire avec de l’argent public déverser des paroles de haine » devant un festival qui accueillait, l'année dernière, près de 130.000 spectateurs. Il décrit une « glissade inquiétante » derrière laquelle certains, selon lui, s’abritent au nom de la liberté artistique. « Même si on prétend que l’art, c’est la provocation, ce rap, hérité de l’Amérique du Nord, avec la mentalité "ghetto" travaillée par l'obsession raciale, a été transposé ici dans un contexte qui n’a rien à voir. »

Et d’évoquer un mélange dangereux : « un sexisme des plus crasses », la drogue, et l’islamisme qui s’est curieusement greffé à ce cocktail explosif. Le député dénonce un discours qui « attise le ressentiment » des populations immigrées : ressentiment contre les Blancs, contre la police, contre les Juifs... Une rhétorique dont se nourrirait une partie du champ politique, comme les Insoumis, qui, selon lui, en font leur fonds de commerce afin d’atteindre cette base électorale.

Pour Guillaume Bigot, les responsabilités sont donc partagées, mais les conséquences très claires : laisser ces rappeurs offensants déverser leurs propos devant des foules de jeunes serait « plus que déraisonnable. C’est carrément irresponsable. »

Vos commentaires

23 commentaires

  1. Pour ces rappeurs, pisser la haine par toutes les pores de la peau est de l’art ! Mozart, Chopin, etc…. qu’en pensez-vous ?

  2. Après la soirée insupportable sur la 2 samedi… J’ai arrêté évidemment. Le rap me ferait dégueuler un verre de Petrus 1976… Mardi, Roberto Alagna aux Arènes de Nîmes : un enchantement pendant 2 heures. Il est la fête de la musique à lui tout seul.

  3. Mais non, privilège rouge oblige, cette haine là sera requalifiée de « liberté d’expression » propre à la création artistique… souvenez vous de bedos père insultant Nadine Morano… eh bien, circulez, ya rien à voir, la  » justice » du mur des c… en avait ainsi décidé. Le privilège rouge protège aussi les islamo-gauchistes antisémites désormais.

    • Vous avez raison (malheureusement) Comment les « gueux » pourront ils reprendre le pouvoir confisqué par ces elites decadentes

Commentaires fermés.

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