Espagne : vers la régularisation de 500.000 migrants au nom de l’économie et des droits de l’homme

Le leader de Vox, Santiago Abascal, parle d'une accélération de « l'invasion ».
Elma Saiz annonçant les régularisations à venir, ce 27 janvier 2026. Capture d’écran © Youtube Vozpópuli
Elma Saiz annonçant les régularisations à venir, ce 27 janvier 2026. Capture d’écran © Youtube Vozpópuli

Ce 27 janvier, le gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sánchez a présenté un projet de décret qui permettra de régulariser quelque 500.000 sans-papiers. C’est la fourchette basse. Le think tank Funcas estime, lui, que les clandestins accessibles à cette régularisation seraient plutôt 840.000.

Pour Ester Muñoz (Parti populaire, droite), cette annonce est une façon de faire passer au second plan l’accident ferroviaire d’Adamuz (45 morts). Cela fait partie « des stratagèmes habituels [de Pedro Sánchez] qui consistent à mélanger plusieurs sujets ». Le leader de Vox, Santiago Abascal, y voit davantage qu’un tour de passe-passe. « Le tyran Sánchez hait le peuple espagnol, a-t-il réagi. Il veut le remplacer. C'est pourquoi il entend créer un effet d'entraînement par décret afin d'accélérer l’invasion. » En effet, si ces régularisations massives sont présentées comme une chance de santé économique, difficile de ne pas craindre, à court terme, un nouvel appel d’air migratoire et, à long terme, un mécanisme de « Grand Remplacement ».

Avec l’approbation de la Conférence épiscopale espagnole

Sans surprise, ce décret porté par Sánchez est soutenu, sinon porté, par l’extrême gauche — le parti Podemos. À l’origine, une initiative populaire si peu spontanée qu’on y trouve, explique Le Monde, pas moins de 900 organisations de défense des droits. 900 ! 900 associations, agences et organisations non gouvernementales, monomaniaques du migrant clandestin. Avec l’approbation de l’Église catholique espagnole, bien sûr. Le département des migrations de la Conférence épiscopale espagnole a immédiatement salué, rapporte Vatican News, « une étape décisive vers la justice sociale et l’intégration ».

Il y aura des conditions, tout de même, qu’a précisées Elma Saiz, ministre de l'Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations (quelle cohérente titulature !). Oh, elle n’a pas placé la barre très haut. Pour obtenir leur régularisation, les sans-papiers devront être en Espagne depuis au moins cinq mois et ne pas avoir de casier judiciaire… « Nous renforçons un modèle migratoire fondé sur les droits de l’homme et l’intégration, compatible avec la croissance économique et la cohésion sociale », a-t-elle expliqué.

Comme ailleurs, immigration rime avec insécurité

En 2005, un autre socialiste, Zapatero, avait régularisé la situation de 700.000 sans-papiers. Cela avait provoqué, les années suivantes, des arrivées massives de nouveaux clandestins… et un ras-le-bol des Espagnols. Vingt ans plus tard, on en prend d’autres et on recommence. Pour comprendre ce qui se joue, quelques chiffres. Entre 2001 et 2006, « une population immigrée multipliée par 4 ou par 5 selon les régions », écrit une étude. Et depuis ? « En 2025, près de 19 % de la population résidente est immigrée. 40 % viennent d’Amérique latine, tandis que les Marocain·es sont devenu·es la première communauté étrangère », écrit le think tank progressiste Terra Nova.

Des Marocains, comme des Algériens, « proportionnellement 4 fois plus impliqués que les Espagnols dans les infractions pénales », écrit le statisticien Marc Vanguard. Car, comme ailleurs en Europe, « les étrangers sont surreprésentés dans l'ensemble des infractions pénales en Espagne ». L’insécurité a poussé des Espagnols à l’émeute, en juillet dernier, à Torre-Pacheco. L’urgence de Pedro Sánchez était alors de dénoncer ceux qui font le lien entre immigration et insécurité…

« Pas un de plus ! »

500.000 régularisés d’un coup de baguette administrative : c’est presque l’équivalent d’une ville comme Malaga. Comme un avant-goût d’invasion. Ou un arrière-goût, au choix. « Il faut y mettre un terme », explique encore Abascal. Il en détaille les moyens : « Rapatriements, expulsions et remigration ». La contre-offensive de Vox passe par une pétition : « Pas un de plus ! ». Trois raisons de la signer sont mises en avant : refus de l’invasion migratoire, refus de l’insécurité, refus d’un « agenda de substitution démographique ».

Source: https://tnova.fr/societe/immigration-integration-non-discrimination/politique-migratoire-lexception-espagnole/

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 30/01/2026 à 12:07.
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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

56 commentaires

  1. Les espagnols ont voté ?? Qu’il assument…. L’ennui est que c’est troubadours d’operette si en Espagne ils n’ont pas les mêmes services que chez nous, ils vont vite traverser la frontière… et qui pour les acceuillir ??nos services sociaux. Quant il y en a pour 1 il y en a pour 100000000000……

  2. L’idée même d’une immigration de travail qui serait susceptible d’améliorer les comptes sociaux est triplement absurde. Les migrants sont en effet majoritairement dépendants de l’aide publique et non, ou faiblement, contributeurs. Leurs enfants, toutes les statistiques le démontrent, sont peu présents dans le monde du travail. Tous seront retraités un jour, et le faible apport antérieur ne sera rien par rapport à leur coût à ce moment-là. Seule l’immigration soigneusement choisie, concernant des personnels correctement formés dans les domaines susceptibles de les absorber, aurait du sens. On en est loin.

  3. Vox tient un discours populiste a destination des gobe tout .
    Allez voir les statistiques du chômage en Espagne : environ 10 % dont une majorité de jeunes de 20 a 30 ans !!!
    pas besoin de régulariser en masse sauf peut être les métiers en tension mais lesquels !!! Idem pour la France 7 % de chômeurs 3.5 millions de personnes capables de travailler : alors qu’on les fasse travailler !!!

    • Seule une immigration temporaire de travail comme font les pays du golfe et du sud est asiatique est profitable .
      Visa lié au contrat de travail

  4. Les socialistes espagnols sont aussi faux derches que tout socialiste lambda, la bouche en cœur et la moraline bien pensante en bandoulière, les bonnes excuses et les raisons oiseuses pour toujours justifier des décisions pénalisantes pour les peuples, à condition que l’idéologie, elle, passe . Et que feront ces 500000 régularisés, essentiellement d’Afrique du Nord, et du Maghreb ? Ne sont-ils pas francophones ? La France n’a-t-elle pas des conditions exceptionnelles d’accueil ? Avec Shengen, ces 500000 immigrants ne resteront pas en Espagne, mais iront la France. Merci les socialos espagnols …..No passaran !…si, si, l’idéologie passera et avec elle, ils passeront…chez nous !

  5. Pour information, l’article du figaro indique que les candidats qui ne pourront pas justifier d’un casier judiciaire vierge
    pourront . Sur une simple déclaration sur l’honneur s’affranchir de cette démarche.

  6. Cette Église d’Espagne est digne de la française qui a déjà découvert une technique originale pour la propagation de la foi, en remplaçant de bons catholiques par de non moins excellents mahométants.

    Les voies du Seigneur sont impénétrables !

  7. Le président espagnol conscient qu’il vit ses dernieres mois à la tête de l’Etat comme son alter égo français , met les bouchées doubles sur l’immigratoire , à la demande de Bruxelles .

  8. Et ces nouveaux habitants seront logés comment? Le taux de construction n’est en aucun rapport avec un tel afflux, surtout quand nombre d’Espagnols sont déjà en recherche de logement! Curieusement personne n’en parle. Le chomage à 10% ne fera qu’empirer car la concurrence avec des immigrés peu regardants sur les salaires et conditions de travail sera rude pour les jeunes, dans les métiers manuels. La compétition agricole avec nos paysans sera accrue; l’appel d’air auprès de millions de candidats est prévisible; le passage vers la France sera facilité. Par chance, l’intégration sera plus facile qu’en France en raison d’une langue et religion commune pour la grande majorité sud américaine…

  9. 600000 signatures à voir lesquelles et 900 associations on sait ce qu’elles sont : peu d’adhérents dans chacune et souvent les mêmes gauchistes dans plusieurs
    SANCHEZ entouré de corrompus dont son frère, sa femme, son entourage proche se maintient au pouvoir envers et contre tout prêt à n’importe quelle vilénie pour rester
    Pauvre Espagne livrée aux gens de gauche et d’extrême gauche

    • Non, monsieur, le pays plus généreux de l’Europe à ce moment c’est l’Espagne. Pardon, je veux dire le plus stupide.

      • Moi qui y habite, j’en tremble déjà mais il faut reconnaître que beaucoup sont sud-américains ils sont catholiques et parlent espagnol.

    • Cela ne vous rappelle-t-il pas l’histoire de notre turlupin, grand fidèle de la politique migratoire de l’UE gérée par la perfide Ursula ?!!

    • Les mêmes gauchistes qui en veulent toujours plus mais pas chez eux, chez les autres
      Si on les obligeait à prendre des familles chez eux à leurs frais, ils réfléchiraient à deux fois avant de signer

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