En deux chiffres, Borloo éclaire la calamiteuse gestion de nos hôpitaux français

Depuis que des administratifs gèrent l'hôpital et non plus des médecins, ses frais de structure ont bondi de 5 % à 34 %.
Capture écran Pexels Mathias Reding
Capture écran Pexels Mathias Reding

C’est un pavé dans la mare qu’a balancé l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, lors d’une audition au Sénat par la commission d’enquête sur les agences de l’État. Afin de prendre un exemple criant de la gabegie administrative et financière de la structure technocratique publique, il a assené ce chiffre terrible : « Lorsque l’hôpital public était dirigé par des médecins, on était à 5 % de frais de structure. On a décidé de confier la gestion à des administratifs : on est à 34 %. » Tout de même… Comme on dit, ça cause.

L’année 2025 marque une nouvelle étape dans la descente aux enfers de l’hôpital public. En 2023, déjà, un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) - encore une agence d’État, celle-ci consacrée aux statistiques du ministère de la Santé - montrait que les hôpitaux publics étaient en déficit de 2,4 milliards d’euros, contre 1,3 milliard en 2022, que les dépenses étaient en hausse de 6,6 % en moyenne, avec un pic à +34,5 % pour le poste « hôtellerie et général » et qu’en conclusion, « les ressources générées par l’activité ne [suffisaient] plus à couvrir les charges ». En janvier 2025, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (APHP) alertait sur des prévisions catastrophiques pour la clôture de l’exercice 2024, en faisant remonter à 2021 un manque structurel de ressources humaines (-2.000 infirmiers pour les hôpitaux et établissement dépendant de l’AP-HP) qui s’ajoutait à un déficit impossible à résorber. Bref, on n’est pas sortis des ronces.

Le tonneau des Danaïdes

Dans son rapport, la DREES identifiait assez justement la cause première de ces manques à gagner spectaculaires : « Cette très nette détérioration s’explique notamment par la sortie progressive des dispositifs exceptionnels de soutien pour faire face à la crise sanitaire, dans un contexte inflationniste. » Traduisons cela en français : l’hôpital public est en déficit grave parce que l’État a cessé de perfuser le système avec l’argent magique que le contribuable devra rembourser.

Pour ajouter un dernier clou sur le cercueil, un comité d’experts, dont fait partie le directeur général de l’INSEE, a lui aussi alerté, récemment, sur la gestion financière calamiteuse des établissements de santé publics. Selon eux, les revenus des hôpitaux « n’absorbent pas en totalité leurs charges, bien que leur activité ait retrouvé et même légèrement dépassé en 2024 son niveau de 2019, avant la crise sanitaire ».

Une tour de Babel sanitaire

Résumons : perfusés par la drogue dure de l’argent magique, les hôpitaux français qui appartiennent à l’État sont incapables de faire des bénéfices, même si leur niveau d’activité est en soi tout à fait correct. Et c’est là qu’on en revient à la sortie de Jean-Louis Borloo. L’ancien ministre a raison : remplacer des praticiens du système de santé par des petits hommes gris, ça ne pouvait rien donner de bon.

Où est-il, alors, ce modèle social que le monde entier est censé nous envier ? Des gens meurent aux urgences à force d’attendre, les hôpitaux sont délabrés, il n’y a pas assez de personnel soignant et personne, dans cette tour de Babel sanitaire, n’arrive à se parler pour trouver des solutions afin de faire des bénéfices. Nous autres, simples contribuables, ne sommes pas experts, mais proposons par exemple de supprimer l’aide médicale de l’État (AME) accordée aux étrangers et aux clandestins. En 2024, elle se montait à 1,2 milliard d’euros…

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

60 commentaires

  1. Si on veut que l hôpital public « fasse des bénéfices », alors il faut faire payer les malades. Ou bien il faut laisser au privé les grands malades et soigner seulement ceux qui posent peu de problèmes.
    Un bon moyen pour  » faire des bénéfices « , c’est de réaliser et facturer des examens complémentaires futiles. Un mauvais moyen c’est de prendre le temps d examiner correctement la plainte du patient, chercher ses antécédents: la consultation sera facturer au même prix qu’une consultation brève et mal faite ( avec traitement donc inadapté, ou prescription d examens complémentaires inutiles…). On pourra en effet alors facturer bien moins de consultation quotidienne réalisées à va vite.
    Je crains fort que si les bénéfices des hôpitaux publics augmentaient, ce ne soit pas au bénéfice de la santé des malades.

    Si on veut faire des bénéfices, il faut soigner des riches ou des gens en bonne santé.

  2. Il est quand même gonflé ce guignolo ! Et sa « politique de la ville », combien a-t-elle couté aux contribuable et surtout pour quel résultat ? Audiard est toujours d’actualité: « les cons ça ose tout »

  3. C’est exactement ce qu’a présenté Sarah KNAFO dans ces interventions sur la gabegie qui règne en France et en Europe. Et il n’y a pas que dans le domaine de la Santé, bien entendu. Sortons de l’Europe  » actuelle » et revenons à nos principes initiaux. Après les ZFE nous voici arrivés à la PPE3. Commençons par faire des économies sur les plans que proposent toujours les mêmes et utilisons les dans les domaines de la Santé, de la Sécurité, de la Justice, etc… Et passons de 57 à 15 Ministres.

    • Vous n’avez pas encore compris que toutes ces écoles administratives sont trop nombreuses et qu’il en sort des milliers chaque année qui n’ont d’ambition que le glandage Républicain grassement rémunéré. Il est temps d’ouvrir les yeux. Cette nouvelle plaie est à tous les niveaux de la société construite pour eux. Il y a quelques années quand ils ont sifflé à longueur de journée aidé par les médias autres caste de nantis que « La démocratie a un coût » je n’ai entendu personne s’élever contre cette organisation mafieuse qui s’est mise en place. Sans oublier que les résidus de 68 sont nombreux.

  4. Un article à charge, mais qui se garde bien d’évoquer les raisons de cette gabegie.
    1 – L’inflation des frais de structures est due au législateur, puis au Ministère qui ont empilés les contraintes en tous genres dans tous les domaines possibles, provoquant le recrutement d’une « myriade’ de qualiticiens chargés du bon respect de ce délire normatif. Et ce, bien entendu, au détriment de l’activité soins. Lorsqu’un médecin ou un infirmier fait du CR ou de la Stat (auquel ils consacrent 50% de leur temps, il ne peuvent être au chevet du malade.
    2 – la rigidité du statut fait que plus personne ne commande à l(hôpital et n’a envie de donner un cap ou de bien faire son travail.
    3 – Les 35 heures ont été le fossoyeur de l’hôpital. Les budgets n’ayant pas suivi cette réduction drastique du temps de travail.
    Et, il y a encore bien d’autres causes trop longues à exposer ici.
    Pour redonner son efficacité à l’hôpital public, ce n’est pas très difficile. Il faut lui désigner un directeur qui soit seul maitre à bord, qui recrute lui-même le personnel médical et, soit à même de créer ou supprimer des activités, en fonction des besoins. Et sans être soumis au régime interminable des appels à projets et autres interminables procédures d’autorisations. Enfin le directeur doit être responsable et devoir rendre des comptes. Et pour cela, il faut décentraliser les hôpitaux et les superviser au niveau de la Région.

  5. Suite à un examen dans un hôpital public de province, la secrétaire m’a demandé si je viendrai chercher les résultats ou si je souhaitais qu’on me les envoie par la poste, ce que j’ai choisi. Elle me dit que ça me coûterait 5 €. Sortant un billet de 5 € ma poche elle me dit non, non. On vous enverra une facture. J’ai reçu les résultats, puis plus tard la facture; j’ai payé et reçu un peu plus tard un reçu, peut-être pour le me faire rembourser. Si toutes les procédures de l’hôpital sont à l’avenant, on comprend l’incompétence de ces gestionnaires.

  6. Les hôpitaux allemands emploient beaucoup moins de personnel administratif que les hôpitaux français .
    Il faut évoquer deux sujets interdits , le coût de la prise en charge des patients venus de l’immigration légale et illégale , et les restes dus par les patients venus du sud de la Méditerranée .

  7. Dans les années 90 dans le service ou j’exerçais il y avait 30 patients et une surveillante qui.en ??? Est devenue cadre cependant il y avait par étage 90 patients plus un service de soins intensifs et une consultation cela pour 3 surveillantes . A ce jour , 15 patients par service , plus soins intensifs , donc 45 patients , et toujours 3 cadres plus une qui sont à les écouter dé..bor..dées , bien sûr elles ont dès secrétaires spécialisées dans tiktok , Instagram , Facebook, Amazon et j’en passe…et ce petit monde n’a que faire des patients, voilà où vont nos impôts et surtout n’oublions pas les spécialistes des réunions bonnes à rien : les CADRES SUP …

  8. Oui, il faut supprimer l’AME. Ça fait un bon moment que je le dis ! Ce ne serait qu’un début, car il faut là aussi désépaissir le mille-feuille administratif et embaucher du personnel médical pour revenir à une situation plus sereine.

  9. Tout le discours de Borloo indique que les économies ne se feront pas en épargnant sur les crayons dans les ministères, mais en supprimant une flopée d’agences et de commissions inutiles, comme les Français le réclament, cependant que le gouvernement fait semblant de ne pas entendre.

  10. Parlons des 30 milliards de la politique de la ville promue par le même Borloo.
    Pour aucun résultat a part plus d’immigrés et d’insécurité

    • vert 100 – Merci, Merci, Merci de rappeler cette réalité! Borloo sait aussi très bien que l’hôpital Français courre avec un boulet au pied, en raison du délire normatif qui pèse sur la moindre de ses activités, des 35 heures non financées, et du refus de tous les partenaires d’avoir un Directeur (peut importe qu’il soit médecin ou administratif) seul maître à bord après Dieu.

  11. Bien dit: « Nous autres, simples contribuables, ne sommes pas experts, mais proposons par exemple de supprimer l’aide médicale de l’État (AME) accordée aux étrangers et aux clandestins. En 2024, elle se montait à 1,2 milliard d’euros… »

  12. Les prix explosent partout. Donc ceux des pansements, médicaments, appareils, etc aussi.
    Qui se gave au passage sur le dos des contribuables : big pharma et compagnie.

  13. le poste budgétaire « hostellerie et général » est ce les petites sauteries entre administratifs ? aujourd’hui on nous annonce que le président de la république recase une amie au poste de conseillère de la culture auprès du président, mais madame macron n’est elle pas issue de la culture théâtrale, c’est ce qui correspond le plus à ce président, ça c’est pour la série « où passe le pognon ».

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