Emmanuel Macron, ou l’obsession des réseaux sociaux
C’est le nouveau cheval de bataille d’Emmanuel Macron. Depuis la fin de l’été, le chef de l’État accélère sa dénonciation des dangers des réseaux sociaux qui mettent en péril la démocratie. Le locataire de l’Élysée, qui bat des records d’impopularité, veut faire la guerre à une « désinformation » qui ne l’épargne pas.
À l’initiative de La Dépêche du Midi, Emmanuel Macron a pris la parole trois heures durant, ce mercredi 12 novembre, devant 300 lecteurs de l'organe de presse, répondant aux questions de plusieurs d’entre eux sur le thème « La démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux ».
Le président de la République a déploré « la déstabilisation de notre rapport à la vérité » et « les ingérences étrangères qui menacent notre souveraineté démocratique ». Il a appelé à « bâtir un consensus national, d’ici la fin de l’année », pour adopter « des décisions concrètes dès le début de l’année prochaine » afin de « protéger nos enfants et préserver le bon fonctionnement de notre démocratie ». Alors que les jeunes passent 4 heures 40 par jour sur les réseaux sociaux, le contre-pouvoir d'Internet a de quoi inquiéter une élite qui, depuis des décennies, peut compter sur le soutien d’une presse, indépendante bien sûr, mais dont l’idéologie dominante à gauche ne fait plus de mystère pour personne.
À ce sujet — [RÉACTION] « Un nouvel outil de propagande et de lutte contre la liberté d’expression »
Limiter les écrans ou contrôler l'information ?
Le président de la République a exprimé, une fois encore, son souhait de limiter la consommation des enfants : « Je crois qu’il faut aller vers une interdiction des réseaux sociaux jusqu’à un certain âge. […] Le débat existe, 14-15-16 ans, il faudra qu'on finalise. Et nous sommes en train de construire une coalition en Europe pour cela. » « Il ne faut pas d’écran avant 3 ans, les limiter avant 6 ans et protéger les adolescents », a-t-il aussi précisé. Emmanuel Macron a décrit les réseaux sociaux « comme une agora où on serait tous avec des cagoules et où celui qui crie le plus fort a plutôt raison », en évoquant la possibilité d’en quitter certains, dont X. « C'est quelque chose à quoi je réfléchis avec beaucoup d'attention, croyez-moi, et que je n'exclus pas du tout », a-t-il confié.
Revenant sur les milliardaires propriétaires de médias (suivez son regard), le chef de l’État a dressé un constat à faire pleurer dans les chaumières : « Il y a de plus en plus de titres de presse, radio, journaux, télévision qui sont rachetés par des gens dont l'agenda n'est pas exactement de faire vivre un titre de presse. [...] Le grand risque, c’est qu’on ait de la détention de titres de presse à des finalités d’influence de l’opinion et pas simplement d’information. [...] L’antidote, ce sont d’abord les journalistes et leurs rédactions indépendantes, avec des chartes qui garantissent cette indépendance. » La déclaration ne manque pas de piquant, dans une soirée organisée par La Dépêche du Midi, empire de presse de Jean-Michel Baylet, ancien ministre, député, sénateur, figure tutélaire du radical-socialisme dans le Tarn-et-Garonne dont il fut président du conseil général pendant trente ans, de 1985 à 2015. Celui qui ouvrait la soirée devant le président de la République, fort de vanter les valeurs de son journal « humaniste, républicain, européen », a bien pris soin de confier les commandes de son média à ses deux fils, Jean-Benoît et Jean-Nicolas, désormais directeur général adjoint et directeur général du groupe familial. Ce dernier s’est d’ailleurs empressé, ce soir-là, de vanter le rôle des médias, « rempart pour notre démocratie », tout en rappelant leur équilibre économique fragile - subventions obligent : « Un rempart sans base économique, c’est un rempart qui s’effondre. »
Dans la droite ligne de Bruxelles
Emmanuel Macron est parfaitement synchrone avec la Commission européenne qui annonçait, le même jour, ses mesures pour contrer les ingérences étrangères dans l’information, parmi lesquelles la création d’un « Centre européen pour la résilience démocratique » destiné à lutter contre les « fausses informations ». En octobre, le chef de l’État avait déjà abordé ce sujet qui lui tient particulièrement à cœur. Devant plusieurs dirigeants européens à Sarrebruck, en Allemagne, au début du mois, il déclarait : « Nous avons eu l’immense naïveté de confier notre espace démocratique à des réseaux sociaux qui sont à la main soit de grands entrepreneurs américains, soit de grandes sociétés chinoises dont les intérêts ne sont pas du tout la survie ou le bon fonctionnement de notre démocratie. » Quelques jours plus tard, s’exprimant à l’Élysée devant 200 ministres, parlementaires, scientifiques et universitaires, il annonçait la couleur : « L'idée, c'est de faire vivre ce débat dans la société et, à terme, prendre des décisions sur toute une série de mesures. » La censure dissimulée sous les doux traits du cheval de Troie est aux portes de la ville.
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111 commentaires
Il aurait mieux fait de se protéger quand il était enfant….. maintenant après avoir usé et abusé des réseaux sociaux, n’ayant pas le retour escompté il prône la censure. Cette névrose narcissique peut-elle être enraillée, j’en doute!
Normal qu’un sot comme lui quitte les réseaux sotsots.
Quant à ses préoccupations à propos des Enfants ! Il a bonne mine. Sait-il de quoi il parle ?
Evidemment c’est dans les réseaux sociaux que Monsieur Macron peut trouver les vérités accablantes qu’il mérite alors que pratiquement toute la Presse écrite et les medias publics le traitent, pour le moins, avec mansuétude. Son idée de tendre à museler ces réseaux relève plus de l’idéal soviétique que d’autre chose. Le danger pour la démocratie n’est pas du tout là où il croit le voir. Il devrait regarder plus dans son jardin.
Umberto Ecco a parfaitement raison lorsqu’il dit :
« Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles ».
Les réseaux sociaux portent d’ailleurs très mal leur nom : réseaux asociaux conviendrait mieux.
Il est clair qu’il est temps de légiférer car je pense aux contenus violents et à la désinformation auxquels mes enfants et petits enfants sont exposés.
Violences, harcèlement, fakenews, complotisme, climato négationnisme, xénophobie, homophobie sont le lot quotidien de toutes ces plateformes.
Pour les cinéphiles, je conseille de voir l’excellent nouveau film de Quentin Dupieux « l’accident de piano » où une femme habituée aux messages sur les réseaux sociaux est lancée dans une surenchère de violence qui la conduira au suicide. Le film est sidérant.
Est-ce cette société décadente que nous voulons pour nos jeunes qui prennent trop souvent pour argent content des messages et vidéos aujourd’hui générés par l’Intelligence Artificielle ?
Il n’est pas trop tard pour réagir.
Très sincèrement, je vous croyais incapable de la moindre auto-critique ! Votre citation d’Umberto Eco prouve que j’avais tort ! Bravo !
Il peut quitter X, moi ça ne me dérange pas du tout.
Mais comment il va faire pour montrer ses gros bras de boxeur pro.
Et comment il va faire avec machin et carlito.
Et comment il va faire avec les compètes de jeux de cartes avec picachu et sa bande.
Il est courageux notre président.
Il n’a pas dit qu’il quittait tik tok..c’est plus de son age …
Ah quel hypocrite ce Macron il est lui même utilisateur de Tick Tock et autres réseaux
Tout ca est bien ridicule..interdire les Reseaux Sociaux ,l’acces au porno aux mineurs les couteaux aux assassins toujours l’histoire du doigt et de la lune…quand on passe son temps a se proclamer » en guerre »,sauf pour defendre son pays,grand defenseur des enfants en laissant diffuser du sexe a l’ecole par des trans,envahir son pays par des hordes de gens » qui n’ont pas les codes,on arrete de se prendre pour » grand »
On reste a sa place de minus abens!
..
Il y a des politiciens dont le logiciel et la préoccupation personnelle, voire l’obsession, ne sont pas de nature à faire vivre la démocratie et la liberté d’expression. Surtout lorsqu’ils font du mensonge permanent leur ligne conductrice.
Dsa, Chat Control, media contro. Autant de cadres structurant la censure. Mme Aurore Bergé z été chargé de mettre en place l’organisme de censure : un collectif d’associations wokistes et gauchistes.
Et aucun média dit main stream n’aborde le sujet.
« « Je crois qu’il faut aller vers une interdiction des réseaux sociaux jusqu’à un certain âge. […] Le débat existe, 14-15-16 ans, il faudra qu’on finalise…. Et protéger les adolescents », a-t-il aussi précisé »
A oui? par contre, les cours de sexualité, avec des trans , des LGBTQ+++ , ça protège nos enfants et nos ados?
Non ! Il en est d’ailleurs une preuve vivante !
Macron n’a que » démocratie » à la bouche , celle ci est à sens unique , avec lui et son régime , on est servi .
Chouette il va quitter X ! Il ne manquera à beaucoup de monde.
Un « Chef », je veux dire un vrai chef, n’a rien à faire sur un réseau dit « social ».
Le CHEF s’exprime rarement, ne le fait qu’après avoir couché sur papier les éléments du thème qu’il veut développer , attends d’avoir du recul pour s’assurer que ses mots ont une valeur.
Votre Président a une multitude de fusibles appelés « Ministres », à sa place je m’en servirais énormément.
Que ne le fait-il pas ?
Ce » président » n’a jamais incarné la fonction de Chef d’ État. Vous avez raison un vrai chef n’a rien à faire sur les réseaux sociaux. Il doit peu parler et agir beaucoup. Nous avons l’inverse avec Macron.
Il faut surtout bien nous garder la tête dans la tambouille européenne et ne surtout pas voir ce qui se passe ailleurs, dans le cas où ca donnerait des idées.
J’ai hâte de voir ce que ce contrôle d’internet va donner : un argument de plus pour fuir ce continent moribond rempli d’ânes et de moutons, et enfin vivre!
Le même qui avait fait de tik tok son marche pied pour atteindre les plus jeunes en se mettant en scène en cow-boy etc., aucune colonne vertébrale et un cerveau de plus en plus fouillis pour ne pas dire autre chose