Éducation sexuelle : l’Éducation nationale allait employer un formateur… pédocriminel

Le référent à l'éducation affective recruté est aussi responsable pédagogique en Lozère. Il a finalement été suspendu.
@Unsplash
@Unsplash

Cela fait deux semaines que les enfants et les adolescents ont repris le chemin de l’école. Pour leurs parents, les réunions s'enchaînent : présentation des professeurs, des matières et du programme EVARS (Éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité), la grande nouveauté de l’année. Une nouveauté qui inquiète chaque jour un peu plus. Si le contenu de l’enseignement laisse déjà franchement à désirer, la façon dont il va être prodigué pose aussi question, surtout aux parents…

Car l’Éducation nationale se montre, elle, plutôt légère sur le sujet. En témoigne le recrutement d’un référent à l'éducation affective en Lozère. Comme le révèlent nos confrères de Mediapart, pour parler sexualité, l’académie de Montpellier n’a rien trouvé de mieux qu’une personne condamnée pour... pédopornographie ! Il s’agit d’un ancien directeur d’école épinglé par la Justice en 2011 pour détention d’images pédopornographiques et devenu, depuis, conseiller pédagogique.

Pédophile engagé

L’information est intéressante à deux titres. Elle permet de constater, d’une part, que l’Éducation nationale est incapable de se séparer de ses brebis galeuses et, d’autre part, que sur le sujet sensible de l’éducation affective, elle n’est pas très regardante.

Certes, le référent recruté ne devait pas intervenir auprès des enfants, mais était-il vraiment la personne la plus apte à former les enseignants pour qu’ils s’adressent ensuite à leurs élèves ? Comment le ministère d’Élisabeth Borne peut-il valider le recrutement de quelqu’un qui a des antécédents pédocriminels en tant que coordinateur de la formation EVARS ? La question a été posée à l’académie de Montpellier ; elle est restée sans réponse.

Le rectorat a finalement indiqué que le référent avait été suspendu de ses fonctions avant toute intervention. Encore heureux ! Mais si l’Éducation nationale ne parvient même pas à contrôler les casiers judiciaires de son personnel avant de lui confier de telles missions, comment l’institution de la rue de Grenelle peut-elle garantir que les associations qui interviendront dans les classes seront respectables ? Ce sera au petit bonheur la chance, et puisque c’est au programme, les parents n’ont pas leur mot à dire.

Enfants en danger

Comme le dit très justement Séverine Duminy, coordinatrice nationale du réseau Parents vigilants, à BV, « l’intérêt des enfants passe après » les lobbies. Elle ajoute : « C’est du bricolage, de l'amateurisme, et sur des questions qui sont aussi importantes, c’est très problématique. » Un point de vue partagé par... Ségolène Royal, sur X : « Il existe des outils pédagogiques très bien faits, efficaces contre les violences sexuelles, respectueux des âges et de la pudeur, estime l'ancienne candidate à la présidentielle. Les enseignants et les parents peuvent s’en servir et n’ont pas besoin d’être formés par des associations aux idéologies douteuses, voire pire, comme le prouve l’exemple de Lozère avec un pédophile ! » Ségolène Royal appelle plutôt à un retour aux fondamentaux : « Virez tout ça et laissez les enfants apprendre à lire, écrire, compter, se comporter, respecter, se cultiver. Donnez les moyens à l’école de bien le faire en partenariat avec les parents. Laissez les enseignants et les enfants à l’abri de vos réformes délirantes ; ils ont déjà beaucoup à faire… »

De son côté, Sophie Audugé, déléguée générale de SOS Éducation, tire la sonnette d'alarme, auprès de BV : « Les enfants sont des proies et les prédateurs sexuels essayent d’occuper des postes où ils sont en contact avec les enfants. Ça demande donc des contrôles, une vérification des casiers et la non-inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS). » Elle précise : « Évidemment, toute personne qui serait concernée doit être radiée et ne plus jamais être en contact direct ou indirect avec des enfants. »

Cela n’a pas été le cas pour cet ancien directeur, qui a jugé auprès de Mediapart être « justement » bien placé pour faire cette formation, « sachant les dangers, [sachant] que certains ou certaines peuvent avoir des pulsions sexuelles envers les enfants… » Il rappelle qu’« il y a une hiérarchie au courant » de son passé. Une hiérarchie qui n’a pas cru bon l’écarter. Nous voilà rassurés ! Plus que jamais, les parents doivent être vigilants et protéger leurs enfants.

Vos commentaires

51 commentaires

  1. J’ai de la sympathie pour Mme ROYAl (fille de militaire ) qui parle clair et propose des solutions concrètes pour les jeunes .La nommer Ministre de la jeunesse ou à la condition féminine ne serait pas , me semble t’il Inutile ou destructeur comme l’est MME BORNE

  2. Avec de pareilles prises de position Mme Royale est prête pour signer la pétition de M. de Villiers !
    Elle parle enfin raisonnablement…

  3. Comme les enfants ne savent pas lire on suppose que cette éducation sexuelle se fera par des travaux pratiques. La sélection de ces formateurs/trices est donc orientée vers un certain type de personne. C’est cohérent.
    On se demande comment tous nos ancêtres ont pu se reproduire sans éducation sexuelle !

  4. Ils font fort à l’éducation nationale. Si j’avais des enfants en bas âge, je ne les mettrais pas à l’école publique même si je devais me saigner pour leur donner une bonne éducation. Il faut virer tous ces incapables. Honte…

  5. J’ai lu tout le post de Ségolène sur X. De temps en temps elle a un éclair de lucidité et de bon sens. Son ex flamby devrait en prendre de la graine.

    • Evidemment, on les trouve là où sont des enfants ! Celui-là a été démasqué, mais que penser de « l’enseignant » militant bon teint ?

  6. C’était pourtant un expert de la chose… Qu’on laisse nos enfants suivre leur scolarité. L’éducation sexuelle est affaire de parents. Au train où va l’éducation nationale, les enfants arriveront en terminale sans savoir ni lire ni écrire, mais seront experts eux aussi en pornographie.

  7. Rare que je sois d’accord avec S. Royal mais là je partage son avis : on recadre L’Education nationale dans ce qu’elle doit faire, apprendre à nos enfants de primaire à lire, écrire et compter, le reste est l’affaire des parents

  8. “l’Éducation nationale exige un casier judiciaire vierge ou sans mentions incompatibles avec les fonctions d’enseignement (…) cette obligation se poursuit tout au long de leur carrière”.
    Pourquoi cet ancien directeur des écoles est-il passé à côté de cette obligation ? Il vote à gauche ? C’est pour ça qu’il n’a pas été révoqué ?

    • Le piston et la cooptation ! Une pratique moins en vogue à droite, surtout chez les RN et Reconquête, Certainement parce que les bons postes sont majoritairement détenus par des gens de gauche qui s’étaient au préalable déjà pistonnés entre eux , créant de fait un marigot pour le coup nauséabond avec les risques de voir ce genre de situation où un pédophile se charge de former à l’éducation sexuelle des enfants , ce qui est déjà une incongruité car on n’a pas le droit de toucher à la psychologie d’un enfant en brulant les étapes qui lui permettent de se construire pour en faire des ados avant l’heure . En même temps , il n’est pas tellement étonnant que ce genre de fonction attire des personnages douteux et dérangés .

  9. CE n’est que le début de la FIN ! …
    Ca a commencé au plus haut de la « pyramide » ! …
    La destruction a été amplifiée depuis mai 2017 avec la cohorte de « sinistres » nommés au ministère de l’EN ! …

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois