[ÉDITO] À 200 ans, le puissant Figaro ringardise la bible gauchiste Libération
Créé en 1826, Le Figaro fête ses deux cents ans en grande pompe avec, s’il vous plaît, une exposition exceptionnelle gratuite sous la nef du Grand Palais à Paris, du 14 au 16 janvier. Le journal est en effet devenu un mastodonte de la presse. Celui qui fera disparaître ce monument du conservatisme français n'est sans doute pas né... Actuellement, le quotidien vend chaque jour, en moyenne, 375.000 exemplaires, en hausse de 5 % sur un an. Et Le Fig s’appuie sur un groupe puissant de plus de 2.000 salariés occupés à faire vivre ses déclinaisons très rentables (Figaro Magazine, Madame Figaro, etc.). Ce n'est pas tout. Le groupe Figaro abrite encore bien d’autres titres (Gala, Le Particulier, Le Journal des femmes...). Résultat : un chiffre d’affaires de près de 580 millions d’euros, en 2024.
Pas si mal, pour un titre que la presse de gauche a tant aimé moquer et présenter comme l’incarnation de la droite ringarde et de la bourgeoisie croulante. Car la droite et ses journaux, Figaro en tête, sont depuis des décennies considérés et décrits, dans les soirées de la gauche parisienne qui se crut si longtemps toute-puissante, comme forcément hors course, vieillissant, déconnectés de la modernité, ratiocinant, pas cool, pas branchés, méchants, égoïstes, puants. De droite, en somme.
La situation de Libé appelle à un peu plus de modestie
Prestigieux dans la France conservatrice, Le Figaro a cumulé les sarcasmes et les étiquettes infâmantes de la part de cette France incarnée par Libération. Le quotidien de Serge July s’était érigé, dès les années 1970, au-dessus du commun des mortels, appuyant une prétention à réinventer le monde sur les faveurs d’une petite coterie d’intellectuels parfois brillants, souvent autochoisis, voire autoproclamés. La situation de Libération appelle désormais à un peu plus de modestie. Le titre a réussi à faire les poches d’une extraordinaire série de personnalités fortunées, de Jérôme Seydoux à Patrick Drahi, en passant par Édouard de Rothschild. La diffusion de la bible de la gauche atteint aujourd'hui 116.000 exemplaires, certes en hausse de 13 % du fait des promotions en ligne, mais loin du quotidien conservateur. Surtout, Libération est seul sur le marché de la presse, sans le soutien d’un groupe diversifié comme Le Figaro. En 2022, un nouveau mécène, Daniel Křetínský, a remis une fois encore 15 millions d’euros sur la table pour renflouer les pertes du quotidien structurellement déficitaire, dont le chiffre d’affaires tourne autour de 30 millions d’euros. Autant dire que le journal de Jean-Paul Sartre ne jouit pas aujourd’hui d'une santé florissante et n'a pas vraiment la garantie de passer le cap des 100 ans…
Le Figaro a pourtant subi sur sa route quelques avanies. Il a vécu les affres du conservatisme en France, créant une intense polémique lorsque le brillant patron du Fig Mag Louis Pauwels évoqua, pour décrire la décadence de la France, « un SIDA mental ». Une expression extraordinairement juste qui lui sera reprochée, y compris au Figaro, jusqu’à sa mort. Car les tensions entre conservateurs et progressistes n’auront jamais cessé de tirailler la vieille maison, jusqu'à aujourd'hui. Qui se souvient que Le Figaro tenta de licencier son journaliste Éric Zemmour, avant de reculer devant la mobilisation des lecteurs. C’était en 2010.
Qui a oublié la très prudente modération du journal au moment des échéances présidentielles ? Le quotidien a subi les influences des personnalités, des services, des actionnaires et des groupes de pressions multiples, comme toute société humaine.
On a le droit de préférer la ligne claire de Boulevard Voltaire, association libre qui n’appartient et n'obéit à personne. Mais Le Figaro reste un grand journal, qui a abrité des talents de plume exceptionnels. La santé de ce paquebot de la droite française reflète, du reste, actuellement un glissement de l'opinion de ce vieux pays, et pas vers les idées de Libération. Ce n'est pas en soi, pour qui aime la France, une mauvaise nouvelle.
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42 commentaires
Le Figaro m’a profondément déçu ! Je me suis désabonné il y à plusieurs années déjà ! Une droite complexée qui n’ose pas clairement se positionner !
Vn se limitant à ce siècle, le Figaro a des hauts et des bas : « pravda » de Sarco, puis quotidien de référence au décès du Monde, puis retour à l’angélisme européiste macronien.. c’est un peu tristounet, non ?
Le vrai problème avec Le Figaro, c’est que de toute évidence il y a quelque part dans son organisation un noyau de personnes qui décident de tout ce qui peut y être écrit, aussi bien dans les articles que dans le forum des lecteurs (où la censure est systématique et impitoyable)… Cette rigidité de la ligne éditoriale est habilement dissimilée derrière une certaine diversité apparente d’articles et de sujets traités mais lorsqu’on connait bien ce journal on perçoit sans difficulté le militantisme politico-ethnique dont il est l’instrument. On perçoit aussi qu’une bonne part de ses articles ont publiés pour plaire à Un Tel ou à Un autre Tel : ami, allié, associé… Roi du Maroc, comédien d’une certaine obédience, candidat LR, sportif sous contrat… Autant pour un journal qui se prétend « libéral », terme dont on sait qu’il possède autant de sens que son nombre de locuteurs…
Vous me paraissez bien indulgent et peut-être un peu rêveur. Le Figaro me paraît plutôt à l’image de la droite française, assez vermoulu, avec certes parfois des saillies bienfaisantes, mais globalement co-responsable de ce que la France est devenue….
C’est quand même la gauche de Mitterrand qui a entamé sérieusement le déclin de la France. Il faut rester honnête avec soi-même cher Monsieur.
Je me suis toujours demandé si le titre ‘Le Figaro’ était inspiré de l’œuvre de Beaumarchais. Si c’est la cas et vu de l’époque c’était plutôt « révolutionnaire » que de mettre en avant le nom d’un domestique.
Oui, mais c’était il y a 10000 ans…
Bon c’était une mauvaise blague que je croyais au second degré. Mais sans la liberté de blâmer…
Le Figaro? Ce journal du » en même temps » financé en partie par nos deniers comme Libé et les autres… A Paris, c’est le combat de la gauche Bobo contre la droite Bobo. Cette feuille de chou sera des deux camps!
Je ne lis que les titres du site web du Figaro et je constate que bien trop souvent ils acceptent les fourches caudines du politiquement correct . Donc c’est bien mais peut mieux faire . Mais un journal est aussi une entreprise qui doit vivre en satisfaisant le plus grand nombre on doit comprendre cela.
Ça me fait mal aux seins de payer pour ce torchon qu’est Libération . Subventionné et sans lecteurs !
Il serait grand temps que le Figaro et ses lecteurs comprennent et aient le courage de réagir .
Très belle campagne publicitaire d’autosatisfaction !
En même temps, comme dirait l’autre, 200 ans ça se fête évidemment.
Trop d’interviews de « gens » trop à gauche, particulièrement celui dd François Hollande plus ridicule que jamais, ou trop macroniens, particulièrement Thierry Breton…
J’ai vu ici ou là de nombreux commentaires qui traduisaient le reproche fait à cette connivence malvenue.
« Le Figaro » est devenu trop « politiquement correct » pour moi ! Et surtout, ses prises de position « sociétales » me hérissent, plus encore que ses atermoiements politiques (ah, le « front républicain » !!!à
Je me refuse à le lire, tout comme les autres publications du groupe.
Le Figaro est le grand journal décrit dans l’article, sans conteste. Mais il y a longtemps qu’il est dans le politiquement correct, ce qui m’a beaucoup déçu… Je ne le lis plus depuis longtemps.
Moi non plus
Effare hier d’entendre P.Praud encenser ce journal avec ses journalistes de « talent « .. pourtant totalement infeodes a la doxa du moment,en particulier E.Bastie ;covid
ukraine ,budget retraites… ».boomer’s » non seulement ce journal est bien trop cher pour ce qu’on y trouve,mais en plus nous le finançons !
Les petits journalistes de Cnews qui se présentent comme des « purs » n’ont en fait qu’une ambition : en partir ! Soit vers les chaînes de service public qui paient mieux et dans lesquelles on est employé à vie, soit au Figaro, qui ne doit pas si mal payer non plus, et qui est terriblement LR, donc militant et de mauvaise foi…Mais vaguement prestigieux…
Idem pour moi.
Je suis de votre avis et si j’ai longtemps été abonné, j’ai cessé de l’être il y a déjà pas mal d’années en raison de dérives régulières et d’une ligne politique de plus en plus ambiguë un peu trop dans le style du « en même temps » de Macron et ce, bien avant lui ! Je jette maintenant un œil sur les titres et cela me semble très largement suffisant. Je préfère BV, Valeurs Actuelles, Cnews qui eux au moins donnent des infos que l’on ne voit jamais dans Le Figaro. Demandez-vous pourquoi !
Ne pas oublier les aides à la presse dont bénéficie largement le figaro ( les chiffres officiels sur le site dédié à ce sujet) et comme plus de 800 titres de presse et médias en ligne ( brut, BV, … etc) la ligne de chaque titre de presse varie de l’anti- capital à des titres plus droitiers et conservateurs mais ne dépassant jamais le politiquement correcte…
Pour connaître l’actualité et appuyer là ou cela fait mal il reste la presse alternative et réellement indépendante de toute subventions qui est devenue une cible pour l’état cherchant par tous les moyens à les faire taire. À part ça nous sommes en démocratie.. comme aime à le répéter notre guide des lumières, adeptes de la manipulation par une communication en droite ligne des mondialistes de Davos.
On ne peut être et avoir été; il nous reste la liberté de blâmer
Pour les éloges flatteur on préférera le Gorafi bien sûr
Moi aussi !!!
Les subventions étatiques devraient être remise a cause a la presse.
A quand la suppression des subventions pour les journaux? Il y a longtemps qu’on n achète plus ces torchons de propagande Libération journal d extrême gauche ne survit que grâce aux subventions Quand au figaro ce n est plus un journal de droite mais plutôt de l extrême centre donc on préfère les informations par d autres canaux plus honnêtes
Totalement en phase avec votre commentaire. Pour l’extrême centre il penche plus a gauche qu’a droite. Le plus agaçant est la reprise tel quel des dépêches AFP sur leur site.