Échec de M. Valls en Nouvelle-Calédonie : le RN priorise la relance économique
Après plusieurs mois d’une situation qui semblait figée, la Nouvelle-Calédonie revient au centre de l’actualité. Simultanément (mais séparément), l’archipel accueille en effet deux visiteurs de marque. Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, et François-Xavier Bellamy, vice-président de LR, ont en effet débarqué à Nouméa le 27 mai pour un séjour prévu jusqu’au 30. Accompagnée de Louis Aliot (maire de Perpignan), André Rougé et Christophe Bay (députés européens), Marine Le Pen a eu un entretien le 28 mai avec Jacques Billant, haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, et a prévu de rencontrer ensuite l’ensemble des mouvements politiques de l’île, des loyalistes aux indépendantistes du FLNKS, avant une réunion publique le 30 au soir.
François-Xavier Bellamy a lui aussi un programme chargé, mais dominé par une soirée de rencontre le 28 avec Alcide Ponga, Sonia Backès Gil Brial et Virginie Ruffenach, les chefs de file « Les Loyalistes-Le Rassemblement ».
Un an tout juste (ou presque) après les émeutes qui ont mis à feu et à sang la Nouvelle-Calédonie, l’échec de la mission Valls semble avoir relancé la recherche d’une solution pour un territoire toujours sinistré, économiquement exsangue et dont l’avenir politique reste très incertain. Marine Le Pen et le RN n'ont pas manqué de profiter de l'occasion pour proposer une autre échappatoire pour l'archipel. Mais pour bien comprendre une situation politique calédonienne des plus complexes, revenons quelques jours en arrière.
Emmanuel Macron reprend la main
Après plusieurs référendums, tous favorables au maintien dans la France, le projet de « souveraineté avec la France » porté par Manuel Valls a été catégoriquement rejeté par Nicolas Metzdorf, figure du clan loyaliste, pour qui il ne constituait qu’une indépendance déguisée. À la suite d’une entrevue avec le chef de l’État le 23 mai, le député du groupe Renaissance laissait par ailleurs entendre, le 24, qu’Emmanuel Macron prendrait « une initiative dans les prochains jours afin de relancer les discussions ». Il n’en fallait évidemment pas plus pour faire sortir Manuel Valls de ses gonds. Dimanche 25 mai, le ministre des Outre-mer contre-attaquait : « Celui qui s'occupe, à la demande du chef du gouvernement, du dossier de la Nouvelle-Calédonie, c'est le ministre des Outre-mer. C'est moi. Il n'y en a pas d'autre. » À l’adresse de Nicolas Metzdorf, Manuel Valls ajoutait : « Il n'est pas porte-parole, que je le sache, ni du président de la République ni du gouvernement […] Qu'il y ait des initiatives qui soient prises, mais pas du type de celle annoncée par Nicolas Metzdorf, et qu'à un moment on se retrouve avec le chef de l'État, [...] cela a toujours été dit. » Ambiance…
Mais selon nos sources et en l’absence d’un quelconque soutien depuis, il semble bien que l’on assiste à une reprise en main du dossier calédonien par le Président. Et avec la probable mise sur la touche du ministre des Outre-mer, c’est l’hypothèse d’une solution de « souveraineté avec la France » qui pourrait bien être écartée, sans que l’on sache pour l’instant si Emmanuel Macron a une autre carte dans la manche, et si oui, laquelle.
Le RN affiche sa différence
Historiquement favorables tous deux au maintien du territoire dans le giron français, LR et RN ne sont cependant plus tout à fait sur la même ligne, du moins en façade. Côté LR, on reste fermement sur une ligne « Nouvelle-Calédonie française » sans aucune nuance. François-Xavier Bellamy a redéfini ses trois priorités : 1) Respect de l’expression du peuple (et donc du résultat pro-France des référendums passés) ; 2) Retour et maintien de la sécurité sur tout le territoire ; 3) Le redressement économique de la Nouvelle-Calédonie. Sur ce troisième point, les deux formations se rejoignent, sauf que le RN en fait désormais une priorité. Marine Le Pen dénonce en effet l’« obsession institutionnelle qui est celle du gouvernement » et prône désormais un « accord global institutionnel et économique », envisageant même la possibilité d’une nouvelle consultation sur le statut de l’archipel d’ici à « 40 ans ». Pour elle, les indépendantistes « n’ont construit leur discours qu’autour de l’indépendance. Si on leur retire toute perspective démocratique, leur seule issue est donc non démocratique, voire violente. Ou même pire, c’est le spectre de la guerre civile. »
Développement du potentiel sous-marin, de l'agriculture, d'une base navale ; réflexion sur la mise en place de solutions de production d'énergie pas chère : de nombreuses pistes sont à étudier.
Le développement économique de la Nouvelle-Calédonie est primordial. pic.twitter.com/c1ixYWCWuu
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) May 28, 2025
Marine Le Pen estime donc qu’il faut « savoir écouter tout le monde. Les loyalistes ont des revendications justes, tout comme les indépendantistes. » La loyaliste Sonia Backès ne semble pas trop convaincue que le FLNKS accepte la solution du RN : « Si elle arrive à leur vendre un référendum dans 40 ans, qu’elle essaye. »
Une économie sinistrée
Ce faisant, le RN se démarque néanmoins de LR et se positionne sur un terrain économique où on ne l’attendait pas forcément et qui pourrait finalement déstabiliser le clan indépendantiste. Questionné par BV, Patrice Vermeulen, rapporteur du Groupe d'étude sur les Outre-mer français dans la zone d'influence indo-pacifique (CAS), note que « le FLNKS sait que les populations canaques pourraient lui reprocher de les avoir ruinées avec les émeutes de 2024 ». Et Daniel Miroux, ancien de la BNP en Nouvelle-Calédonie et président-fondateur de l’association francophone Alliance Champlain à Nouméa, nous a pour sa part confié qu'« il faut incontestablement mettre l'accent sur le côté économique. Le grand danger, aujourd’hui, c’est de se focaliser sur la question institutionnelle, actuellement insoluble. Or, le Congrès avait prévu de programmer les élections provinciales avant novembre prochain, ce qui pourrait raviver les tensions. »
Mais agir dans le domaine économique suppose de restaurer la confiance. Depuis les émeutes, de nombreuses entreprises ont fermé et des entrepreneurs ont jeté l’éponge et quitté l’archipel. Christel Bories, qui a quitté la présidence d’ERAMET, propriétaire de la principale usine exploitante de nickel locale, estime qu’à ce jour, il « n’y a plus de modèle économique » pour l’entreprise en Nouvelle-Calédonie.
Le domaine de la santé est lui aussi particulièrement touché. Le site actu.nc, craignant un point de non-retour, a relevé qu’au 31 décembre 2024, « 138 médecins ont quitté le territoire et 32 autres sont en attente de transfert ; 30 % des postes de soignants sont vacants, laissant les structures médicales dans une situation intenable. Privées de personnel, les infrastructures s’effondrent. » Si le relèvement économique doit être la grande priorité, il est aussi d’une grande urgence.
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44 commentaires
Comme avec l’algérie..larguer les amarres !
Oui.
Par trois fois les habitants de la Nouvelle Calédonie ont donnés leur avis par référendum : Ils veulent rester Français , point final ! L’Australie , La Nouvelle Zélande , la Chine entre autres , cherchent à récupérer le fromage du Nickel , et cherchent à chasser la France de cette partie du Monde pour diminuer l’influence de la France . Et pour cela ils utilisent les revendication indépendantistes des Kanaks minoritaires , qui dans cette histoire servent d’idiots utiles .
Très juste ! Mais je rappelle qu’il y a eu quatre référendums et non trois, le premier datant du 13 septembre 1987.
Exact ! Septembre 87 avec plus de 98% de votants qui voulaient rester français … et 3 autres ensuite pour lesquels la France refuse de valider les résultats qui pourtant sont clairs : OUI nous voulons rester français. Les kanaks se savent minoritaires et refusent d’aller voter pour biaiser les résultats. Pas tous ! De nombreux mélanésiens qui font des études et réussissent leurs vies professionnelles veulent rester français ! Et ceux que l’on nomme « les caldoches » issus de nombreuses communautés au fil des ans, sont français parce que nés sur l’île depuis plusieurs générations.
Après des décennies de pourrissement, le problèmes de la Nouvelle-Calédonie paraissent aujourd’hui insolubles. Ni Valls, ni MLP, ni Bellamy ni quiconque ne pourra les résoudre et tout cela risque de très mal finir, avec l’Azerbaïdjan qui fait un travail de sape auprès des Kanaks et la Chine qui attend son heure.
Très bon article de présentation de la situation Néo calédonienne!
Si l’on oublie Vals et ses incompétences explosives à répétition, le dilemme est clair: indépendance ou département maintenu.
La démarche de terrain de M LePen parait être la plus réaliste. Les référendums ont jusque là, toujours réclamé le maintien. Et sauf à s’asseoir sur l’avis majoritaire de la population, façon sarkozy 2005, la rencontre de tous les intervenants, indépendantistes et « loyalistes », est du simple bon sens républicain.
Un avis qui n’apparait nul part, est celui de la société « Le Nickel ».
Connaitre cet avis du pouvoir de l’ombre de banquiers d’affaires pourrait aider, politiquement et financièrement.
La réalité est bien pire, le nickel néocalédonien sort « free on ship » à plus de 27% au dessus du prix mondial, fixé en fait par les indonésiens. C’est le contribuable qui est censé payer la différence.
Je consulte régulièrement les journaux NC, la SLN ne va pas bien du tout. Une grande inquiétude des employés, de nombreux licenciements suite aux événements de l’an dernier. J’échange avec des calédoniens que j’ai connus quand j’y séjournais, ils sont inquiets, ils ont peur aussi (car encore de nombreuses exactions de jeunes voyous casseurs ) mais ils s’accrochent de toutes leurs forces pour garder la tête hors de l’eau. J’admire leur courage !
Finalement, entre l’indépendance à la socialiste et la politique des réserves indiennes appliquée aux États-Unis d’Amérique, il semblerait que Marine Le Pen cherche un modus vivendi.
Je me demande ce que Valls a réussi dans sa vie politique , pas grand chose apparemment
Si, détruire la France. Les espagnols n’en ont pas voulu. ils nous l’ont rendu.
Nous avons un gouvernement de 3 premiers ministres !
Ah, bon. En nouvelle caledonie le référendum existe ? Mais un référendum à sens unique, avec des résultats dévoyés. En effet, est-il logique, est-il équitable de faire un référendum pour demander aux calédoniens s’ils veulent rester dans le giron français et de profiter de ses subsides et de ne pas demander, « en même temps »aux Français s’ils veulent garder ce territoire dans leur giron et continuer à le financer grassement ? Où est donc la justice, où est donc l’égalité dans ces manœuvres indignes d’une démocratie ? Et cela ne concerne pas seulement la nouvelle Caledonie, il y a eu Mayotte aussi. Rien que des territoires qui nous enrichissent. Il faudrait y penser à la veille de sur ponctionner encore et encore les honnêtes Français qui bossent ou qui ont bossé toute leur vie.
Confondre la Nouvelle Caledonie et Mayotte en dit long sur votre connaissance de ces îles ! Pour la NC … 3 référendums prévus de longue date et déjà exprimés et on ne veut pas en tenir compte. Sachez que les calédoniens sont français comme vous, veulent le rester et « bossent » … comme vous, cotisent … comme vous pour avoir le droit à certaines prestations. Lisez la loi constitutionnelle de la NC …
Cela ne change rien au problème. Si l’on demande à un département, a une région, etc. par référendum pour leur demander s’ils veulent rester ou devenir français, on demande parallèlement aux Français s’ils veulent ou pas que ces gens là restent ou deviennent français. C’est la démocratie !
La Nouvelle Caledonie n’est pas un département !!! Évitez de parler d’un problème que vous ne semblez absolument pas connaître.
Indépendance immédiate et Valls en prime. Deux haricots dans la chaussure de la France en moins.
Depuis le 13 Mai 2024, il est flagrant que sur la question économique, les indépendantistes comptent sur la Chine et n’ont aucun souci de ce qu’il adviendra du petit peuple canaque, plongé dans le Tiers-monde. je serai curieux des résultats d’un référendum sur le thème de l’indépendance s’adressant aux seuls mélanésiens, effectué dans des conditions strictes de sécurité des électeurs, chacun étant appelé à voter un par un, à l’abri de toute pression menaçante.
J’ai vécu en NC pendant quelques années, j’y ai encore des relations avec qui je communique, et je peux vous dire qu’ils veulent plus que jamais rester français (le résultat des 3 référendums l’a prouvé) et le gouvernement français refuse d’en tenir compte ! De nombreux mélanésiens, contrairement à ce qui est dit, veulent rester français, surtout ceux qui se sont donnés la peine de réussir ! Quant à la pression le jour du vote … bien entendu qu’elle existe ! Ces indépendantistes sont menés par une poignée de voyous qui ont pillé, brûlé pour mettre à terre l’économie de l’île. Les calédoniens tentent courageusement de sortir la tête de l’eau.
Les responsables de toute cette déliquescence sont à la tête de cet état obèse . Merci à ceux qui nous ont mis le paltoquet à l’élysée !
Urgence économique ? Ce sont les kanaks qui ont tout détruits, ils ne veulent pas bosser !
Qu’on leur donne l’indépendance sans un sous d’aide !
Avoir pensé à utiliser la Niquedouille Valls dans son projet pour la R.F., c’est toute l’image d’irrésolution de M. Bayrou . Comment pourrait-on imaginer que ce Socialiste que même les Catalans ont mis à la porte puisse être la carte maîtresse pour la politique de nôtre Outremer ?
Allo allo, y a t il des fous trop riches pour aller griller leur pognon à fond perdu la bas? Il est trop tard. Et cela dure depuis trop longtemps L’adhésion à la république de la population locale met des années à se construire et met une journée à se perdre.
Il fallait s’en douter qu’attendre de Valls l’opportuniste symbole vivant de la girouette. Les français d’outre mer ont compris en grande partie que leur salut ne peut venir que de la droite unie pour une reconquête de ces archipels délaissés par nos gouvernants depuis 30ans intéressés uniquement au moment des élections.
Mme le Pen a parfaitement raison: la France s’appauvrissant a délaissé la Nouvelle-Calédonie, comme les autres DomTom. IL a été fait là-bas une situation comparable à celle de l’Algérie française: une minorité dominante et une population autochtone laissées pour compte. La réindustrialisation d’une île aux ressources potentiellement magnifiques est la seule chose qui ramènera les Kanaks à compter dans la société. Mais n’est-ce pas trop tard?
PS: Monsieur Lombard, pourriez-vous éviter « prioriser », ce verbe « à la mode » qui pique les yeux du lecteur et n’existe pas (inexistant dans le dictionnaire de l’Académie Française) ? Donner la priorité est du bel et bon français, et va bien mieux.