Du général de Gaulle à Macron : 60 ans de visites au Vatican
Ce 10 avril 2026, Emmanuel Macron, au cours de sa visite officielle au Vatican, est reçu en audience par le pape Léon XIV. Ce déplacement est présenté par l’Élysée comme une étape importante pour « saluer le rôle essentiel du Saint-Siège et l’engagement personnel du Saint-Père en faveur de la paix, du dialogue et de la solidarité entre les peuples ». Du côté du Vatican, il est fort probable que Sa Sainteté évoquera les débats sur l’euthanasie encore en cours à l’Assemblée nationale, rappelant fermement la position de l’Église sur le respect inconditionnel de la vie. Cette visite s’inscrit également dans une longue tradition diplomatique et protocolaire entre la France de la Ve République et le Saint-Siège.
Les précurseurs de la Ve République
Si la coutume véritable de visites officielles n’est pleinement établie qu’avec la Ve République, l’histoire diplomatique entre les souverains français et les papes remonte à plusieurs siècles. Nous pouvons ainsi citer Charlemagne, qui se rendit à Rome en l’an 800 et s’y fit couronner empereur, ou encore, en 1495, le roi Charles VIII qui, en pleine guerre d’Italie, se rendit auprès du pape Alexandre VI Borgia afin d’imposer son autorité. Bien plus tard, c’est en 1957 que René Coty, sous la IVe République, rouvrit symboliquement le chemin des chefs d’État français vers Rome lorsqu’il fut reçu par Pie XII au Vatican.
De Gaulle, le dernier roi des Francs à Rome
Ce n’est véritablement qu’à partir de 1959 que la tradition des visites présidentielles de la Ve République s’instaura. Au mois de juin de cette année-là, Charles de Gaulle se rend ainsi au Vatican pour rencontrer Jean XXIII. Bien que ce ne fût pas sa première venue dans la Cité pontificale — il y avait déjà rencontré Pie XII en juin 1944 en tant que chef du gouvernement provisoire —, cette visite fut la première en tant que chef d’État. Au cours de cette audience solennelle, Jean XXIII lui offrit le collier de l’Ordre du Christ, tandis que de Gaulle remit au pape le précieux manuscrit d’une Bible du XIVᵉ siècle sur parchemin. Le général portera de nouveau ce collier en 1967, lors de sa troisième visite pour rencontrer Paul VI, ponctuée de l’amitié affichée du souverain pontife qui salua la venue de la France au Vatican « en la personne du plus illustre de ses fils ».
Lors de ce voyage était également présent Georges Pompidou, alors Premier ministre, qui deviendra par la suite le seul président de la Ve République à ne jamais se rendre au Vatican durant son mandat.
À ce sujet — Noël de l’an 800 : l’Europe retrouve un empereur
Giscard, Mitterrand, Chirac : les relations complexes
La tradition fut ensuite reprise par Valéry Giscard d’Estaing, qui entreprit non pas une mais trois visites au Vatican : en 1975 auprès de Paul VI, puis en 1978 et en 1981 auprès de Jean-Paul II. Ces rencontres ne furent pas exemptes de tensions, notamment en 1975 lorsque Paul VI exprima son mécontentement à l’égard du vote de la loi Veil sur l’IVG. Peu après, Giscard d’Estaing tenta de renouveler les relations avec le Saint-Siège lors de ses deux rencontres avec Jean-Paul II.
Le Président socialiste François Mitterrand ne se rendit au Vatican qu’une seule fois en quatorze ans de mandat, en février 1982, mais cette audience avec le pape polonais entra dans l’Histoire par sa durée : 1 h 15, la plus longue jamais accordée à un dirigeant politique par un souverain pontife.
Sous le mandat de Jacques Chirac, le 19 janvier 1996, le Président et son épouse Bernadette purent organiser une rencontre officielle avec Jean-Paul II. Chirac y affirma la fidélité de la France à son héritage chrétien, reprenant la formule du pape lors de sa venue dans notre pays, en 1980, lorsqu’il qualifia la France de « fille aînée de l’Église ». Il offrit une vierge en bois du XVIᵉ siècle et reçut la stalle de chanoine d’honneur. Il reviendra au Vatican pour les funérailles de Jean-Paul II, mais ne rencontrera jamais Benoît XVI.
Polémiques et symboliques chez Sarkozy et Hollande
Les visites de Nicolas Sarkozy furent plus controversées, notamment en 2007 lorsque Jean-Marie Bigard, connu pour son humour graveleux et provocateur, accompagna la délégation. Un autre épisode marqua les esprits, lorsque Sarkozy consulta discrètement son téléphone portable alors que le pape s’adressait à lui. En 2010, lors de sa seconde visite, il participa à une prière devant la tombe de sainte Pétronille, un geste inédit pour un chef d’État français… cherchant à redorer son image.
Sous François Hollande, malgré une distance assumée envers la religion, une audience officielle eut lieu le 24 janvier 2014 avec le pape François dans un contexte tendu après l’adoption de la loi du mariage pour tous. Une seconde audience fut organisée en 2016, où Hollande désira remercier le successeur de saint Pierre pour son soutien après l'attentat de Nice et l'assassinat du père Hamel. Enfin, le 24 mars 2017, Hollande rencontre une dernière fois le pape à l’occasion du 60ᵉ anniversaire du traité de Rome.
La première visite d’Emmanuel Macron au Vatican, qui ne survient curieusement qu’à l’approche de la fin de son second mandat, vient ainsi prolonger cette tradition pluriséculaire, écrivant un nouveau chapitre de l’Histoire diplomatique de la France avec le Saint-Siège.
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8 commentaires
Un président non croyant , qui ne sait même pas faire le signe de la croix , que va-t-il faire chez le Pape ?
Serait-il à la recherche d’une image en plus , pour son album photos ?
Vendrredi, c' »est donc le Vatican…. Le titre du film que j’ai en tête était » « Jeudi, c’est donc la Belgique.. ». Le scénario donnait des voyageurs américains qui effectuaient un grand voyage en Europe comme ça se pratiquait dans les année 1960-70 dans les agences de voyages,, genre »grand tour de France » en autocar…et on partait huit jours. Les US faisaient ça aussi mais pur l’Europe. Donc Macron, , vendredi c’est le Vatican, et il aura du poisson à table. ahahah.
A ce pape est « jeune » et moderne peut etre que freluquet 1er compte se trouver un pote pour jouer a la console ou poster suture tick tock..des papouilles en vue!
Je prie Dieu que le Saint Père soit d une extrême fermeté avec ce Franc Maçon de président qui mérite l EXCOMMUNICATION tout simplement
Oui
Cela relève de l’exercice diplomatique et c’est tout. A commencer par de gaulle lui-même. Le reste ( des présidents français) est humiliant pour nous . A noter que Sarkozy « serre-la-pogne » de Benoît XVI, genre « toi- ch’est chef état- comme- moi », Bigard , lui, s’incline devant le souverain pontife.
Mais depuis, Nicolas dont P.Buisson dit qu’ à l’époque, au Vatican, Sarkozy se signait compulsivement, est devenu très pieux. D’une grande pieuseté. Grand bien lui fasse mais l’affront, pour nous, est toujours là.
Et Macron qui avait tutoye et tripote François c’est mieux??
macron ira a confesse…y a beaucoup a dire