Deux Bretons veulent sauver L’Hermione au prix d’un euro symbolique
Alors qu’en ce début d’année 2026 l’avenir du navire L’Hermione apparaît plus incertain que jamais, deux frères bretons ont décidé de faire de leur passion pour l’océan et la navigation un véritable engagement pour la sauvegarde d’un symbole de notre patrimoine marin. En effet, face à la crise financière que traverse l’association Hermione-La Fayette, Kenan et Tugdual Jaouen ont imaginé un projet inédit afin d’offrir une nouvelle perspective à la frégate et de maintenir vivante l’histoire qu’elle incarne.
On recherche trois millions d’adhérents
À la suite de la décision rendue le 28 janvier 2026 par le tribunal judiciaire de La Rochelle, accordant à l’association Hermione-La Fayette un délai supplémentaire de deux mois pour éviter la liquidation, deux frères bretons, Kenan et Tugdual Jaouen, ont officiellement présenté une offre de reprise de la frégate L’Hermione. Leur projet repose sur le rachat du navire pour un euro symbolique, alors que celui-ci se trouve toujours immobilisé en cale sèche à Anglet.
Après cette reprise, les deux porteurs du projet souhaitent créer une nouvelle structure dédiée à l’exploitation et à la sauvegarde du navire, fondée sur un modèle participatif à grande échelle. Leur ambition est ainsi de fédérer au moins trois millions de citoyens, appelés à devenir adhérents et à verser une cotisation annuelle de deux euros. Un tel dispositif permettrait de collecter environ six millions d’euros par an, un montant présenté comme proche du budget nécessaire au fonctionnement courant et à l’entretien de la frégate. À ces cotisations s’ajouteraient également les recettes issues de la privatisation du navire pour des événements, ainsi que les contributions financières des ports souhaitant accueillir L’Hermione lors de certaines escales. Les éventuels excédents seraient ensuite consacrés en priorité au remboursement des dettes accumulées par l’association Hermione-La Fayette.
Afin de renforcer la crédibilité de leur démarche et de démontrer l’existence d’un soutien de la part des Français, Kenan et Tugdual Jaouen ont également lancé une pétition. À ce jour, celle-ci rassemble environ 4 100 signatures.
L’origine de la crise
Pour rappel, la situation à laquelle est aujourd’hui confrontée L’Hermione s’est brutalement aggravée le 18 septembre 2025, lorsque l’association propriétaire et gestionnaire de la frégate a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de La Rochelle. Cette crise trouve son origine dès 2021, lorsqu’il est découvert que la coque du navire est rongée par des champignons xylophages. Les expertises techniques concluent alors à la nécessité d’un chantier de restauration particulièrement lourd, dont le coût global est estimé à environ dix millions d’euros. Depuis le lancement des travaux, L’Hermione est immobilisée en cale sèche à Anglet, ce qui empêche toute navigation et, par conséquent, toute activité. Or, le modèle économique de l’association reposait largement sur les recettes issues des événements organisés autour du navire. Cette situation a ainsi installé un cercle particulièrement vicieux : sans navigation, pas de recettes ; sans recettes, pas de capacité suffisante pour financer la restauration ; sans restauration, aucun retour possible à la navigation.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que L’Hermione constitue un symbole majeur du patrimoine maritime et artisanal français. En effet, la frégate actuelle est la réplique fidèle du navire de guerre français qui, en 1780, transporta le marquis de La Fayette vers l’Amérique afin de rejoindre les insurgés engagés dans la guerre d’indépendance des États-Unis dont nous allons fêter le 150e anniversaire cet été.
La construction de la réplique moderne a débuté à Rochefort en 1997 et s’est achevée en 2014, mobilisant pendant près de vingt ans de très nombreux artisans. Depuis sa mise à l’eau, L’Hermione a effectué plusieurs voyages sur les mers et les océans, dont une grande traversée de l’Atlantique et a accueilli près de 5 millions de visiteurs à son bord lors de ses escales.
Une autre idée
En parallèle de la proposition portée par les frères Jaouen, une autre piste de sauvegarde de L’Hermione a été soumise aux juges. En effet, selon Sud-Ouest, la Corderie royale de Rochefort se dit prête à accueillir la frégate dans le port qui l’a vue naître, là aussi pour un euro symbolique. Cette solution impliquerait toutefois un changement radical de vocation pour le navire : L’Hermione ne voguerait plus sur les flots et serait transformée en musée permanent.
Ce scénario pose néanmoins le même problème que le projet défendu par les deux frères bretons. En effet, à ce stade, aucun des deux plans ne dispose de financements. De plus, le projet porté par la Corderie royale précise qu’il n’est pas envisagé de reprendre les dettes passées de l’association.
Cette situation laisse ainsi l’avenir de L’Hermione suspendu à la capacité des porteurs des différents projet à réunir, d’ici l’échéance fixée au 25 mars 2026, les garanties financières susceptibles de convaincre le tribunal de préserver le navire et son avenir.
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51 commentaires
Les concepteurs et les membres de l’association auraient du lire le livre de Bernard MOITESSIER: « vagabond des mers du sud », ils auraient lu et compris comment éviter ce désastre, à savoir qu’un bateau surtout en bois doit rester dans l’eau de mer de préférence.
Je suis profondément touché par l’affaire » Hermione » . On sait donner des milliards ( que l’on ne reverra plus) à l’Ukraine , mais on n’est pas foutu de préserver un patrimoine tel que l’Hermione ! Cherchez l’erreur !
Au vu des éléments ci après, je considère la chose comme bouclée. L’Hermione va disparaître. Si c’est une mérule.
Maria William:
Cessez de dire que « la Bretagne vote à gauche! » Nous ne sommes pas plus « demeurés » que les Parisiens, par exemple, qui viennent nous donner des leçons à longueur d’année! Vous finiriez par justifier le « Torr e ben » qui présidait à une partie de soule! ;-)
« Cette crise trouve son origine dès 2021, lorsqu’il est découvert que la coque du navire est rongée par des champignons xylophages. » Et aucun traitement antifongique des bois de construction? Léger, non?
Au mois de mai dernier j’ai fait partie des gogos ayant envoyé des sousous à cette association, je n’ai pas été déçu en apprenant que la situation était désespérée, en fait ils ont fait appel, simplement pour rembourser leurs dettes, ils ne m’auront plus.
La coque d’un bateau est faite pour être dans l’eau. À l’air, la pourriture et les champignons, comme la mérule, font leur travail si des produits extrêmement protecteurs ne sont pas utilisés.
Il faut demander aux Ecolos qui interdisent l’emploi des substances indispensables pour protéger une telle coque en bois.
Un gâchis parmi tant d’autres …
Encore l’utilisation abusive du « privatized » anglais transformé en « privatisation » qui ne traduit pas la notion de réservation.
A l’époque de la marine en bois on utilisait le goudron pour protéger les coques ; il semble que pour l’Hermione le sot « respect » de l’écologie l’ait interdit. Les fois où je suis allé voir sa construction jamais je n’ai senti l’odeur caractéristique de cette huile lourde que l’on fait chauffer pour en enduire la coqie.
Ne serait il pas plus judicieux et surtout informatif , de publier le bilan de cette asso, et leurs dirigeants ?
Coque pourrie au bout de 7 ans ! Ça ressemble à un pari perdu et c’est un bien triste symbole…
Commencée en 1997, achevée en 2014, soit après 17 ans de travaux, et on a découvert 7 ans plus tard, en 2021, qu’elle était bouffée par des champignons… A l’époque de La Fayette, ils n’avaient sans doute pas de xylophène®, mais il me semble que les bateaux duraient quand même un peu plus longtemps !
Curieux cette fragilité , avec quel bois a t-il était réalisé? L’original lui n’a pas eu ce problèmes à l’époque de La Fayette.
A l’époque on ne mettait pas 17 ans pour construire un bateau. Un an, deux ans au plus. Et un bateau durait rarement plus de quinze à vingt ans. Donc, l’Hermione a l’âge de ses artères. Ce vaisseau, qui a fière allure (je l’ai vu en construction), a sa place à terre, à Rochefort, plutôt que sur les ondes ; j’ai peur que les frères Jaouen ne soient que des rêveurs appâtés par la « bonne affaire ».
Peut être que l’association chargée de construire l »Hermione a fait des économies sur la qualité du bois .
Pourtant ,lorsque que je le voyais régulièrement en cale sèche à Rochefort , dans le projet il était précisé que l’on utiliserait au maximum des matériaux qui se rapprocheraient le plus de ceux utilisés à l’origine pour construire la frégate.
Hors comme le dit judicieusement « Nestorine » , les navires duraient un peu plus longtemps que 7 petites années à l’époque , et les délais de fabrication n’étaient peut être pas aussi longs .
17 ans d’efforts pour s’apercevoir au bout de cette aventure que la coque qui est tout de même l’élément principal pour permettre au bateau de flotter , présente une fragilité de par les matériaux mêmes employés. C’est impardonnable et les responsabilités devraient être établis dans ce qui s’évère être aussi bien un naufrage financier et conceptuel.
Il faudrait se poser la question de savoir si on a mis autant d’argent dans les matériaux que dans les coûts de fabrications en terme humain parce que je gage que cela ait été une mauvaise affaire pour tout le monde .
Un symbole de la France d’aujourd’hui .
En tout cas la France ne prendra pas en charge les frais de réparation , parce qu’elle a mieux à faire avec l’Ukraine pour laquelle elle s’apprête à faire dans le cadre de l’Europe , un don de 18 milliards , qui est une partie de la sommes colossale de 90 milliards engagée depuis le 11 février pour, quoi ,au fait ?
Pas le temps, puisqu’il a coulé !
Non puisqu’il a coulé avant d’avoir eu le temps de les avoir.
Peut-être faudrait-il chercher les responsabilités, faire un audit sur cette assos pour voir comment tout ça a été possible, certains se sont fait plaisir c’est sur, je ai vu l’Hermione, j’habite pas loin de Rochefort, mais on peut aussi vivre sans l’Hermione. Enfin il y a eu une faute quelque part, des vers aujourd’hui on doit bien pouvoir prévenir ça quand même. Pa expérience, si on ne change pas les hommes, on ne change pas les méthodes, c’est peut-être à méditer.
4 milliard pour l’audio visuel là pas de problème 25000 euros à la Lucet toujours pas de problème alors ou est le problème de l’association Behlem
Bien vu!
Ne pas confondre, c’est l’association Hermione – La Fayette. Le Belem, lui, continue à rouler sa bosse, avec Nantes comme port d’attache !
Il me semble que la coque du Belem n’est pas en bois…
En 1984, il n’avait pas belle allure, accosté sur les quais de Seine à Paris. Si ma mémoire ne me trahit pas, la Caisse d’Epargne fut un des mécènes qui permit sa restauration.
A Jean-Loup Frommer:
Effectivement l’ayant vu à quai, les matures abattues sur le pont et de la rouille par plaque sur tout le navire, je n’aurais pas donné une chance pour le voir naviguer encore.
Pourtant, les Bretons votent à gauche…Où passe l’argent?