Coûteuses et/ou nuisibles : ANRU, Agence Bio, deux agences à supprimer d’urgence
Ce 3 juillet, la commission d’enquête sénatoriale sur les agences de l’État a présenté ses conclusions. Décompte des plus parlants : il existe 434 opérateurs (organismes distincts de l’État, de statut public ou privé, auxquels sont confiés des missions de service public), 317 organismes consultatifs, 1.153 organismes publics nationaux… Affolant ! Le rapport qualifie cet ensemble d’« archipel aux frontières floues que l’État ne sait pas cartographier avec exactitude ». Il fallait bien une commission pour explorer cette terra incognita.
L’« agencification » de l’État depuis 30 ans
Nous sommes en présence d’une « agencification », dit le rapport. Le néologisme est laid mais expressif. Il décrit un phénomène qui s’est accéléré depuis les années 1990. Il consiste à créer une agence technocratique parallèlement à un ministère existant, tout en le plaçant sous un ou deux ministères de tutelle. L’intention pourrait être bonne. Devenue manie, elle est néfaste. La preuve par Notre-Dame. Elle brûle. Le Président veut la reconstruire rapidement. Il crée l’Établissement public chargé de la conservation et de la restauration de Notre-Dame. Celui-ci court-circuite (sans jeu de mots) deux structures qui auraient pu s’en charger : le Centre des monuments nationaux (CMN) et l’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture (OPPIC).
Face à cette anarchie d’opérateurs et d’agences, l’État n’est plus qu’« une maison mère sans direction des affaires financières et sans direction des ressources humaines ». Les crédits et les fonctionnaires sont comme hors contrôle, parsemés dans des organigrammes illisibles. Pour autant, le rapport sénatorial repousse « le mirage de la tronçonneuse », ce fameux outil de Javier Milei à couper les dépenses publiques. Il propose des solutions au cas par cas : fusions d’agences, transferts de missions, mutualisations et… suppressions.
Une Agence Bio inutile
Recommandation n° 52, par exemple : « Supprimer l’Agence Bio et réinternaliser ses missions. » L’Agence Bio coûte entre 25 et 30 millions d’euros par an. Tout un chacun préfère manger bon et sain mais, en réalité, si 16,6 millions sont consacrés aux investissements et aux interventions, 11,7 millions sont dépensés pour le personnel (une vingtaine de personnes) et le « fonctionnement ». Tout ne va pas aux carottes et aux salades.
L'Agence Bio a ainsi financé un « BioTour » en bus ou une campagne publicitaire, « Bioréflexe » : le sentiment d’inutilité du machin se renforce lorsqu’on sait que le bio ne représente que 5,7 % de la consommation alimentaire des ménages. La recommandation de la commission intervient alors que le budget d’Agence Bio est d’ores et déjà amputé de 64 % dans le projet de loi de finances 2025. La responsabilité du bio devrait finir par revenir dans le giron du ministère de l’Agriculture, ce qui est le bon sens même. Contactée par BV, l’Agence Bio n’a pas réagi au rapport sénatorial.
La nuisible ANRU
L’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) n’a pas, non plus, répondu à BV. L’ANRU est une agence que la commission préconise de « ne pas renouveler », bel euphémisme (recommandation 53). Là, on rentre dans le dur : 24 milliards d’euros de budget, selon le document officiel de l'organisme, 100 milliards d’euros d’investissement. Ses programmes sont gourmands : le PNRU (programme de rénovation urbaine, 2004-2020) a coûté 62 milliards. Le NPNRU (nouveau programme de renouvellement urbain, 2014-2030), idem. Le PNRQAD (programme national de requalification des quartiers anciens dégradés, depuis 2009), 150 millions d’euros. Ajoutons-y, pour faire bonne mesure, les neuf Programmes d’investissements d’avenir: 822 millions d’euros en faveur de « la jeunesse » et de « l’égalité des chances ».
Le tonneau des Danaïdes est un dé à coudre, comparé au gouffre de la politique de la ville, à ces fameux « quartiers » et « banlieues » où on édifie à fonds perdus des médiathèques ou des gymnases qui brûlent lors d’émeutes ou de nuits « normales ». Ne nous réjouissons pas outre mesure de la fermeture de l’ANRU : la commission suggère de transférer progressivement la gestion des programmes... aux préfectures. La politique de la ville continuera, coûteuse pour « Nicolas » et méprisée par « les jeunes » censés en bénéficier. Mais au moins verrait-on disparaître ce symbole qu’est l’ANRU et ses 160 salariés qui ont pour fonction d’organiser une large dilapidation d'argent public.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts


































36 commentaires
Rappelez moi , on cherche combien déjà ?
A supprimer tous ces machins théodules qui ne sont là que pour nous pomper du fric et planquer les amis .
Couché disait : nous l’argent, on l’a méprise..
La Veme république a donc bien réalisé le rêve de générations de socialistes : permettre à leurs descendants de financer des dynasties de fonctionnaires tous plus inutiles que coûteux…et qui n’oublieront pas de s’augmenter leurs salaires six mois avant leur mise à la retraite . Réalisant au passage le mot de Coluche pour les CRS arabes : ils sont devenus largement plus égaux que les autres !…
Je vous parie qu’en renvoyant ces parasites qui coûtent bien plus chers que les malheureux au RSA, on reequilibrerait bien des comptes sociaux !…. Quant à eux : qu’ils apprennent des métiers en tension !on fera une triple économie…Mais tout cela ne sera qu’un rêve car existe-t-il désormais une famille ou il n’y ait pas au moins un de ces parasites de notre société ?
Lorsqu’un problème se fait jour en France, on créé une agence. Sauf que quand le problème est réglé l’agence perdure pour y plaquer les copains dont on est embarrassé !
Il faut faire un ménage de printemps, exit toutes les agences qui ne servent à rien et nous coutent un pognon de dingue comme dirait l’autre
Tous les comités Théodule et je ne sais quoi, on dissous, comme l’arcom pendant qu’on y est, le CC et d’Etat qui ne servent à rien sinon à bloquer toute loi et toute réforme
Les fonctionnaires on les recycle à des postes pour débusquer les fraudeurs en tous genre avec une prime pour toute fraude découverte, cela pourrait être intéressant
Si on supprimait tous ces services inutiles , les « stats » du chômage à longue durée en prendrait un sacré coup, car pour reclasser ces gens ,cela risquerait d’être dur dur !!
Qu’on crée un ministère des fraudes et qu’on les recycle là dedans avec un salaire fixe et prime pour toute fraude fiscale et sociale , qui nous coutent très cher , nous serions gagnants, sinon je croyais qu’il fallait traverser la rue pour trouver un travail, on nous aurait mentis ?
Malheuresement, l’autre revers de la médaille c’est que ceux qui oeuvrent dans ces « machins », reclassés à des niveaux locaux, ça s’achètent et ce sera fraude contre fraude
il n’y a qu’à voir comment se gangrène les services d’urbanisme locaux…….
Si ses conclusions ne seront d’effets, cette commission a au moins le mérite de mettre au jour la folie dépensière de l’état. Après, il faut savoir agir avec prudence, nombre de ces « agences » peuvent devenir un agréable recasage en cas de perte de mandat. Tout n’est qu’equilibre en politique.
J’attends de voir sans me faire aucune illusion. Les milliards seront toujours dépensés et les personnels réaffectés dans les ministères. Cette politique des copains et des coquins qui est l’une des causes principales de tous nos maux ne s’achèvera pas sous cette nomenclature idéologique à la soviétique. Les effets de manches ne sont là que pour enfumer les gueux, pour nous dire « vous voyez, l’administration aussi fait des sacrifices », mais au bout du compte, l’objectif reste de nous faire payer l’addition. Ne soyons pas dupes. Ce n’est pas d’un hypocrite et frêle plumeau pour épousseter légèrement dont nous avons besoin, mais bel et bien d’une redoutable tronçonneuse.
Clemenceau disait que la France est un pays merveilleux , on y plante des fonctionnaires , il y pousse des impôts . Dans la France d’aujourd’hui , on élit des technocrates , ils font pousser des agences dispendieuses de l’argent public . Dans tous les cas , c’est Nicolas qui paye !
L’histoire n’est pas nouvelle hélas. Tant de gens travaillent pour rien !
Par exemple les tickets restaurant :l’entreprise paye une commission à tickets restaurant + tva ; le commerçant idem. Pour le comptable c’est une charge supplémentaire de travail
Il suffirait simplement de donner à l’employé une prime de repas hors charge , une ligne sur le bulletin de paye
Évidemment Tickets Restaurant, Edenred, Sodexo auraient moins de pognon
Ancien de la fonction publique en DDE , depuis disparue et remplacé par les DDT et DDTM ( mer ), j ‘ai eu un directeur qui a été nommé directeur de l ‘ ANRU……Déjà , à l ‘époque , je me demandais ce que je foutais dans cette administration !!
Les sénateurs, tout comme Macron et l’ensemble de la classe politique, ont peur de l’effet Milei qui les impacterait en premier lieu. Mais s’ils avaient un brin d’intelligence ils anticiperaient en faisant des économies que les français réclament de plus en plus. Car la gabegie de l’Etat est criante quand on voit un cout moyen par personne de un demi million d’euros par an !!!
Et il y en a combien de ces « agences ou comités » aussi coûteuse qu’inutiles ?
Monsieur Bayrou et son gouvernement , ignorant tout du quotidien du peuple ne réalisent même pas que des millions de français s’identifient au citoyen payeur Nicolas . Tous ces cochons de payants sont vraiment impatients de pouvoir s’exprimer électoralement .
Ces 2 là mais aussi toutes les autres agences sont à dissoudre, les économies passent par là