Couteau entre les dents, le communiste Brossat brandit l’arme de l’expropriation
« Deux chiffres. À Paris, d’un côté, vous avez plus de 3.000 logements qui sont vides depuis plus de cinq ans... et de l’autre, vous avez plus de 3.000 personnes qui dorment à la rue toutes les nuits. » Présenté comme ça, effectivement, et en l’occurrence par le communiste Ian Brossat, les choses sont simples et la solution toute trouvée : l’expropriation ! Interrogé par Apolline de Malherbe sur la question du logement en France, notamment après la parution d’un rapport de l’INSEE soulignant que 25 % des logements seraient sous-occupés (voir l’article de Samuel Martin), le sénateur et conseiller de Paris donne sa vision des choses. S’il n’est pas question, pour Ian Brossat, de s’en prendre à la brave dame qui habite seule dans son pavillon depuis que les enfants sont partis et qu’elle est devenue veuve (on est rassurés !), en revanche, il « l’assume parfaitement », « il faut aller jusqu’à l’expropriation ». Expropriation ! Carrément.
Dans une ville comme Paris, où le logement est un combat quotidien, on ne peut plus tolérer que 3000 logements soient vides depuis plus de 5 ans pendant que 3000 personnes dorment à la rue dans des conditions abominables.
Ma proposition : l’expropriation. pic.twitter.com/jG6ij03omQ
— Ian Brossat (@IanBrossat) July 9, 2025
À ce sujet — Logements « sous-occupés » : l’État dénombre les chambres vides, et c’est mauvais signe
Hier, la réquisition. Aujourd'hui, l'expropriation !
C’est une sorte de montée en gamme, pour l’ancien adjoint d’Anne Hidalgo, en charge du Logement, de l'Hébergement d’urgence et de la Protection des réfugiés. En effet, le 15 janvier 2024, il déposait avec ses collègues communistes une proposition de loi relative à l’évolution du droit de réquisition de biens immobiliers en zone tendue visant à ouvrir ce droit exorbitant, jusqu’alors réservé aux préfets, aux maires. Cette PPL prévoyait même qu’en cas de défaillance du bénéficiaire de la réquisition, ce ne soit pas la commune mais l’État qui prenne en charge l’indemnisation des propriétaires ! Loin du principe « qui ordonne, paye ». C’est ce qu’on doit appeler le communisme.
Pour être tout à fait objectif et exhaustif sur ce sujet, signalons qu’en 2019, des députés LR, notamment Aurélien Pradié, Guillaume Peltier ou encore Véronique Louwagié, avaient déposé une PPL similaire mais qui allait jusqu’à transférer totalement le droit de réquisition général des préfets vers les maires. Les législateurs faisaient en effet remarquer, au sujet des préfets, que « leur position de représentant de l’État, si elle doit leur permettre d’agir parfois contre les intérêts privés au bénéfice supérieur de l’intérêt général, les pousse aussi à ne pas procéder aux réquisitions sur des biens publics appartenant à l’État, à ses services ou aux agences publiques ». Il y a probablement du ménage à faire, de ce côté-là. Quoi qu’il en soit, à ce jour, ce droit reste aux préfets.
Le droit sacré de propriété
Le droit de réquisition immobilière, qui trouve son fondement dans le principe d’utilité publique, n’est déjà pas rien en ce qu’il restreint considérablement le droit de propriété. Un droit qui consiste, pour une personne physique ou morale, à pouvoir user, profiter et disposer d’un bien comme il l’entend. Un droit consacré par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 comme un « droit naturel et imprescriptible » et qui a valeur constitutionnelle. C’est pourquoi la réquisition et, a fortiori, l’expropriation, sont des actes d’une très grande gravité. La notion d’utilité publique doit être bien pesée et maniée avec des pincettes. Cela, c’est pour les principes, c'est déjà beaucoup !
Les sans-abri devront patienter…
Quant à savoir si l’expropriation serait une mesure efficace pour lutter contre le « sans-abrisme », on a le droit d’avoir quelques doutes… Entre le moment où une autorité décide d’engager une procédure d’expropriation et celui où elle devient effective, il se passe en moyenne entre dix-huit mois et trois ans. Au mieux ou au pire (tout dépend de quel côté on se place) ! Car, parfois, la procédure peut prendre cinq ans jusqu’à épuisement des différents recours. Les sans-abri devront patienter… Par ailleurs, qui dit expropriation dit indemnisation « juste », comme le prescrit la loi. Au prix du mètre carré parisien, on vous laisse imaginer. La dette de la ville de Paris n’est sans doute pas assez lourde...
Dans l’exposé des motifs de sa PPL sur le droit de réquisition, Brossat notait : « Nous faisons face à un paradoxe persistant. Le sans-abrisme se développe alors que le nombre de logements vacants continue de croître de manière inquiétante dans toutes les grandes métropoles. Selon l’Agence nationale de la cohésion des territoires, à Paris et Lille, 10 % du parc immobilier est vacant, à Marseille ou Saint-Denis de La Réunion, c’est 9 % des logements qui sont vides. » Avant de lancer la bombe de la spoliation (réquisition et maintenant expropriation), Ian Brossat devrait peut-être se demander pourquoi ce « paradoxe ». S'il allait voir du côté des contraintes de plus en plus lourdes qui pèsent sur les propriétaires (ne serait-ce qu’avec le fameux DPE), il aurait sans doute une partie de la réponse. Mais on l’aura compris, nous sommes en période préélectorale (municipales en 2026) : le risque de se faire déborder à gauche par les sans-culottes « èléfistes » n’est pas des moindres, pour le candidat communiste à la mairie de Paris. Donc, un petit laïus collectiviste, histoire de réveiller son petit monde de la torpeur estivale, ne coûte pas cher. Moins cher et compliqué que d'exproprier...
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117 commentaires
On dirait le « ravi »…
Il est bien bon le camarade Brossat, mail il est trop timide, il faut également envoyer les propriétaires au goulag et on le nommera garde chiourme en chef, ce job devrait parfaitement lui convenir, il semble en harmonie avec ses compétences.
Un drôle de coco ce Ian Brossat , plutôt dans le genre des fonctionnaires qui sévissaient dans les ex républiques socialistes mais en tout cas rien à voir avec Marchais et la lutte des classes . Il veut trouver une solution à la trop grand visibilité des sans abris pour le compte de sa patronne . Mais il faudrait savoir ce que l’on met derrière le mot sans abris . Les parisiens tombés dans la misère ou les migrants que l’on importe?
Effectivement j’y avais pensé aussi, quel sans abris ?
Ce sont des méthodes stalinienne, j’aimerais savoir dans combien de m2 il vit ce communiste.
– Donne moi ta montre je te donnerai l’heure –
Un conseil… auX prochaineS électionS, allez voter même si vous n’en avez plus l’envie ! Juste pour empêcher ces abrutis de « s’emparer » du pouvoir !!! La situation est déjà catastrophique … imaginez ce que deviendrait la France dirigée par ces gens.
Comme quoi les communistes n’ont rien oubliés des principes du communisme Stalinien pendant la dernière guerre mondial. Je parierais que la ligue des droits de l’homme une fois de plus regardera ailleurs.
Bien vu
Quand on discute avec un gauchiste, par où que l’on passe et quel que soit le sujet abordé, à un moment donné, sa rhétorique passe par une volonté d’en finir avec la propriété privée. C’est consubstantiel à la pensée d’extrême gauche. Brossat est l’archétype de l’arriviste qui n’a jamais travaillé, et rien appris des 100 millions de morts du communisme au siècle dernier.
Le Capitalisme c’est l’exploitation de l’homme par l’homme ..! Alors que pour le marxisme, c’est exactement l’inverse !
Au royaume des aveugles……..
Staline et associés sortez de notre corps !
Et le droit à la propriété qu’en fait-on ? La STASI renie en France.
Je n’ai jamais compris pourquoi De Gaulle n’avait pas interdit ce parti à son arrivée au pouvoir. Ceci dit, ils n’ont même pas la faculté de comprendre qu’en renforcant les droits des propriétaires, il y aurait beaucoup moins de logements vacants. De même, arrêter la pompe à immigration limiterait fortement la demande de logements.
Le collectivisme politique a la vie dure.
On lui rappellera que les bolcheviques ne règnent plus sur la Russie !
Mais ils restent bien présents en France, depuis Georges MARCHAIS, les cocos ne font plus rire.
Mais ils règnent en France, avec l’aide de Macron
Faudrait aussi regarder du côté des fonctionnaires de l’INSEE leurs habitations principales et secondaires. On pourrait avoir des surprises, de grosses surprises même. A mon avis, ils ne logent pas dans des studios!
Colluche n’ t-il pas dit : « Il avait des idées sur tout, mais il avait surtout des idées »…
On a eu Melenchon « tout rouge » et son « La république, c’est moi ! », nous voici avec BROSSAT « très rouge » aussi, et son « L’Etat c’est moi ! ». Mais expérimentons, donc, pourquoi pas ? Deux phases expérimentale donc : Dans un premier temps, la loi ne s’appliquera qu’aux seuls élus, propriétaires ou susceptibles de le devenir….c’est pas gagné ! Puis dans un 2ème temps, aux seuls électeurs ayant permis à Brossat d’être élu Sénateur… Enfin, à tous les propriétaires « locataires d’un bien », considérant « qu’ils sont la République et/ou qu’ils sont l’Etat »…Et si cela marche…? Bravo BROSSAT §
Il en est encore à l’URSS!
Mais nous y sommes presque
À noter que, dans le même temps, l’INSEE déclare que des Français habitent dans des appartements ou maisons trop grands pour eux. Vigilance donc. Il serait bien de se réveiller avant qu’une nouvelle loi soit votée.