Corrèze : un éleveur verbalisé à cause du bruit des cloches de ses vaches
68 euros, c’est le montant que va devoir débourser un éleveur bovin de Corrèze. Cette somme ne sera pas dédiée à l’achat de nourriture pour ses bêtes ou d’un quelconque produit nécessaire au bon fonctionnement de son exploitation. Cette somme correspond au montant de la contravention reçue par l'agriculteur pour « bruit ou tapage injurieux troublant la tranquillité d’autrui ».
INFRACTION POUR “BRUIT OU TAPAGE INJURIEUX TROUBLANT LA TRANQUILITÉ D’AUTRUI” : En #Corrèze, un agriculteur reçoit une amende à cause des cloches de ses vaches !!!
Une fois de plus, la justice est déconnectée du monde rural.
Les sons de la campagne ne sont pas des… pic.twitter.com/jWuyTzJ5XA— Coordination Rurale (@coordinationrur) June 23, 2025
Ce, non pas à cause d’une rave-party organisée dans l’un de ses champs ou à cause d’un tracteur débridé qui ronflait à outrance, mais bien à cause du bruit causé par... les cloches accrochées aux colliers de ses vaches ! Trois cloches pour cinq vaches, trois cloches de discorde.
Un papillon pour des vaches
Mi-juin, l’éleveur découvre un message de la gendarmerie locale sur son téléphone portable. À l’autre bout du fil, un militaire explique qu’un voisin s’est plaint du bruit et que, par conséquent, il va recevoir une contravention. Il lui est également précisé que si cela recommence, il sera à nouveau verbalisé. L’agriculteur peine à y croire, mais quelques jours plus tard, l’amende est bien dans sa boîte aux lettres.
Amélie Rebière, présidente de Coordination rurale de la Corrèze et vice-présidente nationale, raconte à BV : « L’éleveur aurait bien aimé que l’on vienne lui parler avant d’être verbalisé. » Elle précise : « L’an dernier, déjà, ce voisin s’était plaint et l’agriculteur avait déplacé les vaches pour apaiser la situation. » Les choses auraient pu se passer de la même manière, mais cela n’a pas été le cas. « La situation est rocambolesque. »
Elle est aussi symptomatique des dysfonctionnements de la société. La syndicaliste déplore : « Plus personne ne se parle, dans les campagnes. Ça devient grave. » Elle se projette : « Aujourd’hui, c’est le bruit des vaches ; demain, ce sera l'odeur ou autre chose et les agriculteurs ne seront plus les bienvenus. »
Un coup de massue pour le monde rural
Amélie Rebière conclut : « On a la désagréable impression de pouvoir être verbalisé parce qu’on est solvable et que l’on travaille. » Elle rappelle également que le monde rural est en crise et qu’il n’a pas besoin d’avoir des bâtons dans les roues supplémentaires.
Chose que la gendarmerie et le préfet de Corrèze, Vincent Berton, semblent avoir comprise, puisqu’ils ont indiqué au syndicat et à l’éleveur qu’ils le soutenaient et que, pour eux, il y avait plus grave à traiter que des bruits de cloches.
Difficile de leur donner tort, au regard des images de la fête de la Musique ou de la célébration de la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions, fin mai. La France a effectivement des préoccupations plus importantes que le tintement des cloches des bovins en plein cœur de la Corrèze, dans le village de La-Chapelle-aux-Saints, hautement rural.
Cette affaire est un cas isolé (espérons-le), mais elle montre combien le pays et ses administrations ne tournent pas rond. Elle met aussi en lumière le fait que le chacun pour soi règne aujourd’hui dans les villes comme dans les campagnes alors qu’il y a encore peu, au moins en milieu rural, la solidarité était le maître mot. Face au marasme, la société ne devrait-elle pas se serrer les coudes ? Elle ne le fait pas et c’est sans doute le signe qu’elle est plus que jamais divisée.
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96 commentaires
Et la fête de la musique ( fête du bruit en réalité) qui vient d’avoir lieu? Pour les riverains, n’est ce pas du « bruit ou tapage injurieux troublant la tranquillité d’autrui »? Autre exemple, Je réside dans une commune à festival annuel…c’est festif, joyeux, vivre ensembliste, plein de gentils festivaliers et surtout d’une faune odorante, bruyante et biberonneuse… ça coche toutes les cases de le grande messe progressiste de gauche, mais pour les riverains c’est devenu l’enfer. Par contre là, c’est autorisé…favorisé…encensé… En définitive, les paysans ne sont pas du bon côté du manche progressiste.
Il y a certains endroits en France où on entend bien le bruit de la mer : qui sera verbalisé si un citadin est incommodé ?
Le plus ahurissant dans cette affaire et que les autorités aient acceptées de donner une suite à ce litige ridicule, si ce monsieur est gêné par les cloches des vaches ou le carillon des églises mais qu’il vive en ville ou le bruit des voitures et des camions ne le dérangeront pas ! Encore un mauvais coucheur imbécile !
Que vont faire les fâcheux à la campagne et ne restent ils pas en ville ?
Encore des bobos, peut-être, qui ne savaient pas qu’à la campagne, eh bien… on entend les bruits de la campagne ! J’habite un petit village du sud-ouest et ça me désole qu’aient disparu du paysage les quelques vaches qui broutaient paisiblement avec leurs bébés il y a encore 4 ou 5 ans.
*** Peut-être, BV, pourriez-vous lancer une pétition contre cet acharnement inacceptable ? ***
La pauvre cloche qui a eu la scandaleuse audace de porter plainte contre cet éleveur, que fait elle dans cette commune rurale ? Et l’administration qui donne suite à sa plainte ! Où sont les boeufs et où sont les cloches ? Suivez mon regard…
Porter plainte pour des » bruits de cloches « ?..Ah,ce sont encore des résidents secondaires ?ou des nouveaux résidents parisiens ?….Je me rappelle que sur le village de Vence des nouveaux résidents avaient porté plainte contre les sons de cloches de l’église,à côte de leur nouvel habitat..Ils ont été débouté??L’eglise de Vence est multicentenaire..
Plusieurs choses dans ce « fait divers » sont à remarquer. Qu’un voisin soit gêné par le bruit des cloches, cela peut se concevoir après tout. La première démarche dans une société normale et entre gens normaux, serait d’aller trouver le propriétaire des vaches pour discuter du problème et tenter d’y apporter une solution. Là, ce n’est pas le cas. Dans un deuxième temps, on pourrait attendre des forces de l’ordre un peu plus de discernement et d’avoir recours au verbe (la parole) avant la verbalisation. Mais non, dans les deux cas, ce sont les choix extrêmes qui ont été privilégiés. Pourquoi ? Peut-être parce qu’on ne se parle plus et qu’il est plus commode de se voler directement dans les plumes avant d’entamer toute discussion. Triste époque, qui n’est pas sans rappeler celle évoquée par Georges Brassens dans « la rose, la bouteille et la poignée de main. » Que penser des nombreux crimes et délits qui émaillent désormais la rubrique des faits divers, autrement plus graves et inquiétants, qui eux restent sans réponse, où les forces de l’ordre ne donnent même plus suite et où la justice classe systématiquement l’affaire ? Pourquoi cet acharnement systématique sur le simple citoyen pris en faute et ce laxisme pour les criminels multirécidivistes ?
Désolée, mais quand on veut habiter la campagne, il faut s’attendre aux bruits et odeurs de celle-ci ! Avec des imbéciles pareils, il n’y aura plus d’agriculteurs, ni d’éleveurs et mangeront des produits ukrainiens, brésiliens, chinois, du Maghreb etc…
Je pense qu’il aurait dû refuser de payer l’amende et porter l’affaire devant le tribunal car les faits reprochés sont « bruit ou tapage injurieux troublant la tranquillité d’autrui » (sic), qu’est-ce qui est injurieux , ce n’était pas une rave-party des vaches, ni des écolos semant la terreur chez les agriculteurs etc…. Il me semble qu’il y a une loi de 2021 dans le code de l’environnement « les sons et les odeurs » comme caractéristiques des espaces naturels. Ces sons et ces odeurs font désormais partie du patrimoine commun de la nation, aux côtés des paysages, de la qualité de l’air ou des êtres vivants et de la biodiversité . Donc, il me semble, que la qualification des faits dont a été accusé l’agriculteur n’est pas bon
on marche sur la tête. Alors que les agriculteurs qui nous nourrissent faut-il le rappeler, ceux-ci crèvent au travail, ne gagnent que des clopinettes alors qu’ils méritent mille fois d’être riches et les mieux payés. Honte à notre société qui tue la bouche qui la nourrit. Lorsqu’il n’y aura plus que des politiciens, des influenceurs sur les réseaux dits- sociaux et des glandeurs que mangerons-nous ?
D’ailleurs je me demande sur quel fondement juridique les gendarmes ont verbalisé ?
Le mur des cloches….
En effet…On a en politique le mur des c****s…
Je croyais qu’une loi était passée pour ne plus avoir de problèmes avec ce genre de désagrément,donc il n’en est rien.
Du goudron et des plumes pour l’abruti qui a osé porter plainte
Dans un monde de fou tout est possible! Notamment la verbalisation de gens dont on sait qu’ils sont solvables et dont sait aussi, pour ne dire qu’on sait surtout qu’ils ne casseront pas tout! Un certain Bruno Retailleau, ci devant locataire de la Place Bauveau, ne sait il pas exprimé sur le fait que seuls les gens honnêtes étaient pris à partie, ou quelque chose de cet ordre, par les services de l’Etat? Manifestement il n’a pas encore « briefé » la maréchaussée ou que celle-ci continue à faire du zèle aux dépends d’une population dont elle n’a absolument rien à craindre! Cela dit, ces verbalisations tout azimut alimentent le sentiment d’un 2 poids et 2 mesures écoeurant… Ce 2 poids et 2 mesures nourrit par ricochet une exaspération qui pour le moment reste refoulé. Avec les hausses des factures d’électricité qui va résulter du vote de la loi PPE cette exaspération continuera à croître. Quand le volcan de l’exaspération va entrer en éruption, malheur à ceux qui se trouvent sur le parcours de la lave bouillante! Je n’aurai aucune compassion pour ceux qui auront danser sur le volcan!
On se souviendra de l’utilisation des drones pendant le confinement et les patrouilles de gendarmes qui verbalisaient les randonneurs solitaires en pleine montagne. Kafkaïen …!
retailleau ! une preuve de plus de son innzfficacité
Ce type est un guignol mou du genoux
On s’enfonce dans un monde ubuesque complètement dément
La personne qui se plaint habite le village depuis longtemps ou simplement depuis le COVID? Elle a quitté les interdits de la ville pour sortir respirer mais ne supporte pas les cloches des vaches ou des églises! Faut lui dire que le 9-3 lui ouvre ses portes!
L’avocat du Diable. Quand vous avez 20 vaches qui font du raffut avec leurs cloches autour de la maison, nuit et jour, ça peut porter sur les nerfs et devenir une véritable nuisance. Pourquoi ne pas simplement exiger de l’agriculteur qu’il enlève les cloches. Ce serait une bonne conciliation.
Les cloches ne se comprennent qu’en haute montagne où elles servent à repérer et à récupérer la vache qui se perd. Et dans ces lieux quasiment désertiques, personne n’est ennuyé par le son des cloches. À part peut-être les marmottes que ça peut réveiller.
Je préfère avoir 20 vaches autour de ma maison que des barbares qui crament toutes les infrastructures que j’ai payé avec mes impôts ! …
« Ca » va mal finir car beaucoup d’entre nous connaissent le dicton :
« Chacun chez soi et les vaches ( tien tien ! … ) seront bien gardées ! …
Parce que plus rien ne fonctionne normalement, probablement. Oui, vous faites preuve de bon sens, mais le bon sens n’a plus cours dans notre société.
Les plaignants peuvent aussi mettre des bouchons d’oreilles ou écouter de la musique au casque ! Voire déménager en ville. Ils ne sont clairement pas faits pour la campagne…
Les cloches n’aiment les cloches , maintenant le curé du village va devoir arrêter de sonner les cloches du village sinon ..
C’est le cas chez moi depuis 30 ans : une pétition a fait interdire les cloches entre 21 h et 7 h. Tout le village a été déboussolé, surtout les anciens à l’époque qui aimaient et avait l’habitude d’écouter les compter les coups de cloches pour savoir l’heure.
Et depuis une dizaine d’année c’est le son le jour qui a été réduit à presque rien : seuls les gens à moins de 100 m du clocher l’entendent !!!
Bientôt le muezzin. Et lui on ne l’interdira pas.