C’est un dessin satirique qui fait le buzz sur les alsaciens, et pour cause : on y voit , debout devant une carte des de France les plus touchées par le virus, suggérer à son voisin macronien : « …et finalement, si on rendait l’Alsace et la Lorraine aux Allemands ? » sous-entendant par là que cela minimiserait le total national du nombre de personnes infectées par le coronavirus.

Qu’à cela ne tienne, et ce que le dessin ne dit pas, mais que pensent sans se l’avouer de nombreux Alsaciens, c’est que cette « rétrocession » permettrait sans nul doute une meilleure prise en charge des malades du Grand Est face à la saturation des du Haut-Rhin et du Bas-Rhin. D’autant qu’ils ne semblent guère être les bienvenus dans les régions françaises vers lesquelles ils sont dirigés, si l’on en juge par les commentaires nauséabonds qui fleurissent sur Facebook sur le thème de « Oui, mais pas chez nous » ou carrément « Laissez-les chez eux ».

Alors oui, sans aucune hésitation, Monsieur le Premier Ministre, confiez l’Alsace et la Lorraine aux Allemands, qui semblent disposer d’un système de plus structuré que le nôtre. Disposant de 3.200 lits en soins intensifs, le Bade-Wurtemberg voisin a d’ores et déjà proposé d’accueillir dans ses hôpitaux les malades alsaciens-lorrains dans un état grave. Les cliniques universitaires d’Ulm, Fribourg-en-Brisgau, Heidelberg et Mannheim ont annoncé qu’elles étaient prêtes à réserver des lits aux patients français.

Pour le moment encore beaucoup moins touché que l’Alsace, le Bade-Wurtemberg est en mesure d’accueillir des malades ayant besoin d’être ventilés artificiellement. Les régions frontalières de la Sarre, de la Rhénanie-Palatinat, de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, mais aussi le Luxembourg et la Suisse ont également offert leur aide à l’Alsace. D’ores et déjà, quatre patients alsaciens ont été évacués par hélicoptère outre-Rhin, deux d’entre eux vers la clinique universitaire d’Ulm, les deux autres vers l’hôpital militaire de la Bundeswehr. La préfète de la région Grand Est, Josiane Chevalier, a fait état, lundi, d’une évacuation de patients de Saverne et d’Haguenau vers Berne et Francfort par des hélicoptères NH90 de l’ de terre depuis Entzheim.

Qu’on se le dise parmi les esprits chagrins, celles ou ceux qui, soupçonneux, ne porteraient guère nos cousins germains dans leur cœur : contrairement au Corne d’Aurochs de Brassens, l’Alsacien ne refusera pas « l’secours de la thérapeutique parc’ que c’était à un All’mand, ô gué ! ô gué ! qu’on devait le médicament, ô gué ! ô gué ! »

1 avril 2020

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