[CINÉMA] Islands, haletant polar hitchcockien sous le soleil des Canaries
Tom est un solitaire et un mélancolique. Professeur de tennis dans un hôtel à touristes bobos de Fuerteventura, dans les îles Canaries, Tom fait face à un quotidien professionnel pour le moins chargé et laisse peu de place à l’imprévu. Le soir venu, le quadragénaire décompresse en boîte où l’alcool coule à flots, noue des relations aussi éphémères que superficielles avec les touristes du coin et finit la nuit lamentablement sur des transats, en bord de plage…
Un matin, Anne, une touriste, lui demande d’enseigner le tennis à son fils Anton. Peu enthousiaste à l’idée de donner des cours particuliers à un enfant, mais sous le charme de la jeune femme, Tom accepte gentiment de lui caler un créneau le lendemain. Très vite, le professeur fait la connaissance de Dave, le mari, et aide la petite famille à obtenir une meilleure chambre d’hôtel. Alors, des liens se tissent, laissant entrevoir peu à peu les failles d’un couple constitué trop tôt et, semble-t-il, par dépit. Un soir, alors que Tom et Dave décident d’aller boire un verre, le mari disparaît sans laisser de trace. Lancés à sa recherche, tandis que la police a ouvert sa propre enquête, le prof de tennis et la jeune femme se rapprochent…
Un peu de nouveauté sous le soleil
Lauréat du Grand Prix au festival Reims Polar de 2025, le nouveau film de l’Allemand Jan-Ole Gerster ne démérite pas. Sorte de fable postmoderne aux motifs hitchcockiens et à la musique intrigante, Islands joue à fond la carte de l’ambiguïté, du mystère et des indices parcellaires disséminés çà et là.
Évoquant par moments le cinéma d’Antonioni, de Dominik Moll, voire de François Ozon, mais sans l’ironie qui caractérise ce dernier, le film repose beaucoup sur son contraste entre une tension latente, pleine de promesses plus ou moins tenues, et un cadre touristique au temps long et étiré. Le tout, au bénéfice d’un récit réflexif sur l’ennui, les impasses, la sclérose et la nécessité pour certains de changer de vie. Notre « héros », en effet, incarné par le talentueux (et trop rare) Sam Riley, est à un carrefour de son existence. Au cœur malgré lui d’une étrange affaire de disparition, Tom va trouver là, inconsciemment, de quoi puiser l’excitation et la surprise qui lui manquaient tant jusqu’à présent. Sans doute, nous dit-on, l’heure du changement a-t-elle sonné pour lui, il est temps de rebattre les cartes.
Plutôt malin, Jan-Ole Gerster ménage son suspense avec brio, lance quelques fausses pistes et joue continuellement avec nos attentes. Pas sûr, d’ailleurs, que la fin choisie par le cinéaste parvienne à satisfaire tous les spectateurs…
4 étoiles sur 5
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