[CINÉMA] Chien 51, l’adaptation du roman dystopique de Laurent Gaudé
Deuxième film français le plus cher à sortir en 2025, après le Dracula de Luc Besson, Chien 51 – avec ses 42 millions d’euros de budget – était particulièrement attendu du grand public. Cette première adaptation cinématographique d’un roman de Laurent Gaudé, publié en 2022 chez Actes Sud, a fait, semble-t-il, un bon démarrage, avec 50.850 spectateurs pour son premier jour d’exploitation en salles.
Un récit dystopique dans l’esprit de Minority Report
Chien 51 nous raconte un futur proche dans lequel Paris a été divisée en trois zones, correspondant aux différentes classes sociales, délimitées par des points de contrôle. Surveillée en permanence, la population parisienne vit sous le joug des bracelets électroniques, des caméras, des drones et d’une intelligence artificielle, ALMA, qui aide la police, au quotidien, à résoudre ses enquêtes en lui permettant d’établir des hypothèses, des « scenarii » basés sur les probabilités.
Lorsqu’un soir, le concepteur de cette IA est assassiné en plein cœur de Paris, les soupçons se portent aussitôt sur John Mafram, leader d’une organisation terroriste, Breakwalls – évoquant fortement Anonymous –, qui souhaite l’abolition du zonage…
Policier de la zone 3, Zem découvre sous un pont le cadavre d’un homme suspecté d’avoir participé à l’assassinat et est aussitôt approché par Salia, une enquêtrice de la zone 2, chargée de résoudre l’affaire. Ensemble, nos deux agents vont mettre au jour un mensonge d’État, couvert par le ministre de l’Intérieur, et se frotter aux dangers d’une intelligence artificielle devenue incontrôlable…
Le fantasme de l’État policier…
Quatrième collaboration entre Cédric Jimenez et le comédien Gilles Lellouche, après La French, HHhH et BAC Nord, Chien 51 a pris quelques libertés avec le roman d’origine de Laurent Gaudé (soutien de Jean-Luc Mélenchon). L’intrigue, en effet, ne se situe plus dans la ville fictive de Magnapole mais dans une version futuriste de Paris. Un choix qui n’apporte rien de particulier, dans la mesure où la caractérisation des trois zones qui divisent la capitale est pratiquement inexistante. Un impensé du cinéaste qui limite grandement l’intérêt de son récit. Plutôt alambiqué, laborieux, celui-ci repose, comme le récent Dalloway, sur les inquiétudes légitimes relatives à l’IA, et réitère au passage la vieille antienne d’extrême gauche sur l’État policier et la menace fasciste. Fantasme récurrent – et éminemment adolescent – porté par une société libérale contemporaine où l’individu ne souffre plus la moindre contrariété et où toute entrave à sa volonté particulière ne peut traduire dans son esprit qu’une forme sous-jacente de totalitarisme social. D’où l’appétence de nos démocraties occidentales pour ce type de récits faciles et immatures.
L’habituel discours sans-frontiériste
Le cinéaste, qui le lendemain de la sortie de BAC Nord – on s’en souvient – s’était excusé dans les médias de la récupération de son film par « l’extrême droite », ne s’arrête pas là puisqu’il défend, à la fin de Chien 51, la philosophie gauchiste du « No Border » en filmant avec enthousiasme le débordement des points de contrôle par des hordes exaltées. Son intention est transparente. Cédric Jimenez oublie seulement que, dans la réalité, le séparatisme social est largement consenti par les différentes couches de la population et n’a nul besoin d’être imposé par un quelconque État policier.
Restent, malgré tout, de belles scènes d’action, un duo d’acteurs qui fonctionne (Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos, aux coiffures improbables…) et un Louis Garrel plus mystérieux que jamais.
2,5 étoiles sur 5
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6 commentaires
L’actrice tête d’affiche que j’associerai toujours à son film éponyme suffit comme repoussoir : dommage pour le reste de la distribution…
2,5 / 5 , c’est trop bien payé !
Est-il nécessaire d’aller voir un film qui reflète ce que nous sommes en train de vivre
Euhh… on court revoir Bambi ou Mary Poppins ?
J’ai vu ce film très déçu. Trop de violence gratuite et on est très loin de la société Orwellienne de 1984 je ne le conseille pas
Un navet de plus avec des acteurs,scénaristes ,réalisateurs etc ,financés par NICOLAS.