[CHRONIQUE] Mais où va la République ?

Tous les éléments de l’effondrement de la France, en tant qu’être historique et civilisationnel, sont en place.
république

L’effondrement accéléré de la Ve République depuis la dernière dissolution a quelque chose de sidérant, sauf, semble-t-il, pour la classe politique qui s’en accommode tant qu’elle peut prolonger un peu ses postes et prébendes. Cela ne fait que confirmer les propos de son fondateur sur « le détestable jeu des partis ». Chacun connaît la ritournelle éculée sur la solidité des institutions fondées par le général de Gaulle. Ce manque d’imagination des politiciens n’est que le signe de l’indigence de leur pensée politique, si l’on peut nommer « pensée » la répétition des formules toutes faites qui font partie des codes de ce petit monde. En fait, ils ne pensent pas, ils répètent des formules codifiées, inlassablement ressassées, qu’ils finissent par prendre pour des vérités !

Tous ces gens oublient que si la lettre de la Constitution a son importance pour le fonctionnement quotidien de celle-ci, c’est son esprit qui en fait l’âme. Or, si le président de la République est « la clé de voûte des institutions », ce n’est que dans la mesure où il existe une sorte de pacte de confiance entre lui et la nation. Sans celui-ci, la machinerie institutionnelle tourne à vide. C’est bien pourquoi de Gaulle a démissionné en 1969 alors que rien ne l’y obligeait au regard du droit constitutionnel. C’est précisément ce que Macron n’a pas compris ou ne veut pas comprendre, tant il est enivré par les apparences du pouvoir.

Macron, le grand liquidateur

Ce personnage inquiétant et morbide, croisement improbable de Tartarin de Tarascon et de Coco-bel-œil, a agi comme un accélérateur de particules de toutes les erreurs accumulées depuis quarante ans. Lâcheté, indigence de la pensée politique, immigration hors de contrôle, délire règlementaire et fiscal, abandon de nos pouvoirs souverains entre les mains de l’Union européenne. Tous les éléments de l’effondrement, voire de la disparition de la France, en tant qu’être historique et civilisationnel sont en place.

Que la République soit en péril, c’est une chose, peu grave en soi car ce n’est qu’une forme de gouvernement parmi d’autres et sans doute pas la meilleure, mais elle entraîne la France dans sa chute, ce qui est tragique. Nul ne peut dire qui accèdera au pouvoir en 2027, mais il sera tard pour pouvoir sauver « la paquebot France » du naufrage. Il faudra une énergie, une force et un courage hors du commun pour jeter bas l’édifice politique et administratif qui épuise la France et les Français comme un vampire sa proie.

Remettre l'État à sa place

Il faudra d’abord remettre l'État à sa place, c'est-à-dire celle de l’ordre régalien, mais lui interdire d’envahir toute la sphère sociale et économique. L'État est au service de la société et non le contraire, et le patrimoine et le travail des Français ne peuvent être les variables d’ajustement de son intempérance gloutonne et inefficace.

Puis il faudra se ressaisir des pouvoirs souverains abandonnés entre les griffes de l’Union européenne afin que nous redevenions libres. Enfin, il conviendra de décider souverainement qui nous voulons accueillir sur notre sol et qui nous ne voulons pas recevoir.

Mais un an et demi, c’est bien long, quand notre comique troupier élyséen parvient à se hisser au rang du meilleur ennemi à la fois de Trump et de Poutine. Il faudrait qu’il s’occupe de Xi Jinping et la liste serait complète. Désastreux et impuissant sur le plan intérieur, il a réussi le tour de force de ruiner la tradition diplomatique de la France et à nous ridiculiser, ou nous faire détester, par une partie du monde.

Pendant ce temps, la France qui travaille, crée, élève ses enfants est harassée du poids des contraintes administratives et fiscales et sombre dans la résignation et le découragement. Et se prend à rêver de Joachim Murat : « Foutez-moi tout ce monde-là dehors ! »

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Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

64 commentaires

  1. J’ai bien peur qu’il soit difficile aux Français d’agir en 2027 car il sera trop tard. La France sera remplie à satiété de migrants non triés sur le volet je vous prie de le croire. Il suffit de voir toutes ces femmes agées qui sont vilolées en France sans que cela n’entraine la moindre émotion dans la plupart des mass medias. Pourvu que les Français qui se sentent vraiment Français ne sombrent pas dans l’indifférence pendant que la France sombre sous l’emprise de Macron sinon nous n’arriverons jamais à la redresser.

  2. la france n est plus qu une variable d ajustement du delire technocratique europeen
    en 2027 il n y aura que 2 choix possibles …voter pour n importe lequel des candidats de melenchon a bardella et rien ne changera car tous inféodés a bruxelles ou voter pour le candidat qui semble ne pas encore exister a ce jour et qui pronera le frexit
    le choix de la mort et de l asservissement contre celui de la liberté retrouvée ou il faudra du sang et de la sueur

    • Avec vous, il ne reste plus qu’à aller se coucher ou crier au désespoir. Vous avez simplement oublié cette citation attribuée à Napoléon : « Impossible n’est pas français ». Allez, debout !

  3. La république française est une république socialiste, qui détruit la France depuis sa création ; le socialisme, l’idéologie de gauche , ça ne marche pas .

  4. Il serai grand temps de démystifier la république. Car, si l’on juge une chose aux fruits qu’elle produit, il est nécessaire d’abord d’examiner les racines.
    Les racines de la république proviennent de la Révolution de 1789, du régime terroriste de la Terreur et d’un génocide, celui de la Vendée. Avec, au dessus de tout cela, une haine féroce de l’Église. Or, selon un certain Vincent Peillon, « La Révolution n’est pas achevée ! » Et de fait elle se poursuit démocratiquement : avortement, euthanasie, « mariage » homosexuel, PMA et GPA etc. Sans oublier aussi que la République a livré la France au mondialisme sauvage en la dépouillant de toute ses richesses.
    Dés lors que l’Autorité véritable, c’est-à-dire Dieu, est mise au piquet, c’est Satan qui exerce son autoritarisme totalitaire. La grande Crise aujourd’hui est une crise spirituelle. C’est une crise de légitimité, laquelle ne vient que de Dieu. La République n’a jamais été légitime. S’appuyer sur le peuple pour assoir la légitimité, ce qu’a essayé de faire De Gaulle, n’est pas suffisant. La légitimité si elle ne provient pas d’une transcendance fini toujours en anarchie, en totalitarisme et en dictature. La République a substitué la légitimité à la légalité. La loi, ce fameux État de droit, et le pouvoir des Juges qui lui est associé, l’inflation législative, la multiplication des normes tentent de cacher l’illégitimité derrière le maquis législatif.
    Ce mammouth législatif tue la légitimité et empêche la souveraineté d’aboutir.
    Il est nécessaire de retrouver ce qui a légitimé la France, la « Fille ainée de l’Église » afin que notre pays retrouve sa souveraineté pour l »éducation des peuples ».
    Oui, il faut distinguer la France et la république qui n’est qu’un contrat passager.

  5. J’approuve en tous points cette excellente tribune, à part un petit bémol concernant le jugement négatif de la république qui est, je pense, « le pire système de gouvernement à l’exception de tous les autres ». J’adore la chute finale sur Murat à laquelle j’ai déjà moi même recouru. Aux mains des copains et des coquins inféodés à un pitoyable grand chef à plume, la France n’est plus qu’un « astre mort dont la lumière continue de nous parvenir ».

    • Je crains que dans votre paraphrase de Winston Churchill, sur la légende duquel il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire, vous ne confondiez les concepts de démocratie et de république ! Une république pouvant d’ailleurs être le total contraire d’une démocratie si j’en crois les exemples parlants de la République Populaire de Chine, de la République Populaire Démocratique de Corée du Nord ou encore de la République Islamique d’Iran, liste non exhaustive !
      En effet, si l’affirmation en question est incontestable pour la première, elle ne l’est pas du tout pour la deuxième … à moins bien sûr que, pour ne rester que sur le continent européen, les douze monarchies parlementaires qui y subsistent ne soient d’horribles dictatures à propos desquelles une intervention de l’OTAN ne s’avère nécessaire tôt ou tard !
      Quant à la nôtre, de république, les exemples récents, pour ne citer qu’eux, du référendum de 2005, ou de la représentativité de notre gouvernement par rapport à la composition actuelle de notre Assemblée Nationale devaient nous inciter à un peu plus de modestie dans nos prétentions et dans les leçons de maintien que nous prétendons donner à autrui.

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