[CHRONIQUE] LFI : peur sur la ville

Les « idiots utiles » jouent les vierges effarouchées mais se sont alliés à LFI aux dernières législatives.
Capture d'écran
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À Saint-Denis, à Mantes-la-Jolie, à Creil, au Blanc-Mesnil, à Vaulx-en-Velin et en d’autres villes, les maires sortants vaincus ont été hués, bousculés, injuriés, invectivés par des foules surexcitées et vociférantes, quasiment fanatisées. L’émotion a été grande, à la droite de l’échiquier politique. Et voici nos faibles politiciens qui en appellent aux « principes républicains », oubliant allègrement les origines mêmes de la République.
Mais faut-il s’étonner de pareils comportements ? Mélenchon et ses sbires ont introduit la violence comme mode légitime de l’action politique, dans les paroles et dans les actes. Qui a oublié la mise à mort, à coups de pied dans la tête, de Quentin Deranque par des membres présumés de la Jeune Garde, liée à LFI. Et le commentaire odieux de Mélenchon : « Il n’était pas là pour enfiler des perles. » C’est le même personnage qui parlait des « réac » « tout blancs, tout moches que vous êtes », pour exacerber les antagonismes, comme s’il voulait préparer la guerre civile, ou traitait l’ancien maire de Saint-Denis de « petit bourgeois visqueux ».

Des techniques vieilles comme la Révolution

Cela relève, en fait, d’une tactique révolutionnaire rodée depuis 1789 et « perfectionnée » à partir de 1917. Intimider l’adversaire, le mettre en position d’infériorité, de crainte physique, qui permet d’annihiler ses réflexes d’autodéfense et de réaction. Il tombe dans une forme de soumission qui le conduira à admettre des fautes jamais commises, à se considérer comme coupable. C’est le processus des procès de Moscou.
Porter atteinte à la dignité de celui que l’on combat, c’est aussi porter atteinte à son humanité. L’insulte, la caricature grossière, la comparaison avec des animaux permet de justifier l’élimination. En effet, il est admis de tuer un animal. Durant la Révolution française, Louis XVI fut caricaturé en cochon et traité ainsi, notamment par Le Père Duchesne de Hébert. Or, chacun sait qu’il est normal d’égorger un cochon.
Dans la même veine, Lénine aimait à traiter ses adversaires de cloportes ou de cafards qu’il fallait écraser. Les nazis, en qualifiant les Juifs de « sous-hommes », justifiaient déjà dans les mots leur extermination. Traiter un adversaire de « petit bourgeois visqueux », c’est déjà justifier qu’il soit maltraité, voire plus, en période révolutionnaire, surtout lorsque l’on sait ce que représente de méprisable le « petit bourgeois » dans la phraséologie révolutionnaire marxiste-léniniste. Et le qualificatif visqueux évoque la limace ou quelque chose de répugnant que l’on peut éliminer.
Les techniques utilisées par LFI sont vieilles comme la Révolution. Ainsi, un groupe de révolutionnaires professionnels, processus typiquement léniniste, mobilise et manipule des foules violentes et frustes pour en faire un outil de prise de pouvoir révolutionnaire. Trotski, qui se définissait lui-même comme un « bolchevik-léniniste », chef de l’Armée rouge et, à ce titre, l’un des plus grands massacreurs du XXe siècle, prônait dès 1921 un front uni des révolutionnaires et des réformistes pour lutter contre les réactionnaires et autres « ennemis de classe », puis contre les fascistes. Avant d’éliminer les réformistes, une fois que la révolution l’avait emporté. Il est assez fascinant de constater comment lesdits réformistes tombent dans le panneau en dépit des leçons du passé. La rhétorique du « front républicain », qui entraîna Édouard Philippe à faire voter communiste plutôt que RN aux élections législatives, n’est que la reprise de cette théorie du « front uni » contre le fascisme. Et les gogos sont toujours les mêmes.

Les idiots utiles

Il est assez pitoyable d’entendre le chœur des pleureuses se lamenter sur la violence révolutionnaire des Insoumis. Que peut-on attendre d’un parti qui se réclame ouvertement de Robespierre et veut, en fait, continuer la Révolution française et en assume totalement les aspects les plus violents et le caractère totalitaire ?
Les « idiots utiles » jouent les vierges effarouchées mais se sont alliés à LFI aux dernières législatives, quitte à faire élire Raphaël Arnault député ! Ils n’ont au demeurant toujours rien compris, puisque LR a réussi le tour de force de faire élire un maire communiste à Nîmes afin d’éviter une victoire d’un candidat RN. Les Insoumis font peser une menace révolutionnaire sur la France et instrumentalisent la haine raciale et une puérile idéologie « décoloniale » comme levier de leur action révolutionnaire. L’adage de Lounatcharski, compagnon de Lénine - « Ce qu’il nous faut, c’est la haine » -, reste toujours vrai. Le plus surprenant est que les « réformistes petits bourgeois » et autres idiots qui barbouillent leurs discours de « République » et de « valeurs républicaines » n’ont toujours pas compris que la « révolution est un bloc » qui commence en 1789, se poursuit en 1917 et continue son avancée totalitaire jusqu’à nos jours.

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Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

27 commentaires

  1. ce qui fait que le candidat maire du Havre n’a aucune légitimité pour candidater ; il n’a rien fait comme premier ministre pour protéger la France pendant son mandat et il voudrait être le président, avec quel programme? il oublie qu’il a fait élire des LFI et des écolos par le front républicain contre le RN. Cette faute il doit la payer.

  2. Les idiots utiles comprendront-ils les événements politiques et sociétaux , qui vont bouleverser la vie des habitants dans quelques mois ? Mais , sont-ils capables de comprendre voire d’anticiper une évolution sociologique qui est sous leurs nez ?

  3. Ces idiots utiles de l’extrême gauche qui pleurent les effets dont ils chérissent les causes.
    Gouverner, c’est prévoir. Mais ces gens là ne prévoient rien, n’anticipent rien, ne pensent à rien.
    La nullité a pris le pouvoir.

    • Vrai mais ils gagnent des élèctions, car ils croient tous ce qu’on leur raconte. C’est après que l’amertume se fait sentir, ils se sont fait avoir … mais ils recommencent à la prochaine élèction.. moralité Ils n’ont rien compris ce sont les incompris de la gauche

  4. « voici nos faibles politiciens qui en appellent aux « principes républicains », » qu’ils complètent avec leur formule devenue légendaire « nous condamnons fermement ». Ainsi se résume toute la puissance du pouvoir Exécutif, quelques mots.
    Quant à la remarque plaisante de Mélenchon, »tout blancs, tout moches que vous êtes  » il est possible de lui répondre « tout teintés, tout nauséabonds que vous êtes , chacun sa souffrance ».

    LR ne pourront subsister qu’en s’appuyant sur Renaissance, un parti aux bonnes références, notamment 3500 milliards de dettes atteintes.

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