« C’est un animal très doux ! » : un élu parisien fait l’éloge des surmulots
On croirait à un sketch de Groland. Samedi 30 août, la chaîne publique France Info a consacré un reportage à l’étonnante initiative d’un élu parisien nommé Grégory Moreau : celui-ci y apparaît, un rat sur son épaule, en train d’essayer de convaincre les passants des mérites de ce rongeur. « Je n’avais jamais porté un rat avant cette vidéo, mais c’est un animal très très doux. C'était vraiment une rencontre magnifique !, s’enthousiasme l’adjoint à la mairie du XIe arrondissement. Le rat est utile à Paris. Sans lui, la ville ne serait pas aussi propre ! » Difficile d’imaginer une ville de Paris encore plus sale, mais il faut croire que tout est possible.
Et si les Parisiens faisaient la paix avec les rats ?
C’est le souhait de Grégory Moreau, adjoint au Maire du XIe arrondissement de Paris.
Surmulot sur l’épaule, l’élu distribue aux riverains une brochure pour casser l’image négative de ce rongeur.
: Thomas Sellin pic.twitter.com/swdgyoj52b— franceinfo (@franceinfo) August 30, 2025
Membre du Parti animaliste, Grégory Moreau déclare vouloir mettre un terme à la mauvaise réputation dont souffre injustement le rat. C’est pourquoi il propose la mise en place d’ateliers de sensibilisation au rongeur dans les écoles. « Reconsidérer la vie sous toutes ses formes, aussi petite soit-elle, c'est aussi contribuer à amener une société avec moins de violence », se justifie-t-il.
Un aveu d’échec
En 2017, la ville de Paris avait mis en place un plan d’action à grande échelle pour lutter contre la présence accrue de rats dans ses rues. En 2023, encore, la mairie du XIe arrondissement indiquait que la recrudescence de cet animal dans la capitale « pos[ait] problème ». La doctrine municipale aurait-elle changé, depuis ? « L’extermination totale des rats à Paris est tout bonnement impossible, donc on n'a pas le choix que de cohabiter avec lui », tranche Grégory Moreau, qui préfère plutôt miser sur des méthodes non létales visant à « décourager les rats à sortir » (sic)…
Paris: la lutte contre les rats continue pendant les JO pic.twitter.com/Y8IvxYKO1k
— BFM Paris Île-de-France (@BFMParis) August 3, 2024
Sans surprise, cette démission a été vivement critiquée, sur les réseaux sociaux. « Vous êtes une honte ! J’habite cet arrondissement, mon immeuble est envahi par les rats qui y font des dégâts considérables Il est vraiment temps que 2026 arrive ! », témoigne un internaute en colère. « Tellement typique de ce pouvoir malfaisant qui essaye de présenter ses échecs et ses sabotages comme des victoires et de "l'humanisme" », abonde un autre. « Quand tu te laisses déborder par un problème, tu viens expliquer que le problème est plutôt sympa et qu'il faut vivre avec lui », note un dernier.
Le déni d’un danger bien réel
Quid des enjeux sanitaires liés à la prolifération des fameux « surmulots » ? Là encore, Grégory Moreau se veut rassurant. « On peut citer en théorie de nombreuses zoonoses qui sont liées au rat, des maladies transmissibles à l'homme, mais en fait, elles sont souvent propres à des régions tropicales ou sinon très rares en Europe. […] En marchant, on en a aperçu quelques-uns. Vous voyez qu’ils ne viennent jamais vers l'homme, ils vivent leur vie dans leur coin ! » En clair, tout va bien.
Ce n’est pourtant pas l’avis des spécialistes des questions de santé publique. En 2022, suite à la sortie abracadabrantesque d’une autre élue animaliste, qui avait demandé de « légitimer la place des rats dans la ville », de les nommer « surmulots pour éviter de les stigmatiser » et de renoncer à les éliminer au nom du « bien-être animal », l’Académie nationale de médecine avait remis les pendules à l’heure. « Face à l’ingénuité de ces propos, qui bénéficient parfois d’une écoute favorable, il importe de rappeler que le rat reste une menace pour la santé humaine en raison des nombreuses zoonoses transmissibles par ses exoparasites, ses déjections, ses morsures ou ses griffures », avait fait savoir l’Académie. Une mesure, en particulier, était chaudement recommandée : de « vigoureuses campagnes de dératisation ».
6 millions de #rats à #Paris! L’Académie nationale de médecine alerte sur les risques sanitaires!
Nous étions mobilisés ce matin marché #RichardLenoir #Bastille pour présenter les propositions de @datirachida et @GpeChangerParis pour lutter contre la prolifération des rats! pic.twitter.com/e0wslwma5y
— Nelly Garnier (@NellyGarnier) May 14, 2023
Merci, donc, à l’audiovisuel public pour ce beau reportage, et notamment à son envoyé spécial, Thomas Sellin, journaliste au « ton décalé » et aux « infos rigoureuses », comme il l’indique sur sa page LinkedIn. Sur les presque trois minutes de sa vidéo, moins de dix secondes auront été dédiées aux réactions - dégoûtées - des riverains croisés par Grégory Moreau. Quant aux adversaires politiques de ce dernier, ils n’ont pas eu droit à plus de vingt secondes. Juste le temps d’informer le public que Geoffroy Boulard, le maire LR du XVIIe arrondissement de Paris, a fait de la lutte contre les rats une de ses priorités et qu’il a mis en place une application baptisée SignalerUnRat qui permet aux riverains de signaler la présence de ces sales rongeurs en temps réel. À bon chat bon rat.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts

































76 commentaires
Décidément rien ne les arrête dans la bêtise !!
Il ne sait pas les maladies propagées par les rats ? La peste entre autres
« Le rat est utile à Paris. Sans lui, la ville ne serait pas aussi propre ! » Et il y a eu des gens pour élire un pareil guignol – et il y en aura encore pour lui donner leurs voix, même après avoir entendu ces élucubrations! On en viendrait à souhaiter que Paris connaisse un nouvel épisode de la grande peste pour leur remettre unfin peu les yeux en face des trous.