Carrousel des non-responsables du Louvre : Dati, Lang, Sibeth Ndiaye et Bachelot !

L'heure était trop grave pour que Jack Lang himself ne sorte pas de son Institut du monde arabe.
Capture d'écran ministère de la Culture
Capture d'écran ministère de la Culture

Dans l'onde de choc nationale et internationale du braquage des bijoux du Louvre, tout est bon, dans le cercle de la raison, pour nier la responsabilité des premiers responsables : gouvernement, ministre de la Culture, présidente du Louvre. Cinquante nuances de raisonnements plus ou moins foireux pour dédouaner Laurence des Cars, présidente du musée du Louvre, ultime fusible, car, en fait, il s'agit, avant tout, de dédouaner les politiques menées, ces dernières décennies, en matière culturelle et sécuritaire. Une telle agitation médiatique résonne donc comme un aveu...

Dati ouvre le bal des irresponsables ou, tout du moins, des non-responsables

Il y eut d'abord les déclarations lunaires de l'actuel ministre de la Culture Rachida Dati, dès dimanche dernier : « La vulnérabilité des musées est un sujet ancien [...] Il faut adapter ces musées aux nouvelles formes de criminalité. »

Dati semble tellement fragilisée que ses amis macronistes de Paris viennent de lui retirer leur soutien pour les prochaines municipales auprès du philippiste Pierre-Yves Bournazel.

Jack Lang et la chasse à l'homme

L'heure était trop grave pour que Jack Lang himself ne sorte pas de son Institut du monde arabe - dont il reste, à 86 ans, l'inamovible président - pour voler au secours de Laurence des Cars, après son audition devant le Sénat. Une audition qu'il a jugée « remarquable ». Bien entendu, Jack Lang a usé d'une vieille ficelle qui a fait ses preuves, à gauche : la victimisation. C'est l'accusation bien connue de « récupération ». « Exploitation » qui prendrait la forme d'une « chasse à l'homme », pour l'ancien ministre de la Culture.

Sibeth Ndiaye s'y connaît, en gestion de crise !

Mais ce samedi, dans le sillage de Jack Lang, on a vu surgir un revenant des gouvernements Macron. Sibeth Ndiaye, ex-porte-parole du macronisme de la grande époque, avec cet argument évident : on ne change pas une équipe qui perd ! Et c'est une spécialiste de la gestion de crise qui vous le dit : souvenez-vous, le Covid-19, cette réussite exemplaire, c'était elle qui nous expliquait tout ! « Quand vous êtes au beau milieu d'une crise, vous ne coupez certainement pas la tête du capitaine du bateau ! » La dame n'a sans doute jamais entendu parler de ces généraux limogés sans ménagement par Joffre, au beau milieu de l'été 1914, lorsque la guerre faisait rage et que les Allemands étaient à quelques portées de canon du Louvre...

 

Les Français, à l'unisson de Stéphane Bern, Jordan Bardella ou Marine Le Pen, ont bien compris d'emblée à quel point ce braquage inadmissible (« inqualifiable », dit Jack Lang...) constituait une nouvelle preuve et une allégorie de la chute de la maison France. Et ce n'est pas au moment où la chute s'accélère qu'il faut couper la tête (puisque c'est l'image employée sur le plateau) des responsables. Ne pas « couper la tête », non pas des responsables administratifs, mais politiques. Suivez mon regard...

Bachelot et la faute aux touristes !

On croyait toucher le fond, avec les trois premiers, mais heureusement, l'inénarrable Roselyne Bachelot, autre ancien ministre de la Culture, se tenait en réserve. Dans la même émission de Public sénat, elle a trouvé les vrais coupables : « C'est la faute de personne et c'est la faute de tout le monde ! » Pratique. Et plus précisément ? Les millions de touristes.

« Les plus responsables de rien »

Ces non-responsables ou irresponsables associés mesurent-ils à quel point ils ne font que précipiter leur chute collective ? Mais, déjà, certaines voix s'élèvent pour dire stop. Alain Bauer, samedi soir, sur LCI, a été catégorique et il a dénoncé « un concours invraisemblable d'excuses » de la part de ceux qu'il appelle les « P2R » : les « plus responsables de rien ».

Marine Le Pen ne disait pas autre chose, vendredi, devant le Louvre : « Le cambriolage du Louvre n’est pas un accident, c’est une faillite. Les moyens existaient, mais personne n’a agi. Par négligence ou par désintérêt, l’État a laissé ces trésors nationaux sans défense. Quand on a des responsabilités, on les assume et on en tire les conséquences. » Le Louvre, que Macron avait investi pour sa marche triomphale du 7 mai 2017, est devenu le symbole de ses échecs et de ses mensonges, et d'une chute qui n'en finit pas.

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

130 commentaires

  1. Concernant Jack himself, à l’Institut du Monde Arabe, il doit bien y avoir un sarcophage égyptien réservé à sa personne ?

  2. Vous vous souvenez du sang contaminé des mots de la ministre de l’époque « responsable mais pas coupable » on arrête pas de le dire rien a changé.

  3. La seule et véritable exploitation du cambriolage du Louvre est commise par ceux qui, les unes après les atres, se défilent et se démettent de leur responsabilité. Oh a la ! Le danger est grand, se disent-ils ou se disent-elles, de se voir accuser de quelque chose. alors refilons vite la patate chaude au voisin…Non seulement ce n’est pas joli-joli, mais cela a de fortes chances d’être inutile. Madame Bachelot dans sa naïveté a partiellement raison : la faute est à tout le monde….c’est-à-dire à toute la chaîne des personnes concernées dont les Français, eux, ne font pas partie. Ils ne sont que victimes dans cette affire.

  4. Hier, j’ai entendu que le Louvre disposait d’un fond de roulement important. (450 Mds)
    avec lequel il ne fait rien et pourtant l’État continue de lui verser 53 millions par an ?
    Nous devrions peut être regarder où dorment nos milliards de dette
    dans les réserves de toutes ces administrations
    Si nous ne faisons par un audit partout … nous ne le saurons jamais.
    L’endettement n’est pas partout justifié. La preuve.
    Qu’en pensez-vous ?

  5. Le seul moment où les politiques daignent reconnaître une fraction de responsabilité de leur part , c’est en la diluant dans une responsabilité qu’ils qualifient de collective tout en nous la faisant partager, nous, pauvres citoyens qui n’avons rien demandé ni rien fait.

  6. L’opéra bastille qui vacille est donc un « joyau » de notre patrimoine selon ce que disent les politiciens, il faut même le rénover etc…En fait il est bon à abattre avec peu d’années d’utilisation alors que l’autre le vrai est toujours bien là depuis 150 ans.

  7. En 1914 donc, Joffre limoge…Oui, mais çà, c’est dans l’armée. Après le Chemin -des- Dames, Nivelle est limogé. Tout n’avait pas fonctionné, on pourrait dire. Pour le Louvre, tout a fonctionné, c’est dit officiellement, même le sépamoi a fonctionné. Mais c’est comme çà dans l’administration et le privé, quand il y a un pépin à l’armée, la responsabilité remonte, dans le privé et l’administration, la responsabilité descend et c’est un général qui est démit à l’armée, et c’est un sous-sous- fifre qui est démit dans le privé et l’administration. Dans l’administration, en plus, la nullité aura une promotion et de l’avancement !!! En politique aussi, on a vu Macron se dire irresponsable, en Egypte, les incompétents pour lui, ce sont les Français ! Et le monsieur se voit présider l’UE, dingue quand on y songe !

    • Pas toujours exact concernant les généraux ! Récemment dans l’affaire Mahé en côte d’ivoire, si un seul général a été inquiété c’est bien un adjudant-chef et un caporal-chef qui ont  » mangé » …

  8. Sibeth aurait pu aussi évoquer Donald Trump, toujours moqué dans nos chers et chers médias, alors que la situation internationale demande autre chose que du trumpbashing. Imaginez en 1940, la BBC se moquer de Churchill, le railler, expliquer sa « dernière lubie » comme vient de dire la jolie Crespo sur son jt. en évoquant la Maison Blanche et les travaux entrepris par la présidence ( sur fonds propres dit-elle encore crânement) pour « sa  » salle de bal. Et de faire parler deux quidams ( oui, deux) qui évidemment sont dans la poche du média.

  9. Dans la plus grande franchise droit dans les yeux , un fonctionnaire réagi ainsi : «  »c’est pas moi » ».
    les cadres , : » »pas de vague » » » .! dans CE dédale de couches administratives ,
    même un Contribuable Honnête s’y perd.
    noyant ainsi leurs Irresponsabilités et la royales incapacitudes de ces, par trop auto-avantagés.
    Dans très peu de temps ils nous dirons « responsables de » leurs » sic 3500* milliards de royales dépensitudes !
    *à voir après quelques réels audits ??
    Il est vrai qu’ils se sont couvert en supprimant ,les vieux leurs fautes intra utérus et créés le club amed
    au cas zou ,?.

  10. Résultats du gauchisme unilatéral depuis 1981. Si vous voulez que cela cesse, alors faites ce qu’il faut, en commençant par 2026.

    • Absolument, José Devez …! Avec votre nom et prénom, vous avez forcément raison… vous osez, José… alors vous ´´Devez ´´ le faire … en 2026 dans toutes les municipalités, en 2027 à la présidentielle… et ensuite nous pourrons réaliser le rétablissement de la France !

  11. Comme vous le dites bien, Monsieur Sirgant !
    Jack Lang 86 ans et toujours dans sa niche dorée ! Affligeant, mais naturel en pays de Gauche.
    Un sujet ancien, et pas prévu pour y voir autant de monde, nous dit Dati. Ce n’était donc pas urgent d’y remédier ? Oui, BONBON, il suffit tout simplement d’accorder les crédits en ordre de priorité. Tout simple.

  12. Un proverbe Africain dit  » L’iguane meurt à cause de la honte  » …Ce qui ne risque pas d’arriver à tous ces fossoyeurs de la France ,Lang ,Bachelot et Ndiaye qui osent, après leurs tristes bilans,de pérorer sur tous les plateaux de télé!!!

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