Bally Bagayoko : polémique sur ses origines

Après avoir révélé ses origines nobles, l’élu se retrouve au cœur d’une polémique qu’il n’avait pas vu venir.
Capture d'écran
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Nouvelle polémique pour le maire de Saint-Denis. Au cours d’une interview accordée au média d’extrême gauche Radio Nova et publiée ce jeudi 26 mars, Bally Bagayoko a fait d’étonnantes révélations quant à son origine sociale. « La famille Bagayoko est une grande famille, qui est plutôt située dans ce qu’on appelle les "forgerons". C’est une caste qui est plutôt issue de la noblesse au Mali… », a-t-il révélé, visiblement mal à l’aise. Sans doute conscient d’avoir fait un faux pas, l’élu a rapidement ajouté que les membres de sa « caste » étaient des gens « très engagés dans le bien commun ». En vain. « J’ai un oncle qui a eu des responsabilités politiques puisqu’il a été gouverneur du Mali… », a-t-il encore avoué, face aux yeux ronds de l’animateur radio.

Cet arbre généalogique prestigieux tranche quelque peu avec le récit tenu jusqu’alors. Élu d’une des communes les plus pauvres de France, M. Bagayoko serait donc issu de la noblesse malienne… On est loin des portraits misérabilistes brossés au soir de sa victoire, qui le présentaient comme un travailleur émérite, « issu d’une famille nombreuse et ayant grandi dans les quartiers ouvriers ».

L’ombre des Soninkés

Quelle est donc cette noble « caste » dont parle Bally Bagayoko ? Rapidement après ces révélations, certains ont voulu en savoir plus et ont mené l’enquête. Plusieurs évoquent un lien avec les Soninkés, peuple d’Afrique de l'Ouest sahélienne, principalement au Mali, le long de la frontière mauritanienne. « Le nom Bagayoko ou Bagayogo vient du soninké », affirme notamment Seydou Oumar Traoré, journaliste et directeur général de Radio Baoulé FM, au Mali, ajoutant que ce patronyme signifie « l'homme au boubou bleu ». Poétique et élégant. De manière moins flatteuse, cette communauté est accusée de pratiques très répréhensibles. Les travaux de l’historien François Manchuelle indiquent en effet que la société soninké a longtemps pratiqué le commerce d'esclaves avant de progressivement se transformer en société structurellement esclavagiste. Les esclaves habitaient dans un quartier spécifique des villages, une pratique qui se serait maintenue jusqu'à nos jours. « Loin d’être une simple réminiscence du passé, ces dynamiques sociales et hiérarchiques continuent de façonner la vie de nombreux individus au sein de cette société, perpétuant des discriminations systémiques », ajoute le CRIDEM (Carrefour de la République islamique de Mauritanie). Dans son article L'esclavage chez les Soninkés : du village à Paris, l’anthropologue Yaya Sy dénonce lui aussi l'esclavage intérieur à cette société et se demande si tous les immigrés soninkés qui résident en France ont réellement abandonné certaines attitudes et pratiques liées au statut héréditaire généré par le système des castes africaines…

L’ONU s’est elle aussi indignée de l’esclavage par ascendance et la violence qui en résulte, perpétrée par des supposés « nobles » qui persistent au Mali. Même l’audiovisuel public français s’est saisi du sujet, consacrant en 2021 un reportage au Mali où des « esclaves par ascendance » sont pris à partie par des « nobles »

Des demandes de réparations

Bally Bagayoko serait-il issu d’une caste qui a pratiqué l’esclavage ? L’intéressé aura sans doute l’occasion de s’expliquer, dans les prochains jours. Déjà, certains envisagent, non sans ironie, de lui demander de participer à l'indemnisation des descendants de victimes... Si les faits sont avérés, son propre parti politique serait fondé à lui demander des comptes ! Mais on ne manquera sans doute pas d'argumenter qu'on n'est pas responsable de ce qu'ont fait autrefois nos ancêtres. Sauf qu'il y a deux jours à peine, les chapeaux à plumes de LFI s’indignaient que la France se soit abstenue de signer une résolution des Nations unies reconnaissant l'esclavage comme « le plus grave crime contre l'humanité », avec l'idée sous-jacente que ce crime doit rejaillir sur nos sociétés occidentales d'aujourd'hui. On n'est pas à une contradiction près...

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

108 commentaires

  1. L’histoire nous a montré que le Mali était esclavagiste et sillonnait les mers au 14è siècle et faisait prisonniers des peuples venus du Nord de l’Europe.

  2. Effectivement ses ancêtres n’étaient pas gaulois; va-t-il modifier l’Histoire de France pour les écoles de sa ville?

  3. Merci monsieur Last pour avoir soulevé un coin du tapis, il faut confondre ces donneurs de leçons, qui se sont engouffré dans la victimisation parce que trop de nos compatriotes, don la mémoire est volontairement et systématiquement effacée ont abandonné la beauté de leur civilisation ! Ces nouveaux venus n’ont aucune leçon à nous donner. Les français doivent retrouver la Vérité de leur Histoire, ainsi ils verront que c’est l’une des plus belles de l’Humanité ! Sans orgueil et sans vanité…

  4. Je vois qu’on a pas fini de s’amuser avec cette élection !
    Qu’il soit originaire d’une caste dominante et esclavagiste au Mali ne me fait ni chaud ni froid, j’espère seulement que ce mandat sera le pire qu’aient jamais vécu les habitants de Saint Denis pour dégouter à jamais les électeurs de ces trois lettres LFI !
    Z’avaient qu’à réfléchir en votant !

  5. C’est de Koulikoro que sont issus les ancêtres de M. Bakayogo, lieu historique de l’ethnie Soninké qui appartient à l’espace Mandingue regroupant aussi Bambaras, Malinkés et Somonos
    La part prise par les Soninkés dans l’esclavage a été autant interne à leur société (30 à 50 % d’esclaves) qu’en raison de leur part dans la traite dans le cadre d’une société esclavagiste où le système de castes rigide et héréditaire, une hiérarchie sociale qui perdure envers les descendants d’esclaves qui continuent de subir des injustices.
    Au-delà de l’esclavage domestique, les Soninkés ont été dès le VIIe siècle des acteurs majeurs du commerce des esclaves à l’échelle régionale échangeant des esclaves contre du sel, du cuivre ou des tissus avec les commerçants arabes et berbères traversant le Sahara. Le royaume Soninké du Galam était un carrefour important de ce commerce notamment par la fourniture d’esclaves aux comptoirs européens sur la côte sénégambienne, une source d’armes à feu qui assurait leur pouvoir militaire.

  6. encore et encore du Bagayoko, je pense qu’il se marre on parle de lui, matin midi et soir sur Cnews, il n’y a appremment pas d’autre actualité que cet homme, et je ne suis pas LFI loin de là, et l’ukraine on en palre, on donne du pogon à zelensky et lui va revendre des rampes de lancement de drones à l’Arabie Saoudite ce n’est pas du blanchiment d’argent grandeur nature, mais ça n’intéresse personne.

  7. Double nationalité ? Aucun candidat politique ayant la double nationalité, dans aucune structure politique !! Ils choisiront toujours de se ranger pour les idées de leur nationalité d’origine !! A creuser car à mon avis il y a du grain à moudre !!

  8. un maire LFI dans le 9-3, descendant de la noblesse malienne esclavagiste, ça , ça vaut son pesant de chocolat

  9. Heureusement qu’on n’est que le 30 mars… vous auriez publié ça mercredi, on aurait cru à un poison d’avril !

  10. Ce matin ,j’ai bu du petit lait en lisant cet article et en pensant à la tête de Mélenchon.(était-il au courant de la descendance de son champion)

    • sûrement et il n’en a rien à faire. Il utilise des arguments pour gagner la bataille du discours. Son adversaire est la France et ses traditions. Il s’alliera à tout ce qui va contre.

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