Après le meurtre de Quentin, un tour de vis contre… l’extrême droite

Selon le Syndicat des commissaires de police, l'extrême gauche est moins surveillée que l'extrême droite. Complaisance ?
Capture d'écran CNews
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Le gouvernement continue de surfer sur la mort de Quentin Deranque. Après avoir profité du drame pour se retourner contre leurs anciens alliés insoumis du « barrage » républicain et se racheter une vertu, les centristes se saisissent d’une autre occasion : procéder à la dissolution express de certaines organisations gênantes.

Dès le 24 février, Emmanuel Macron avait réuni les ministres de l'Intérieur et de la Justice, ainsi que les services de renseignement, pour cibler « les groupes d'action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques ». Il avait alors demandé au ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez de lancer des procédures de dissolution contre plusieurs groupuscules d’extrême gauche, affiliés à la Jeune Garde. Une semaine plus tard, le gouvernement est fier d’annoncer de premiers résultats avec la dissolution du « Bloc montpelliérain », un groupe… d’ultra-droite.

Que reprochait-on, exactement, à ce fameux « Bloc montpelliérain » ? Pas grand-chose de très concret. Selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, il aurait commis des « appels à la violence, à la haine et à la discrimination ». L’organisation est par ailleurs « soupçonnée » d'avoir agressé un syndicaliste lors de la fête des fanfares, en 2024, à Montpellier, et d'avoir attaqué un bar à Alès dans le Gard lors de la féria, l'an dernier.

Sur X, le Bloc s’est défendu dans un communiqué et a dénoncé les « moyens de renseignement faramineux » déployés pour s’en prendre à la mouvance nationaliste. « Aujourd'hui, l'État s'attaque à nous, a-t-il dénoncé. En actant la dissolution de notre groupe, Emmanuel Macron et Laurent Nuñez déroulent le tapis rouge aux militants antifa, violent par essence dans les rues de Montpellier et dans l'ensemble du département de l'Hérault. […] La gravité est sans nom. »

Une répression d’État à deux vitesses

Le gouvernement ne compte d'ailleurs pas en rester là. Dans la foulée de la dissolution autoritaire du Bloc montpelliérain, Maud Bregeon a d’ores et déjà prévenu que « trois autres dissolutions de groupuscules violents d'ultra-gauche comme d'ultra-droite feront suite ». Mais un seul de ces groupes a été précisé : il s’agit de Patria Albiges, groupe « d'ultra-droite », présent à Albi (Tarn)…

Un jeune homme nationaliste vient d’être tué à coups de pied, en pleine rue, par des militants d’extrême gauche, mais la priorité de nos gouvernants semble être de s’en prendre à ce qu’ils nomment « extrême droite ». Cet acharnement contre un côté bien précis de l’échiquier politique n’est pas récent : depuis l'élection d'Emmanuel Macron à l'Élysée en 2017, 25 groupes de la mouvance « ultra » ont été dissous, 20 à l'ultra-droite et cinq à l'ultra-gauche. Le Syndicat des commissaires de police (SCPN) connaît bien le sujet et déplore un « déséquilibre de surveillance » au regard des violences d’ultra-gauche, et ce, au détriment de la droite en France.

Ce déséquilibre s’expliquerait par une « complaisance médiatique, politique et intellectuelle ». Une mansuétude d’autant plus scandaleuse que, toujours selon le SCPN, l'extrême gauche est plus active, plus violente et donc plus dangereuse pour l’État que « l’extrême droite ». Les chiffres officiels communiqués par Europol sont en effet sans appel : en 2024, sur 58 actes terroristes commis en Europe, l’organisation de coordination policière européenne n’en a recensé qu’un seul pouvant être attribué à la droite. 24 relèvent du djihadisme, 21 sont identifiés comme de « gauche et anarchistes », huit sont d’origine indéfinie et quatre sont le fait de groupes « ethno-nationalistes et séparatistes », issus essentiellement de la frange d’ultra-gauche internationaliste des indépendantistes corses.

Au-delà des attentats terroristes, il y a aussi les actions violentes. La milice de la « Jeune garde », liée de près au parti LFI, en était coutumière et c’est à ce titre qu’elle a été dissoute en juin 2025 à la demande de Bruno Retailleau. Elle a, depuis, formulé un recours devant le Conseil d’État. L’audience qui devait avoir lieu le 11 février a été reportée. Que diront les « juges » de l’institution publique ? Accepteront-ils de causer du tort à une organisation de gauche ? Rien n’est moins sûr. Fin 2023, la dissolution de l’organisation Soulèvements de la Terre, accusée d’« écoterrorisme », avait été annulée par ce même Conseil d’État…

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

63 commentaires

  1. Je suis montpelliérain et je n’ai jamais entendu parlé de « Bloc montpelliérain » et encore moins du groupuscule albigeois. Ne nous y trompons pas, ce qui se cache derrière c’est l’interdiction de Némésis. Quant à la Jeune Garde, le Conseil d’Etat tarde à donner son verdict. Pourquoi? Quid de Raphaël Arnault? On ne le voit plus, on ne l’entend plus.

  2. Attention : Malgré la prédominance du filetage droit (« à droite on serre, à gauche on desserre »), certaines applications nécessitent un filetage à gauche, c’est-à-dire qu’on serre en tournant vers la gauche (pédale de vélo utilise un filetage inversé, les raccords de gaz, partis politiques, etc.). Alors, le tour de vis de votre article, il va dans quel sens (l’application étant mentionnée…) ?

  3. Comment voulez vous qu’un gauchiste à la tête du ministère de l’ Intérieur s’en prenne aux mouvements extrémistes de gauche malgré les faits avérés, s’il peut donner un coup de canif au passage au RN en dénonçant la proximité de quelques membres extrémistes de droite . Le pire ministre à ce poste que les gouvernements Macron ait eu ( à égalité avec Castaner).

  4. Comme d’autres, je ne pense pas qu’il y a une vraie extrême droite en France et j’en suis ravi.
    Cela n’ empêche pas l’ éclosion de l’un ou l’autre groupuscule de dérangés du cerveau mais ces gugusses ne représentent rien et surtout pas la droite composée d’une droite mollassonne prête à toutes les compromissions et d’une droite modérée digne de ce nom.
    Je ne vois aucun parti bien constitué qui soit d’ extrême droite au sens sémantique du terme.
    En revanche je vois un parti d’extrême gauche qui représente un danger objectif pour votre nation.

  5. Comme en Angleterre, les patriotes français qui veulent juste défendre leur culture et valeur, l’histoire de leur pays sont matés. Rien ne doit arrêter la marche funeste d’effacement des peuples, entreprise par les mondialistes de Davos aux manettes.

  6. la jeune garde dissoute en juin 2025 avait un stand à la fête de l’huma sans que ça ne gêne notre gouvernement, ce gouvernement de peureux, veut faire du « en même temps » caractéristiques de 2 quinquennats désastreux pour la France, mais par contre les plaintes pour anti sémitisme et appels à la haine ne sont jamais sanctionnées quand c’est la gauche qui les profèrent, si elles sont de droite c’est dans la semaine que cela est jugé.

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