[ANIMAUX] États-Unis : on va abattre 450.000 chouettes… au nom de la protection de la nature
Le lièvre a été levé aux États-Unis par le sénateur républicain John Kennedy, et il est de taille. Un plan établi par le Service de la pêche et de la faune sauvage prévoit d’abattre 15.000 chouettes rayées par an sur la côte ouest. Soit, sur la période de 30 ans envisagée, 450.000 animaux tués. La protection de la nature a d’étranges prolongements.
Feu à volonté sur l’oiseau migrateur
Le motif exact de cette hécatombe ? La chouette rayée marche sur les plates-bandes de la chouette tachetée. Plus conquérante, elle gagne du terrain. Plus chasseresse, elle accapare les proies. Des gestionnaires écolo-technocrates entendent rectifier ce que cette « lutte pour la vie » a d’implacable. Le volumineux dossier sur la question est un modèle de planification démiurgique. Le titre est un cauchemar : « Décision concernant la mise en œuvre de la stratégie finale (sic) de gestion de la chouette rayée et la délivrance d'un permis spécial en vertu de la loi sur les oiseaux migrateurs […] ».
Le dossier qualifie la chouette rayée d’« invasive » (p. 4), comme si elle avait été importée là par accident et méritait donc un traitement approprié. Or, elle ne répond pas à la définition, puisqu’elle ne fait qu’accroître son territoire : elle « a commencé à étendre son aire de répartition vers 1900, en même temps que la colonisation européenne et grâce aux changements anthropiques ultérieurs » (p. 4). Derrière l’accusation contre l’homme, et l’homme blanc, c’est en fait un cas de symbiose entre deux espèces. La chouette rayée est par ailleurs protégée au titre d’oiseau migrateur par la législation, mais on fera l’exception qu’il faut : elle pourra être tuée au fusil de chasse (« d'un calibre n° 10 maximum », maigre consolation pour elle), prise au filet, au piège à mâchoire, à la perche ou au collet (pp. 41-42). Tout un arsenal cynégétique que, subitement, certains écologistes trouvent acceptable.
Abattons, Dieu y reconnaîtra les siens !
Les écolocrates ont réponse à tout. Ils assurent que la présence des chasseurs, les coups de feu en direction de la chouette rayée, ses cris de détresse ne perturberont pas sa rivale, la chouette tachetée (p. 14). Ils admettent, par contre, que ce raffut pourrait affecter le guillemot marbré. Mais Dieu y reconnaîtra les siens. Etant donné qu’il est raisonnable « de supposer que les chouettes rayées consomment occasionnellement des poussins de guillemot marbré », tuer des chouettes rayées sauvera d’autres poussins (pp. 15-16). De la part des écolos qui n’ont de cesse d’incriminer l’intervention de l’homme dans les écosystèmes, et le dérèglement que cela entraîne, ça se pose là.
C’est ce comportement d’apprenti sorcier qui fait dire au sénateur John Kennedy : « Je ne pense pas que le gouvernement fédéral doive dicter à Dieu, à la nature – ou à toute autre croyance –, quelle que soit l'espèce en laquelle on croit, laquelle peut vivre et laquelle ne le peut pas. » Il a déposé au Sénat une résolution pour invalider le plan d’abattage. Elle n’a pas été votée, mais le scandale du plan décidé par l’administration Biden (il a été formalisé en août 2024) et que l’administration Trump entend appliquer, dépasse l’habituelle frontière entre démocrates et républicains.
Vivre en paix
Abattre 450.000 chouettes rayées au titre de la protection de la nature est tellement énorme que même les écologistes ne sont pas unanimes. Telle association dénonce le « prélude au plus grand massacre d'oiseaux de l'histoire des États-Unis ». Telle autre explique qu’à la manœuvre, on trouve les exploitants forestiers qui mettent sur le dos de la chouette rayée le déclin de la chouette tachetée… provoqué par la déforestation.
Une issue à laquelle ne se résout pas le sénateur Kennedy. « J'aime les chouette. Je les adore. Je les préfère aux humains », explique-t-il. Et de rappeler que « ces chouettes n'ont jamais rien fait au gouvernement fédéral. Elles veulent juste manger et vivre en paix, comme tout le monde. » Ah oui, déjeuner en paix, comme dans la chanson, bêtes et gens, et sans que les gouvernements ne s’en mêlent ! Un monde sans écolo-technocrates…
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts




































52 commentaires
Pourquoi l’auteur n’accepte pas la possibilité de qualification d' »espèce invasive », pour une espèce qui étend son territoire et dont la proportion augmente ?
Évidemment si on considère que ce n’est pas une invasion, il n’ y a pas à réagir.
Combien de tueries dans notre histoire pour des soit disant « invasions » alors que ce n’était qu’une bien naturelle extension de territoire ? A
Il y a encore moins d’un siècle, on a parlé d' »espace vital » à l’est de l’Europe, et bêtement les polonais se sont sentis envahis et on a déclaré la guerre aux Allemands pour préserver l’équilibre européen.