[ANIMAUX] Empreinte carbone : faut-il supprimer chiens et chats pour « sauver la planète » ?

La radio publique, l'Ademe et les scientifiques se sont penchées sur la question.
Photo de Yuliya Kazantseva: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/chien-mignon-chat-adorable-8570243/
Photo de Yuliya Kazantseva: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/chien-mignon-chat-adorable-8570243/

Ce 9 avril, la radio publique française consacre un podcast au « Bilan carbone des animaux de compagnie ». Vous n’y aviez pas pensé, avouez, que votre chien, votre chat, avaient un « bilan carbone » ! Mais - laissons la question des primates de côté - puisque le mammifère homme pollue, les mammifères félin et canin aussi. Comment en irait-il autrement ?

L’ADEME sur le sujet

Sur ce sujet, la célèbre agence qu’est l’ADEME nous avait prévenus, justifiant une fois de plus son utilité et le bon usage qu’elle fait des deniers publics. « La vie domestique de nos bêtes entraîne bien des émissions supplémentaires à attribuer à un individu humain (celui qui détient l’animal) », écrit l’ADEME. Dans le calculateur officiel de l’empreinte carbone, les animaux domestiques sont pris en compte. On laisse de côté les hamsters, les canaris, « car leur empreinte est négligeable ». Toujours visés : chiens et chats.

Le problème principal est l’alimentation, comme l’explique le vétérinaire radiophonique. « Les chiens et les chats consomment des protéines animales, dont la production, notamment bovine, génère d’importantes émissions de gaz à effet de serre. » Pour cette raison, on nourrira plutôt les animaux avec des croquettes, constituées pour l’essentiel de « sous-produits de l’industrie agroalimentaire ». La malbouffe, c’est bon pour la planète ; voilà un curieux concept qu’on n’est pas pressé de voir étendu à l’homme.

Des animaux domestiques… et comestibles

En 2009, un livre avait fait son petit effet dans les pays anglo-saxons : Il est temps de manger le chien ? Le vrai guide pour une vie responsable. Le titre était iconoclaste, le contenu sérieux. Les auteurs, Brenda et Robert Vale, sont des universitaires australiens et Thames & Hudson est un éditeur respectable. Leur vision des choses était des plus matérialistes : il s’agissait de s’assurer une croissance globale économique dans de bonnes conditions. Protéger l’environnement garantit les profits, expliquaient-ils dans l’introduction.

Établissant que les animaux domestiques ont une empreinte carbone lourde, ils suggéraient d’avoir des animaux domestiques… comestibles. « Si vous avez la place, [les lapins] peuvent donner aux enfants le sens de la responsabilité, ils sont sympas à garder, ils mangent de l’herbe et ils sont délicieux dans une tourte, comme Pierre le Lapin en avait été averti » (page 246). On notera le cynisme de ces tenants du mondialisme d’invoquer le héros de Beatrix Potter pour soutenir leur thèse.

D’autres études ont paru depuis. Celle d’un professeur de Los Angeles, Gregory S. Okin (« Impacts environnementaux de la consommation alimentaire des chiens et des chats », parue dans Plos One, 2017), proposait de « réduire le nombre de chiens et de chats ». À la place, privilégier « d'autres animaux de compagnie offrant des bienfaits similaires sur la santé et le bien-être émotionnel », par exemple les oiseaux, les hamsters et les reptiles. Comme si les animaux étaient interchangeables en termes de bienfaits ! Ces gens-là ne connaissent ni les humains ni les animaux.

À gros chat, petit chien

Il y a quelques semaines, Futura cherchait à établir qui, du chien ou du chat, est le plus gros pollueur. Force chiffes en « kilos CO2 équivalents » étaient alignés avant d’arriver à ce constat normand : « Un très gros chat pourrait théoriquement émettre davantage qu'un petit chien. » La conclusion de l’article laissait penser que le sujet était tiré par les cheveux, puisque « l'empreinte carbone des animaux domestiques reste très faible comparée à celle des humains ».

Tout ça pour ça ? C’est extraordinaire, comme les entreprises de culpabilisation s’en prennent toujours au Français moyen. L’empreinte carbone de sa maison. De sa voiture. De son jean. De sa nourriture. De ses vacances. De ses chiens et chats. Quid d’autres empreintes carbone ? Que je sache, l’ADEME n’a jamais calculé celle de l’immigration. On ne peut pas penser à tout.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

99 commentaires

  1. Rappelons les faits en matière d’histoire du climat. Le CO2 est un gaz à effet de serre qui existe sur terre sans être humain. Il est nécessaire à la vie. Tout comme l’Effet de Serre. Si des Hurluberlus incultes veulent supprimer tout ce qui dégage du CO2 sur terre, il va falloir aussi supprimer les arbres et les ruisseaux: avec ces militants somnambules, on est dans l’Anti écologie la plus totale. Mais c’est assez banal : tous les fanatiques du monde finissent par générer l’inverse exact de leurs supposées « bonnes intentions ». Sans Effet de Serre, la terre serait à -15°C. Il y a 3 millions d’années (par exemple), il y avait sur terre autant de CO2 qu’aujourd’hui (naturel et anthropique), à une époque où les humains n’existaient pas (vraiment) encore. Dernier détail : le CO2 aujourd’hui (naturel + anthropique), c’est 20% des Gaz à Effet de Serre. Et certains voudraient « décarboner » la terre à 100% ? C’est du délire…..

  2. Pour sauver la planète il est d’abord indispensables d’élimiminer le tout électrique ,le tout digital , les éoliennes ,les socialos , les écolos et autres macron compatibles comme les LR timorés . La planète n’a pas besoin de nous ,nous qui la torturons avec ceci ,cela ,et malgré tout elle s’en sort encore pour le moment mais il faut aussi lui foutre la paix , respecter les fuseaux horaires , les saisons . Ce n’est pas la nature qui va s’adapter à nous mais nous qui devons nous y adapter .
    Alain Proviste

    • Tous les êtres sur terre participent à la vie et à ses transformations permanentes, au fil de son histoire de 4,5 milliards d’années. Dire qu’un élément sur terre (Humains, vers, roches, volcans, etc) détruirait la nature, ça n’a aucun sens ; c’est une affirmation totalement morale et…humaine. Exemples: ce sont des micro-organismes (du fond des mers) qui ont généré des gaz (à partir de leur oxygène) déclenchant par de nouvelles combinaisons chimiques l’Effet de Serre permettant à la terre de sortir de son état de « boule de neige ». Ce sont les volcans et la tectonique des plaques qui ont « détruit » l’ancien continent unique (c’était la terre, la belle terre aussi) pour donner naissance à plusieurs continents (c’est beau, maintenant ? Oui et non. La question n’a aucun sens). Et dans le futur, la tectonique va reconstruire un nouveau continent unique (bien ? Pas bien ?): les Humains n’y pourront rien, et ce phénomène sera une « destruction » qui fera apparaître une nouvelle nature….Et elle sera ce qu’elle est, ni belle, ni moche. Les Humains ne sont pas des acteurs originaux dans les transformations de la terre (ils sont même plutôt…discrets): s’adapter à la nature, c’est arrêter de croire que les humains seraient des Dieux , responsables des changements géologiques !

  3. Apparemment, l’ademe n’a pas compris l’expérience de la forêt de Yellowstone aux US, le manque de prédateurs ont permis le pullulement d’herbivores qui déconstruisait la forêt et depuis le retour de prédateurs la forêt a recommencé à retrouver ses droits.
    Donc avec la suppression imbécile de chats et chiens, nous serons envahi par les rats, souris, oiseaux, plus de sauvetage grâce aux chiens, de détecteurs de drogues etc…
    Quand on touche à l’écosystème, celui-ci est déréglé , encore une fois du simple bon sens mais ces soi-disant agence « écolos » sont une vaste fumisterie !

  4. Après s’être penché sur la fréquence de changement de nos petites culottes, voilà les conseils sur le choix d’animaux domestiques qui devraient être de préférence comestibles …. je me vois bien dire tout de go à ma fille : « Mange ma chérie, c’est Panpan qui est dans ton assiette » Faut que cet ADEME arrête de gaspiller notre argent en études aussi absurdes qu’inutiles !!!!

  5. Pour compléter mes précédents commentaires, ces imbéciles oublient également combien les chiens-guides sont utiles (tant pour l’aide qu’ils apportent que pour le moral) à des personnes handicapées. Que feraient ces personnes sans leurs fidèles compagnons à quatre pattes ? Vont-ils aussi parler de gens « inutiles » comme on l’entend en ce moment ?!! Quelle honte vraiment !

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