Allemagne : l’AfD refuse de s’engager à parler positivement de l’immigration

L'AfD refuse de taire ses critiques sur l’immigration, défiant le consensus à Cologne.
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À Cologne, un pacte inhabituel entre les principaux partis politiques, à l’exception de l’AfD, suscite une vive polémique : tous s’engagent à ne parler de l’immigration qu’en termes positifs, lors des prochaines élections locales. Cette décision vise à étouffer les débats sur l'un des principaux sujets de préoccupation des Allemands, mais elle déclenche l’ire de l’Alternative für Deutschland (AfD), qui y voit une censure de la liberté d’expression. Alice Weidel, co-présidente du parti et figure influente, a récemment dénoncé, sur X, les promesses non tenues de Friedrich Merz, leader de la CDU, notamment sur la réforme du Bürgergeld (sorte de RSA allemand), qu’elle juge inefficace face à une immigration qu’elle qualifie d’« aimant » pour les non-actifs. Selon elle, près de 50 % des bénéficiaires de cette aide sociale sont des étrangers, dont un tiers n’a jamais travaillé. L’AfD, seule à rejeter ce pacte de silence, accuse les autres partis de nier les inquiétudes des Allemands face à une immigration mal maîtrisée.

Un refus stratégique face au consensus

L’AfD, par la voix d’Alice Weidel, rejette fermement l’idée d’un discours exclusivement positif sur l’immigration, estimant que cela trahit les intérêts des citoyens. La chef de file dénonce le chancelier Merz pour avoir abandonné sa promesse de réformer le Bürgergeld, qu’elle présente comme un système favorisant les immigrés non intégrés. Multipliant les promesses non tenues - comme, récemment, le revirement concernant l'accueil des migrants afghans -, l'attitude de Merz pourrait bien profiter à l'AfD, qui attire à lui un certain nombre d'électeurs de droite déçus par tant de renoncements.

Selon l’eurodéputé AfD Petr Bystron, contacté pour cet article, « l’accord des partis établis de passer sous silence les conséquences négatives de la migration est l’expression de l’incapacité totale de la classe politique traditionnelle à reconnaître ses propres erreurs et à engager les corrections nécessaires. Depuis des années, ces partis tentent de dissimuler les effets négatifs de leur politique migratoire. Non seulement ils gardent le silence sur ce sujet, mais ils falsifient également les statistiques, exercent des pressions sur les médias pour qu’ils ne rapportent pas les nombreux viols et meurtres commis par des migrants sur des jeunes filles allemandes, et contraignent les proches des victimes à ne pas exprimer de critiques. »

Une fracture qui profite à l’AfD

Le climat politique est tendu, en Allemagne. L’AfD exploite cette fracture, qualifiant le pacte de Cologne de preuve de la faiblesse des partis traditionnels face à une politique migratoire laxiste. Jouant sa partition sans fausse note, Weidel insiste sur le désavantage des travailleurs allemands face à une immigration massive soutenue par un système social généreux, un message qui résonne dans les régions industrielles touchées par le chômage où l'AfD monte dans les sondages. Le parti a même réussi à dépasser l'union CDU/CSU actuellement au pouvoir, d'après un sondage PolitPro qui place l'AfD à 26 % de popularité, contre 25 % pour le gouvernement de Merz.

Bystron ajoute que « la population réclame un virage à 180 degrés, ce qu’elle a exprimé de manière éclatante lors des dernières élections en accordant la majorité absolue aux deux partis qui avaient promis un changement de cap en matière migratoire : la CDU et l’AfD. Mais le chancelier Merz a rompu tous ses engagements électoraux dès la nuit du scrutin. Le résultat est une déception massive et une profonde insatisfaction : plus de 70 % des Allemands se méfient désormais de son gouvernement. L’AfD, en revanche, gagne chaque jour en popularité. Les derniers sondages montrent qu’en Saxe-Anhalt, l’AfD pourrait désigner le ministre-président. » Ainsi, la poussée électorale de l’AfD s’impose comme le signe d’un basculement profond, majoritairement porté à la fois par les classes populaires lassées, d’un débat confisqué et d’une parole politique verrouillée.

Vos commentaires

35 commentaires

  1. L’Allemagne est dans la même situation que la France , l’Europe est en voie d’islamisation et nos gouvernements n’y font rien, des lâches qui ne pensent qu’à leur siège.

    • Mais pourquoi voudriez-vous qu’ils agissent ? Puisqu’ils ont sciemment réfléchi voilà au minimum cinquante ans puis organisé par des accords avec les pays d’origine et laissé prospérer ces invasions et ce changement sous une forme ou une autre de civilisation. Nous avons bien des passeurs depuis des décennies dans les diverses administrations. Leurs cris d’orfraie, leurs fausses compassion envers les victimes le plus souvent ne sont que des postures.

  2. Quel que soit le pays, c’est malheureusement la même chose: le peuple autochtone travaille et se fait massacrer par les politiques et les immigrés. Le monde est sous l’emprise du diable.

    • Peut-être ne croyez vous pas si bien dire avec cette religion dont l’étendue dans le monde se confond avec les régions de conflits et barbarie sauvage… et bientôt la France en fera partie !

  3. Bon article mais qui n’omet l’essentiel, la droite allemande ne fait que suivre la volonté du patronat d’une immigration massive, un peu de travail mais de plus en plus comme en France de consommation. La gauche, elle se réjouit elle aussi car en prime comme France elle impose son calendrier sociétale sur un gouvernement de droite. L’Occident s’enfonce …

  4. J’avoue ne pas comprendre pourquoi ces dirigeants s’evertuent à perdre des points en faisant l’exact contraire de ce que leur peuple demande. Macron par exemple qui est à 17% dans les sondages et qui prend un malin plaisir, alors que ces mêmes sondages montret que la France est majorité à droite et qui s’amuse à laisser planer l’idée que le prochain premier ministre pourrait être Faure. Les Français veulent moins d’immigration, plus de fermeté de la justice, plus de sécurité… et il fait tout le contraire. Il se saborde, dans quel but ?

    • Parce que ces gens savent ce dont ont besoin les pays et peut importe les chemins les souffrances les renoncements pour y parvenir puisqu’ils n’y seront eux jamais confrontés. leurs idéologie faussement humaniste les empêchent de se remettre en question, ce sont de grands hommes humanistes au cas où vous en douteriez ! Seule un changement radical de politique les obligeraient et encore je pense que certains se laisseraient mourir politiquement plutôt que d’admettre leurs erreurs et leurs crimes.

  5. Bon article mais qui n’omet l’essentiel, la droite allemande ne fait que suivre la volonté du patronat d’une immigration massive, un peu de travail mais de plus en plus comme en France de consommation. La gauche, elle se réjouit comme France elle impose son calendrier sociétale sur un gouvernement de droite. L’Occident s’enfonce …

  6. Je commence à croire que si une guerre civile doit se produire en Europe elle ne commencera pas en France ou même en Belgique, mais en Allemagne, là où le contrôle des opinions politiques est le plus violent.

  7. Je commence à croire que si une guerre civile doit se produire en Europe elle ne commencer pas en France ou même en Belgique, mais en Allemagne, là où le contrôle des opinions politiques est le plus violent.

  8. Manquerait plus qu’ils appellent leur pacte, « Arc républicain », les allemands. Car cette dénomination est en fait le cache dissimuler les effets négatifs de leur politique migratoire’est une manière de ne pas répondre

  9. Quel est ce pays où il est obligé de parler positivement d’un sujet ? Ce n’est pas une décision d’un seul homme, d’un dictateur. Non, c’est une décision des partis politiques. Le système , dans ce pays, affiche avec fierté ses décisions totalitaires. Le peuple de ce pays va-t-il encore voter pour un de ces partis qui promeut le totalitarisme ? Probablement oui, en majorité (curieux peuple qui en appelle à son propre asservissement.) Peut-être même que les partis qui refuseront seront exclus de l’élection et ses leaders emprisonnés comme en Moldavie ou les élections annulées comme en Roumanie. Bon, il faut relativiser, cela se passe sans doute dans un pays du sud, ces pays qu’on qualifie, par chez nous, de pauvres et de sous développés, miné par la corruption et la perte de tout sens de la réalité des choses du monde. A moins que ce ne soit, mais c’est pareil, le pays de OuiOui où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et tout le monde il est soumis. Heureusement qu’en UE on est dans une démocratie où chacun peut dire et penser ce qu’il veut en toute liberté sans la menace de big brother…

  10. Comme l’URSS en son temps, l’UE choisit le bâillon, le mensonge et la désinformation. Souhaitons lui le même destin.

    • Le copain Allemand de Macron ne veut pas parler de l’immigration ? Comme c’est étrange en France même chose. L’immigration une chance pour déstabiliser une nation lorsque l’objectif est sa destruction. En France 80% des citoyens n’en veulent plus. Avez vous entendu ces « zelus » en parler?

    • On n’en parle peut-être moins positivement, mais on prend des risques à en parler négativement, risques qui peuvent aller jusqu’à la perte de son emploi.

      • Exact ! Avec en prime le conseil constitutionnel et le conseil d’état qui font barrage à toute mesure anti submersion.

  11. cela tombe bien, ce matin un étudiant de 18 ans d’origine Kosovar en lycée professionnel d’Essen . A poignardé sa professeur transportée en état d’urgence.

    Il est sûr que le discours proimmgrationiste a dû plomb dans l’aile .

    • Il y a bien plus grave en ce qui concerne l’ALLEMAGNE ! …
      L’accélération de ses « dirigeants » à vouloir « armer » le pays ! … Grâce à une excuse au sujet d’une « guerre » qui se passe en dehors de l’UE ! …

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