Allemagne, Espagne, Grèce… Les politiques de remigration gagnent en popularité

Alors que ses voisins prennent leur destin en main, la France reste hostile à toute politique d’expulsions massives.
remigration
Jérémy-Günther-Heinz Jähnick / Calais - Manifestation contre les clandestins, l'immigration-invasion et l'islamisation de l'Europe, 8 novembre 2015 (20) / Wikimedia Commons

Le gouvernement grec durcit le ton. Dans un entretien accordé au Daily Mail, ce lundi 21 juillet, le nouveau ministre de l’Immigration, Thános Plévris, affiche une fermeté à toute épreuve face aux vagues d’immigration qu’a subies le pays ces derniers mois. « Ne venez pas ici. Nous vous mettrons en prison ou vous renverrons chez vous, prévient ainsi le membre de Nouvelle Démocratie, parti conservateur au pouvoir. Quelqu’un entrant dans mon pays illégalement doit comprendre qu’il arrive dans un régime de surveillance, pas d’hospitalité […] Je suis un adepte des moyens dissuasifs… Nous ne sommes pas un hôtel. » Un message qui a le mérite de la clarté.

Il faut dire que la situation est critique, pour la Grèce, qui fait malgré elle figure de principale porte d’entrée de l’immigration vers l’Europe. Depuis fin juin, ce sont pas moins de 10.000 clandestins qui ont déjà atteint l’île grecque la plus au sud de la Méditerranée. « Il s’agit principalement d’hommes âgés de 18 à 30 ans, migrants économiques », détaille Thános Plévris, qui n’hésite pas à qualifier ces arrivées d’« invasion ». Pour ces illégaux, le message des autorités grecques est simple : c’est la prison ou l’avion. « Ceux qui arrivent illégalement en Grèce par bateau ne doivent pas espérer l’asile mais se préparer à cinq ans de prison ou à un billet de retour », annonce le ministre.

Une remigration enfin envisagée

Si la fermeté grecque ne vise, pour le moment, que les clandestins, d’autres pays d’Europe envisagent d’aller plus loin. C’est le cas de l’Espagne, où les dirigeants du parti de droite Vox évoquent aujourd’hui sans fard une politique de « remigration ». Il y est question d’expulser toutes les personnes d’origine étrangère qui n’ont pas adopté les coutumes espagnoles. Plusieurs millions de personnes seraient ainsi concernées. « Sur les 47 millions d’habitants de notre pays, environ sept millions – ou plus de sept millions, car il faut prendre en compte la deuxième génération – huit millions sont des personnes venues d’origines différentes en très peu de temps, a expliqué Rocío de Meer, porte-parole de Vox. Il leur est donc extraordinairement difficile de s’adapter à nos modes de vie et à nos coutumes. »

En Espagne, 9,4 millions de personnes seraient nées à l’étranger, soit 14 % de la population. De quoi faire dire au député Carlos Hernández que d’ici 2045, « les Espagnols seront minoritaires dans leur propre pays ».

Citons, également, le cas de l’Allemagne. Chez nos voisins d’outre-Rhin, c’est l’AfD qui a pris à bras-le-corps le combat contre le remplacement de peuple. Le parti de droite projette de remigrer les populations délinquantes ou non assimilées à la culture nationale. Une proposition qui séduit un électorat grandissant, à l’heure où le pays subit une vague d’attentats islamistes sans précédent.

La France toujours dans l’impasse

En France, en revanche, l’expulsion des indésirables reste une option impensable. Seul le parti d’Éric Zemmour assume le concept de remigration et ose proposer la déchéance de nationalité des binationaux condamnés pour crime ou délit. Marine Le Pen, elle, se contente de demander « l’expulsion systématique des clandestins, délinquants et criminels étrangers ». Rien n’est proposé concernant les « Français de papiers », ces enfants de l’immigration qui, souvent, sont encore moins assimilés et civilisés que leurs propres parents. À rebours de ses partenaires européens et sans doute aussi de ses électeurs, le RN a même pris ses distances avec l’AfD, précisément sur le sujet de la remigration.

En attendant, nos frontières restent grand ouvertes. Le nombre de titres de séjour accordés atteint des sommets, les migrants sont activement répartis dans nos petits villages et même les étrangers les plus dangereux restent sur le territoire. Pas plus tard que jeudi dernier, l’expulsion d’un ressortissant algérien, pourtant signalé comme islamiste radicalisé, a été bloquée. L’individu a été renvoyé par la police aux frontières, puis est revenu en France après avoir été refusé par son propre pays… Il serait peut-être temps de nous inspirer de certains de nos voisins européens.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

73 commentaires

  1. La France est un pays de fonctionnaires qui ne fait plus d’enfants. Ne venez pas gémir sur l’immigration.

  2. La France dernier grand pays de gauche continuera dans la même direction pour s’aligner sur Belgique et UK pays totalement détruits. Nous sommes fiers de nos grands médecins et ingénieurs en cybernétique arrivant en pneumatique . Notre fierté c’est d’interdire aux gamines de 18 ans d’aller seules au bal et empêcher grand-pere d’aller acheter son pain et son tabac tout seul. Mais la France c’est la patrie du vivre ensemble. Ici plus la situation empire plus le peuple en demande. A partir du moment ou on ne touche pas aux 35h et aux vacances tout va bien. Macron a de beaux jours devant lui dans ce pays de lopettes.

    • Comme vous avez raison !
      Hélas !
      Les français se plaignent mais ils sont aussi coupable de cette situation par leur vote de dirigeants démagos.

  3. La France pourtant a une réelle expérience des expulsions massives et accélérée. Ainsi Macron qui rampe devant ses maîtres algériens pourrait reprendre les méthodes de ces derniers en 1962 et la célèbre formule la valise ou le cercueil. Les algériens ne devraient pas être étonnés.Et si cela ne va pas assez vite on pourra s’inspirer du ”nettoyage orannais’’ auquel le gouvernement français d’alors a participé.

  4. La France ne fait rien car c’est un sujet qui n’intéresse pas Macron. Espérons que dès 2027 d’autres agirons s’il n’est pas trop tard pour les citoyens que nous sommes

  5. Posez-vous ces questions, combien de pays musulmans y a-t-il dans le monde ? A priori 57.
    Et combien de pays arabes y a-t-il dans le monde ? 24
    Et combien d’entre eux ont accepté d’accueillir les réfugiés palestiniens ? AUCUN
    La France dans sa grande générosité destinée aux étranger et contrairement à l’Allemagne, la Grèce, l’Espagne ….va accueillir les gazaouis et bien sûr les soigner gratuitement (AME) , les financer (ADA).
    Retraités, malades, serrez vous la ceinture, mieux disparaissez, l’euthanasie est faire pour vous

  6. Le RN est trop timoré sur le sujet de la remgration au point de rompre avec l’AFD! Alors que la coalition CDU/CSU-SPD, moins de 3 mois après l’élection du chancelier Merz, commence à battre de l’aile et déçoit les Allemands, l’AFD est créditée de 25% à égalité avec la SDU/CSU et le SPD est en recul à 13%. La question de l’éclatement de l’attelage CDU9CSU-SPD commence à être évoquée. Malgré la menace d’interdiction exigée par un SPD de plus en plus radicalisé, l’AFD gagne en popularité. Le RN ferait bien de s’inspirer de la pugnacité de l’AFD et de sa cheffe Alice Weidel! Pour suivre sur Youtube les interventions d’Alice Weidel et d’autres orateurs de l’AFD, j’ai l’impression que MLP n’a pas le charisme de la cheffe de l’AFD! A ceux qui sont quelque peu familier avec la langue de Goethe, je leur conseille de regarder sur Youtube les vidéos de l’AFD et de ses orateurs…

  7. le premier congrès sur la remigration s’est tenu en mai dernier à Milan .
    l’AFD allemande propose la remigration des étrangers délinquants

  8. « En France, en revanche, l’expulsion des indésirables reste une option impensable. Seul le parti d’Eric Zemmour assume le concept de remigration et ose proposer la déchéance de nationalité des binationaux condamnés pour crime ou délit « : maintenant on sait pour qui voter en 2027……

    • Commençons déjà par interdire la double , triples ….nationalités a tout le monde , cela évitera notamment de voir des artistes, des sportifs , des politiques, des industriels fuir le système fiscal français.

  9. Fions-nous aux actes et non aux paroles ,chez-nous aussi le premier ministre a tenu des propos dénonçant l’immigration, nous attendons toujours les mesures !

  10. Prise de conscience tardive et malheureusement pas partagée par beaucoup de natifs qui ne veulent pas voir le danger existentiel.

  11. L’AFD, mouvement néonazi, n’est sans doute pas l’exemple à citer.
    Même l’extrême droite française s’en détourne.

    • Quand vous aurez compris que l’extrême -droite française n’existe que dans vos fantasmes, vous aurez bien avancé.

      • Pas faute de l’avoir dit, mais bon je ne lui réponds plus, il fait exprès de provoquer, le laisser dans son coin à sortir ses inepties et provocations diverses et vous verrez il ne viendra plus
        Je l’ai compris un peu tard mais mieux vaut tard que jamais !

    • Kielowski.1974
      Les Nazis comme leur nom l’indique sont de gauche ( socialistes )..
      Ça compte mal…MAIS…
      Donnez moi votre définition de l’extrême droite.
      Vraiment ,je suis extrêmement curieuse.

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