Agriculture : la gauche et l’extrême gauche électrisées par la loi Duplomb

Le député A. Pradié, favorable à la loi, reçoit des menaces de mort. Les agriculteurs peuvent compter leurs soutiens.
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En 2024, les écologistes rouge vif avaient choisi la discrétion, alors que des milliers d’agriculteurs manifestaient en France pour tirer la sonnette d’alarme et expliquer, chiffres en mains, les raisons de l’extinction d’une profession indispensable et pourtant particulièrement éprouvée. Revenus en berne, suicides, attitude toxique de l’Europe entre subventions et réglementations ubuesques, les maux de la paysannerie chère aux Français étaient enfin mis sur la table et sous le feu des caméras de télévision. La population soutenait massivement cette profession qui fait vivre les deux tiers du territoire, assure l’activité principale de milliers de villes et de villages et, accessoirement, nourrit la population hexagonale. Les politiques de tous bords assuraient les paysans qu’ils avaient compris. De leur côté, les agriculteurs demandaient aux élus des actes et pas seulement des déclarations d’amour consensuelles, pour… ne pas mourir.

Un an a passé. Changement de décor. La proposition de loi Duplomb sur l’agriculture déposée par les sénateurs Laurent Duplomb (LR) et Franck Menonville (UDI, centre), « visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur », a été votée le 8 juillet à l’Assemblée nationale par 316 voix pour, 223 contre et 25 abstentions. L’alliance RN-UDR, les LR et une partie des macronistes ont voté pour : en conscience, ils ont estimé que ces dispositions étaient indispensables à la survie de nos campagnes. La gauche et l’extrême gauche se sont battues contre. Et poursuivent une mobilisation implacable contre le vœu des agriculteurs. Ce que Sandrine Rousseau a résumé d’un mot déniché par BV et qui résume admirablement l’opinion de cette gauche : « J’en ai rien à péter, du revenu des agriculteurs. » Rousseau a le mérite de la franchise. Une bonne partie de la presse de gauche semble aujourd'hui lui emboîter le pas.

Favorable à la loi Duplomb, Aurélien Pradié menacé de mort !

Et reprend espoir. La cause ? Une pétition. Ce 18 juillet, Le HuffPost titre : « 200.000 signatures en huit jours : cette pétition contre la loi Duplomb devient virale. » Le Monde consacre un article à cette « pétition pour demander l’abrogation de la loi Duplomb [qui] bat des records sur le site de l’Assemblée nationale ». Le quotidien du soir précise que « la conférence des présidents de l’Assemblée nationale peut décider d’organiser un débat en séance publique si elle en recueille au moins 500.000 ». La presse écolo déterre la hache de guerre contre la loi votée. « Pétitions, manifestations, recours… Cinq manières de continuer à se mobiliser contre la loi Duplomb après son adoption », titre Vert, « le média qui annonce la couleur »... Le Conseil constitutionnel est saisi.

Courageusement, Maud Bregeon, députée macroniste des Hauts-de-Seine, met en cause une erreur de comptabilisation de son vote par l’Assemblée : elle est « totalement opposée » à la loi ! Courage, fuyons !

Les agriculteurs peuvent compter leurs vrais soutiens, face à la violence. Car les militants ont la défaite mauvaise. On fait la chasse aux députés qui ont voté en faveur de la loi Duplomb. Selon le site Ici (ex-France Bleu), « la façade de la députée MoDem du Puy-de-Dôme Delphine Lingemann a été dégradée, dans la nuit du 17 au 18 juillet, par des détracteurs de la loi Duplomb ». L'élue qui a voté la loi va porter plainte contre X en citant, dans sa déposition, les charmantes associations Attac, Générations Futures, l'organisation écologiste Extinction Rebellion, le syndicat Confédération paysanne et le parti La France insoumise (LFI), tous mobilisés lors de la grande manifestation ultra-violente de Sainte-Soline (Deux-Sèvres), le 25 mars 2023.

« Je préfère nous éviter de manger de la merde de l’autre bout du monde ! »

Au Courrier du Lot, le député Aurélien Pradié (président de son parti Du courage) confie qu’il a reçu, depuis l’adoption de la loi Duplomb, le 8 juillet, à l’Assemblée nationale, « un millier de courriers d’insultes » et des « menaces de mort ». Il justifie son vote : « Il faut faire attention à ce qu’on lit ou entend sur ce sujet, il y a énormément de désinformations. Il est évident que je n’aurais jamais voté une loi si elle mettait en danger la santé de qui que ce soit. » Pradié rappelle que la loi Duplomb concerne « la transmission agricole, l’accès à l’eau, les facilités administratives », certains traitements dûment contrôlés sans lesquels la France achètera à l’étranger des cerises ou noisettes traitées bien plus sévèrement… « Je préfère nous éviter de manger de la merde de l’autre bout du monde ! », lance le député. Il défend lesdites « méga-bassines » destinées à recevoir l’eau de pluie, indispensables pour irriguer les cultures comme le firent les étangs aménagés depuis des siècles dans les campagnes. La loi prévoit encore l’agrandissement ou la création de bâtiments d’élevage. Point de fixation des écologistes, la réintroduction de l’acétamipride, un néonicotinoïde dont les conditions d'usage « en cas d’alternative insuffisante » et « face à une menace grave » le rendront presque inutilisable, selon... le ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher lui-même !

Une violence d'autant plus grave que les principaux syndicats agricoles, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Jeunes Agriculteurs (JA) et la Coordination rurale( CR)... ne crient pas au miracle. Dans un communiqué. Patrick Legras, président de la CR Hauts-de-France, relativise : « C’est une avancée, une orientation, mais ce n’est en aucun cas ce qui va régler les problèmes du Mercosur et des nouveaux volumes d’importations en provenance d’Ukraine. » Les agriculteurs ne sont pas au bout de leur combat pour obtenir le droit de nourrir les Français et de... survivre.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

30 commentaires

  1. Je déplore aussi que nos « patriotes » qu’ils soient politiques ou influenceurs se taisent autant à ce point. Face aux mensonges ces écologistes, les agriculteurs sont abandonnés. Face à une pétition qui a mobilisé tout l’électorat écologiste, aidé par le relais de certains médias, ils sont parvenus à retourner l’opinion sur l’intérêt de cette loi Duplomb ! Tout le monde est tétanisé dès que la gauche fait beaucoup de bruit, y compris au RN ! Personne n’a non plus lancé de contre-pétition pour soutenir les agriculteurs ! La pétition contre la loi Duplomb est en réalité un prétexte défendu par des mondialistes qui rejettent le caractère souverainiste de cette loi destiné à protéger l’agriculture française. Ils défendent leur idéologie du libre-échange et militent pour soumettre la France au reste du monde. Créer des normes supplémentaires pour empêcher la production française afin de permettre de laisser rentrer plus facilement la marchandise étrangère ne respectant pas lesdites normes, tel est le cocktail détonnant pour rendre dépendant la France des importations ! Par ailleurs remarquons que le droit européen est supérieur à la loi nationale dans tous les cas, sauf en matière d’agriculture et d’environnement ! Si le droit national empêche l’agriculteur de travailler parce que les écologistes l’ont décidé mais que le droit européen lui le permet, étrangement ce n’est pas le droit européen qui s’applique dans ce cas précis. Mais en revanche quand il s’agit de lutter contre l’immigration et l’insécurité, ah là par contre tout le monde sort le fameux droit européen. Les agriculteurs sont ravis de cette lâcheté collective…

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