À l’occasion de la Gay Pride, les « saints transgenres » sont à l’honneur…

Au XXIe siècle, la « Légende dorée » se lit comme un manifeste LGBTQ+. Au prix de quelques torsions du texte.
Sainte Eugénie révèle qu’elle est une femme, chapiteau de Vézelay, © Creative Commons 4.0 / GO69 / Wikipedia
Sainte Eugénie révèle qu’elle est une femme, chapiteau de Vézelay, © Creative Commons 4.0 / GO69 / Wikipedia

« Le christianisme a longtemps vénéré des saints "transgenres" » ! À l’approche de la Gay Pride ce 28 juin, le site progressiste theconversation.com a cru bon de publier ce texte d’une doctorante de l’université de l’Iowa, Sarah Barringer. Sa démonstration ? Il existe « 34 récits documentés sur la vie de saints transgenres ». Documentés, vraiment ? Au XVIIe, les moines Bollandistes passèrent au crible l’historicité des récits, par souci de vérité. Au XIXe, les positivistes s’y mirent à leur tour, motivés par leur haine du catholicisme. Ici, pour la commodité de sa thèse, Sarah Barringer fait comme si les récits étaient parole d’évangile, historique et religieuse.

Le travesti comme ressort dramatique

Données en exemple, sainte Eugénie, sainte Euphrosyne et sainte Marine (dite « la déguisée ») répondent-elles à la définition de « transgenre » ? « Tous trois sont nés femmes, explique Sarah Barringer, mais se sont coupé les cheveux et ont revêtu des vêtements masculins pour vivre comme des hommes et entrer dans des monastères. » Mais c’est pour échapper au mariage, alors qu’elle s’est vouée à Dieu, que sainte Euphrosyne s’habille en homme — pas par dysphorie de genre.

Quant à sainte Eugénie et sainte Marine, elles se retrouvent accusées d’agression sexuelle en tant qu’« hommes ». Devant le tribunal, Eugénie dévoile sa poitrine et le juge ne peut que s’incliner devant sa féminité et, donc, son innocence. On découvre le sexe réel de sainte Marine lors de sa toilette mortuaire : ce n’est donc pas elle qui a mis enceinte la fille de l’aubergiste. Quel rebondissement ! Ces deux récits emploient le même ressort dramatique, qui ne fait que ressortir la justification de ces deux femmes pures.

Transition et martyre

La poitrine de sainte Eugénie prouve qu’elle n’avait pas entamé sa « transition ». On chercherait en vain dans les hagiographies une ablation ou une reconstruction liées au genre. Sainte Agathe a eu les tétons puis les seins arrachés par le bourreau, mais il s'agit d'un martyre. Cela n'a rien à voir avec l’ablation de poitrine de jeunes femmes mal dans leur peau et que l’on convainc de « s’hominiser » — sauf à mettre en parallèle le bourreau et le chirurgien. Au lieu d'invoquer sainte Marine, les hommes trans pourraient invoquer sainte Agathe, qui déclarait à son tortionnaire : « Oublies-tu ta mère et les seins qui t'ont allaité ? »

Contrairement à ce que sous-entend Sarah Barringer, ce n’est donc pas en fonction d’un quelconque transgenrisme que « le christianisme honorait la sainteté de ces saints transgenres » mais en raison de leur sainteté. Leur transgenrisme n’est qu’un travestissement. Ça n’est pas le bois de Boulogne pour autant, plutôt une décision hors normes qui témoigne de la volonté de la sainte de couper avec le monde. Cela nourrit le caractère merveilleux des vies de saints, dont étaient si avide nos aïeux.

Cette fichue « masculinité romaine violente »

Mentionnant avec raison le mépris des conventions sociales, notre universitaire cite encore sainte Agnès, saint Sébastien et saint Georges comme modèles… dans la lutte contre « les stéréotypes de genre ». Doutons-en. Agnès choisit le martyre plutôt que le mariage, non par féminisme mais parce qu’elle a voué au Christ sa virginité. Saint Sébastien et saint Georges, de leur côté, auraient « rejeté leur masculinité romaine violente au profit du pacifisme chrétien ».

Cette « masculinité romaine violente » est une trouvaille, et rigolote, la seule originalité dans un texte qui ramasse des choses qui traînent partout dans les études gender, à l’image de la Jeanne d’Arc travestie ou transgenre… De telles « études » ont pour but de faire accepter la cause transgenre en dénaturant au passage le christianisme. La méthode de Sarah Barringer mêle anachronisme et incompréhension, inculture et idéologie ou mauvaise foi… On attend sans hâte la thèse qu’elle prépare : « Récits transmasculins dans la littérature médiévale », révélant un « troisième genre ». À ce niveau d’obsession, à quels saints se vouer ?

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

23 commentaires

  1. Sans le monde médiatique , chambre d’écho de ces événements , ces derniers ne seraient que de simples micro spectacles de rue . Cessons d’en parler et ils deviennent invisibles .

  2. Instructif. Belle démonstration. Merci Samuel.
    Mais pour quelles raisons ce besoin de se mettre en valeur, de s’exhiber alors que la voix populaire nous enseigne de rester cachés pour notre bonheur. Pour le coup, « mal dans leur peau ? » Besoins de se sentir moins seuls, moins isolés, moins particularisés? Obligés d’en déduire « contre nature ». Ce qui travaille leur conscience.

  3. M6 dans scène de ménage le soir c’est rendu agent de propagande et d’intox pour ce « sujet  »
    honteuse chaine et saltin banque qui se sont prêtés a la diffusions de cette émission pravda kapo INTOX.

  4. Ces organisateurs et inspirateurs de la gay pride sont, comme le Jolly organisateur de la cérémonie des JO, de vrais gros méchants racistes. Ils ne parlent, ils ne mettent à l’honneur, que des personnages de la religion chrétienne, refusant de mettre en lumière le prophète mahomet et ses concubines, voire d’autres personnages de la religion musulmane, cette religion qui semble être la plus présente, en tout cas qui fait le plus parler d’elle, en France. Je n’entends pas les mélancon, rousseau, caron, etc. crier au racisme.

  5. En fait il y a les gens normaux qui correspondent à la normeésentent 90 % des humains et les anormaux qui s’inventent des noms, des mots pour faire croire… l’ennui c’est que beaucoup de journalistes font partie de la 2° catégorie. J’ai lu il y a peu le témoignage d’une femme qui se dit abrosexuelle . Abrosexuelle c’est avoir une sexualité ”fluide”. Traduit en bon français c’est ” une Marie couche toi là qui marche à la voile et à la vapeur”.

    • Pour ma part, j’ai lu qu’ils ne représentent que 4% de la population. Comment faire du bruit avec du vent. Dans la population, quel pourcentage est considéré comme ayant la tête un peu dérangée et pourtant ils ne veulent pas nous faire accroire qu’il sont l’alpha et l’oméga du genre humain.

      • Les écolos = 5 % des votes mais 100 % de notre politique énergétique. C’est la démocratie à la Française.

  6. La référence au christianisme, que l’on prétend pourtant par ailleurs combattre en raison de son prétendu « masculinisme », a un peu de quoi surprendre…non ?

  7. D’un autre côté quand les intellectuels de gauche dissertent sur le sexe des anges, ils s’occupent !

  8. S’il y avait une masculinité romaine violente…on peut dire aujourd’hui qu’il y a un athéisme politique violent et il n’y a pas que les femmes à en subir les assauts

  9. Et cette Sarah Barringer n’est pas candidate pour une de nos quelconques université en mal de chercheurs en sciences molles (dont nous sommes déjà hyper équipés !) ?

  10. Tant qu’il y aura des idiots, il y aura un danger! A l’heure de wikipédia et de l’information en 10 secondes, l’idiotie devrait être un crime!

  11. Jeanne d’Arc … ces gens n’ont aucune dignité. N’oublions jamais sa mort.
    À l’époque, les condamnés au bûcher étaient le plus souvent assommés ou asphyxiés suffisamment pour perdre conscience avant le feu.
    Pour Jeanne, les anglais ont fermement refusé.
    Alors un peu de pudeur les intellos gauchos.

  12. Puisque ces gens s’attaquent directement au Créateur avec ces images et ces discours scabreux, je suis persuadé que Dieu est assez grand pour prendre soin de sa Gloire et mettre à mal tous ceux qui le combattent par ces abominations. Il suffit juste d’attendre.

    • Faudra t-il « attendre » l’au delà pour que ces gens « déconstruits » arrêtent de détruire la NATURE ? ! …

    • Oui ,c’est bien vrai @Boxer ,le Dieu de la création, Le Très-Haut est et sera vainqueur sur ceux qui le combattent. Il n’y a pas d’inquiétude à se faire à ce sujet ! C’est en ce nom d’El Elyon « Maître du ciel et de la terre » qu’ Abram fut béni par le roi de Salem avant de devenir Abraham le père des nations. Quant à « l’attente » l’Apôtre Paul dans sa deuxième lettre à Timothée enseigne que nous avons reçu une mission, celle de prêcher, de reprendre et d’insister en toute occasion, favorable ou non. 
      Amicalement

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