À Auch (Gers), trois policiers braquent leur arme sur un paysan

Il épandait du fumier sur le siège de La Dépêche du Midi. La préfecture et les paysans campent sur leurs positions.
©Jean Bexon
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Ce samedi 27 décembre, trois représentants des forces de l’ordre, dont un commissaire divisionnaire, ont dégainé leur arme de poing pour mettre en joue un jeune paysan en tracteur. Une scène inhabituelle et particulièrement grave dans le contexte incendiaire de la crise paysanne. Plusieurs vidéos de la scène prises par des témoins adhérents à la Coordination rurale ont indigné le monde paysan et enflammé les réseaux, mais le ministère de l’Intérieur estime, pour sa part, que la réaction des forces de l’ordre était proportionnée.

Les policiers sont « intervenus dans le cadre légal »

Logiquement, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, dans une publication sur les réseaux sociaux du 28 décembre, défendait les actions des forces de l'ordre : si, selon lui, « de nombreuses manifestations spontanées ont pu se dérouler sans être entravées, permettant une expression revendicative large, Auch [était] le théâtre, depuis plusieurs jours, de dégradations significatives ». Il affirme que, dans cette affaire, les policiers « sont intervenus dans le respect du cadre légal. Le conducteur du tracteur n'ayant pas obtempéré aux injonctions, faisait mouvement vers eux, les mettant directement en danger. » Il ajoute « qu'aucune expression violente ne peut être tolérée ».
Même son de cloche du côté d'Alain Castanier, préfet du Gers, qui livre plus de détails : « Le conducteur a entamé une manœuvre et avancé vers les forces de l’ordre. Cette manœuvre dangereuse les [a obligés] à faire de nouvelles sommations avec sortie d’arme. » Le représentant de l’État précise : « Un tracteur avec une épandeuse s'est positionné en travers de la route à proximité de la place de Verdun et a aspergé la façade du journal La Dépêche du Midi. »

« Comme des cow-boys »

Mais les agriculteurs présents ne partagent pas le discours des autorités. Plusieurs agriculteurs témoins de la scène contredisent cette version des faits et dénoncent ces sorties d’arme. Contacté par BV, Jérôme Courrèges, président de la CR du Gers, présent sur les lieux, insiste : « Le tracteur était moteur tournant, certes, mais à l’arrêt ! C’est un engin lourd avec une remorque, ça n’est pas une Ferrari. Cela nécessite du temps pour le déplacer. On ne peut pas foncer sur quelqu’un comme ça. »
L’éleveur témoigne : « Les forces de l’ordre sont arrivées comme des cow-boys en gueulant. On aurait dit une scène de chasse au sanglier. C’est eux, les pecs (idiots, en occitan) qui ont commis une erreur, et on veut maintenant nous faire passer pour des bandits. » Jérôme Courrèges estime que le jeune agriculteur visé par les armes à feu n’est en rien un profil dangereux : « C’est quelqu’un de très calme ; d’ailleurs; il a tout de suite obtempéré avant d’être menotté et placé en garde à vue. »

La CR locale refuse, par ailleurs, de parler de dégradation contre les locaux de La Dépêche du Midi. « Les agriculteurs ont étendu du fumier pour lutter contre la désinformation. Ceux-ci ont ensuite retiré et nettoyé ce qui avait été épandu », explique le président de la CR 32.

Après avoir visionné les vidéos qui offrent différents angles, d’autres adhérents de la CR expriment leur indignation. Pour James, éleveur dans le Loir-et-Cher, l’agriculteur n’avait pas à être mis en joue par des armes létales. Contacté par téléphone par BV, il détaille la scène : « Au vu du petit tas de fumier qui était à son arrière, l’agriculteur a obtempéré à l’injonction de cesser l’épandage. Nul besoin de sortir une arme pour arrêter l’ensemble, qui était déjà nécessairement à l’arrêt lors de l’épandage. »

Pour la Coordination rurale, l'agriculteur a voulu repositionner son tracteur sur la route « afin de laisser le passage à un véhicule de secours ». C'est à ce moment-là, vers 22h, que celui-ci s'est retrouvé « mis en joue par trois policiers armés de 9 mm ».

Le syndicat classé à droite annonce avoir saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ainsi que le procureur de la République. Mais ce 30 décembre, le ministre de l'Intérieur annonce avoir écarté la saisie de l'IGPN.

 

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Jean Bexon
Journaliste

Vos commentaires

89 commentaires

  1. Faibles avec les forts, forts avec les faibles !
    Ces « policiers ! » ont tout simplement participé au délitement de la France.
    Honte à eux.

  2. ….Et puis à Auch c’est la gauche qui tient la ville ,vous savez ceux qui aiment tellement les pauvres qu’ils ont peur d’en manquer ,alors ils font tout pour en fabriquer et c’est vrai que chez les paysans « y-a » du potentiel

  3. 3 cow boys aux ordres de nunez, qui ce soir de réveillon, n’oseront pas sortir ces armes face aux casseurs qui ne vont pas manquer de piller, face à ceux qui refuseront d’obtempérer, ainsi va la Farnce la police devient milice gouvernementale…

  4. Intéressez-vous à l’actualité en Grande-Bretagne et vous comprendrez le rôle des FDO et ce qu’il faut en attendre.

  5. Je n’ose imaginer la réaction des agriculteurs et des français si ce « policier » avait tiré
    Une révolte aurait certainement démarré
    De toute façon je crois que les français sont prêts, il manque juste le déclencheur

  6. C’est drôle ça : l’extrême gauche ne s’indigne pas de l’attitude du policier ? Ah oui, le paysan est français de souche sans doute

  7. Bizarre, les policiers ne braquent pas leurs armes sur des vandales qui cassent les vitrines lors de manifestations, ni contre les racailles qui les pourchassent, ni contre les narco-trafiquants, pas de blindés non plus ……

  8. Les flics de gauche , anti France traditionnelle , sont plus nombreux qu’on le croit , hélas , il faut que le camp patriote et traditionaliste prenne conscience de cette réalité dérangeante . J’en ai rencontré un nombre significatif au cours de mes activités politiques militantes au sein du RN puis de Reconquête . C’est une réalité

    • Les flics de gauche … et les francs-maçons dont font partie la quasi-totalité des membres du corps de conception et de direction de la PN ainsi qu’une bonne partie du corps de commandement, condition sine qua non à une carrière « fluide » qui dépend d’ailleurs principalement d’un Préfet le plus souvent « frère de loge » ! Ceci expliquant cela !
      Ces gens ne sont donc pas là, et ne l’ont jamais été, pour défendre des intérêts vitaux de la Nation, donc de la Patrie, mais pour défendre ceux de la République … ce qui est très sensiblement différent !
      D’ailleurs, et par exemple pour les corps en uniforme, on parle bien d’Armée Française mais de Police Républicaine !
      Une des premières réformes qu’il faudra faire des FSI, c’est, à l’image de ce qui se passe aux États-Unis, de faire prêter un serment opposable judiciairement imposant à ses membres de défendre la Nation aussi bien de ses ennemis de l’extérieur que de ceux de l’intérieur ! À partir de cet instant, les choses pourront s’éclaircir !

  9. Ils sont très forts avec les agriculteurs mais très faibles avec les islomogauchiste racailles blacks blocks c’est bien fait pour eux lorsque ces derniers les tabassent cela me rappelle ce qui s’est passé pendant la guerre comme d’ habitude mon commentaire disparaîtra

  10. Beaucoup de commentaires anti-flics assez débiles montrent que le piège fonctionne: l’exécutif parvient facilement à diviser, y compris chez les lecteurs de BV! Triste… Tout ça pour protéger un canard comme la Dépêche du midi qui ne le mérite vraiment pas! Quant au corps préfectoral je garde mon opinion pour moi afin d’éviter d’être « modéré »

    • Ce n’est pas l’ensemble de la police qui est visé et je crois que la grande majorité de leurs collègues désapprouvent cette action. On est quand même sur du surchoix style « police academy ».
      On assiste simplement à l’effet macron qui, souvenez-vous, faisait que les soignants se tapaient dessus pendant le covid. Vaccinés et non vaccinés.

    • Je ne souhaite en aucune façon leur mort comme le font les gauchistes et ouvertement, mais ils n’auront plus aucune compassion de ma part
      Rappelez vous l’époque du confinement où là aussi ils furent plus que zélés, et toujours contre nous, bien gentils, bien solvables

  11. Dans une autre affaire, les juges leur ont pourtant dit qu’il fallait viser le capot et non la personne. Nuñez n’a pas passé le message.
    Viser à deux mètres les pneus d’un tracteur à l’arrêt semble aussi assez compliqué … Ils pourraient les rater et ensuite se faire semer. Se faire semer par un agriculteur …

  12. En espérant échapper à la censure du modérateur, je vous dit : Perso, je pense que les flics sont tous pareils ! Ils obéissent, car il en va de leur gamelle et de la crainte de leur hiérarchie qui fait carrière, un point c’est tout. Et puis, un petit coup de projo, ça fait du bien à l’avancement, non ? Je vous dis, paysans, (mon père était des vôtres), n’accordez aucune confiance à ces gens-là. Ils vous taperons dessus, amènerons leurs monstres de ferraille et leurs lacrymo comme ils ont déjà fait. Une seule issue : sortir de cette ue (sans majuscules) pour en finir avec la ruine de notre agriculture. Il n’y a pas d’autre alternative que de retrouver notre souveraineté. Le reste est littérature.

  13. Pauvre France, c’est affligeant, désespérant ou tout ce que vous voulez ! Certainement sur ORDRE de Foutriquet Ier, nos Forces de l’Ordre déploient toutes leurs forces sur un seul homme qui représente le mouvement agricole qui lutte très justement pour sauver la profession qui nourrit le peuple français depuis des millénaires alors qu’elles ne sont même pas capables de neutraliser ou chasser l’ennemi qui mine notre pays depuis des décennies.

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