[MUNICIPALES] À Marseille, les divisions de la droite profitent à Benoît Payan
À l'heure où nous écrivons, le deuxième tour des élections municipales est en train de livrer son verdict à Marseille. Tous les bureaux ne sont pas dépouillés, mais les premières estimations donnent Benoît Payan suffisamment devant (54,7 %) pour que le doute ne soit plus permis quant à sa réélection.
L’édile, qui avait profité de la démission de Michèle Rubirola pour s’installer dans le fauteuil du maire en 2020, était cette fois la tête de liste de son camp, le Printemps marseillais, une union des gauches locales. Par ce tour de passe-passe, la mairie a quitté les mains des écologistes pour revenir aux socialistes, alors que l’ombre de Jean-Noël Guérini planait encore sur la ville. Après s’être imposé une première fois en louvoyant, il l’a fait une seconde fois, ce dimanche 22 mars, dans les urnes.
Allisio sauve l'honneur
Un triomphe qu’il n’aura pas modeste, comme à son habitude, alors qu’il le doit peut-être plus à ses concurrents qu’à lui-même. À Franck Allisio, en premier lieu, car son parti n’a pas encore réussi à faire rompre toutes les digues du front anti-Rassemblement national. Même si le score du candidat RN est très honorable et historiquement haut (40,1 %), force est de constater qu’à Marseille, une partie des électeurs a encore des réticences à voter pour une personne qui se présente sous cette bannière. Certains, même, avouent ne pas comprendre pourquoi le camp patriote fédère autant : « Franchement, pour moi, c’est un mystère. Comment, à Marseille, on peut voter RN ? », s’interroge, auprès de BV, une habitante du VIIe arrondissement. Pourtant, il n’a manqué que quelques points à Franck Allisio pour gagner, quelques bulletins « utiles » qui sont allés dans l'escarcelle de Benoît Payan, mais aussi quelques voix inutiles prises par Martine Vassal.
La candidate de la droite et du centre a obtenu 5,2 % des suffrages, selon les premières estimations, ce dimanche 22 mars. Celle qui avait terminé à 12,41 % au premier tour n’avait aucune chance de l’emporter, ce dimanche. Elle a pourtant décidé de se maintenir, en espérant garder son siège de présidente, lors des élections métropolitaines qui suivront. Ce calcul personnel a fait le bonheur du maire sortant. Après son résultat désastreux, Martine Vassal a annoncé, tard dans la soirée, qu'elle ne briguerait pas une réélection à la Métropole Aix-Marseille-Provence. C'était bien la peine... En tout cas, la configuration de la triangulaire avec deux candidats de droite était de loin la meilleure pour le socialiste Benoît Payan, notamment après le retrait de Sébastien Delogu.
Martine Vassal contre son camp
Martine Vassal, ancien membre des Républicains, a ainsi anéanti toutes les chances de Franck Allisio, ancien membre des Républicains, de l’emporter. Un de ses colistiers confie à BV : « Elle a eu raison. » Tous les électeurs de sa candidate au premier tour ne pensent pas comme lui. Sa présence au second tour agace une partie de son électorat. Un habitant du XIIe arrondissement, rencontré devant un bureau de vote, raconte : « Au premier tour, pour la mairie de secteur, j’avais voté pour le candidat de Martine Vassal. Maintenant, je n’espère qu’une chose, c’est qu’ils perdent tout. » Sans forcément adhérer totalement au programme proposé par le Rassemblement national, beaucoup de Marseillais voyaient dans cette élection « l’occasion de se débarrasser » du maire sortant, qui « n’a rien apporté à Marseille ».
Dans cette ville où le football est tout, Martine Vassal est vue comme un joueur qui aurait marqué contre son camp et donné l’avantage à l’édile sortant, pourtant loin d’être ultra-dominateur dans ce match politique. Le score n’est pas fleuve, mais le résultat est là. La victoire revient à Benoît Payan. Les Phocéens en reprennent pour sept ans, un mandat classique avec prolongation, du fait de la présidentielle de 2033.
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51 commentaires
Une démonstration de plus que nous avons toujours la droite la plus bête du monde.