[STRICTEMENT PERSONNEL] Un prix Nobel de la guerre… Et pourquoi pas ?
Alfred Nobel, comme chacun sait, excepté ceux qui l’ignorent, est cet ingénieur, chercheur et industriel suédois qui, fortune faite - et très largement faite -, grâce à l’invention, à la fabrication et à la vente de la dynamite, puis à la création et à la direction de l’usine de canons Bofors, se repentit sur le tard en se muant de marchand de mort en mécène philanthrope. À ce titre, il fonda et dota richement les prix qui portent son nom et qui sont aujourd’hui la plus prestigieuse et la mieux rémunérée des récompenses et des consécrations existantes, qu’il s’agisse de médecine, de physique, de chimie ou de littérature. À cette panoplie déjà fournie est venu s’ajouter ce fameux prix Nobel de la paix, qui ne couronne pas seulement des combattants de l’humanitaire et de la liberté, mais fait rêver jusqu’à des chefs d’État, mais dont on doit constater que son succès médiatique n’a en rien changé un monde plus que jamais régi par la force et la violence. Au point qu’il serait plus conforme à la réalité des perspectives inquiétantes, pour ne pas dire affolantes, qui se dessinent au seuil de l’an nouveau, de fonder un prix Nobel de la guerre. Les candidats à la nomination, dignes en effet d’en être les funestes lauréats, aux mains dégoûtantes de sang et de deuil, ne manqueraient pas.
À tout saigneur, tout honneur...
Au premier rang d’entre eux – à tout saigneur tout honneur – figure évidemment Vladimir Vladimirovitch Poutine, tsar de presque toutes les Russies. Depuis 2014 et derechef depuis ce mois de février 2022, début d’une guerre fratricide, à la veille d’entrer dans sa cinquième année, ce n’est pas par les urnes mais par les armes, ce n’est ni par la négociation ni par la persuasion mais par la force que le maître du Kremlin a entrepris de restaurer et de resserrer les liens séculaires, historiques, géographiques, économiques, linguistiques, génétiques et politiques qui ont si longtemps caractérisé la relation entre Kiev et Moscou. Lourde erreur. Si l’Ukraine résiste comme elle le fait, si l’armée russe s’embourbe depuis plus de quatre ans dans la terre grasse et noire des champs de bataille, c’est que Poutine et sa Russie sont empêtrés dans une contradiction insoluble. Alors même qu’il entamait une mue difficile vers l’indépendance et la liberté, le peuple ukrainien ne pouvait que rejeter le retour de la sujétion et de la dictature. Il aurait peut-être accepté la réunification avec une Russie démocratique, mais une Russie démocratique aurait suivi d’autres voies que celle de l’invasion pour atteindre ce but.
Un autre candidat au prix Nobel de la guerre pourrait être le très peu honorable mais très honoré Xi Jinping. À peine, sous la férule de l’inamovible chef de ce Parti communisto-capitaliste qui gouverne d’une main de fer plus d’un milliard de sujets, la Chine, définitivement sortie de la vassalité et de l’arriération, venait-elle d’accéder au rang de deuxième puissance industrielle, commerciale et militaire de la planète, son seigneur et maître lui assignait pour but proche la conquête de Taïwan et la soumission de ses vingt-trois millions d’habitants, aussi résolus que les Ukrainiens à défendre leur île, leur dignité, leur souveraineté, leur démocratie. Compte tenu du rapport des forces entre Pékin et Taipei, le dictateur chinois se déclare prêt à aller au conflit, au risque d’un affrontement sanglant avec la première puissance du monde, garante de l’indépendance de l’ancienne Formose, au risque d’une guerre totale, comme disait feu Joseph Goebbels, mais avec des armes autrement dangereuses que les malheureux V1 et V2 dont disposait feu Adolf Hitler.
Un troisième larron...
Imprévisible, un troisième tyran a surgi depuis quelques années, dont on peut tout attendre, à commencer (et à finir) par le pire. Héritier de la première dynastie militaro-marxiste de l’Histoire, l’amusant et sinistre Kim Jong-un, maître absolu d’un pays réduit en esclavage sous trois générations de Kim, dispose aujourd’hui non seulement de l’arme nucléaire, mais des vecteurs capables de la livrer à domicile en tous points de la planète.
Plus près de nous, l’héroïque et folle Pologne, comme tout au long de son Histoire, comme en 1793, comme en 1830, comme en 1867, comme en 1939, est prête, forte de son armée - la première d’Europe, nous assure-t-elle -, à affronter une fois de plus, avec probablement la même issue que précédemment, l’ours moscovite.
Sur les bords de la Méditerranée, Benyamin Netanyahou, s’autorisant de l’agression du 7 octobre 2023 pour plaider en toute circonstance la légitime défense, a une fois pour toutes choisi la fuite en avant dans la guerre pour échapper à la justice de son pays.
Deux outsiders ont dernièrement et soudainement surgi sur le terrain de la course aux armements. Vaincus de la dernière guerre mondiale, l’Allemagne et le Japon avaient depuis 1945 éliminé de leurs programmes, la première politiquement, le second constitutionnellement, tout recours aux armes. Le nouveau Premier ministre japonais, le nouveau chancelier allemand ont fait savoir, respectivement, que l’archipel nippon se tiendrait aux côtés des États-Unis en cas d’agression chinoise et que notre voisin d’outre-Rhin disposerait, avant la fin de la décennie, de l’armée la plus crédible du Vieux Continent. Le Japon et l’Allemagne sont deux pays que l’Histoire nous a appris à prendre au sérieux, et même au tragique…
Quant à la France, notre pays...
Le rodomont qui siège, impuissant, oublié, à l’Élysée, pour encore dix-sept longs mois ne manque pas une occasion d’offrir à nos voisins, qui n’en veulent pas, un petit coin de parapluie nucléaire tricolore, de sonner la charge, d’appeler aux armes et de compter sur l’effet drapeau pour rassembler derrière sa personne le peuple qui l’a rejeté. Va-t-en-guerre en paroles et fort des crédits militaires arrachés au Parlement du pays dont il est nominalement le dirigeant, Emmanuel Macron fait de son mieux pour propager l’incendie à tout le Vieux Continent… Mais qui écoute encore Emmanuel Macron ?
Il n’est pas jusqu’au président Trump, candidat déclaré au prix Nobel de la paix, qui ne soit capable, sur une foucade, sur un coup de colère, d’ordonner une attaque brutale contre le Venezuela, de déclencher une frappe fulgurante sur l’Iran ou de menacer Pékin d’une impitoyable réponse à toute agression.
Alors, à quand et à qui, le prix Nobel de la guerre ? Sans vouloir être un prophète de mauvais augure, force est de constater que la concurrence entre les pyromanes est d’ores et déjà féroce, tant les nombreux cavaliers de l’Apocalypse semblent impatients de mettre le feu aux poudres !
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25 commentaires
J’apprécie la pertinence du commentaire ci dessous de ‘CAVOK’ à 11h33 .
Bonne journée
M. Jamet écrit : « Benjamin Nétanyahou, s’autorisant de l’agression du 7 octobre 2023 pour plaider en toute circonstance la légitime défense… ». Cela signifie-t’il qu’Israël n’aurait pas dû réagir à l’horrible massacre perpétré par le Hamas ? Que serait devenu aujourd’hui ce petit pays menacé de toutes parts si il avait suivi les conseils de M. Jamet ?
Il aurait mieux valu sans doute organiser des centaines de marches blanches, avec nounours et chandelles…
Cher monsieur Jamet, on ne peut pas être parfait en tout. Concernant le conflit ukrainien vous n’auriez pas succombé au bourrage de crânes des va-en-guerre à la manœuvre si vous aviez analysé la question dans ses racines historiques et ses dérives contemporaines.
M. Jamet regarde le doigt au lieu de regarder la lune…. il généralise et adopte le discours officiel. Il y a ceux qui déclarent la guerre et ceux qui souvent ont tout fait pour que cela arrive et que cela continue…..
Sauf votre respect il y a autant de types de guerre que d’individus prêts à la faire .Nous venons d’assister à une guerre éclair contre les narcos alors que nous assistons en même temps à une guerre d’usure sur notre continent en perdition tandis que la guerre des nerfs continue en mer de chine comme chez nous d’ailleurs .Qui mériterait le prix sachant qu’aucun des dirigeants concernés n’a définitivement conclu.
Indiscutablement, il est toujours intéressant de lire Monsieur Jamet. A défaut d’être toujours ou partiellement d’accord avec lui, on apprend des choses. Comme chacun sait, l’ignorance n’est pas seulement subjective mais elle est une réalité qui nous amène à beaucoup d’écueils. Ainsi donc dans son article, Monsieur Jamet, ouvre plusieurs portes au sujet qu’il traite. Et arriver à y mettre autant de vues, porte fatalement à ne pas pouvoir développer davantage. Et pourtant, sa conclusion est juste (c’est mon avis, rien de plus). Il y a une chasse au Nobel de la guerre, aujourd’hui, comme il y a toujours une chasse au trésor. Mais l’issue ne peut être la même à la toute fin de l’histoire. Le tragique n’est jamais loin. Jamais l’expression « il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne » n’a été autant d’actualité.
Vous le mettez en valeur, même les dirigeants les plus anodins sont emplis de ce besoin de guerroyer.
Il est évident que la sagesse n’est pas de ce monde. La nature humaine porte l’Homme à conquérir, à se mettre en valeur par la force faute d’applications plus honorables mais plus discrètes.
Macron en est le parfait exemple. Il n’a pas su mettre en valeur la France par des innovations remarquables, la soutenir dans des engagements distinctifs. Il se rabat sur la solution à sa portée, guerroyer.
Certains lui attribuent la réussite de la reconstruction de Notre Dame de Paris. Une erreur de jugement, témoignage de la faiblesse culturelle de la France. Car sa seule valeur ajoutée dans cet exploit se résume à la délégation au privé de la conduite des travaux de A à Z . De la recherche du financement à l’exécution en passant par la gestion administrative, tout a été conduit par des personnalités et équipes du privé. L’action de l’Etat s’est résumée aux interventions des architectes du ministère de la culture. Confiée à l’administration, cette reconstruction aurait demandé 15 à 20 ans.
Pour en revenir à votre sujet, les force et sagesse des états s’expriment au travers de la personnalité de leur dirigeant. Personnalité qui ne se révèle qu’en présence de leur connaissance du pouvoir détenu, pouvoir possiblement à exercer. Ce qui peut tromper les peuples.
L’idée est explosive de promouvoir un prix Nobel de la guerre. Un bâton pour faire boum-boum avec bonheur. Au pinacle, dites-vous, Poutine, aux burnes guerrières. Mais il a déjà perdu. En plus de trois ans, l’invincible armée rouge a mordu la poussière, et Poutine a donné malgré lui à l’Ukraine le goût d’elle-même. en second, Xi Jin Ping, or si la Chine est surarmée, sa vocation est surtour commerciale, elle est sans expérience du combat. A preuve, la déculottée que lui a infligée le Vietnam. Et puis, désormais, l’Inde la coiffe démographiquement. En tierce, le petit homme fusée, King Jong Un. Jusque là, Jamet, tout va bien dans le pire des monde. Puis apparaît Benjamin, Nétanyahou du nom. Et Jamet se gratta. Il confondait volontairement le Ier ministre d’Israël avec Emmanuel, président à la bonne franquette qui se laisse humilier à dessein. Jamet ne comprendra jamais qu’Israël n’a pas le choix, c’est chaque fois pour ce pays une guerre existentielle qui lui est constamment déclarée, et, ne disposant pas de profondeur territoriale, doit se défendre. Qui veut davantage la paix qu’Israël ? Qu’on la lui foute et il serait plus heureux qu’un Nobel couronné ! Qui veut rayer Sion d’outre en outre de la carte du monde sinon ceux qui l’entourent ? Restent deux outsiders selon le classement Jamet : le Japon et l’Allemagne dont le Jury qu’il préside se méfie comme de la peste, chaud d’un souvenir encore cuisant. Mais ils ont rejoint solidairement leur vainqueur, ne se sont pas complus, malgré l’horreur de la dévastation subie, dans des récriminations revanchardes comme ces pays qui cultivent leur impuissance d’Etat. Les deux ex-puissances de l’Axe ont rejoint le monde libre. Comment Jamet conclut ? Par un retour éclair de la raison : par Macron va-t-en-guerre, enfant soldat, qui va bientôt rendre l’habit militaire qu’il n’a jamais porté que dans ses velléités d’enfant-roi sacré par lui-même. Courage Président. Encore un an et c’est la quille ! Matamore ? Rodomont ? L’illusion est comique : « Ils ont pris mon courage en défaut./ Cette porte est ouverte, allons gaigner le haut. » Ou le bas ? (Corneille)
Et notre Tartarin du Touquet s’agite de façon ridicule comme à l’ordinaire .
Donnons-lui un fusil et qu’il y aille ! (sans nous).
« …Un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien, on n’aime pas ça mais on ne sait pas quoi faire, c’est le destin… »
Être vitrifié ou vaporisé, drôle de destin !
jean FERRA ! …
Et moi, je propose « le chant des partisans » ! …
C’est pas plutôt Nino Ferrer « Le Sud » ?
Ce ne serait pas plutôt Nino Ferrer ?
Ninon Ferrer..rip
» Le Sud » Nino FERRER
Économie de guerre. Pour, après « la Troisième », fabriquons d’ores et déjà des arcs et des flèches.
S i j’étais Macron je réfléchirais à deux fois et peut être plus avant d’intervenir militairement dans quelques contrées du monde, en effet il ne devrait oublier que sa puissante armée a été défaite par des djiadistes seulement armés de kalachs et perchés sur des mobs , quand il aura au moins 300 000 soldats il pourra bouger un petit doigt, mais ce n’est pas demain la veille : à méditer ! sans oublier que son armée est équipée de fusils allemands ,tiens donc ! même un fusil , on ne sait plus le faire !!!
Il faut un vote pour déclarer la guerre (me semble t’il)
Bravo monsieur Jamet pour cet article si tristement réaliste ! L’avenir n’est vraiment pas rose
quand on voit ces va t’ en guerre en concurrence pour détruire la planète …
Mais, il faut bien fabriquer des armes et les vendre pour faire marcher l’économie !
LOL ! …
La fabrication des armes est à LA PAIX ce que sont les éoliennes à L’ECOLOGIE : Une arnaque envers les populations et en même temps « une vaste machination à faire du fric » pour les crapules ! …
Il faut éliminer une partie de la population de notre planète et asservir ceux qui restent, tout en se remplissant les poches.
surtout quand il n’y aura plus personne pour les acheter !