Le Parisien glorifie les « pères solos » et signe l’effacement de la mère

L’ultime défaite des femmes sous couvert de… féminisme.

Si l’on écoute la doxa féministe, la maternité aliène et enferme les femmes, les empêche de s’épanouir, de mener une carrière, les réduit à un rôle social imposé par la société patriarcale. En revanche, selon Le Parisien, c’est tout l’inverse si vous êtes un homme ! Le quotidien nous offre un portrait dithyrambique de Marouane, un père modèle qui « tous les matins, qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il soit en forme ou fatigué, […] doit se lever à l’aube pour le premier biberon » : le portrait d’un père courage à faire pâlir d’envie l’héroïne de Bertolt Brecht.

Une maternité si laide, une paternité si belle

Sous prétexte de libération de la femme, les féministes ont crié haro sur la maternité, se sont employées à déconstruire ce qui serait un rôle social imposé aux femmes par la société patriarcale, ont détricoté tout ce qui s’y rapportait : pas d’instinct maternel, regret d’être mère, peur panique insufflée dès le plus jeune âge quant à une maternité solo qui appauvrirait et déclasserait. On ne compte plus les prétextes invoqués pour dissuader les femmes d’enfanter, avec en tête de classement la lutte pour le climat. Pourtant, en lisant le portrait poignant et si émouvant de Marouane, 39 ans, père homosexuel, célibataire et fier de l’être, on a un peu de mal à comprendre ce qui rendrait la maternité si laide et la paternité si belle… Alors, certes, ce monsieur n’a pas besoin de se battre contre un rôle social qui lui aurait été imposé par une société arriérée qui n’aurait comme seul objectif que de le reléguer à la cuisine, mais tout de même, pourquoi cet enfant-là, sous prétexte d’avoir été voulu par un père solo, serait plus écolo et moins aliénant que les autres ?

Il faut bien avouer que si on fait l’impasse sur le mode de conception de ce bébé, le portrait du Parisien est émouvant. Quel parcours du combattant s’est imposé Marouane pour avoir cet enfant : « Marouane aura économisé quatorze ans et attendu de faire une pause dans sa vie de salarié dans la communication pour mener à bien son projet », et puis, « les hommes concernés ne cachent pas que cette vie de parent solo entièrement dévouée à un jeune enfant n’est pas toute rose », les voilà face aux « mêmes discriminations que les mères ». Un homme qui se donne tant de mal pour casser les codes, c’est tout à fait admirable. D’ailleurs, les codes sont tant et si bien cassés qu’à vouloir libérer les femmes de leur prétendus carcans patriarcaux, les voilà tout à fait effacées. Si on lui demande comment va la maman, « Marouane ne se braque pas. Il sourit et répond du tac au tac : "Mon fils a un super papa et c’est moi". » Ce père si bon et généreux n’a en effet pas jugé utile de doter son fils d’une mère. Manifestement, son désir de paternité valait bien la peine de priver son bébé d’amour maternel.

Les mères sont devenues « porteuses »

Le Parisien nous explique bien à quel point Marouane est heureux d’avoir ce petit garçon « qu’il a désiré seul et qu’il élève seul ». Cette façon d’appuyer sur le « seul » interroge un peu : vraiment ? Ce petit garçon a sans doute poussé dans un chou que Marouane a pris soin d’arroser tous les soirs. Non, évidemment ce bébé de quatre mois a été conçu par GPA au Mexique, puisque la GPA est, pour l’instant et même si Le Parisien semble le déplorer, interdite en France, et la romantiser à outrance ne la rendra pas moins cruelle pour la mère porteuse et pour l’enfant qui lui est arraché. Sur X, Olivia Maurel, elle-même née de GPA, n’a pas manqué de réagir : « On attend la photo du moment où ils l’ont porté 9 mois et accouché. Ben non, un virement bancaire et hop ! ils se sont acheté un bébé. De la propagande dans nos médias comme on a l’habitude de voir », s’énerve-t-elle, en ajoutant un #« exploitation des femmes ». On ne peut que s’étonner de ne pas entendre toutes nos féministes s’insurger à grands cris contre ce grand effacement féminin, mais cela n’a rien d’étonnant.

La semaine dernière, en Angleterre, Martine Croxall, une journaliste de la BBC, s’est vue mise en cause pour avoir corrigé la mention « personne enceinte » écrite sur son prompteur par « femme ». La BBC « a précisé que l'expression du visage de Croxall "pouvait être interprétée comme l'expression d'un point de vue particulier dans les controverses actuelles autour de l'identité transgenre" », rapporte le Guardian. Gare à celui ou celle qui ne prête pas allégeance à la doxa woke qui ressemble à s’y méprendre à l’ultime défaite des femmes dans la lutte des sexes. Sous prétexte de lutter contre le patriarcat, les femmes ont concédé leur « privilège exorbitant d'enfanter », qui selon Françoise Héritier serait à l’origine de « la volonté masculine originelle de contrôler le corps des femmes et de réduire celles-ci à leur rôle de génitrice ». Mais autrefois, ces « génitrices » s’appelaient « maman ». Aujourd’hui, elles sont « porteuses ».

Cachez ces mères que nous ne saurions voir, Jean Jacques Goldman va devoir se mettre à la page. En 2025, il lui faut maintenant chanter « Il a fait un bébé tout seul, c'était dans ces années un peu folles où les mamans n'étaient plus à la mode ».

Vos commentaires

32 commentaires

  1. Invitation reçue par le mouvement « familial »
    Rêve ou cauchemar … c’est toujours notre argent
    Grace au soutien de la Délégation Interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, le Planning Familial du Tarn a le plaisir de vous inviter au spectacle :
    A Voix Puissante Collectif NOSE, par Laurent Franchi
    Conférence karaoké autour du parcours d’adoptant. Laurent vous invite, le temps d’une soirée dans son salon pour chanter… et retraverser avec lui toutes les étapes de son parcours visant à obtenir l’agrément en vue d’une adoption. Un chemin émotionnel, semé de joies, de doutes et d’embûches homophobes, mais aussi un parcours intellectuel.

  2. Et dire que beaucoup de français pensent que ce journal est de Droite , parce que son propriétaire est Monsieur Bernard Arnault . Faut-il être naïf ,

  3. Quand les père gauchistes vont ils allaiter leurs enfants ? Hahaha au point où ils en sont à gauche, rien ne me surprend dans leur monde absurde. A eux seuls, ils crachent sur l’histoire de l’humanité et toute la psychologie qui en découle.

  4. Rappelons que le concept de « wokisme » est né de la bouche de Martin Luther King pour désigner aux Etats-Unis la lutte des noirs américains contre toutes les formes de discriminations.
    Ce concept a depuis quelques années été totalement dévoyé par l’extrême droite pour devenir un mot fourre-tout qui désigne tout ce qui ne leur convient pas.
    Une autre époque …

  5. Un parfait exemple d’égoïsme.
    A-t-il demandé son avis au bébé acheté au Mexique.
    Arrêtons de se regarder le nombril, cet enfant part dans la vie avec un sérieux handicap….
    Rendez-vous dans quinze ans quand il passera son temps à rechercher sa maman….

  6. « Mon fils a un super papa et c’est moi » Evidemment, le papa est de fait, estampillé parfait. Un enfant pour lui-même avant tout.
    Cet enfant sera sans doute heureux, pas plus ni moins qu’un autre, mais j’attends de voir ce même petit garçon, plus tard avec les autres et leur maman. Quelle sera son adolescence ?
    Ce monde devenu fou ne pense pas aux conséquences d’un progrès contraire.

  7. Ce monde part en vrille. Pour une partie de cette génération décérébrée, il faut tout déconstruire. Si c’est dans la norme, dans l’ordre de la vie, il faut tout changer. Les psychiatres vont avoir du boulot.

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