Des comptes Instagram et Facebook de Némésis et Femelliste fermés sans raison

Depuis plusieurs semaines, Meta France semble s'acharner sur deux organisations féministes. Sans expliquer pourquoi.
Photo Tracy Le Blanc - Pexels
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Quelle mouche a donc piqué Meta France, filiale du géant américain des réseaux sociaux ? Les féministes de Némésis et de Femelliste sont aujourd’hui dans son viseur.

Némésis déjà visée en 2024

Depuis août 2024, les réseaux français de Facebook et surtout Instagram se sont mués en tueurs en série de comptes patriotes. À partir du 23 août, Occidentis, Une Bonne Droite, Frontières, et Némésis, déjà, découvraient que certains de leurs comptes avaient été supprimés. Des articles de presse et menaces de procès avaient, depuis, conduit Meta France à réactiver la plupart de ces comptes sans plus d’explication, d’ailleurs, qu’ils n’en avaient donné lors de leur fermeture.

Mais ces dernières semaines, alors que l’on pouvait croire l’affaire enterrée, une nouvelle vague de fermeture touchait à nouveau des comptes liés à Némésis. Le 18 octobre dernier, c’est le compte national de l’association qui était fermé sur Instagram, sans avertissement préalable ni motif précis, avant d'être réactivé le 20 au soir.


Le 19, des fermetures ont touché d’autres comptes liés à Némésis. Jointe par BV, Mathilde, l’une des porte-parole du collectif, a apporté plusieurs précisions quant à ces fermetures : « Plusieurs comptes ont été suspendus à partir de la fin de l'été, dont une bonne dizaine, voire une quinzaine de comptes dédiés à nos sections locales. » Meta France ne s’en est pas tenu là, puisque « mis à part celui d'Alice Cordier, les comptes des porte-parole ont aussi été fermés : donc ceux d’Anaïs, Nina, Astrid et le mien. Et nos quatre comptes personnels, qui n’avaient pourtant rien à voir avec Némésis, ont subi le même sort. » Certains comptes ont été rétablis depuis, mais pas tous.

Femelliste aussi dans le viseur

Un autre mouvement féministe, Femelliste, animé par Marguerite Stern et Dora Moutot, a lui aussi subi les foudres « fermistes » de Meta France. Interrogée par BV sur ces fermetures, Dora Moutot nous confirme que « le compte Instagram de la chaîne YouTube Femelliste TV a été suspendu, ainsi que les deux comptes à mon nom sur Facebook et Instagram ». Ces deux derniers ont été rouverts depuis, « après que j’ai fait appel. J’ai pu accéder à nouveau à mon compte Facebook, mais je n’arrive pour l’instant pas à me reconnecter à mon compte Instagram » et, ajoute-t-elle, « sur Facebook, ils m’avaient aussi supprimé la possibilité de faire de la publicité sur le réseau, et cela n’a pas été rétabli ».

Les motifs de suspension interrogent, eux aussi. Sur son compte X, Némésis précise avoir reçu un courriel indiquant que la fermeture du compte Instagram se justifie : le collectif serait un « groupe ou organisation dangereuse ». Dangereuse ? Mais pour qui donc ? Sans doute pas les femmes dont le collectif prend régulièrement la défense. Étonnant motif, au demeurant, puisque, comme l’a rappelé le même tweet, les militantes de Némésis n’ont « jamais été condamnées à quoi que ce soit et nous sommes toujours dans la légalité la plus stricte ». Jamais condamnées en effet, sauf par une certaine presse, qui s’érige en juge à la première occasion. Par ailleurs, pourquoi invoquer un tel motif alors que les autres fermetures de compte de cette organisation et de ses porte-parole prétextaient « des problèmes d'identité », s’étonne aujourd’hui Mathilde. « J'ai dû envoyer ma carte d'identité plusieurs fois, qui a été refusée. »

« Instagram m’a reproché d’avoir "enfreint les règles de la communauté", sans me préciser quelles règles j’aurais enfreintes ni comment », précise, de son côté, Dora Moutot. Sur son compte X, elle a publié une copie d'écran du message de suppression du compte Instagram de Femelliste, qui donne la raison suivante : « Votre compte est peut-être associé à un autre compte qui a enfreint nos règles. »

Aucune explication claire

Faute d’explications claires et précises de la part de Meta France, Alice Cordier fait remarquer qu’ont été fermés des « comptes dont le point commun est de dire que les femmes à pénis ne sont pas des femmes ». Référence à un combat féministe, commun pour le coup à Némésis et Femelliste, contre la propagande LGBTQ+ visant à assimiler les transgenres à des femmes. « Est-ce la communauté LGBT qui gère Meta ? », se demande donc Alice Cordier, qui considère que « ce qu’il se passe est extrêmement préoccupant ».


En mars 2023, déjà, Dora Moutot tirait la sonnette d’alarme, sur X, rappelant, photos de graffitis à l’appui, que « les femmes qui pensent qu'être une femme est une réalité biologique (les "TERFs") sont menacées de mort partout dans les rues de Paris ».


Aujourd’hui, Dora Moutot rappelle que ces fermetures ne portent pas seulement préjudice à un combat féministe, mais aussi à ses propres revenus, puisque sa visibilité sur les réseaux sociaux lui permet de vivre en vendant ses livres. « Tout ça commence un peu à être désespérant », nous confie-t-elle. « Je commence un peu à saturer, à force de me battre sur tous les fronts à longueur de journée ».

Peut-être est-il donc temps que Meta France s’explique, de son plein gré ou contraint par des articles de presse et des soutiens publics de personnalités. De leur côté, Mathilde et Dora nous confirment toutes deux que si ces vagues de fermetures intempestives ne cessent pas très vite et définitivement, des plaintes seront déposées contre Meta France.

Vos commentaires

10 commentaires

  1. Ils sont tellement malins qu’ils s’imaginent qu’en mettant un couvercle sur la marmite, ça va l’empêcher de bouillir. Au contraire, ce ne fait qu’accélérer le mouvement. La preuve : LFI fait aujourd’hui plus peur que le RN. Personnellement, je ne suis ni sur Facebook, ni sur Instagram, ça ne m’empêche pas de vivre et il existe d’autres réseaux d’informations… La lecture des journaux étrangers est édifiante…

  2. Il est bon qu’il existe des organismes autoritaires comme celui là prêt a stopper toutes dérives de qui que ce soit de mal intentionné, il y en a, sauf que eux même comme c’est le cas ici certains sont plus dangereux que les mal intentionnés eux même.

  3. La censure tous azimut qui se développe actuellement à l’égard de ceux qui ne sont pas dans la lignée de la « bien pensance » devient obsessionnelle et gravissime.
    Les portes d’un ministère de la Vérité sont en train de s’ouvrir avec l’appui de « wonder-la-hyène » !
    Bientôt l’éducation nationale mettra Orwell dans ses programmes…

  4. Même l’émission « les douze coups de midi » c’est accaparé la thématique en posant une question sur l’inclusivité d’un personnage vidéo. Réponse au choix : Parce qu’il est handicapé, ou transgenre. La bonne réponse étant, évidement, la seconde. Ça donne une idée du pouvoir de nuisance du lobby.

  5. Le principe d’une dictature est de s’attaquer à toute liberté d’expression par la contrainte et les interdits et si cela ne suffit pas par la force et en dernier recours la violence pure. Les dictatures communistes nous le rappellent.

  6. Si on n’a pas encore compris ce qui se passe aujourd’hui avec la bien-pensance, c’est qu’on est toujours bien naïfs. Il est clair que la chanson doit être vocalisée en parfaite harmonie avec l’orchestre gauchiste. La liberté d’expression n’existe que pour elle, la gauche. C’est un fait. Le totalitarisme est en marche. A nous de ne pas se laisser faire en boycottant tout ce qui peut l’être.

    • ou sur aucun réseau ?
      j’ai réglé le « problème » depuis de nombreuses années…..aucun réseau… je bannis
      …et je m’en passe très bien

Commentaires fermés.

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