Querelle de messe en latin : les curieuses priorités de l’évêché de Valence
C’est par un simple communiqué posté sur le réseau social Facebook, le 15 mai dernier, signé de leur évêque Mgr François Durand, que les paroissiens de l’église Saint-Émilien (paroisse Notre-Dame) dans le diocèse de Valence ont eu la désagréable surprise d’apprendre que leur curé, l'abbé Stemler, prêtre de la Fraternité Saint-Pierre, était prié de quitter son ministère à compter du 1er septembre. « Dans le cadre de la réorganisation de la paroisse, la messe vetus ordo (forme ancienne, en latin) sera célébrée à l'église Notre-Dame de Valence par des prêtres du diocèse [...] Nous remercions la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre et l'abbé Bruno Stemler d'avoir assuré ce service pendant des années », ont pris soin de préciser les autorités.
Ainsi, ce dimanche 31 août, les fidèles de la paroisse Notre-Dame ont assisté, la mort dans l'âme et avec beaucoup d'inquiétudes quant à leur avenir, à la dernière messe de leur pasteur. Un coup dur, pour ces chrétiens attachés au rite traditionnel de la messe et des sacrements qui ont tout tenté - supplications, protestations pacifiques, veilles de nuit pendant deux mois d'été et chapelets récités - pour éviter l'expulsion.

« Nous nous sommes heurtés à un mur »
« Depuis cette annonce brutale du mois de mai, explique Anthony Delphin, un paroissien joint par BV, nous avons, en vain, et à maintes reprises, tenté d'établir un contact avec l'évêché qui n'a reçu qu'une seule fois une petite délégation de notre communauté, avant l’été, pour confirmer son choix, sans vouloir entendre quelque argument que ce soit et mettant fin à tout débat. Depuis, nous n'avons eu aucun contact, aucune réponse à nos courriers, à nos mails et à nos appels. » Toute tentative de dialogue étant restée lettre morte, la petite communauté de fidèles « vraiment unie et soudée, au sein de laquelle les fidèles se connaissent tous, où l'abbé connaît chacun d'entre eux », s'est organisée pour ne pas baisser les bras. Forte de plus de 200 paroissiens (et de 80 enfants inscrits au catéchisme), la paroisse s'est agrandie, au fil des 14 années d'installation de la Fraternité Saint-Pierre dans le diocèse.
Durant les deux mois d'été, espérant infléchir la décision, les fidèles se sont relayés chaque nuit dans l'église pour veiller et prier, installant un stand sur le parking à l'extérieur pour dialoguer, expliquer et offrir un verre de l'amitié à tous. À la mi-août, la situation s'envenime lorsque les paroissiens décident d'aller prier le chapelet à la cathédrale Saint-Apollinaire de Valence : « Par deux fois, nous avons été dérangés assez violemment dans nos prières par le gardien qui ne faisait qu’obéir aux ordres du curé de la paroisse, nous demandant de quitter les lieux sur le champ. La troisième fois, l'édifice nous a été interdit. Nous avons en effet découvert une affiche à l’entrée stipulant que les fidèles de Notre-Dame, spécifiquement, étaient interdits de cathédrale. » Un nouvelle étape est franchie le lendemain, lorsque sur sa page Facebook le diocèse de Valence et la paroisse Saint-Émilien enfoncent le clou « en publiant un post nous accusant d’avoir perturbé la sécurité, d’avoir porté atteinte à l’intégrité du gardien. Tout ceci est complètement faux et nous pouvons le prouver sans problème », s'insurge Anthony Delphin.

image A Delphin
Un esprit de dialogue à sens... unique ?
Dans un tel contexte, l'obstination du diocèse à vouloir ainsi se débarrasser d'une poignée de fidèles attachés à leur rite traditionnel interroge. Si, de son côté, les autorités (que BV a tenté de joindre sans succès) expliquent vouloir « œuvrer dans le sens de l'unité de la paroisse » et excipent d'une violation de la convention signée avec les autorités par la Fraternité Saint-Pierre, Anthony Delphin estime pour sa part cette décision « totalement incompréhensible, injustifiée et injuste ». Indéniablement, le positionnement de l'évêque dans cette affaire est étrange. Car Mgr Durand sait par ailleurs faire preuve d'un grand esprit d'ouverture et de dialogue. Lorsqu'il est interrogé par La Lozère Nouvelle au sujet de ses relations avec les groupes musulmans, il déclare que « le dialogue existe et ce n’est pas une utopie. Pour un catholique, le dialogue n’est pas une option, ça fait partie de notre manière de vivre la foi. » Et il rassure : « Les catholiques et les paroissiens sont au contraire mobilisés pour être acteurs de paix et de travail ensemble. » Le tout au sein d'un diocèse bien appliqué à sensibiliser ses ouailles aux malheurs d'autrui, et en particulier des migrants (voir les soirées à thème organisées pendant le Carême).
Quoi qu'il en soit, par souci d'obéissance, l'abbé Stemler - et, avec lui, la Fraternité Saint-Pierre qui, après Quimper, Grenoble et Dijon, se trouve une nouvelle fois chassée d'un diocèse - a donc plié bagages, abandonnant des fidèles peu rassurés par les promesse de nomination de trois ou quatre prêtres diocésains pour continuer à célébrer les messes traditionnelles. « Ce ne sera jamais le même prêtre et il n'y aura plus de messe en semaine, plus aucun sacrement et le catéchisme sera dispensé par des curés de la paroisse, nous allons perdre notre nourriture spirituelle », déplore Anthony Delphin. Pourquoi donc un tel acharnement à détruire parmi les œuvres tant spirituelles et temporelles celles qui justement portent des fruits ?

image A Delphin
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52 commentaires
Par son ouverture vers le monde contemporain, le Pape François nous avait montré la voie.
Nous espérons que le Pape Léon XIV suivra son chemin.
Nous ne voulons pas dans notre église catholique d’un retour des traditionalistes, intégristes et d’extrême droite.
Pauvre évêque qui scie consciencieusement la branche sur laquelle il est assis… Hé, monseigneur, tu es au courant que Francois, ton Pape gaucho qui a vidé les église des vrais croyants est mort ? Tu es là pour rassembler tes brebis, pas pour les diviser. Tu penses vraiment que le Grand Barbu (si tu y crois) va te féliciter quand ton heure sera venu de lui rendre des comptes ?
Je me permets de vous rappeler que c’est le pape François, saint destructeur de l’Eglise, qui a interdit les messes en latin. Espérons que notre nouveau pape rétablisse vite le courant.
Cet évêque ne va-t-il pas à l’encontre de la pensée de Leon XIV ? Je trouve profondément regrettable que cet évêque alimente une scission dont l’église n’a pas besoin.
Je doute vraiment qu’il soit capable d’apporter une réponse intelligente à ce commentaire.
Pas chiche ?
La Fraternité Saint Pierre se distingue par la qualité des offices, la célébration en latin, la fidélité à l’Evangile. L’Eglise semble n’en faire aucun cas. Et quand je lis qu’elle porte grand intérêt à l’entente avec les musulmans, je frémis.
Oui, c’st vraiment le monde à l’envers. Cherchez l’erreur. Quelle tolérance !
Les catho gauchos on encore le dernier mot, c’est répugnant
Apparemment il s’agit d’une sanction ‘ad hominem’ dirigée spécifiquement contre le prêtre actuellement en charge de la paroisse, puisque le communiqué du diocèse indique : « la Messe vetus ordo » (selon le rite ancien, – donc en latin – ! sera célébrée par des prêtres du diocèse » (sic) CURIEUSE QUERELLE en vérité… (?)
la chrétienté est en chute, l’évêque préfère s’attendrir sur le sort de smigrants que de ses fidèles, tout est dit.