Bayrou : le boomer qui parle mal aux boomers

Jusqu'à récemment, les « boomers » constituaient le socle électoral principal de la Macronie...
Capture d'écran
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Les dés sont jetés, ou presque. Ce jeudi 28 août, le décret convoquant le Parlement en session extraordinaire le 8 septembre a été publié au Journal officiel de la République française. L’ordre du jour tient en un seul point : « une déclaration de politique générale ». Compte tenu du rapport de force, il est plus que probable que François Bayrou chutera sur cette déclaration de politique générale. Pierre Mendès France, que Bayrou cite volontiers en exemple, tint huit mois et cinq jours à Matignon, entre juin 1954 et février 1955. Si le Béarnais tombe la semaine prochaine, il aura au moins eu la consolation d’avoir tenu deux semaines de plus que Mendès !

Suicide, coup politique ou de poker ?

On se perd en conjectures quant aux motivations qui ont conduit Bayrou à cette décision. Quoi qu’il en soit, ce dernier résume en gros la situation chaotique qu’il a lui-même créée : « Moi ou le chaos », avec en question centrale la dette publique qu’il faut absolument, évidemment et urgemment réduire. Mais Bayrou a d’emblée faussé les données du problème : la résolution de la question de la dette ne passerait que par le maintien de son gouvernement ! Ce qui reste à démontrer. Du reste, lorsqu’on voit la pauvre Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, nous expliquer qu’elle a trouvé tout un tas de niches fiscales, comme on trouve des bouts de chandelle au fond d’un placard, une fois qu’on vous a coupé le courant car vous ne payez plus les factures, alors que rien n’est dit sur les économies plus systémiques qu’on pourrait envisager de faire, par exemple sur tout ce qui touche à l’immigration ou à l’Union européenne, on ne peut être que consterné.

Consternant !

Consterné, aussi, par les propos de François Bayrou, qui essaye désespérément de jongler avec la grenade qu’il a lui-même dégoupillée. Ainsi, mercredi soir, chez Gilles Bouleau, en fin d’interview, il balance : « Si on crée le chaos, qui vont être les victimes ? Les premières, ce seront les plus jeunes des Français qui devront payer la dette pendant toute leur vie et on a réussi à leur faire croire qu’il fallait encore l’augmenter… » Mais le chaos n’est-il pas déjà là depuis la dissolution de 2024 ?

Si l'on peut effectivement s’accorder sur le fait que la dette actuelle (une dette principalement de fonctionnement et non d’investissement) pèsera sur les générations futures, faut-il pour autant s’en prendre aux générations désormais retraitées, comme l’a fait Bayrou à la fin de cette interview : « Tout ça pour le confort de certains partis politiques et pour le confort des boomers [...] qui, de ce point de vue-là, considèrent que tout va bien. » Bayrou, boomer en chef de la classe politique française, semble oublier que beaucoup de ces « boomers », entrés dans la vie active dans les années 1960-1970, ne se sont pas croisé les bras en regardant passer le train de la croissance d’une époque désormais révolue, qu’ils ont même largement contribué à cette croissance, que, les crises venues (pétrolière, industrielle), ils furent les premiers à prendre de plein fouet, malgré eux, le chômage de masse, qu’ils furent de cette génération qui vit passer la CSG de 1,1 % à 8,3 %, maintenant qu’ils sont retraités, de cette génération qui, aujourd’hui, bien souvent, doit aider tout à la fois celle d’avant (EHPAD) et celle d’après (garde des petits-enfants, financement de leurs études, par exemple). Consternant, donc, ces propos, d’autant que les « boomers » ont constitué jusqu’à ce jour le socle électoral de la Macronie !

Ce jeudi 28 août, à l’occasion des universités d’été du MEDEF, François Bayrou a tenté de rattraper le coup en faisant celui – classique – de ses propos qui, selon lui, auraient été « déformés ». Les gens sont méchants ou bêtes. On lit et relit ces propos et l’on en tire la conclusion suivante : soit nous ne savons pas lire, soit François Bayrou nous prend pour des imbéciles. Autre hypothèse : Bayrou a besoin de vacances, de très grandes vacances. Il paraît que l'arrière-saison, à Pau, est délicieuse.

OK Boomer ?

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

281 commentaires

  1. Etant moi-même boomer, je n’ai jamais été macronien, de même pour ceux qui m’entourent. Je pense plutôt que les macroniens sont les « invertis » (LGB…genre Attal, qui n’est pas boomer) et les mondialistes (ce sont rarement les boomers). Sans compter les intermédiaires qui s’occupent des votes par procuration ou par correspondance. Quand supprimera-t-on ces 2 systèmes pervers parce que facilitant la triche ?

  2. Comme son Chef il tente de nous convaincre de le suivre avec la formule  » SANS MOI =LE CHAOS »
    mais le chaos et la ruine on l’a déjà
    très mauvaise stratégie d’agresser ceux qui élu et installé la Macronie en 2017

  3. Bayrou nous prends pour des imbéciles ? Ce n’est malheureusement pas nouveau , lui qui est entré en politique au côté de Jean Lecanuet en 1982, 43 ans que ce triste sire se gave sur le dos de la population, émarge à 16038 € brut par mois, nous explique que ce sont les boomers qui sont au coeur du problèmes et qu’il va leur falloir faire des efforts, ça n’est pas la honte qui l’étouffe.

  4. Pourquoi ne se contente t il pas de revenus égaux à une retraite de cadres sup et ne renonce t il à tout le reste , idem pour tous les autres dont un certain François qui n’ayant jamais rien fait de bénéfique pour le pays ose afficher des revenus 5 fois supérieurs à un cadre sup retraité ? Hé la génération Z vous acceptez cela ?

  5. Dans le chapitre Bayrou(desecours) j’ai lu sur un autre site, qu’il allait faire rénover son bureau à la mairie de Pau, pour une somme de 40.000 euros, autant que pour le fauteuil de larcher
    Souriez vous allez payer !

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