8 juin 1795 : Louis XVII, la victime innocente d’une Révolution sans pitié

Orphelin, il disparut dans la solitude, la saleté et la souffrance, ignoré d’'une France bouleversée par la Révolution.
http://musee.louis.xvii.online.fr/kucharsky.htm
http://musee.louis.xvii.online.fr/kucharsky.htm

Le 8 juin 1795, il y a tout juste 230 ans, dans l'obscurité fétide d’une cellule de la prison du Temple, un enfant de dix ans rend son dernier souffle. Son nom : Louis-Charles de France, dernier fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, reconnu roi par les monarchistes sous le nom de Louis XVII à la mort de son père. Loin des fastes de Versailles où il est né dix ans plus tôt, il meurt dans la solitude, la saleté et la souffrance, ignoré d’un monde bouleversé par la Révolution. Cependant, Louis XVII n’est pas seulement un enfant royal : il est le symbole silencieux d’une idéologie qui, au nom de son élan purificateur, a broyé jusqu’à l’innocence.

Fils de roi

Né le 27 mars 1785 à Versailles, Louis-Charles de France est le deuxième fils du roi Louis XVI et de Marie-Antoinette. Il devient dauphin en juin 1789, à la mort de son frère aîné, au moment même où commence à gronder la Révolution. Si ses premières années s’écoulent paisiblement, bercées par l’attention de sa gouvernante Madame de Tourzel, la chute de la monarchie bouleverse brutalement son destin.

Emmené avec sa famille au château des Tuileries, puis emprisonné à la tour du Temple à partir du 13 août 1792, l’enfant de sept ans découvre la dureté de la réalité. À la suite de l’exécution de son père le 21 janvier 1793, les royalistes le proclament Louis XVII. Ce titre, insupportable aux yeux d’une République qui se veut définitive, fait de lui une figure dangereuse et encombrante pour les révolutionnaires : trop jeune pour être jugé, trop royal pour être libre.

L’enfant captif du Temple

La captivité de Louis XVII au Temple marque une lente descente aux enfers. Le 3 juillet 1793, l’enfant est arraché à sa mère et confié au citoyen Antoine Simon, cordonnier de la Commune de Paris, chargé de rééduquer le jeune roi pour en faire un bon petit sans-culotte et lui faire oublier ses origines. En réalité, Louis-Charles va subir des humiliations, des privations et parfois des sévices physiques, comme en attestent plusieurs témoignages.

Il est contraint, par exemple, sous la pression de ses geôliers, de signer un acte d’accusation contre sa propre mère, l’accusant d’inceste. Ce faux témoignage, extorqué à un enfant terrifié, fut utilisé lors du procès de Marie-Antoinette. Quand les Simon quittent la prison début 1794, l’enfant est alors laissé seul, reclus dans une cellule insalubre, sans lumière, sans soins, sans la chaleur humaine et l’amour dont un enfant de neuf ans a besoin.

Les geôliers chargés de sa surveillance à partir de la fin 1794 découvrent alors un être méconnaissable : muet, amaigri, malade, sale et incapable même de marcher normalement. Les révolutionnaires, désormais affaiblis après la chute de Robespierre, se retrouvent face à une question embarrassante : que faire de l’enfant-roi ?

L’agonie dans l’oubli

C’est un médecin, le docteur Pierre-Joseph Desault, qui est sollicité en mai 1795 pour examiner le prisonnier du Temple. Il alerte immédiatement sur la gravité de son état, le décrivant « mourant, victime de la misère la plus abjecte, de l’abandon le plus complet, un être abruti par les traitements les plus cruels ». On tente alors de le sauver, mais il est trop tard. Le jeune Louis XVII achève sa triste existence terrestre en lâchant son dernier soupir le 8 juin 1795.

Le docteur Pelletan procède à l’autopsie de l’enfant et décrit un tableau effroyable : le corps est ravagé par une tuberculose généralisée. Son cœur est alors prélevé et conservé en secret par le médecin. Puis, dans le plus grand dénuement, le corps du pauvre enfant du Temple est inhumé à la hâte dans une fosse commune du cimetière Sainte-Marguerite. Pour la République, Louis XVII ne devait plus exister.

La postérité d’une victime innocente

Néanmoins, la mort de Louis XVII ne met pas fin aux interrogations. Tout au long du XIXe siècle, des dizaines d’individus se prétendent le dauphin évadé, parmi lesquels le plus célèbre, Karl Wilhelm Naundorff. Ce dernier ira même jusqu’à faire graver sur sa tombe : « Ici repose Louis XVII ». En 2004, le cœur conservé par Pelletan, authentifié par des analyses ADN, est inhumé solennellement dans la basilique royale de Saint-Denis, auprès de ses parents, en présence de plusieurs princes de la maison de Bourbon.

Louis XVII n’aura jamais régné, n’aura jamais combattu, n’aura jamais choisi son destin, et pourtant, sa mort est l’un des actes les plus tragiques de la Révolution française. En effet, elle révèle jusqu’où certaines idéologies peuvent aller pour réaliser leur projet. Ainsi, il n’est pas inutile de rappeler que parmi les victimes d’une Révolution, dont une certaine gauche aime encore se revendiquer, se trouve un enfant de dix ans, coupable seulement d’être né fils de France et prince de sang.

Picture of Eric de Mascureau
Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

52 commentaires

  1. Comme « UPSALA », moi aussi je vous conseille le passionnant roman historique de Françoise CHANDERNAGOR, qui a pour titre « la chambre ». La dégradation morale et physique, dégradation dans tout le sens du terme, de cet enfant si jeune est bien décrit. C’est un livre poignant. Il y a aussi du vocabulaire en vieux français, il est vraiment passionnant ce livre. C’est déchirant

  2. Il faut lire un livre très intéressant de Claude Quétel. ‹ Crois ou meurs! › Histoire incorrecte de la Révolution française. Éditions Tallandier-Perrin.

  3.  » Il est bien vain d’espérer que la Révolution puisse régénérer la nature humaine « .
    Alexandre Soljenitsyne

  4. l’ultra gauche et ses complices feront exactement le même crime demain s’il parvenait au pouvoir en France au XXI siècle

  5. Merci Monsieur de Mascureau d’avoir évoqué ce souvenir tragique qui a certainement ému toutes les personnes de bonne volonté (dont je fais partie)….
    Gisèle Marçu.

  6. Pauvre gamin qui n’aura connu quasiment que le cachot dans des conditions épouvantables, lui qui fut une victime innocente, parce que fils de roi , ses geôliers n’ont pas eu trop de pitié pour lui, les révolutionnaires encore moins.

  7. La Révolution,dont se targuent tous ceux qui ne nous parlent crânement que de  » République »,les bobos et autres gauchos actuels,ce sont 50 000 guillotinés dans tout le Pays,150 ou 200 000 personnes massacrées en Vendée,femmes et enfants compris,deux souverains guillotinés eux aussi,et leur fils torturé jusqu’à la mort.Plus récemmernt,les bobos-gauchos soixante-huitards en ont rajouté une couche .Certes,ils n’ont massacré personne,mais leurs revendications sociétales et nombrilistes ,ont été le point de départ de la déliquescence du Pays .Une dégringolade orchestrée par tous ceux qui se sont succédes aux commandes,et accentuée par le poids des vagues migratoires déferlantes qu’ils nous imposent.Des gens d’ailleurs régulièrement élus par le troupeau électoral ,dont certains éléments à la mémoire courte et sélective;vient chouiner aujourd’hui.

  8. Il serait temps de refaire un peu d’histoire, honnêtement, en rappelant bien à tous les Français ce que fut la révolution sanglante, où tant d’innocents ont été victimes de barbares. On nous ment éhontément en nous disant que la révolution c’était l’arrivée des droits de l’homme, l’égalité, la fraternité, la liberté : regardez donc dans quel état de liberté (l’Arcom et les juges), d’égalité ( train de vie des banlieues, des cités et désertification honteuse des milieux ruraux où les habitants payent plus d’impôts que les banlieusards) et la fraternité avec ces gosses innocents égorgés, poignardés, pour rien, parce qu’ils sont blancs ou qu’ils n’ont pas assez rapidement lâché leur téléphone, etc. La pire des supercherie de notre histoire c’est bien le 15 juillet et si l’on cherche un jour férié à supprimer, c’est bien ce 14 juillet, la plus grande gabegie, le plus gros mensonge, la plus grande fumisterie de notre histoire ! Cela permettra aussi de supprimer ces cérémonies qui coûtent un pognon de dingue au contribuable spolié, tout ça pour essayer de redorer l’image du traitre qui sévit dans notre pauvre France.

    • @ Loutronne
      Merci pour ce rappel plein de vérité et de réalisme.
      En effet, la Révolution française s’est déroulée au nom d’un slogan  » Liberté, Égalité, Fraternité », intrinsèquement contradictoire et irréalisable. Une vaste hypocrisie et fumisterie. En particulier la  » fraternité », aventureux ajout ( et intrus ) au slogan…. La fraternité étant d’ordre spirituel…. Et l’on voit ce qu’elle donne actuellement, au quotidien,  » la fraternité » ….!!
      Je suis d’accord avec vous, le 14 juillet est un jour férié à supprimer.

    • J’ai bientôt 70 ans, et je n’ai jamais constaté « liberté, égalité, fraternité », ce sont des mots mensongers, dans ce pays cela n’a jamais existé

    • Entièrement d’accord. Quand le sujet était traité en cours d’histoire, il y a bien longtemps de cela, je ne n’apprenais pas mes leçons, tant le sujet me répugnait.

  9. La cruauté d’une révolution Française sous l’égide de monstres qu’on reconnait dans ses révolutionnaires avec des résultats très contestables. Mais nous avons encore un des ces représentants vivants de nos jours, devinez qui.

    • De nos jours,avec les errements des « progressistes « mondialistes,dont macrpn est un parfait spécimen,la révolution se fait civilisationnelle.

  10. Après cela, les massacres de Vendée, la terreur, la République ne peut être que maudite à jamais.

  11. Le sujet est encore assez vif et l’on peut comprendre pourquoi. Le corps de l’héritier de la couronne de France n’a jamais été formellement identifié par son ADN et même par le coeur qui pourrait être celui de son frère aîné. À ma connaissance, l’enquête conduite par de grands historiens de la Monarchie n’est pas finalisée et certains légitimistes proposent des arguments qui n’ont pas été prouvés ni contredits. Le mystère reste entier et ne faut-il pas s’en tenir à ce mystère ?

  12. Il faut lire la remarquable biographie de Stephan Sweig :Marie Antoinette,pour voir jusqu’où peuvent mener certaines aberrations humaines lorsqu’elles sont débridées!

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

J’ai dénombré dix coups portés à la tête de Quentin Deranque par des antifas
Jean Bexon sur Sud Radio

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois