17 juillet, jour de la libération fiscale : « Nicolas » travaille enfin pour lui

Par un phénomène de floraison spontanée, il a poussé des impôts de toutes sortes, sur le sol français.
"Gargantua", dessin de Daumier (1831) dénonçant l'impôt. © BnF
"Gargantua", dessin de Daumier (1831) dénonçant l'impôt. © BnF

On ne cesse de dire que notre pays est le plus taxé du monde, mais certaines dates symboliques valent mieux qu’un long discours. Ce 17 juillet, c’est ce que l’on appelle le jour de la libération fiscale. En d’autres termes, à partir du 17 juillet et jusqu’à la fin de l’année, les Français travaillent enfin (symboliquement) pour eux. Avec un taux de prélèvements obligatoires à 54 %, notre beau pays, qui louche de moins en moins discrètement du côté de l’URSS, matraque tous ses contribuables sur tout ce qu’ils gagnent.

Tous ? Non ! L’impôt sur le revenu, par exemple, concerne moins de la moitié des foyers fiscaux – ceux qui ont un travail, ceux qui n’organisent pas leur insolvabilité et, au cœur de cette cible, bien sûr, « Nicolas qui paie ». Le compte X qui porte le nom de ce personnage postmoderne fictif, devenu mythique, organise d’ailleurs un « nicollage », qui consiste à imprimer puis coller des affiches et des stickers. Sur ces produits, le logo du « ministère de la Dépense publique » et la mention « Ici, Nicolas a payé ».

Source: X @NicolasQuiPaie

En 2024, Le Revenu avait consacré un papier à cette notion de « libération fiscale » en commençant par constater que « certains observateurs » jugeaient cette notion polémique. Il n’y a rien de polémique là-dedans, en réalité : c’est seulement une manière de matérialiser concrètement la politique confiscatoire de l’État. Par ailleurs, le journal mettait en parallèle ces prélèvements faramineux avec d’autres statistiques : d’abord, malgré tout l’argent investi dans des structures telles que l’Éducation nationale, la France ne cesse de dégringoler au classement PISA, ce fameux baromètre du niveau scolaire. Elle était ainsi 18e sur 27 pays en termes d’efficacité des investissements dans l’éducation. Par ailleurs, l’indicateur de satisfaction des Français, ce fameux « indice du bonheur », était tout juste dans la moyenne des pays observés – alors même que l’État nounou aurait dû livrer de gros bébés satisfaits au lieu d’incurables dépressifs.

Bref, depuis des décennies, l’argent magique, sans doute le narcotique le plus puissant que notre peuple ait appris à connaître, provoque une accoutumance dangereuse, qui réclame des quantités toujours plus grandes, et ne produit aucun effet tangible.

La Révolution et les impôts

Un peu de profondeur historique ne nous fera pas de mal : en France, la Révolution a commencé par abolir tous les impôts de l’Ancien Régime, dans une soif de destruction qui s’exprimait alors sous bien d’autres aspects. Puis, il fallut se rendre à l’évidence : l’Etat, fût-il républicain, n’allait pas se financer tout seul. Il allait tout de même falloir faire payer les citoyens libres et égaux. Après les impôts directs, l’État inventa donc, sous Adolphe Thiers, les impôts indirects, ancêtres de la TVA. Depuis, par un phénomène de floraison spontanée qu’on ne constate que chez les plus agressifs des végétaux équatoriaux, il a poussé des impôts de toutes sortes sur le sol français… jusqu’à ce que nous en soyons là.

Il y a peu, un « parti mileiste français » a vu le jour, sur X. Il se propose de bouter afuera tous ces ministères d’incapables, ces armées de standardistes revêches, ces protections financières multicouches pour cas sociaux, ces instituts de recherche qui ne trouvent rien et ces subventions des Danaïdes. On lui souhaite bon courage. Il y a urgence, car « Nicolas qui paie » en a ras le bol de ne travailler pour lui que quelques mois par an, alors qu’on lui pique ce qu'il gagne... tout le reste de l'année.

Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

23 commentaires

  1. Cette façon de fixer une date après laquelle nous sommes un peu plus libre de nos finances nous permet de bien prendre conscience de la taxation de l’état à notre égard !!

  2. Quelle sinistre plaisanterie ce plan Bayrou !
    Seules les réformes structurelles permettant de BAISSER LA DEPENSE PUBLIQUE, pouvaient apporter la solution nécessaire ….

  3. Je pourrais exploser mon salaire mais je ne le fais pas parce que j’en ai marre d’être une vache à lait et de payer pour les délires des politiciens qui ne connaissent pas le mot référendum! Marre qu’il distribue l’argent des autres!

  4. Nous ne faisons que ça, payer , pas pour nous, pour les autres qui profitent !!!!
    Pompidou disait « il faut arrêter d’emmerder les Français,  » faudrait peut être le rappeler aux pilleurs de taxes et d’impôts

  5. N’oubliez pas cette phrase culte de Clémenceau : La France est un pays extrêmement fertile , on y plante des fonctionnaires , il y pousse des impôts ».

  6. On peut prévoir qu’avec le plan Bayrou le jour de la libération fiscale sera le 17 octobre. Espérons que les restos du cœur possèdent de grosses réserves de boîtes de conserves. Les français vont devenir migrants dans leur propre pays. Pourront-ils faire la demande pour avoir la CESU ou l’AME, des allocs et des aides diverses pour leurs enfants mineurs, des logements HLM au lieu d’habiter dans une vieille voiture ou des caravanes pourries, une fausse carte vitale, une trottinette électrique gratuite pour aller d’un boulot à l’autre, des vêtements chauds pour pallier froid de l’hiver, des aides à l’électricité, une peince gratuite pour que les retraités aillent fouiller dans les poubelles ?

  7. Désolé pour vous mais c est bien pire que ça en tant que commerçant je travaille pour l état les trois quart de l année après avoir payé toutes les taxes impôts divers et charges sociales

    • et quand on vous a bien spolié avec des importations déloyales, vous déposez le bilan et perdez votre mise : commerçants, artisans, professions libérales sont des nicolas ++

  8. Pas sûr que « ministère de la dépense publique » soit l’appellation la plus appropriée pour nommer ce qui nous accable toujours davantage. En effet, c’est oublier un peu vite qu’une partie de cette « dépense publique » assure un train de vie plus que confortable à un tas de gens dont on peine à identifier l’utilité au fonctionnement de l’Etat. En distribuant de l’argent public à tous ces prétendus serviteurs de l’Etat qui ne sont rien d’autre que ceux qu’un pouvoir dévoyé a nommés à des postes de complaisance grassement rémunérés, de combien d’infirmières, d’instituteurs, de policiers et d’autres personnels réellement utiles au bien de la collectivité nos gouvernants nous privent-ils ? Si l’on ne sait pas où va l’argent, on a au moins la certitude qu’il n’est pas perdu pour tout le monde.

  9. Encore Nicolas ! Comme précisé hier, j’en ai marre de ce Nicolas que l’on exhibe à toutes les sauces, surtout lorsqu’il s’agit de l’opposer aux boomers désignés grands responsables de leurs difficultés à vivre dans la joie et l’opulence. Le Nicolas s’en est pris aux grosses retraites considérées ainsi à partir de 4500 €. Mais est il anormal que quelqu’un qui a travaillé toute sa vie ait une retraite importante? Il n’a volé ni tué personne, c’est le fruit de son labeur. Mais depuis Bayrou et son numéro d’enfumage, la grosse retraite vient de tomber à 1666 € ! (20 000/12). Comme on le voit elle est très volatile, avec Hollande on était riche avec 4000 € par mois. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas avec les Nicolas, dont et je le redit, s’il ne s’agissait que de moi, je botterai le cul de nombre d’entre eux pour les mettre au travail, que les caisses de l’Etat se remplissent. Pour mémoire, 30% des français cotisent pour quasiment l’intégralité du système social, et 10 % payent 70 % de l’impôt sur le revenu !

    Combien de Nicolas dans ces 30 et 10 % ? Alors la chasse aux sorcières et particulièrement aux boomers, cela suffit ! Nicolas serait plus avisé de s’en prendre au socialo-communisme qui est lui le vrai coupable !

    • « Mais est il anormal que quelqu’un qui a travaillé toute sa vie ait une retraite importante? »
      La question ne devrait même pas se poser. Et, si certains considèrent que les retraités coûtent cher à la collectivité, proposons leur de restituer en une fois aux retraités en question le capital et les intérêts de ce qu’ils ont été obligés de cotiser pendant plus de 40 ans. Une banque ne vous dit pas (pas encore) que vous lui coutez cher lorsque vous récupérez toute ou partie de l’épargne que vous avez constituée. Sauf, bien sûr, si elle a dilapidé votre argent et qu’elle ne peut plus vous le rendre.

    • Cher Placidus , le problème n’est pas « Nicolas qui paye » , le problème c’est la gabegie . En France il y a trop de fonctionnaires dans certaines administrations , et pas assez dans d’autres . En France il y a trop de comités Théodule , trop de conseils , trop de machins inutile . En France on avait un système social contributif qui fonctionnait bien , aujourd’hui des gens qui n’ont jamais cotisé profitent honteusement du système trop généreux pour cause d’humanisme exacerbé . « Nicolas qui paye » symbolise tout cela . Je suis Nicolas et je n’ai aucune haine pour ceux qui payent beaucoup d’impôts parce qu’ils travaillent beaucoup ce que j’ai fait toute ma vie . Je suis Nicolas car je demande à ceux qui sont censés gérer la France , de le faire avec application , car l’argent des impôts , c’est l’argent du bon peuple de France . L’argent de ceux qui se lèvent tôt le matin et se couchent tard le soir sans avoir ménager leurs efforts et leur peine , l’argent de ceux qui bossent et pas de ceux qui profitent .

    • Je soutiens votre avis et votre colère : j’en ai plus qu’assez moi aussi de cette haine contre les baby-boomers, tous mis dans le même panier d’une supposée richesse, et contre les retraités qui ont bossé toute leur vie.
      Et – je me répète – ces retraités aujourd’hui vilipendés, ont élevé ces mêmes trentenaires qui se plaignent, ignorant que leurs parents sont les retraités qui les ont généreusement élevés quand ils étaient enfants.
      Ingratitude, haine des vieux, pleurnicheries d’enfants gâtés pour une partie des « Nicolas », inconscients que ces « très riches » retraités anciens travailleurs continuent d’être tondus aujourd’hui.
      Que Nicolas se bouge, fasse front avec tous les contribuables que l’Etat appauvrit chaque jour davantage.

    • Vous n’avez pas tort. S’en prendre aux retraités, par définition des ex-salariés, n’est pas des plus malin. Il y a effectivement des millions de gens à qui s’en prendre. Les chômeurs professionnels, car il y en a (surtout dans un pays où plusieurs millions d’emploi ne sont pas pourvus), les assistés sociaux, un certain nombre d’élus, les hauts-fonctionnaires et j’en passe.
      D’ailleurs, opposer retraités et salariés est-il la meilleure chose dans un pays qui se fracture ?

  10. Cible de choix pour la macronie : le français moyen retraité bon à être tondu. Principal contributeur dans cette abjecte et inutile mascarade cosmétique pour continuer à culpabiliser les français qui certes ont voté comme des pieds des decennies durant. Haine evidente de ceux qui ont connu les 30 glorieuses. Pour ma part je compte proposer à quelques sites alternatifs le lancement du concept de la « quinzaine noire  » pour contrecarrer « l’année blanche  » de Bayrou de secours. Une quinzaine complète en consommant le moins possible. Pas de déplacements, aucun achats alimentaires couteux ( pates , riz , pain et eau uniquement). Opération massive pour minimiser la perception de TVA. Les très grosses retraites seront epargnées car indolores comme les toutes petites non concernées et favorisées. Au milieu on trouve les moutons à tondre cible habituelle des socialo communistes, en y ajoutant la haine du sale blanc âgé. Sale pays sales gens.

  11. Nous sommes rackettés par cet Etat-passoire. Un braquage quotidien sur ceux qui font tenir le pays.
    C’est insupportable d’être ainsi ponctionnés, sans retour sur cet investissement obligatoire. Et ce n’est jamais assez…

  12. Il faut rétablir le suffrage censitaire à tous les niveaux avec un vote proportionnel à tous les impôts payés sur le périmètre considéré. Au niveau national un vote proportionnel à l’IRPP+TVA+IFI+TICE+TIPP+ toutes les autres taxes. Au niveau local un vote proportionnel aux taxes foncières. Le système s’équilibrerait de lui-même en vertu du principe que le peuple souverain vote l’impôt en démocratie. Si vous êtes très imposé vous avez un gros poids électoral et vous votez pour des baisses d’impôts et votre poids électoral baisse. Si vous êtes peu imposé, vous votez pour plus de redistribution, les impôts augmentent et votre poids électoral aussi, on est alors ramené au premier cas. Mais ce genre de démarche libérale est incompréhensible pour nos énarques qui ne comprennent même pas la loi de Laffer : trop d’impôt tue l’impôt. Le seul qui pourrait être accessible à ce raisonnement est Lisnard et peut-être Knafo.

  13. Etes-vous s^r d’avoir pris en compte la TVA ?
    Car sinon c’est 20% a encore retirer aux 165 jours, soit environ 33 jours. Ce qui repousserait cette libération au 19 aout.
    Déduisez là dessus quelque tracas inévitables; amandes ceinture, flash, parking, TVA sur enterrement, cercueil… bref nous arrivons tranquilou au mois de septembre. Ce qui fait 2/3 pour l’état, soit 66%.

  14. Que Nicolas étudie bien l’accession de Trump au pouvoir. Lors du 1er mandat, il n’était pas prêt et à passer son temps à lutter contre la fronde gauchiste des administrations et des médias. Son second mandat est beaucoup plus clair de ce côté-là.

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