17 août 1768 : naissance de Desaix, l’inoubliable compagnon de Bonaparte
Né le 17 août 1768 au château de Saint-Hilaire, à Ayat-sur-Sioule, au cœur du Puy-de-Dôme, Louis des Aix de Veygoux, mieux connu sous le nom de Desaix, grandit loin de la gloire qu’il allait connaître. Issu d’une noblesse provinciale appauvrie, il se distingue très tôt par son esprit de discipline, son ardeur au travail et une droiture morale qui marqueront toute sa carrière. En effet, moins de trente ans plus tard, il deviendra l’un des plus grands généraux de la Révolution et du Consulat. Compagnon de Bonaparte, il jouera un rôle décisif lors de l’expédition d’Égypte et trouvera une mort héroïque en Italie, à Marengo, où son sacrifice assura la victoire française. Son nom restera ainsi indissociable de ce champ de bataille, symbole d’un courage et d’une fidélité qui continuent, plus de deux siècles après, à susciter l’admiration.
Un général de la Révolution
À seulement sept ans, Desaix intègre l’École royale militaire d’Effiat pour recevoir une formation poussée dans l’art de la guerre. Il devient alors sous-lieutenant en 1783, puis lieutenant en 1791. Néanmoins, lorsque la Révolution éclate, certains de ses proches lui reprochent de ne pas partir en exil pour rejoindre les armées royalistes. À cela, Desaix répond : « Je ne veux pas servir contre mon pays. »
Rejoignant l’armée du Rhin, Desaix gravit alors rapidement les échelons de la hiérarchie militaire. En effet, reconnu par sa bravoure sur le champ de bataille, comme après avoir reçu une blessure à Lauterbourg, il finit par devenir, à l’âge de vingt-cinq ans, général de division en octobre 1793. Cependant, sa gloire militaire ne l’empêche pas d’être suspecté par le régime révolutionnaire. Affichant son mécontentement après la suspension de Louis XVI, il se retrouve ainsi emprisonné pendant quelques semaines. En novembre 1793, il est également suspendu en raison du statut de ses frères ayant émigré. Il ne doit alors son salut qu’à l’intervention du terrible Saint-Just. Malgré ces péripéties, ses succès militaires se succèdent et font de lui un atout pour la Révolution.
L’aube de l’épopée napoléonienne
Envoyé en 1798 en Égypte avec Bonaparte, avec lequel il s’entend bien, Desaix se distingue dès la bataille des Pyramides et se voit rapidement confier la conquête de la Haute-Égypte.
Laissé sur place par Bonaparte pour gouverner la région, il s’illustre non seulement comme stratège mais aussi comme administrateur équitable. Son sens de la justice et son respect des populations locales lui valurent ainsi le surnom de « Sultan juste ».
Cependant, en mars 1800, il finit par rentrer en France pour rejoindre immédiatement Bonaparte, devenu Premier consul, sur le front italien. Le 14 juin 1800, arrivé juste avant la bataille de Marengo, il intervient afin de redresser le cours du combat et assurer la victoire à la France : « Il n’est que trois heures, il reste encore le temps de l’emporter », dit-il. Cependant, il est mortellement frappé d’une balle en plein cœur au cours d’une charge contre les Autrichiens. Le même jour, le général Kléber, resté en Égypte, est assassiné par un fanatique. Le Premier consul déclara ainsi : « Mes deux lieutenants d’Égypte, Desaix et Kléber, tués le même jour, à la même heure, quelle singularité ! »
Un héros immortel
Touché par la perte cruelle de ce héros de Marengo, Bonaparte dit de son ancien compagnon : « Il est rare et difficile de réunir toutes les qualités nécessaires à un grand général. Desaix possédait à un degré supérieur cet équilibre précieux entre l’esprit ou le talent et le caractère ou le courage. » En hommage, le Premier consul voulut que fut même gravé sur son tombeau : « Le tombeau de Desaix aura les Alpes pour piédestal et pour gardiens les moines du Saint-Bernard. » Son nom fut inscrit sur l’Arc de Triomphe, aux côtés des plus grands généraux de la Révolution et du Consulat. À Clermont-Ferrand, une statue monumentale érigée place de Jaude, en 1848, perpétue sa mémoire, tandis qu’à Riom, une fontaine inaugurée à Paris en 1803, puis transférée en 1906, témoigne encore de l’admiration que suscita son sacrifice. D’autres hommages, comme la pyramide de Clermont-Ferrand ou le cénotaphe de Strasbourg, furent également élevés afin de rappeler à jamais son rôle dans notre Histoire de France.
Cependant, la mémoire de Desaix ne se limite pas aux vieilles pierres et aux inscriptions silencieuses : elle continue de vivre au sein de l’armée française. En effet, en juillet 2025, la prestigieuse École spéciale militaire de Saint-Cyr a choisi de baptiser sa nouvelle promotion du nom de Desaix. Ce choix témoigne de l’actualité de son exemple : celui d’un chef juste, courageux et dévoué jusqu’au sacrifice ultime. Mort au front, fidèle jusqu’à la fin, compagnon de la première heure auprès de Napoléon, Desaix demeure ainsi l’incarnation du dévouement suprême, un héros français dont l’éclat ne s’est jamais terni et qui continue, plus de deux siècles après sa mort, d’inspirer des générations de soldats.
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3 commentaires
Excellente tribune.
Merci pour ce bel article !
Toutefois il y manqué la mention du mausolée érigé par Bonaparte à l’hospice du com du Grand Saint-Bernard.
Bas-relief en marbre blanc du tombeau du Général Desaix, réalisé par le sculpteur Jean-Guillaume Moitte. Desaix tombé de cheval, et mourant; il est soutenu par le colonel Lebrun, son aide-de-camp. Général de l’armée Napoléonienne, victorieux à Marengo, Desaix y laisse la vie en 1800.
Napoléon décide de l’enterrer à l’hospice du Grand-Saint-Bernard. Sa dépouille est embaumée à Milan puis transportée à l’hospice où ont lieu ses funérailles et ensevelissement le 19 juin 1805. Transporté au prix de mille difficultés, de Paris à l’église de l’hospice, ce mausolée de 4 tonnes, installé en 1806 dans l’église de l’hospice a été déplacé deux fois. En 1829 à un autre emplacement, toujours à l’intérieur de l’église et en 1979 dans le couloir qui mène à la bibliothèque de l’hospice, qui était à l’époque le petit salon où les Pères aimaient à recevoir leurs hôtes de marque.
Le transport du tombeau de Desaix. Article accompagné d’illustrations, paru en 1844 dans la revue « Le Magasin pittoresque ». A LIRE ICI – pages 251 à 254
On dit que le corps embaumé du général Desaix repose en l’église de l’hospice, sous l’autel dédié à sainte-Faustine.
Ed. Gachot écrit dans Le Magasin Pittoresque, 1905: » La cendre du glorieux soldat est placée non loin d’un temple que les Romains avaient élevé jadis à Jupiter ».
Le mystère demeure…
Lors du centenaire de la mort du Général Desaix, en 1900, le Général Lecoq et le Docteur Grasset, délégués du Puy-de-Dôme, département français dont Desaix était originaire, déposèrent une palme d’argent sur le monument.
La République du Valais fit graver la plaque commémorative qui fait face au monument :
À visiter le manoir de Veygoux
Et la pyramide de Clermont devant le musée Lecocq … c’est plus un obélisque !!!