Uniforme à l’école : ces communes qui relèvent le défi

Dans la Sarthe, une commune prend les devants et équipe ses élèves d’un uniforme dès la rentrée 2025.
Uniforme école

Dans la Sarthe, la petite école de Courcelles-la-Forêt n'a pas besoin de plan gouvernemental pour s’essayer à la « tenue unique ». La commune a décidé de financer elle-même ce test pour que les seize élèves du petit établissement public entament leur rentrée 2025 avec un uniforme commun dans le but de leur « inculquer les valeurs républicaines ». Le test national lancé par Gabriel Attal, début 2024, ne compte pas que des échecs.

Le gouvernement à la traîne

« On voulait que notre école se distingue, inculquer aux élèves les valeurs républicaines d’égalité, de respect. De savoir-vivre, aussi, pour une génération qui en manque, parfois. » Le maire de la commune de 400 âmes ne cache pas son enthousiasme auprès de Ouest-France pour le projet qu’elle a mis en place. L’initiative la démarque en effet, alors que plusieurs des cent établissements volontaires pour tester le projet lancé à la rentrée 2024, censé « améliorer le climat scolaire », ont déjà abandonné l’expérimentation. Une expérience qui devait se poursuivre jusqu’en 2026 mais dont la prolongation était incertaine, faute de communication du gouvernement sur son engagement budgétaire.

« À ce stade, l’État n’a toujours pas apporté de soutien financier », déplore la région Auvergne-Rhône-Alpes, un mois après la rentrée 2025. Au lieu des 50 % annoncés, la subvention reçue n’aurait couvert que 20 % des dépenses, selon la directrice d’un établissement en Isère. Notre collègue Sarah-Louise Peigné rapportait, il y a peu, que le lycée privé Jeanne-d’Arc, au Péage-de-Roussillon (Nord-Isère), avait expérimenté l’uniforme pendant un an avant d’y renoncer, certains élèves ayant été victimes de harcèlement de la part de lycéens d’un autre établissement. En Seine-Saint-Denis et dans les Yvelines, deux établissements, à Maurepas et Coubron, ont quant à eux renoncé en raison du refus des parents pour diverses raisons, dont le prix, que certains ont dû payer, faute de financement de l’État en temps et en heure.

Un bilan malgré tout « positif »

Pourtant, l’expérimentation semble avoir été bien accueillie dans nombre d’autres établissements. Pour preuve, les 124 établissements qui se sont prêtés au jeu, en cette rentrée 2025, alors qu'ils étaient tout juste 90 l'année dernière, rapporte ici. Comme les écoles maternelle et primaire de Labastide-Monréjeau et Labastide-Cézéracq, qui expérimentent pour la deuxième année l'uniforme obligatoire et dressent un bilan « plutôt positif ». C’est encore le cas des lycées Robert-Desnos à Crépy-en-Valois et Antoine-de-Saint-Exupéry à Halluin. La région des Hauts-de-France justifie la participation au test pour « lutter contre le règne de l’apparence, ainsi que contre toutes formes d’inégalités et de prosélytisme ».

Si la région PACA avait annoncé, en mars dernier, « suspendre » l’expérimentation, faute de visibilité sur l’engagement financier de l’État, ses deux lycées pilotes, Jean-d'Ormesson à Châteaurenard et Les Palmiers à Nice, continueront finalement le port de l’uniforme, l’État acceptant de cofinancer l’opération à hauteur de 50 %, comme l’année précédente. À Rueil-Malmaison, où les parents se montraient d’abord prudents, l’année a fait naître un véritable « enthousiasme » autour de la tenue unique, rapporte Le Parisien. À Poissy, dans les Yvelines, la municipalité salue elle aussi un « franc succès » et a décidé de poursuivre l'expérience, tout comme à Puteaux, malgré un remboursement de l’État arrivé avec un an de retard, relate le quotidien. À Taverny, dans le Val-d’Oise, si le maire LR Florence Portelli dénonce avec force les contradictions du dispositif qui exige des collectivités de « régler la facture », elle n’en poursuit pas moins le test cette année.

Dans ces communes, les bienfaits de l'uniforme sont salués de façon unanime et les avantages y sont identifiés de diverses manières. « Ils ont aimé se reconnaître grâce à leur uniforme dans la rue ou dans les parcs, se saluer, savoir qu’ils sont de la même école », remarque Yassine Mesbah, représentant FCPE de l’école Robespierre A, à Rueil-Malmaison. À Courcelles-la-Forêt, la directrice observe un impact sur le climat de classe : « Ça joue sur leur comportement. Ils se mettent au travail sans difficulté. » Même constat à Pont-Sainte-Maxence, dans l’Oise, où le maire divers droite Arnaud Dumontier, dont l’école Jean-Rostand a rejoint l’expérimentation à la rentrée 2024, salue « une réduction des discriminations liées aux marques » et « un budget vêtements largement allégé pour les familles ».

Finalement, les critiques concernent surtout le coût, mais dans l’ensemble, les familles, les établissements et les collectivités semblent satisfaits. L’uniforme, là où il est accepté, produit ses effets : un climat plus serein, un sentiment d’égalité renforcé et, pour certains élèves, la fierté de faire partie d’un collectif. Même si de nombreux articles annonçaient, en milieu d’année, l’échec du plan gouvernemental sur les uniformes, Courcelles-la-Forêt montre que l’initiative peut trouver localement son chemin.

Vos commentaires

27 commentaires

  1. Cher Kieslowski vous oubliez toutefois les uniformes personnalises general Patton ou Goering.
    Ceux des sudistes de la guerre de sécession, ceux des troupes révolutionnaires ou encore les régiments de Louis XV et j en passe.

  2. Information interessante.
    Je me rallie à 100% aux conclusions contenues dans le dernier paragraphe de l’article ..MERCI.

  3. Comme le disent certains commentaires, les familles peuvent bien payer ces uniformes puisque les enfants ne vont pas à l’école tout nus…
    Quant à « l’engagement financier de l’État », celui-ci préfère sans doute verser 50 millions d’euros pour la restauration du centre-ville de Yaoundé (ce n’est pas dans le 9-3 mais au Cameroun)

  4. Il est curieux de voir que personne ne sait que sur un département francais l’uniforme a toujours ete obligatoire, il s’agit de la Martinique , et cela se passe tres bien mais il fait croire que les « métro » sont tres différents puisque l’expérience de la Martinique n’est pas une reference pour vous!!!!!

  5. Tous les articles (y compris « BV »), ou presque, évoque le coût dudit uniforme. Mais enfin, quand on a des enfants, on les habille pour aller à l’école, que je sache – enfin, c’est que j’ai fait avec les miens ! Je ne crois pas que ces tenues soient plus chères qu’un « habillage usuel », sauf contradiction à m’apporter. Pourquoi donc ces coûts seraient-ils supportés par la collectivité (état, département, région, commune…) ?
    D’ailleurs, jamais mes patrons successifs ni la Réublique n’ont financé mes vestes, chemises blanches, cravates…

  6. Pour l’égalité, pour être fier de son école, l’uniforme est sans doute une solution. Dans un pays qui déplore l’évolution de son école laïque et républicaine, c’est probablement un élément de la solution.

  7. Le coût de l’uniforme est un faux problème. Acheter un uniforme ou des vêtements de marque me semble revenir au même . Dans beaucoup de villages africains ou asiatique il se réduit à un simple tee-shirt de couleur.

    • oui
      nous, on avait des blouses et les garçons des sarraus et longs (au dessus du genou
      et c’était à la charge des parents
      c’était simple et pas cher
      qu’est-ce que c’est que cette histoire de prise en charge ?
      et demain, on les achète chez dior ou chanel ?
      blouse pour tout le monde : sarraus pour les garçon, gris foncé, et blouses pour les filles, bleu marine ?
      ça suffit
      mais surtout des chaussures, pas de baskettes
      et des matériels de classe sobres (pas de logos reine des neiges ou autres délires)

  8. Succès ou échec Une bonne part due à l’orientation du maire ..A savoir s’il réserve ses subventions aux associations du « vivre-ensemble » ou à la qualité de l’éducation

  9. Eric Zemmour Reconquête ! Avait bien raison avant tout le monde, comme d’abitude ! L’uniforme à l’école , le top.

  10. “valeurs de la republiques”, ils ont tout faux
    L’uniforme permet aux jeunes de. se concentrer sur les savoirs, c’est deja beaucoup
    Apprenons leur le gout de se cultiver

  11. Je propose qu’on autorise de petits aménagements perso. La photo d’illustration montre des chaussettes tristounes, alors pourquoi ne pas les égayer de rayures colorées au goût de chacune ? Les bretelles de coloris différent sont sympa. Pour les garçons, cravates également colorées au goût de chacun. Uniformes, oui. Rébarbatifs, non.

    • Lily, je crois que vous n’avez pas bien compris le sens du mot « uniforme »…A moins que votre propos dusse être lu au second degré, voire plus

    • Oui, c’est cela! et des collants au goût de chacun, des chemises au goût de chacun, etc… le principe de l’uniforme, hein? Vous imaginez les défilés militaires du 14 juillet avec des uniformes de soldats adaptés « au goût de chacun »?

  12. Espérons que cette idée totalement réactionnaire fasse un flop.
    Les précédents exemples ont montré que cela ne fonctionnait pas (à moins, peut-être dans les écoles traditionalistes et extrémistes fréquentées par des bourgeois tels les de Villiers).
    L’école de la République n’en voudra pas.

    • @ Kieslowski.1974 : vous êtes tellement prévisible que 95 % de vos commentaires contiennent le mot « extrême » ou « extrémiste », j’en conclu donc que tout ce qui n’est pas (de) vous est extrémiste.
      Avez-vous jamais porté un uniforme, par exemple pour le service militaire au service de la France ?
      ….me demande même si vous n’êtes pas une IA, tellement vous êtes prévisibles ;-) !

      • Je me suis aussi posé la question, la réponse est contenue dedans : Intelligence artificielle, ça cadre pas.

      • Comment voulez-vous que l’on nomme autrement l’extrême droite ?
        Factuellement, nous avons une extrême gauche et une extrême droite, deux mouvements néfastes pour notre Pays.
        Si vous avez un synonyme adapté, dites le moi.

    • @ Kieslowski.1974 : je plussois la réponse d’Alain67… quant au fond, vous êtes vous jamais demandé pourquoi une très large majorité de pays à travers le monde, et de toutes tendance politique ou religieuse, pratiquent avec succès l’uniforme non seulement scolaire, mais aussi professionnel ?
      A part l’ostracisme et l’invective, quels sont vos arguments, cher Monsieur Kieslowski?

    • Quel âge avez-vous ? Moi j’ai porté la blouse de la 6e à la terminale et je n’ai pas subi de traumatisme. Dans ce monde inégalitaire, c’était plutôt bienvenu et rassurant

      • idem (ma contribution) et les filles n’avaient pas le droit de porter de pantalons et pas de collants jusqu’en 3ème
        et ceux des années 50, n’ont pas démérités…..bien au contraire….

    • Un pays communiste comme le Vietnam impose un uniforme, au moins à l’école primaire. Cette tenue est d’ailleurs à la charge des parents. Une question : le Vietnam est-il « réactionnaire suivant vos critères ?

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

J’ai dénombré dix coups portés à la tête de Quentin Deranque par des antifas
Jean Bexon sur Sud Radio

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois