[UNE PROF EN FRANCE] Le nouveau ministre et son cabinet : dans la tête du mammouth
En milieu de semaine, j’écoutais tranquillement la radio en voiture quand, soudain, je subis un choc. La journaliste évoquait le nouveau ministre de l’Éducation nationale : Édouard Geffray. Comment ? J’étais passée à côté de l’information ? On nomme des gens et on ne me dit rien ? Embuée par l’alchimie obscure des nominations Lecornu 1 puis Lecornu 2, j’avais oublié qu’à chaque fois, on retournait la boule à neige et que tous les petits flocons tombants étaient autant de ministres entourés de leurs innombrables acolytes. Eh oui, cet inconnu qui est maintenant mon chef hiérarchique suprême a sous ses ordres une foultitude de cabinets Théodule et de bureaux aux prérogatives aussi redondantes que leurs intitulés sont ronflants. Inconnu ? Pas tout à fait, puisqu’il arpentait déjà les couloirs éducatifs depuis un moment. C’est donc le signe que rien ne changera et qu’on gardera le même cap, celui qui creuse le mur que l’on a heurté depuis longtemps déjà.
Les méandres du cabinet du ministre
En découvrant ce nouveau changement de tête, je m’inquiète et vais faire un tour sur le site du ministère. Et là, je reste perplexe. Je suis confrontée aux méandres de la novlangue administrative dont j’ai, je l’avoue, un peu perdu l’habitude à force de vivre dans le monde réel. Il a donc un « directeur du cabinet » et une « directrice adjointe du cabinet ». Vient ensuite une « cheffe de cabinet », elle-même assistée d’un « chef adjoint de cabinet ». L’ordre de présentation sur le site de l’État laisse penser que chef, c’est moins bien que directeur. Ce n’est pas intuitif, mais on valide. Ils sont donc déjà cinq « chefs » à la tête du bazar, entourés de plein de conseillers. Par exemple, Mme Boyard est « conseillère chargée du climat scolaire et des Valeurs de la République ». Mais que fait-elle donc que ne font pas, déjà, les membres du « Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République » et les EAVR (équipes académiques valeurs de la République ), nos Akelas qui se réunissent sur le rocher du conseil pour défendre nos valeurs ? D’un autre côté, le Journal officiel portant nominations fait apparaître de jolis contes de Noël. Ainsi l’itinéraire de Sylvie Thirard nous montre comment, en gravissant patiemment les échelons dans cette immense et obscure toile d’araignée, on passe d’intendante d’un lycée de La Réunion à directrice adjointe du cabinet du ministre. Cela donnera de l’espoir aux agents administratifs qui ne savent pas trop quel sens donner à leur vie, et cela nous rappelle que pour tous ces postes dont on se demande comment ils occupent huit heures de travail cinq jours par semaine, il y a toujours des candidats, même quand le bateau coule.
Avec toutes ces nominations, on comprend la nécessaire existence d’un « bureau des cabinets », dont la fonction est de gérer les « dossiers des personnels affectés au Bureau des Cabinets (suivi des effectifs, suivi des congés, des congés maladies, des comptes épargne temps, demandes de badges, formations, contrats de travail, etc.) et des membres de cabinets ». Pas moins de dix personnes y travaillent, auxquelles s’ajoutent les indispensables « assistantes des ministres et membres des cabinets (tiens, pas de messieurs, à ces postes ?), huissiers, hôtes d’accueil, chauffeurs, coursiers et personnel d’entretien ».
Et la DGESCO ?
Sous le cabinet du ministre, il y a la fameuse DGESCO, la Direction générale de l’enseignement scolaire, qui pilote le Secrétariat général dont la mission est très claire : « Le secrétaire général dirige le secrétariat général du ministère de l'Éducation nationale, du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace et du ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative. Il assiste les ministres pour l'administration de leur ministère. » Mais tous ces gens n’arrivent pas, en réunissant leurs énergies, les énergies de plusieurs centaines de personnes tout de même, à élaborer des programmes ni à avoir une vision. Il leur faut, pour cela, l’aide du Conseil supérieur des programmes et du comité scientifique de l’éducation, qu’épaule sûrement parfois, pour autant que la masse de travail sous laquelle chacun est écrasé leur laisse le temps de communiquer, « l’Institut des hautes études de l’éducation et de la formation ». Tout cela se démultiplie à l’échelon académique, puis à l’échelon départemental. C’est vertigineux. Tandis que nos entreprises souffrent, il y a toujours plus de monde pour pousser sa gamelle dans l’un des bureaux de l’État.
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65 commentaires
Devinez pour qui votent tous ces gens-là ?
On se dépêche de nommer un maximum de personnes pour assurer leur survie financière vitam aeternam…Les copains d’abord…
Et un de plus, un ministre à qui il va falloir payer une retraite et tous les avantages qui va avec la charge.
On aurait pu s’en passer !! Cela aurait contribuer à faire des économies.
Mais puisque l’on vous dit qu’il faut faire des économies ! Quant à l’intéressé cela se saurait s’il avait des compétences pour le poste.
Dans l’Administration, ce qui compte est d’avoir un millefeuille hiérarchique qui permet de juger de son importance dans l’organigramme. L’mportant n’est surtout pas de faire, mais d’avoir l’air débordé.
Je confirme votre analyse si vous le permettez…dans la mienne, on a baissé le nombre de postes mais mis en place deux échelons hiérarchiques supplémentaires, ce qui a pour effet on s’en doute, d’augmenter l’impuissance si chère à Macron.
Quant avoir l’air débordé ici, j’ai pas vu sauf exception rapidement mise à l’écart d’une ou d’autre manière…Enfin, nous sommes quelques uns à nous regrouper en secret!
Il est un fait certain que ce ministre de l’EN s’est fortement imprégné de ses prédécesseurs , mais le résultat est à l’image de ces idéologues qui se sont succédé , le verdict PISA va nous placer juste devant la « voiture balai » , encore un autre qui a tout pour plaire au souverain.
Ca me rappelle la chanson de VASSILIU, « qui c’est y qu’est ce qu il a , qui c’est celui la…Il a une drole de tet les gars…completement gaga, et t’as vu sa bagnole les gars, qu’est ce qui dit qu’est ce qu il a ….,,;
L’éducation nationale a sombré depuis longtemps non par la baisse de l’intelligence des élèves mais par l’idéologie des macronos/gauchistes et le changements permanents des ministres de l’éducation 7 depuis 2022tous plus stupides les uns que les autres !!!
Je vous ai lue jusqu’au bout Mme Foncastel… et bravo ! Cette ahurissante, effarante, consternante énumération d’empilements de technocrates et d’administratifs inutiles, biberonnés au « Nicolac », pourris d’avantages catégoriels et sectoriels, ça m’a donné la nausée.
Ecouté ce matin sur Eu 1 l’édito-éco d’Olivier Babeau: Dans 15 ans… ya plus de « France » !
7 ministres de l’éducation nationale depuis Pap Ndiaye en 2022, le triomphe de la forme sur le fond, toujours aussi désespèrement inefficace, le scandale continue !
QUEL CHARISME !!!! avec ça l’E.N est mal barrée pour remonter au classement PISA
Quand je pense à mon professeur de philo « Platon » que j’ai eu au lycée agricole en 60-61 et 61-62 . Gôchiste puisqu’il est devenu « conseiller à l’Education du célèbre Jospin 1er ministre ». Deux heures de cours par semaine mais systématiquement entre 1/4 d’heure et 1h3/4 de retard (syndicalisme oblige)
Au dernier trimestre l’état a engagé 16 000 fonctionnaires et un ex 1er ministre qui n’a pas fait long feu voulait en supprimer 3 000 en 3 ans !!
Nos administrations sanitaires brillent par leur nombre : Un ministère de la Santé avec une direction générale de la Santé et une direction générale de l’Offre de soins, une Agence nationale de santé publique (34 directeurs). Plus 18 agences régionales de santé (ARS) et une Haute Autorité de santé (HAS) de 7 membres, 425 collaborateurs, 1.078 experts externes, une Agence de sécurité sanitaire (ANSES), une Agence de sécurité du médicament et des produits de Santé (ANSM), une Alliance pour les sciences de la vie et de la santé (AVIESAN), un Haut Conseil de la santé publique (HCSP) de 90 membres, un conseil scientifique, le Comité analyse recherche et expertise, une Alliance pour les sciences de la vie et de la santé (AVIESAN), un conseil scientifique,
De multiples agences de sécurité sanitaire, plus 13 autres Agences sanitaires d’Etat : La direction générale de l’offre de soins – DGOS, l’Observatoire de la Régionalisation, les 18 Agences régionales de santé – ARS, l’Agence Nationale d’Appui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux – ANAP, la Haute École de Santé Publique – HESP, la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques – DRESS, la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité – HALDE, l’Établissement de Préparation et de Réponse aux Urgences Sanitaires – EPRU,la Haute autorité de santé et le Collège de la HAS ,l’Agence nationale du développement continu – ANDPC, le Comité économique des produits de santé – CEPS, le Haut conseil scientifique.
On arrose, on arrose, on arrose…Macron va attendre maintenant le « retour sur investisse-ment!…
En lisant la presse j’ai appris par hasard que lors de la mise en place des ARS Pannier Runacher avait participé à celle-ci…
Je suis donc allé sur le site du ministère de la santé pour voir en quoi cela consistait. j’ai décroché au bout de 5 mn. Un empilement de jargonage technocratique totalement abscons. Je ne suis d’ailleurs pas certain que ceux qui ont pondu une telle littérature aient été en mesure d’en comprendre le sens.